Disclaimer : L'histoire appartient à Sarrah-Angel et les personnages à J.R.R Tolkien.

Mot de la traductrice : Bonjour à tous ! Voici le chapitre 2 tant attendu ;-) J'espère qu'il vous plaira comme il m'a plu de le traduire...

Un grand merci à Dee Mill pour être encore et toujours présente. Ma belle, sans toi, cette histoire ne serait pas la même !

Un énorme merci aussi à Robyn75, l'hommesansnom, megalithes et RobynNotBatman pour leurs reviews! Elles m'ont fait très plaisir et je m'excuse de ne pas y avoir répondu pour ceux qui ont un compte. Je me rattraperai, promis.

Bonne lecture à tous !

Manelor.

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POV Deirdre

En ouvrant la porte du bureau de Saroumane, j'avais aperçu le Nazgul s'approchant de mon propre balcon et je savais donc qu'il ne me restait que quelques minutes avant de partir d'Isengard, que je voyais probablement pour la dernière fois. Et bizarrement, je ne me sentais pas vraiment sentimentale.

« Je présume que mon escorte est arrivée. » exposai-je tandis que je marchais à grands pas dans la pièce.

Saroumane se retourna pour me regarder et me fit un sourire qui pouvait presque s'apparenter à du lait caillé tellement il était aigri. « Oui, il serait mieux pour vous de vous rendre au sommet de la tour pour que vous puissiez partir. »

J'acquiesçai simplement avant de quitter la pièce et de prendre l'escalier qui menait au sommet de la tour. J'ouvris la porte qui se trouvait dans un des trous de la tour. Au sommet de la tour d'Orthanc se trouvait un Nazgul qui venait de se poser. Le cavalier masqué se laissa glisser le long du cou de la bête volante jusqu'à atteindre le sol, avant d'ouvrir le bras en une invitation pour que je monte à bord du dragon.

Je me rapprochai alors lentement du spectre avec la tête haute, ne montrant aucune peur. Le cavalier masqué inclina la tête en signe de respect, gardant le bras tendu en une invitation claire. J'inclinai alors la tête à mon tour avant de lever une jambe et de passer celle-ci le long du cou de la bête.

Ayant réussi à calmer mes nerfs et à ne pas me vautrer lamentablement sur le sol, je résistai à la forte envie de baisser les yeux. Mais je jetai tout de même un coup d'œil en bas et je vis, par-delà l'obscurité, le sol qui se trouvait à plusieurs centaines de mètres sous moi. Mes doigts saisirent les pointes qui ornaient le cou de la bête, gardant mon équilibre tandis que je rampais jusqu'à la selle. Je m'assis, tenant le devant de la selle entre mes mains alors que je regardais le spectre enjambait le Nazgul et montait derrière moi.

L'air se refroidit légèrement quand le spectre se colla contre mon dos, emplissant l'air d'une odeur de mort. Je gardai un masque impassible alors que l'apparition s'installait pour le vol derrière moi. Il passa ses bras recouverts de tissus autour de moi pour saisir les rênes du dragon et il lui commanda de s'envoler, direction le Mordor.

La forêt au-dessous de nous changea légèrement, tandis que les Ents se rapprochaient de l'Isengard. Au milieu de la forêt, j'arrivai alors à distinguer deux silhouettes minuscules placées sur un des arbres se déplaçant. Mon cœur se serra de douleur, mais je le réprimai rapidement et regardai droit devant la rouge lueur éblouissante vers laquelle nous volions lentement.

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POV Merry

L'Isengard. La grande tour noire se tenait droite au milieu d'une zone circulaire délimitée par un mur d'enceinte. Enfin, qui l'était. Maintenant, ce n'était plus qu'une tour noire entourée d'un immense lac. Tout ceci grâce aux Ents et à Pippin et moi bien entendu. J'étais assis, mangeant un peu de la nourriture que Pippin et moi avions trouvée dans la réserve de Saroumane et fumant des feuilles de Longoulet que le magicien gardait dans ses stocks de marchandises.

« As-tu vu, Deirdre ? » La voix de Pippin me sortit de mes pensées dirigées vers la reprise de contrôle que nous venions d'opérer.

« Non, mais j'ai vu Saroumane et un autre homme qui semblait tout à fait dégoutant. » répondis-je, mes yeux se levant encore une fois jusqu'au balcon où j'avais précédemment vu le magicien se tenir droit, contemplant la destruction de son domaine.

« Je m'inquiète pour elle. Elle nous a dit qu'elle nous retrouverait ici. Mais où est-elle ? » Pippin exprima alors tout haut mes peurs la concernant.

