Les droits : Les personnages et les situations extraits de l'œuvre de Go Nagaï et des animes correspondants (Mazinger Z, Great Mazinger, Grendizer) et présents dans cette fiction sont la propriété de leurs auteurs.


2. Le dernier cadeau de Véga

Koji regardait le robot s'éloigner. Ses amis partaient et il ignorait s'il les reverrait un jour. Lorsque Goldorak ne fut plus visible, il fit faire demi-tour à son O.V.T., piqua vers la Terre et prit la direction du centre de recherches spatiales. Avec le départ de Phénicia et d'Actarus, c'était la fin d'une époque de sa vie, il savait qu'il lui faudrait désormais passer à autre chose. Cela lui rappela le temps où il partit pour les États-Unis en laissant derrière lui une autre période de son existence : celle durant laquelle il pilotait Mazinger Z, un puissant robot fabriqué par Juzo Kabuto qui n'était autre que son grand-père. L'adolescent qu'il était alors s'était opposé au Docteur Hell, un savant mégalomane, qui projetait de dominer la Terre à l'aide de ses propres monstres mécaniques. Il se demanda ce qu'étaient devenus Sayaka et son père, le professeur Gennosuke Yumi. Il se souvint avec émotion de l'accueil et de l'aide que lui avait apportés le chercheur lorsqu'il avait fait sa connaissance le jour même du décès de son aïeul. Peut-être qu'il pourrait lui rendre visite à l'occasion. Mais pour le moment, il lui faudrait s'accoutumer à l'absence de ses amis, ce qui ne serait probablement pas facile vu les liens unissant les quatre membres de la « patrouille des Aigles ». Koji rentra Alcorak, en descendit et se dirigea vers sa chambre afin d'ôter sa combinaison de vol. Puis il se rendit dans la grande salle de l'observatoire où il retrouva le professeur Procyon ainsi que ses assistants : Argoli, Cochyre et Antarès.

« Nous t'attendions Koji, lui dit le professeur. Je souhaiterais m'entretenir avec vous quatre, allons au salon, nous y serons plus à l'aise pour discuter. »

Tous le suivirent et s'installèrent dans un fauteuil. Après quelques instants d'un lourd silence que personne n'osait briser, Procyon prit la parole.

« Vous le savez, Actarus et Phénicia se sont envolés pour Euphor tout à l'heure. Koji et moi venons de rentrer après avoir assisté à leur départ. »

Il fronça les sourcils et poursuivit.

« Ils sont partis et ils vont terriblement nous manquer, mais la vie continue. La guerre contre Véga est maintenant terminée. Durant ces dernières années, les activités du centre se sont partagées entre la lutte contre les envahisseurs et la recherche. Désormais, nous allons pouvoir nous consacrer à plein temps à cette seconde activité qui est notre vocation première. Depuis la victoire des Aigles, j'y ai beaucoup réfléchi. Comme Actarus m'avait confié son intention de retourner sur Euphor, j'ai préféré attendre son départ pour modifier le fonctionnement du centre. Je pars lundi à Genève pour un cycle de conférences. Il y sera question des problèmes énergétiques que risque de connaître la planète dans un avenir plus ou moins proche. Je pense qu'il serait intéressant d'orienter nos recherches dans cette direction-là.

- Je le pense aussi, répondit Argoli en hochant la tête. D'ailleurs nous l'avions déjà amorcé avec le travail que nous avions mené concernant le photon capteur.

- Oui, confirma le professeur, et je vous propose de poursuivre ce travail. Les photons constituent une source d'énergie inépuisable. Cela pourrait résoudre avantageusement les problèmes de pénurie énergétique. Vous pouvez revoir le dossier dès lundi et nous en reparlerons à mon retour à la fin de la semaine.

- Comptez sur nous, assurèrent Antarès et Cochyre d'une même voix.

- Dites-moi, Professeur, poursuivit Argoli, j'aimerais savoir si nous pourrions habiter hors du centre maintenant que nous ne risquons plus de subir les attaques de Véga.

- Bien sûr, il n'est plus nécessaire de résider ici en permanence et ceux qui le souhaitent peuvent tout à fait loger à l'extérieur.

