L'innocence et l'insouciance sont désormais clairement terminées pour la fratrie Auditore. Reste que le chemin à parcourir ne sera pas aisé.

Merci à ceux qui suivent et bonne lecture ^^.


La nuit fut agitée pour certains. Julia se redressa. Il lui semblait entendre des gémissements. Elle tâtonna pour trouver une chandelle puis l'alluma. La brune alla ensuite ouvrir la porte de sa chambre. Oui, cela provenait bien d'à côté. De la chambre de Federico dirait-on. Julia referma derrière elle. Elle approcha de l'autre chambre, puis posa la main sur la poignée. Le jeune homme était visiblement en proie à des cauchemars.

« Federico. Hé ho réveille-toi ! Federico.»

« AH !»

L'aîné Auditore se redressa d'un coup, le souffle court et les pupilles dilatées. Julia posa une main sur son épaule.

« Tout va bien, tu es en sécurité maintenant.» dit-elle doucement.

Federico se passa une main sur le visage. Il rouvrit les yeux, puis dévisagea Julia.

« Désolé. Je ne voulais pas te réveiller.» s'excusa Federico.

« C'est rien va. Je me doute bien qu'après ce que tu as vécu, tu ne vas pas avoir un sommeil tranquille. Est-ce que tu veux en parler ?» sourit gentiment Julia.

« Ce ne sont que des cauchemars. Je … ça va aller je te remercie.»

« Parfois en parler peut aider à exorciser tout ça.»

« Ça ira. Je vais me rendormir.» assura Federico.

« Très bien. Si tu as besoin je suis juste à côté.»

Julia quitta la chambre. Federico eut un frisson lorsqu'il fut replongé dans le noir. Il retomba sur son oreiller. Les images de ses cauchemars dansèrent devant ses prunelles. Federico posa son avant-bras sur ses yeux, son autre main serrant sa couverture. Le jeune homme ne parvint pas à se rendormir. Ce fut donc avec les yeux cernés qu'il retrouva le reste de sa famille au petit-déjeuner. Mais de ce qu'il constata, ce n'était pas la forme pour tout le monde. Ezio lui adressa un regard morne, Petruccio semblait ailleurs. Claudia lui adressa un petit sourire. Federico croisa ensuite le regard perçant de Julia.

Il soupira, et commença à manger. À l'autre bout de la table, Giovanni jetait des regards à la dérobée à ses enfants. Il leur devait des explications. Une autre vie commençait pour eux. L'insouciance était clairement derrière eux. Le petit-déjeuner se fit dans un silence … tombal. Si je puis dire. Julia fut la première à quitter la tablée.

« Bien je vous laisse. J'ai une petite course à faire.» annonça-t-elle.

« Bonne chance.» lança Giovanni.

« Bonne chance à toi.» repartit-elle avec un regard appuyé.

Giovanni soupira doucement. Ses enfants l'observaient, mais il remarqua que ses deux grands fils étaient dans l'expectative. Le père s'essuya la bouche, puis invita tout le monde à passer au salon. Les domestiques se chargèrent de débarrasser la table. Les Auditore passèrent dans le grand séjour où chacun prit place. Les garçons sur le canapé, les dames sur des fauteuils.


Giovanni les regarda un à un. Son frère appuyé contre un mur, lui adressa un signe d'encouragement. Le banquier prit une inspiration.

« J'ai quelques petites choses à vous expliquer, concernant les événements d'hier.» commença-t-il.

Il leur raconta alors qu'il appartenait à un ordre séculaire, les Assassins dont la mission était de guider l'humanité et surtout de lui conserver son libre-arbitre. Ils devaient pour cela lutter contre les Templiers, autre ordre secret qui lui désirait priver le monde de sa liberté. Uberto Alberti, qui les avait trahi appartenait à ces Templiers. Giovanni était de temps à autre mandé par Lorenzo de Medici, mais se rendait également dans d'autres pays pour mener sa lutte.

« Et Julia elle est aussi un Assassin ?» questionna Petruccio à la fin.

« Oui, je suis son mentor. C'est moi qui l'ai formée. Son père est également affilié à notre ordre, c'est lui qui me l'a confiée quand elle avait sept ans. D'autres questions ?»

« Vieri de Pazzi. C'est un Templier lui aussi ?» interrogea Ezio.

« Oui, toute sa famille. C'est pour ça qu'il s'en prenait à toi et à ton frère.»

« Est-ce qu'on retournera à Florence un jour ?» demanda Claudia.

« Je l'espère. Pour l'heure, nous devons nous y faire oublier. Julia est partie voir si elle pouvait récupérer de quoi laver notre honneur.» répondit Giovanni.

