Quand Astoria et Drago Malefoy rentrèrent et virent leur fils unique allongé sur le canapé entourant de ses bras celle qu'ils considéraient comme « la trainé Weasley », l'agréable soirée que le couple estimait jusque-là avoir passé se transforma en un pur cauchemar.
Astoria lâcha un petit cri strident comme elle savait si bien les faire et agrippa le bras de son mari qui, de son coté, pointait un doigt accusateur vers Rose.
-Qu'est-ce qu'elle fait ici ?
Scorpius leva les yeux au ciel et vint se planter devant ses parents dont il savait l'ouverture d'esprit aussi grand qu'un trou de souris.
-Je vais vous expliquer… disons qu'elle est un peu malade… et je pense qu'il serait très aimable de l'accueillir jusqu'à ce qu'elle se soit … rétablie.
Les sourcils froncés de Drago Malefoy se touchaient quasiment.
-Ce manoir est-il le nouveau St Mangouste ? Qu'elle retourne chez ses parents, après trois ans il serait grand temps. Protesta-t-il, tranchant.
-Je pense que ses parents ne seront pas très disposé à comprendre la … maladie de leur fille.
Visiblement Drago ne comprenait pas ou voulait en venir son fils mais Astoria eut l'esprit plus vif, elle poussa un nouveau cri à en faire trembler le manoir tout entier.
-Elle est enceinte !
Rose se leva enfin pour faire face aux parents de son meilleur ami, tout en sachant qu'ils ne l'avaient jamais porté dans son cœur, elle tenta une brève approche.
-Bon… bonsoir Monsieur et Madame Malefoy, je… je suis désolée de …
Ne voulant pas en entendre plus, Drago la fit taire d'un geste de la main.
-Ma maison n'est pas un refuge pour jeune mère célibataire. Je ne vois pas pourquoi je m'occuperais de cette gamine qui n'a jamais rien compris aux règles et à la discipline, soit dit en passant pour la fille de Granger c'est un paradoxe.
Un long et pesant silence s'installa dans le salon durant lequel le père et le fils s'affrontèrent du regard, aucun des deux n'osant relâcher son attention. C'est Scorpius qui mit fin au mutisme ambiant, en articulant avec une confiance désappointante :
-Elle va rester ici.
Drago eu un rire moqueur mais passa une main sur son crane partiellement dégarni, signe chez lui d'un certain désarroi.
-Ah oui ? Et en quel honneur ? Ajouta-t-il.
Scorpius franchit les quelques pas qui le séparaient de son père de manière à n'être plus qu'à une dizaine de centimètres de son visage ; dos droit, buste bombé, c'est avec détermination qu'il planta ses yeux dans le regard orageux de Drago.
-Si elle s'en va, je pars avec elle. Tu ne me reverras pas, vous n'entendrez plus jamais parler de moi. Ce sera comme si vous n'aviez jamais eu d'enfant.
Il ne fallut pas plus d'une seconde pour que Scorpius regrette d'avoir prononcé ses paroles aussi insensées que suicidaires. Il savait son père capable de lui répondre « Eh bien vas-y part, je ne te regretterai pas fils », et dans ce cas-là il serait bien avancé… Ça c'est l'effet « Rose », il suffisait qu'elle se trouve dans les parages pour qu'il commence à dire et faire n'importe quoi.
Le visage de Drago passa pour toutes les couleurs, allant d'un banc cadavérique, au vert, pour finir sur une teinte vermillon. De son côté Astoria sanglotait, tordant son visage bouffi en une grimace hideuse elle faisait aller et venir ses petites billes pâles de son fils à son mari passant de temps à autre par le ventre rond de Rose Weasley.
Le choc passé, Drago et Astoria se regardèrent, puis ils dirigèrent leur attention sur la fille Weasley en la considérant – si cela est possible- avec encore plus de haine encore qu'à l'ordinaire.
-Allons dans mon bureau Scorpius, j'aimerai continuer cette conversation en tête à tête.
Par on ne sait quelle délicatesse de Drago le reste de l'échange se poursuivit donc à l'étage, mais ce fut inutile, les hurlements raisonnèrent dans l'ensemble de la maison et Rose n'en perdu pas une miette, allant du « Tu serais prêt à gâcher ta vie pour une trainée », au «Tu fais honte à ton sang » en passant par « MAIS QU'EST-CE QUE TU LUI TROUVES A LA FIN A CETTE WEASLEY !».
Astoria, elle, avait arrêté son regard sur le ventre de Rose, visiblement perdue dans d'instances réflexions.
-Vous voulez peut-être une photo Madame Malefoy ?
Astoria saisit sans mal le sarcasme et ses petites billes bleues quittèrent les ventres arrondis pour foudroyer du regard la petite impertinente qui lui faisait face.
-Il y a des moments mademoiselle Weasley où il faut savoir ce faire discret. Nous sommes actuellement dans l'une de ces situations, alors si j'étais à votre place je rangerai dans ma bouche cette vipère qui vous sert de langue !
Discrétion ? Ce terme Rose Weasley ne la connaissait pas !