- Merci. Mon projet de mariage avec Capella peut maintenant se concrétiser et je préfèrerais qu'elle loge dans une maison bien à nous.

- C'est tout naturel, et vous messieurs, qu'envisagez-vous ?

- Ma femme sera ravie que je rentre à la maison tous les soirs, fit remarquer Antarès, et je suppose que la tienne aussi, Cochyre ?

- Oui, acquiesça celui-ci en souriant.

- Je comprends aisément cela, continua le professeur, il est temps que vous ayez tous une vie plus normale. Personnellement, je resterai ici, vous savez tous que le centre est toute ma vie. »

Koji suivait la conversation sans s'y mêler. Il n'oubliait pas que sa présence au centre de recherches spatiales de Procyon n'était due qu'à la mission que lui avait assignée la N.A.S.A. : il se trouvait là afin d'étudier les passages d'O.V.N.I. dans cette région du Japon. Il savait donc qu'il allait devoir se séparer de ses collègues et rejoindre les États-Unis. Cela ne le réjouissait guère car il s'était attaché à ceux qu'il avait côtoyés depuis son arrivée, mais c'était ainsi. Devant son silence, Argoli l'interrogea.

« Et toi Koji, tu ne dis rien ?

- Oh moi…, soupira le jeune homme, je suppose que maintenant qu'il n'y a plus d'O.V.N.I. à observer et que la guerre est terminée, la N.A.S.A. va me rappeler.

- Écoute-moi Koji, intervint le professeur, je vais avoir besoin d'un pilote et je compte en embaucher un assez rapidement. Je ne te cache pas que j'aimerais beaucoup que ce soit toi. Outre ton excellente maîtrise du pilotage, tes compétences en mécanique spatiale m'intéressent. De plus, tu participerais à la recherche que nous faisons. Enfin, et ce n'est pas négligeable, tu connais déjà la maison. Si cela t'intéresse, je t'offre donc l'opportunité de rester parmi nous. Naturellement, je ne te demande pas de me donner ta réponse aujourd'hui, tu peux y réfléchir durant quelques jours afin de considérer les deux options qui se présentent à toi. »

Le visage de Koji s'éclaira subitement. Prendre le temps de songer à la proposition qui venait de lui être faite lui semblait tout à fait inutile, tant il était certain de sa décision. Ce fut donc avec une satisfaction non dissimulée qu'il opta pour cette offre inattendue.

« C'est tout réfléchi, Professeur. J'accepte avec joie. »

Procyon esquissa un sourire. Connaissant le jeune homme, il se dit qu'il aurait dû prévoir la spontanéité de sa réponse.

« Eh bien, cela me fait vraiment plaisir. Nous entamerons les démarches nécessaires auprès de la N.A.S.A. dès lundi, je m'occuperai de cela avant de partir. Tu seras peut-être obligé d'y retourner quelque temps s'ils tiennent à ce que tu respectes le délai de préavis mais j'essayerai quand même de trouver un arrangement avec eux pour t'éviter ça. Si tu souhaites t'établir dans les environs, les collègues t'aideront à trouver un logement.

- Merci, Professeur, mais je me plais beaucoup ici. Pour l'instant, je préfèrerais y rester.

- Comme tu voudras. Messieurs, j'en ai terminé. Je vous souhaite un bon week-end. »

Cochyre, Antarès et Argoli prirent congé et quittèrent le centre. Les deux premiers allèrent retrouver leur femme et Argoli partit chez sa fiancée. Koji annonça qu'il allait préparer le repas et quitta la pièce tandis que Procyon entreprit de sélectionner quelques documents en prévision de son voyage en Suisse. Le chercheur rejoignit ensuite le jeune homme.

« Dis-moi Koji, lui demanda-t-il lorsqu'il pénétra dans la cuisine, cela t'ennuierait-il de m'emmener à Genève lundi à bord d'Alcorak ? J'ai déjà pris mon billet d'avion mais je peux encore l'annuler. Le voyage serait ainsi plus rapide et cela me laisserait le temps de contacter la N.A.S.A. avant de partir.

- Non, cela ne m'ennuie pas, au contraire. D'autre part, je peux tout à fait retourner vous chercher vendredi si vous le souhaitez.