« Et … qu'est-ce que nous devenons dans l'histoire ?» questionna Federico.

« Vous former à devenir des Assassins est la suite de l'histoire. Il vous faut au moins savoir vous défendre. Car n'oubliez pas que si vous faites le choix de ne pas entrer dans l'ordre, pour les Templiers vous resterez liés aux Assassins, donc un danger potentiel.»

« On sait se défendre.» protesta Ezio.

« Pas assez mon fils, pas assez et tu t'en rendra vite compte.»

Ezio fit la moue. N'empêche son père avait raison : il n'avait rien pu faire contre les gardes la veille. Il s'était senti impuissant.

« C'est toi qui va nous former ?» reprit Ezio.

« Moi, Julia, et votre oncle Mario. Ensemble ou séparément.»

Les enfants n'eurent pour le moment pas d'autres questions. Giovanni leur laissa la matinée de libre. Leur entraînement débuterait dans l'après-midi s'ils le désiraient. La fratrie décida de prendre un peu l'air, afin de mieux digérer ces informations. Ils trouvèrent un carré d'herbe dans ce qui fut un jardin. Ils s'installèrent en étoile, comme ils en avaient parfois l'habitude à Florence. Ils restèrent ainsi les yeux rivés au ciel un moment.

« Vous en pensez quoi, de tout ça ?» demanda finalement Petruccio.

« Ça me paraît énorme moi personnellement. Ces deux sociétés secrètes qui s'affrontent depuis des siècles … et dans le monde entier en plus.» répondit Claudia.

« Je savais bien que notre père nous cachait des choses. Mais toi aussi Federico.» lança Ezio.

« Quoi ?» firent les plus jeunes.

« Père m'avait dit qu'il exécutait des missions pour le compte des Medici. Il avait mentionné devant moi l'ordre des Assassins, et qu'un jour je devrais peut-être en faire partie. Par contre, je ne connaissais pas les Templiers.» révéla Federico, mains croisées sur son ventre.

« Mais pourquoi tu ne nous en a pas parlé ?» demanda Claudia.

« Parce qu'il m'a fait promettre de ne rien dire. Vous étiez encore trop jeunes pour ça.»

« Julia elle a pas eu l'air trop jeune elle. Sept ans … elle avait sept ans quand elle est entrée dans l'ordre.» fit Petruccio, impressionné.

« Et on va faire quoi maintenant ?» reprit Ezio.

« Père a raison, on doit apprendre à se battre. Et j'ai bien envie de coller mon poing dans la figure de Vieri. Ou plutôt de lui passer une lame en travers du corps.» répondit Federico.

« Mais … tu vas tuer des gens Federico. Ça ne te fais pas peur d'être un meurtrier ?» rappela Petruccio.

« Question de point de vue petit frère. Si j'ai bien tout compris, si on ne tue pas ces Templiers c'est eux qui nous tueront. Et des gens qui veulent asservir le monde entier et régner sur eux ne me paraissent pas franchement innocents. On se portera mieux sans eux.»

Le silence revint dans le groupe. Ils réalisaient petit à petit que leur vie changeait, et pas forcément pour le meilleur.


En début d'après-midi, Ezio et Federico se présentèrent au bureau de la villa. Ils annoncèrent à leur oncle qu'ils étaient prêts à commencer.

« Très bien ! Bonne décision les enfants.» clama Mario.

Ça, ils n'en étaient pas encore convaincus. Pendant que leur oncle expliquait ce qu'ils auraient à endurer, Ezio remarqua un pan de mur sur lequel étaient épinglés des parchemins visiblement anciens.

« Qu'est-ce que c'est ?» demanda-t-il.

« Oh ça. Ce sont les pages du Codex d'Altaïr, le refondateur de l'ordre. Ils contiendraient un savoir important pour nous. Votre père et moi avons passé beaucoup de temps à tenter de retrouver ces pages et à les déchiffrer. Peut-être que vous aurez l'occasion d'en trouver d'autres.» répondit Mario.

Un peu après, Giovanni fit son entrée. Il avait appris que Julia était également de retour.

« Ah Mario, tu n'aurais pas vu le renardeau par hasard ?» demanda-t-il.

« Non pas encore.»

Un coussin vint heurter la tête de l'ancien banquier.

« La voilà.» sourit-il en se retournant.

« J'ai passé l'âge que tu m'appelles comme ça.» lança la brunette.

« Si tu le dis. As-tu trouvé ce que tu cherchais ?» interrogea Auditore père.

« As-tu été sage en mon absence ?»