Je pense que ceci était une des choses qui nous aidait à être si inséparables ; nous presque savions toujours ce que l'autre pensait. J'exhalais un soupir triste avant de reporter mon attention sur mon ami de longue date.

« Je ne sais pas, Pip' Je ne sais vraiment pas. »

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POV Deirdre

Je luttai pour réprimer l'indignation que je ressentais quand on me poussa littéralement jusque dans mes nouveaux appartements. Un grondement monta dans le fond de ma gorge, mais je réussis à me contrôler. Regardant la porte en fronçant les sourcils, j'inspectai ma chambre et considérai d'un œil critique l'environnement dans lequel j'allais désormais vivre.

La pièce était composée de couleurs sombres, allant du violet foncé, jusqu'au rouge sang en passant par le bleu nuit, agrémenté de noir çà et là. La majorité des meubles semblaient être en bois d'ébène, mais les différents tissus et coussins étaient cousus en de sombres coloris. Des rideaux rouge sang étaient accrochés contre l'embrasure au balcon, empêchant la lumière teintée de rouge d'entrer dans la pièce.

Je n'avais pas de plan pour m'enfuir du Mordor, et le plan que j'avais monté pour m'échapper de l'Isengard avait été un cuisant échec. Et maintenant, j'étais comme un aliment dans une poêle en train de frire sur le feu, j'étais là où personne ne pouvait venir me chercher. Eh bien, tout du moins, là où personne ne pouvait venir me chercher sans mourir dans la seconde.

Un souffle tremblant s'échappa de ma gorge et je jetai mon sac de voyage sur une chaise tandis que je défaisais l'attache de mes deux épées autour de ma taille et m'effondrai sur le lit. Il était temps pour moi de trouver la meilleure façon de m'échapper de la galère dans laquelle je m'étais moi-même mise.

Un coup interrompit mes pensées et je me levai du lit, marchant jusqu'à la porte en l'ouvrant brusquement. Devant moi se trouvait la Bouche de Sauron, ses dents affreuses tendant ses lèvres de façon artificielle.

« Oui ? » dis-je d'une voix impassible, ma patience à bout bien que je sois venue ouvrir la porte pour lui parler.

« Le Seigneur Sauron m'a demandé de vous donner ceci en gage de vos fiançailles. » se moqua la bouche, tenant un collier dans une ses mains. « Cela plairait beaucoup au grand Œil que vous le portiez. »

Je restai calme tout en réfléchissant au but de ce cadeau. Je doutai fortement que cela soit simplement un symbole de son affection, vu que je présumais que Sauron était incapable de ressentir n'importe quelle émotion positive. Cependant, je me trouvais devant le besoin d'accepter ou sinon, mon séjour ici allait devenir encore plus désagréable.

« Merci ; je le porterai si tel est le souhait de mon futur mari. » répondis-je en tendant une main pour que la Bouche laisse choir le collier dans ma paume de main.

Le sourire qui apparut sur son visage rendit son visage encore plus large, le son de lèvres se craquelant et la vision d'une langue glissant sur ses dents faillit me faire vomir. Mais je réussis à résister à la forte envie de vomir et lui fis un sourire à la fois satisfait et glacial avant de retourner dans mes appartements, refermant la porte derrière moi.

Le collier était admirablement décoré, fait d'argent et de liens entrecroisés. Il me rappelait l'esquisse d'une fleur et d'un os de squelette en même temps. Il était presque macabre dans sa beauté avec une seule pierre précieuse au milieu du pendentif qui semblait avoir absorbé le sang d'une personne. Haussant les épaules, je plaçai le pendentif autour de mon cou.

Une vague d'épuisement m'assaillit et me donna le vertige. Je trébuchai jusqu'au lit, où je m'effondrai. Mon esprit erra alors que j'essayais de maintenir ma conscience, mais le monde autour de moi tourne et mes yeux roulèrent dans leurs orbites. Le noir se fit.

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POV Saffy

La bataille était terminée et nous nous rapprochions de l'Isengard. Mes yeux se posèrent sur Legolas, son visage crispé d'une colère réprimée tandis qu'il chevauchait avec Gimli derrière lui. L'elfe n'avait pas ouvert la bouche depuis notre départ du gouffre de Helm hier après-midi, sauf quand ceci avait été nécessaire. Un nuage sombre semblait avoir terni l'ambiance de notre communauté depuis que nous étions en chemin pour le royaume de Saroumane. Et même si je voyageais avec Nimiwen à mes côtés, la joie que ceci m'apportait, n'arrivait pas à endiguer l'inquiétude que je ressentais pour ma meilleure amie.