- Merci, c'est gentil de ta part. J'appelle l'aéroport. »


Lundi, en fin de matinée, le professeur Procyon monta à bord d'Alcorak suivi de Koji qui s'installa aux commandes.

« Alcorak, Go ! »

L'O.V.T. décolla. Le professeur mit immédiatement Koji au courant du résultat des démarches qu'il avait entreprises le matin même.

« J'ai pris contact avec la N.A.S.A., ils sont d'accord pour supprimer ton délai de préavis. Ils t'enverront des papiers à signer dans la semaine.

- Formidable, Professeur ! exulta le jeune homme. Cela aurait été dommage que je parte pour revenir sous peu.

- Koji, depuis quelque temps, je songe à construire un vaisseau spatial permettant de traverser l'espace. Le fait que tu restes parmi nous me décide à mettre ce projet à exécution sans plus attendre.

- Nous avons Cosmorak.

- Certes, mais je te rappelle qu'il a été construit dans le but d'aider Goldorak à vaincre Véga, il n'est pas adapté aux longs séjours dans l'espace. Il nous en faudrait un autre suffisamment spacieux, permettant d'héberger des cosmonautes durant une période plus ou moins longue et un ou deux O.V.T. pour explorer une planète le cas échéant. Cela nous sera utile dans le cadre de nos recherches. Nous pourrions peut-être découvrir de nouvelles sources d'énergie sur certaines planètes voisines ou plus lointaines.

- C'est un gros projet, Professeur.

- Oui c'est vrai, je vous en parlerai plus en détail dès mon retour et nous en commencerons la conception rapidement. »

Le voyage se poursuivit sans problèmes. Procyon demanda à Koji de le laisser chez le Docteur Shubyler. Lorsqu'ils furent arrivés à destination, Koji confirma à son passager qu'il reviendrait le chercher le vendredi suivant. L'O.V.T. reprit la direction du Japon. Le jeune homme était ravi de la tournure que prenaient les événements. Le fait de rester au centre auprès de Procyon et de ses assistants l'enchantait d'autant plus qu'il aurait l'occasion de piloter et probablement de faire des séjours dans l'espace.

La semaine se déroula paisiblement. Koji et ses collègues étaient pleinement absorbés par leur travail. Le mercredi après-midi, Antarès et Cochyre déménagèrent leurs affaires du centre, ils rentreraient désormais chez eux tous les soirs. Koji et Argoli se retrouvèrent donc seuls pour le dîner. Ils discutèrent de choses et d'autres puis la conversation s'orienta sur Capella.

« Dis-moi Argoli, tu penses te marier bientôt ?

- Oui, nous avons déjà pu fixer la date de la cérémonie. Elle se déroulera dans cinq semaines. Je suis en train de chercher une maison. J'aimerais bien en trouver une d'ici là. Naturellement, pour le mariage, vous êtes tous invités ainsi que Riguel et sa famille.

- C'est Mizar qui va être content ! Je crois bien qu'il n'a jamais assisté à un mariage. »


Le vendredi matin, Koji retourna en Suisse. Il atterrit à proximité de la résidence du Docteur Shubyler puis il s'y rendit à pied. C'était une magnifique maison entourée d'un immense parc. Arrivé à la porte d'entrée, il appuya sur la sonnette. Elsa, l'assistante du Docteur, vint lui ouvrir.

« Bonjour Elsa.

- Bonjour Koji, entrez donc. »

Koji pénétra dans le salon où plusieurs scientifiques s'entretenaient des sujets abordés lors du cycle de conférences. Ils se tournèrent vers lui et l'un d'eux s'exclama :

« Koji ! Toi, ici ? »

Le jeune homme fut aussi stupéfait que son interlocuteur, il n'en croyait pas ses yeux : devant lui se tenait le professeur Gennosuke Yumi, directeur du laboratoire d'énergie photonique où il se trouvait lorsqu'il combattait le docteur Hell à bord de Mazinger Z.

« Professeur… cela fait si longtemps ! balbutia-t-il.

- Comment ! Vous vous connaissez ? s'étonna Procyon.

- Oui, Procyon, je vais vous expliquer », lui répondit Yumi.