Giovanni lui fit les gros yeux, pendant que Mario ricanait. Julia lui montra ensuite un rouleau et des lettres. Son mentor la remercia. Il rangea les précieux documents dans une boîte qu'il ferma à clé. Étonné, Ezio lui demanda pourquoi il n'allait pas immédiatement à Florence prouver leur innocence.

« Parce que je risque de ne pas arriver jusqu'à Lorenzo en entier. Je préfère attendre le moment opportun. Bien, il est temps de commencer votre entraînement. Julia, si tu veux bien.»

« Suivez-moi vous deux.» dit-elle à l'adresse des deux frères.

La jeune femme les entraîna vers la place d'arme. Là, elle leur lança des épées en bois. Ce serait leur principaux outils au début, afin d'éviter les blessures accidentelles. Elle demanda ensuite à l'un d'eux de venir à elle afin qu'elle puisse évaluer leur niveau. Ezio se proposa, se rappelant que la veille au soir Julia avait souligné leur manque de compétence. Il passa donc par-dessus la rambarde délimitant l'espace de combat, puis vint se positionner en face d'elle. Federico fit le tour pour avoir une meilleure vue. Julia fixa Ezio un court instant. Soudain, son épée jaillit, frappa celle du jeune homme. L'instrument vola et atterrit dans le sable.

« Tu tiens mal ton épée.»

Ezio la regarda, soufflé. Il alla la ramasser, sous l'œil narquois de son frère.

« En outre ta garde est trop basse. Regarde, tiens-la comme ceci et à cette hauteur.» conseilla Julia.

Ezio hésita. Recevoir des conseils en matière de combat de la part d'une femme ne lui disait guère. En face, la brune haussa un sourcil. Qu'attendait-il ?

« Un souci Ezio ?» demanda-t-elle.

« Ben écoute, si on pouvait passer directement à la partie pratique ce serait mieux.» dit-il.

« Je vois. Je vais donc devoir te montrer de quoi je suis capable, histoire de calmer un peu ton arrogance. Mais je te préviens, tu vas le regretter.» avertit Mezzini.

« Ça je demande à voir, c'est peut-être toi qui sera surprise.» lança Ezio avec un sourire.

Les deux opposants se jaugèrent un instant. Le Florentin annonça lui laisser porter le premier coup. Julia se contenta de planter son regard azur dans ceux noisette du brun. Ezio en vint à se demander si elle allait commencer un jour, quand soudain le premier coup partit. Ezio leva son épée juste à temps. En revanche, il sentit au choc que Julia savait s'y prendre. Il para deux autres attaques avant que son adversaire ne feinte et le frappe aux côtes. Julia ne s'arrêta pas à ce premier succès. La lame de bois atteignit ensuite l'épaule de son adversaire. Ezio tenta de la toucher au ventre. Julia tourna au moment où le bois filait vers son abdomen. Elle passa derrière le jeune Florentin … puis abattit le plat de sa lame sur ses fesses.

« Aow !»

Federico échappa un rire. Ezio se retourna et la fusilla du regard. Non mais attendez un peu pour voir. Il repartit à l'assaut, décidé à venger son honneur arrière. Si seulement … il reçut un choc sur l'avant-bras tenant l'arme, Julia lui fit ensuite un croche-pied qui le déséquilibra. Elle profita de ce qu'il cherchait à se rétablir pour lui asséner un coup entre les épaules. La jeune femme lui donna l'impression de glisser sur le sol. Lui par contre, frappait dans le vide.

« Ouch !» fit Ezio après un coup sur la tête.

Il sentit quelque chose se glisser entre la poignée de son épée et sa main. Son arme voltigea et se retrouva loin sur le côté. Il était désarmé. Il esquiva un coup, puis un autre et encore un jusqu'à que son dos ne bute contre le muret. Julia plaça son arme sous le menton de son adversaire.

« En effet je suis surprise. Surprise que tu aie pu survivre face à tes adversaires.» dit-elle.

L'orgueil d'Ezio en prit un coup. Si leurs armes avaient été réelles, il serait sûrement déjà mort.

« Tu as encore beaucoup à apprendre. Donc tu es prié de museler ton ego. Et … ne doute … plus jamais … de mes compétences.» dit-elle.

Elle lui flanqua un coup sur le nez.

« Compris ?»

Il ne répondit pas, les yeux brûlants. Julia fit tourner son épée et demanda à Federico de prendre la relève. Il franchit d'un bond le petit mur.

« Sois gentil de lui faire mordre la poussière.» demanda Ezio en le croisant.