« C'est Merry et Pippin ? » La voix douce de Nimiwen perça au travers de mes pensées rêveuses, ainsi que celles de nos autres camarades.

« Cela semble être le cas. » répondit Legolas, sa voix impassible.

Je ne savais pas trop comment ils arrivaient à distinguer les silhouettes juchées sur une partie du mur noir encerclant la tour d'Orthanc. Mais, ils étaient des elfes et avaient une meilleure vue que nous autres. Je fronçais les sourcils quand je reportai mon attention sur la tour haute qui se tenait droite devant nous, au centre d'un cercle noir. Le sol près des portes de la tour, qui étaient ouvertes et nous pouvions voir le soleil se refléter sur la surface de l'eau. En plissant les yeux, je tournai la tête et regardai les petites silhouettes assises sur le mur, un sourire sur mes lèvres.

Partant dans les airs en vrilles, de la fumée s'échappait des pipes des deux hobbits qui étaient en poste sur le mur de l'Isengard. Nous entendîmes leur rire avant même de distinguer leur silhouette, mais leurs babillements cessèrent dès qu'ils nous virent et ils regardèrent notre communauté. Bien sûr, quand nous nous approchâmes du trou massif présent dans les défenses, nous permettant de chevaucher à quatre de front, les sourires refirent leur apparition sur nos visages, car nous venions de retrouver Merry et Pippin, nos hobbits disparus.

Leur rire s'estompèrent une fois que les deux hobbits nous reconnurent. Un cri étonné s'échappa des lèvres de Pippin et il leva sa chope pour nous saluer tandis que Merry avait sa pipe dans sa main.

« Mes seigneurs, bienvenus en Isengard ! » nous salua Merry, la fumée sortant de sa bouche alors qu'il parlait.

« Oh, jeunes coquins. Une belle chasse dans laquelle vous nous avez entraînés et on vous retrouve à festoyer… et à fumer ! » bégaya Gimli, la mine incrédule.

« Nous sommes assis sur le champ de la victoire, et savourons quelques réconforts bien mérités. » articula difficilement Pippin, la bouche pleine de nourriture et de bière. « Le porc salé est particulièrement savoureux. »

Un léger rire me secoue le corps quand je vis le visage de Gimli se crisper, les yeux luisant de convoitise.

« Le porc salé ? » gronda Gimli tandis qu'il levait les yeux vers eux.

« Oh... les hobbits. » soupira Gandalf, secouant la tête tandis qu'il regardait fixement les deux semi-hommes assis sur le mur.

« Nous sommes sous les ordres de Sylvebarbe, qui vient tout juste de reprendre les rênes de l'Isengard. » nous informa Merry, qui fixa d'un œil le seul Rohirrim de notre communauté.

« Hum… je voudrais parler à Sylvebarbe pour savoir ce qu'il s'est passé. Vous joindrez-vous à moi, Roi Theoden ? » demanda Gandalf au roi du Rohan.

Theoden acquiesça et donna un coup de talon sur les flancs de son cheval pour qu'il avance dans l'eau entourant la tour d'Orthanc. Eomer sourit brièvement à notre communauté avant de suivre son oncle avec les autres Rohirrims qui étaient avec nous.

« Ainsi, mes seigneurs, voudriez-vous bien nous dire comment tout ceci est arrivé ? » demanda Aragorn, détournant son attention du petit groupe s'éloignant pour parler avec Sylvebarbe et regardant les deux hobbits, qui souriaient.

« Peut-être devrions-nous manger d'abord. Les histoires passent mieux avec l'estomac plein. » l'interrompit Gimli, récoltant les murmures d'accord des autres membres de notre groupe.

« Par ici. » déclara Merry, pointant du doigt en direction d'une embrasure sur l'intérieur du mur.

Alors que nous nous déplacions vers la porte, je jetai un coup d'œil derrière moi pour constater que Legolas restait cloué sur place, les yeux fixés sur la tour noire avec un désir certain qui était visible.

« Legolas, venez-vous ? » demandai-je doucement, ne voulant pas alerter le reste des membres de notre communauté.

L'elfe reporta son regard sur moi, nos yeux se rencontrant et je ne pus m'empêcher de remarquer que la colère qui avait enflammée ses yeux depuis l'attaque des Wargs, était maintenant remplacée par de la souffrance et de la tristesse. Jetant un dernier coup d'œil à la tour, il acquiesça et commença à se déplacer vers là où nos amis nous attendaient maintenant.