Celui-ci se chargea de faire les présentations et proposa à Koji de prendre un siège. Elsa lui offrit des rafraîchissements.

« Koji était l'un des pilotes de la patrouille des Aigles, précisa Procyon. Vous savez tous que c'est grâce à eux que nous avons pu vaincre les forces de Véga. Mais j'ignorais que vous le connaissiez, Professeur Yumi. »

Ce dernier retraça les circonstances durant lesquelles il fut amené à côtoyer le jeune homme.

« Koji est le petit-fils du professeur Juzo Kabuto auprès de qui j'ai longtemps travaillé. Peu de temps après avoir pris sa retraite, Kabuto fut assassiné par les hommes du Docteur Hell, un scientifique mégalomane qui voulait conquérir le monde grâce à son armée de robots. Kabuto était au courant de ces projets et construisit, en secret, un robot très puissant : le Mazinger Z. Il le fabriqua en alliage Z, matière très résistante, pratiquement indestructible, qu'il avait mise au point lui-même. Avant de mourir, il le légua à Koji qui put ainsi s'opposer au funeste projet du Docteur Hell. Le robot était dissimulé dans la piscine se trouvant près du laboratoire d'énergie photonique où je travaille.

- Koji, le taquina Procyon, tu es un petit cachottier, tu ne nous as jamais parlé de ces exploits !

- Avant de repartir pour les États-Unis, j'ai confié Mazinger Z au musée du robot et je me suis promis de ne plus l'utiliser, expliqua Koji. Il s'y trouve aux côtés de Great Mazinger, un autre robot, de conception assez proche, mais encore plus puissant, et qui fut, quant à lui, construit par mon père, le professeur Kenzo Kabuto. Ces machines sont aujourd'hui des symboles de paix. Mes aventures avec Mazinger Z appartiennent au passé, j'ai tourné la page, c'est pour cela que je n'ai jamais abordé le sujet. »

Le ton que venait d'employer Koji était assez explicite : il ne souhaitait manifestement pas s'étendre sur cette question. Le jeune homme enchaîna d'ailleurs aussitôt en demandant des nouvelles de Sayaka et le professeur Yumi lui répondit qu'elle allait bien et qu'elle travaillait désormais au laboratoire d'énergie photonique. Sur ce, Procyon prit congé de ses pairs et Koji le ramena au Japon à bord d'Alcorak.

« J'ai proposé au professeur Yumi de passer quelques jours au centre de recherches spatiales, annonça Procyon à son pilote au cours du voyage. Il sera là dans deux semaines. Je lui présenterai le photon capteur. À propos, Koji, avez-vous repris le dossier durant mon absence ?

- Oui Professeur, nous y avons travaillé toute la semaine.

- Il faudrait que tu ailles récolter des photons lundi. Je demanderai à Antarès d'installer le photon capteur sur Alcorak comme nous l'avions fait la première fois.

- Très bien.

- Lorsque Yumi sera venu, nous nous rendrons à notre tour au laboratoire d'énergie photonique. Lui et moi, nous travaillons tous deux sur l'énergie de lumière, de façon très différente, certes, mais cela peut être intéressant de mettre en commun nos connaissances et nos compétences. Je compte sur toi pour m'accompagner.

- Oui, Professeur. »

Koji ressentit une certaine émotion à l'idée de retourner là où il avait tant de souvenirs. Peut-être aurait-il l'occasion de revoir Sayaka ? Cela faisait si longtemps qu'il ne l'avait pas vue !

Ils arrivèrent au centre. Procyon consacra la fin de l'après-midi à relire les notes qu'il avait prises lors des conférences. Lorsqu'il eut fini sa journée de travail, Koji le rejoignit au salon.

« À propos, Professeur, avez-vous été content de votre séjour ?

- Oui, Koji. Ce cycle de conférences était très intéressant. Je n'ai pas été déçu. Les gouvernements des différents pays présents semblent enfin prendre la menace de pénurie énergétique au sérieux.

- C'est plutôt positif. Ils devraient donc proposer des mesures permettant de reculer l'échéance.