Federico vint se positionner face à la brune. Tout comme pour son frère, elle resta un instant à le fixer droit dans les yeux. Mais ce fut lui qui attaqua en premier. Julia fit simplement un pas de côté. Federico ne perdit pas de temps et attaqua aussitôt.

« Hmph !»

Premier coup, au bras tenant l'arme. Federico serra les dents. Il fit trois pas rapides en sa direction. Il vit alors la brune se baisser et lui faucher les jambes. Le jeune homme se retrouva sur le dos. Ezio cacha son visage dans ses mains. Pour l'honneur familial c'était mal parti. Federico se prit un nouveau coup mais à la cuisse. Le combat dura aussi longtemps que pour son petit-frère, avec son lot de gnons.

« Bien. Tu as plus d'expérience que ton frère et tu te bats mieux. J'ai maintenant une petite idée de par où je dois commencer. Je t'accorde dix minutes de pause, après quoi on passera aux choses sérieuses.» annonça Julia.

Ezio se redressa. Aux choses sérieuses ? Alors c'était quoi ça une petite blague ? La jeune femme quitta l'aire d'entraînement. Giovanni et Mario vinrent voir où en étaient les garçons.

« Alors c'était comment ?» demanda leur père.

« Eh bien Ezio s'est prit une bonne raclée, et moi aussi à vrai dire. Un peu moins cependant.» annonça Federico.

« Oh ? Mais que s'est-il passé ?» s'étonna Giovanni.

Connaissant la jeune femme il trouvait curieux qu'elle aie utilisé la manière forte.

« Il s'est permis de douter de mes compétences.» lança Julia, assise sur une rampe de pierre, plus loin.

« Ah. La chose à ne jamais faire.» comprit son mentor avec un sourire.

« Vous ne lui avez pas fait mal au moins ?» s'enquit Mario.

Les frères échangèrent un regard.

« Oncle Mario. Dans on s'est pris une raclée, c'est quoi qui t'as échappé au juste ?» lança Ezio.

« Que cela te serve de leçon Ezio. Julia est un Assassin confirmé, ou en tout cas en passe de l'être dès que j'aurais organisé son intronisation. Elle a été entraînée à se battre depuis l'âge de ses sept ans, elle a donc beaucoup plus d'expérience. Écoutez attentivement ses leçons, je suis d'ailleurs sûr que vous les apprécierez.» sermonna Giovanni.

« Grmph.»

« Et laisse ton orgueil de côté, ça ne servira à rien.» ajouta Mario.

C'était la seule chose qui avait poussé Julia à être si peu tendre envers lui. Ezio lui jeta un œil, bras croisés. Mouais bon, il l'avait peut-être cherché. Il avait pourtant bien vu quand elle avait éliminé Uberto qu'elle connaissait son affaire.

« Bon d'accord je m'excuse.» lança-t-il.

Julia afficha un sourire. Elle annonça ensuite la fin de la pause. Revenant au centre de l'arène, elle demanda aux garçons de se mettre en garde. Passant près d'eux elle observa leur position.

« Très bien Ezio, tu as retenu ce que je t'ai dis à propos de ta garde. Ah Mario, tu veux bien nous installer un mannequin s'il te plaît ?»

« Mais bien sûr mon petit renard !»

Mario s'éloigna un instant, puis revint avec un mannequin de paille qu'il planta à quelques pas des garçons. Julia leur expliqua ensuite comment porter des coups et à quels endroits.


L'entraînement dura l'après-midi. Finalement, Ezio admit que son prof n'était pas si mal. Elle les félicitait chaque fois qu'ils réussissaient, se montrait patiente pour leur expliquer. Un peu avant le soir, les garçons retrouvèrent leur père qui tenait un livre de comptes.

« Vous avez terminé dirait-on.»

« Ouais. Vous aviez raison il nous reste pas mal de choses à découvrir.» lança Ezio en se laissant tomber sur un fauteuil.

« Et de votre côté, que faites-vous ?» interrogea Federico.

« Je mets à jour les comptes de la villa et je planifie sa rénovation. Ce qui ne va pas être facile.»

« Père, je me demandais à propos de Julia … est-ce que c'est courant de débuter aussi tôt ? Et pourquoi vous et oncle Mario vous la surnommez le renardeau ou le renard ?» reprit Federico.

« Hmmoui on peut débuter son entraînement très jeune. Moi et votre oncle avions 9 et 10 ans. Pour ce qui est de Julia, elle avait vu son père s'entraîner à l'épée et s'amusait à l'imiter. C'est rapidement devenu un jeu entre eux : son père lui expliquait comment faire sans trop y croire. Jusqu'à ce qu'il se rende compte qu'elle retenait très bien ses instructions. Il a donc approfondi son apprentissage, puis me l'a amenée alors qu'elle n'avait que sept ans. Je trouvais ça trop jeune et je n'étais pas d'accord.» raconta Giovanni.