- Certes, mais cela ne fait pas tout. Il est essentiel que nous trouvions d'autres sources d'énergie rapidement pour éviter une crise énergétique qui aurait de graves conséquences sur l'économie mondiale. Mais changeons un peu de conversation, veux-tu ? J'ai passé toute une semaine sur le sujet et j'ai envie de parler d'autre chose. Que comptes-tu faire ce week-end, Koji ?

- Rien de particulier. Dites Professeur, j'aimerais vous demander une faveur.

- Je t'écoute.

- Voilà… m'autoriseriez-vous à utiliser l'un des O.V.T. chaque week-end pour faire un tour ? D'une part, piloter me manque et d'autre part, cela m'ennuierait de perdre la main.

- Pas de problèmes. Tu pourrais même utiliser chacun d'entre eux tour à tour, cela les ferait voler et permettrait de les entretenir régulièrement.

- Merci, Professeur. Demain, je prendrai Vénusiak et je volerai toute la matinée. »


Deux semaines s'écoulèrent. Comme prévu, le professeur Yumi vint au centre. Sa fille l'accompagnait. Ils arrivèrent un lundi en fin d'après-midi. Koji et Sayaka furent ravis de se revoir. Ils avaient beaucoup de choses à se raconter. Koji, en particulier, lui fit un résumé des évènements s'étant déroulés depuis son départ des États-Unis. Après le dîner, ils sortirent pour faire quelques pas aux alentours du centre.

« Alors comme ça, après t'être distingué avec Mazinger Z, tu as fait partie de la célèbre patrouille des Aigles ! Je vais me sentir toute petite à côté de toi ! Dois-je en être intimidée ? »

Koji éclata de rire.

« Cela m'étonnerait de toi, ça ! Cela ne change rien entre nous, voyons ! Au lieu de dire des bêtises, raconte-moi plutôt ce que tu deviens. J'ai appris, il y a deux semaines seulement, que tu travaillais au laboratoire de recherche sur l'énergie photonique.

- Oui, cela fait déjà quelque temps. Nous cherchons un moyen de maîtriser parfaitement cette énergie afin de rendre son utilisation possible à grande échelle.

- Dis-moi, les personnes que je côtoyais y sont-elles toujours ? »

Sayaka lui donna des nouvelles de ceux qu'il connaissait. Ils passèrent ensuite un bon moment à évoquer leurs souvenirs communs puis ils rentrèrent.

Durant la matinée du mardi, Koji leur fit visiter le centre et le professeur Procyon leur présenta le travail qu'il menait avec ses collaborateurs et en particulier ce qui concernait le photon capteur.

Depuis la victoire des Aigles, Vénusia avait réintégré le ranch de son père et venait au centre chaque semaine afin d'apporter des produits de leur production et remplir le frigo. Elle arriva en début d'après-midi. À cette occasion, Procyon proposa une petite pause pour présenter la jeune femme à ses invités.

« Vénusia, lui dit Sayaka, je suis ravie de faire la connaissance d'un deuxième membre de la patrouille des Aigles. Mais vous étiez quatre, si j'ai bien compris. Les deux autres travaillent-ils au centre ?

- Malheureusement, vous ne pourrez pas les rencontrer, lui répondit Procyon. Ils ne sont plus parmi nous. Ils sont retournés chez eux. »

Le téléphone sonna et Argoli se chargea de répondre. Après quelques minutes d'entretien avec son interlocuteur, le visage bouleversé, il interpella le professeur Procyon.

« Professeur, Professeur, c'est terrible !

- Voyons Argoli, calmez-vous, que vous arrive-t-il ?

- Un monstre, un monstre se dirige vers un petit village de la côte !

- Quoi ?… s'exclama le scientifique.

- Qu'est-ce que tu dis ? » s'écria Koji.

Si les deux hommes avaient été les seuls à exprimer leur stupéfaction à voix haute, cela ne signifiait pas que les autres personnes présentes ne ressentaient pas les mêmes émotions : tous dévisagèrent Argoli, attendant des précisions qui ne venaient pas, tant celui-ci se trouvait encore sous le choc de la nouvelle. Il ne fallut cependant que quelques instants à Procyon pour réagir :

« Argoli, donnez-nous les coordonnées ; Antarès, montrez-nous ça sur grand écran !

- Oui, monsieur, tout de suite », répondit ce dernier en manipulant des boutons.

Tous s'étaient approchés machinalement de l'écran. La côte apparut, puis ils distinguèrent une masse verte, sans aspect bien défini, qui avançait en direction du village. Sa forme était mouvante et variait en fonction de son déplacement. Elle semblait ramper sur le sol.

« C'est pas vrai… ! mais qu'est-ce que c'est que ça ? s'exclama Koji en découvrant l'image.

- C'est énorme, souffla Sayaka en portant la main à sa bouche.

- Après les golgoths de Véga, voilà maintenant autre chose ! enchaîna Vénusia. Nous n'aurons donc jamais la paix ?

- Estimation de sa taille ? » interrogea Procyon.

Cochyre annonça les résultats fournis par l'ordinateur.

« On peut la comparer à une sorte de parallélépipède rectangle bien que ses contours soient très mouvants. Voici ses dimensions moyennes approximatives : longueur, 240 mètres, largeur, 130 mètres, hauteur, 8 mètres.

- Il faut évacuer la population ! s'écria le professeur Procyon.

- C'est fait, précisa Argoli, les autorités de la région s'en sont chargées. Mais ils ne savent pas quoi faire pour arrêter cette chose. Ils lui ont tiré dessus depuis des hélicoptères mais les balles y pénètrent sans que cela n'ait l'air de la déranger le moins du monde. Ils ont même essayé de lui envoyer une bombe. Celle-ci y a pénétré mais n'a pas explosé.

- Professeur, laissez-moi y aller ! intervint Koji. Je vais m'en occuper !

- Koji, nous ignorons tout de cette… chose. Je veux bien t'autoriser à te rendre sur place mais ne commets pas d'imprudence. Nous ne savons pas de quoi elle peut être capable.

- C'est entendu Professeur, je pars immédiatement.

- Attends-moi, je viens avec toi », lui lança Vénusia.

Les deux jeunes gens se précipitèrent hors de la pièce sous le regard amusé du professeur Yumi qui reconnaissait bien là l'ex-pilote de Mazinger Z.

Quelques minutes après, Alcorak et Vénusiak décollèrent. Ils prirent la direction du petit village. Lorsqu'ils arrivèrent, la masse informe y pénétrait. Comme l'avait fait remarquer Sayaka, elle était effectivement énorme. Sa couleur verte n'était pas uniforme et variait, du clair au foncé et inversement, en fonction de ses mouvements. Elle scintillait par endroits.

« J'attaque ! », annonça Koji.

Il piqua en direction du sol.

« Missiles Alpha ! »

Les missiles s'enfoncèrent dans la chose mais il n'y eu aucun autre effet.

« Mortanium ! »

Le rayon laser partit aussitôt des extrémités des ailes d'Alcorak. Vénusia attaqua à son tour.

« Missiles Omega !... Deltalame ! »

La lame tranchante lancée par Vénusiak pénétra à l'intérieur de la chose mais ne revint pas se repositionner sur l'appareil. Elle resta apparemment coincée au sein de la masse mouvante.

« Bon ! conclut Koji, inutile que j'utilise le Victorang, il subirait certainement le même sort. Vénusia, bombarde-la à l'écronium pendant que j'envoie le mortanium. À nous deux, on y arrivera peut-être.

- OK. Ecronium !

- Mortanium ! »

Ils actionnèrent la commande plusieurs fois mais il n'y avait rien à faire, la chose poursuivait son chemin, imperturbable. Les rayons laser des O.V.T. attaquaient un peu sa surface mais sans plus.

« Malédiction ! qu'est-ce qu'on va faire ? s'exclama Koji.

- Et si nous allions la voir de plus près ? lui suggéra Vénusia. Nous pourrions peut-être repérer une faille dans sa constitution ?

- Bonne idée ! »

Vénusia piqua vers le bas. Elle survola la masse verte au plus près. Soudain, elle entendit le cri de Koji.