L'enfant lui avait alors répondu sans ambages qu'il n'avait qu'à venir se battre avec elle. Giovanni avait refusé. Sans se démonter la petite fille avait dégainé son épée en bois puis lui avait porté un coup. Un coup précis qui avait contraint l'Assassin à esquiver, ne serait-ce que par pur réflexe. Elle avait continué durant trois minutes au bout desquelles Giovanni avait annoncé qu'il se rendait.

« Pour ce qui est de son surnom, cela venait de sa capacité à me passer régulièrement sous le nez. Julia a vite pris la très mauvaise habitude de me suivre lorsque je partais en mission. Je ne m'en apercevais que lorsqu'il était trop tard pour la renvoyer. Il était encore trop tôt dans son apprentissage pour qu'elle parte en mission, mais allez lui faire comprendre. J'admets aujourd'hui que cela a parfois été utile et très formateur. Cette petite a toujours eu le chic pour disparaître et se camoufler.» continua Giovanni.

« Et comment ça se fait ? Nous vous nous repériez toujours.» lança Ezio.

« Pour commencer, vous êtes tout sauf discrets. Mais j'ai fini par comprendre comment elle s'y prenait le jour où je l'ai vue faire. C'était bête comme tout et pourtant ça marchait.» répondit Giovanni en souriant.

Lors d'une mission, Julia devait entrer en contact avec un informateur. Manque de chance, elle et son mentor s'étaient fait détecter par des gardes. Au bout de quelques minutes de course-poursuite, Julia avait annoncé qu'elle irait seule rencontrer leur informateur. Tous deux se séparèrent. Giovanni trouva une cachette sur les toits. Il voyait toute la rue, y comprit la personne qu'ils devaient rencontrer, ainsi que les gardes qui les recherchaient parmi la foule. Par contre … où était son élève ?

« Je ne l'ai vue que lorsque Julia a levé la tête vers moi. J'avoue qu'elle m'a vraiment surpris : elle était habillée comme tout un chacun et non plus avec sa tenue d'apprentie, alors que cela ne faisait que cinq minutes que nous venions de nous quitter. Où diable avait-elle trouvé le temps d'enfiler une robe et de se coiffer ? Et d'où provenait cette robe ? Toujours est-il qu'elle est passée devant les gardes, leur a fait un petit sourire puis est tranquillement aller parler à l'informateur. Les gardes n'y ont vu que du feu.»

Plus tard, Julia avait expliqué qu'il s'agissait d'une fausse robe : un simple morceau de tissu autour de la taille tenu par des épingles à des endroits stratégiques. Dessous, un pantalon et des couteaux en cas de besoin. Il lui suffisait d'adapter son allure puis de passer au milieu des gens. Un simple chignon pour la coiffure et la voici anonyme.

« Je me demandais pourquoi diable emportait-elle ce tissu et une tunique. Cela lui servait à disparaître. Car voyez-vous lorsque les soldats nous cherchent ils regardent surtout s'ils aperçoivent notre capuche. Je me suis rendu compte que lorsque je vérifiais si elle ne me suivait pas, que je cherchais moi aussi inconsciemment cette fichue capuche. Or elle ne l'avait jamais sur la tête, ce qui fait que je ne la voyais pas parmi la foule. Sans compter qu'elle se cachait dans l'environnement dès que c'était possible.»

« En gros elle vous bernait bien quoi.» résuma Federico.

« En effet. J'ai cru devenir fou lorsque une fois j'ai découvert qu'elle avait été juste à côté de moi alors que je me rendais à un rendez-vous. J'avais arrêté ma monture pour regarder par-dessus mon épaule, or Julia était sur un banc à ma hauteur, derrière un groupe de passants qui papotaient. Et bien sûr je ne l'ai pas remarquée. J'ai alors compris qu'il valait mieux que je la prenne avec moi.»

Maria Auditore vint en cet instant annoncer que le dîner était servi. Tous trois se levèrent puis la suivirent dans la salle à manger. Durant le dîner, Claudia demandait comment s'était passé ce premier entraînement. Ezio et Federico s'entre-regardèrent.

« Mais très bien.» dirent-ils.

Ils passèrent naturellement sous silence leur défaite du début. Du reste, Julia n'en dit rien non plus pas plus que leur père et oncle. L'honneur était donc sauf, du moins en apparence.