« Vénusia, attention ! »

Au même instant, elle sentit que son O.V.T. était tiré en arrière. Un morceau de la masse verte avait pris la forme d'une sorte de tentacule et s'était enroulé autour de l'une des ailes de Vénusiak. Un second tentacule se déploya et s'enroula autour de la seconde aile. Enfin un troisième puis un quatrième vinrent s'agripper à l'arrière de l'O.V.T. qui fut tiré vers le bas. Se doutant qu'il allait lui arriver la même chose, Koji eut le réflexe de changer brusquement de direction ce qui lui permit d'éviter le tentacule qui se dirigeait vers son appareil. Il amorça sa remontée tout en se déportant sur la droite.

« Koji ! Je n'arrive pas à me dégager ! lui cria la jeune femme.

- Vénusia ! Mets toute la puissance ! », lui intima le professeur Procyon.

Deux tentacules obstruant les réacteurs, cette manœuvre n'eut que peu d'effet.

Koji redescendit vers Vénusiak.

« Prends ça, espèce de monstre ! Victorang ! »

Les deux lames s'élancèrent des ailes d'Alcorak, se rejoignirent pour former un V et allèrent couper deux des tentacules qui retenaient l'O.V.T. de Vénusia. Mais alors que Koji allait lancer ses missiles, deux autres tentacules jaillirent de la chose à la droite d'Alcorak. Tout se passa très vite. Koji eut le réflexe de reprendre de l'altitude en se déportant sur la gauche ce qui lui permit de les esquiver de justesse.

« Ouf ! se dit-il, je l'ai échappé belle ! »

Son cœur battait la chamade, il avait chaud ! Un peu plus...! Il préféra ne plus y penser. Son regard se dirigea vers Vénusiak. Quatre autres tentacules s'étaient déployés et attiraient l'O.V.T. vers le bas.

« Koji, lui fit remarquer Procyon, cette chose me paraît douée d'une certaine intelligence. Tout à l'heure, tu as obliqué sur la droite, c'est sans doute pour ça qu'elle t'a attaqué par la droite cette fois-ci.

- Il ne manquait plus que ça ! Ça ne va pas être facile !

- Écoute, c'est trop dangereux. Si tu continues de l'attaquer, tu vas te faire prendre aussi.

- Professeur ! Je ne peux pas abandonner Vénusia !

- Oui, je sais, mais tu ne lui seras d'aucun secours si tu te fais prendre. »

Koji observait Vénusiak, l'arrière de l'appareil disparaissait dans la masse immonde et ce serait bientôt le cas de l'avant.

« Misère ! s'énerva-t-il, que faire ? »

Il lui fallait pourtant trouver une solution et vite, sinon Vénusia allait mourir absorbée par la chose.

« Koji ! cria Vénusia affolée. Je ne sais pas quoi faire ! je n'y arrive pas ! »

Koji réfléchit rapidement. De toute façon, l'O.V.T. était perdu, alors autant tenter le tout pour le tout.

« Vénusia, calme-toi et écoute-moi attentivement. Nous allons essayer quelque chose. C'est risqué, mais nous n'avons pas le choix. Je vais t'envoyer un filin. Dès qu'il sera à ta portée, ouvre la cabine de pilotage et agrippe-toi à lui. Il faudra bien le tenir car je remonterai rapidement, je crains en effet que la chose ne déroule un autre tentacule et ne t'attrape. Tu as compris ?

- Oui, oui…

- Alors j'y vais, tiens-toi prête. »

Koji déroula le filin et descendit à la verticale de Vénusiak.

« Vas-y ! », cria-t-il à la jeune femme.

Vénusia s'exécuta, elle parvint à s'extraire du poste de pilotage et à s'agripper au filin. Koji reprit rapidement de l'altitude et s'éloigna de la masse verte. Puis il redescendit et déposa Vénusia sur le sol. Il atterrit, sauta à terre et courut vers elle.

« Vénusia, ça va ? »

Elle tremblait de tout son corps.

« Oh Koji ! je crois que je n'ai jamais eu aussi peur !

- Ne restons pas là. Viens. »

Il l'aida à se relever et l'entraîna vers Alcorak. Alors que les deux pilotes montaient à bord, ils entendirent la voix du professeur Procyon.

« Vénusia ! Koji ! comment ça va ?

- Ça va, Professeur, Vénusia est saine et sauve, par contre je crains que nous n'ayons perdu son O.V.T.

- L'essentiel est qu'elle s'en soit tirée. Revenez au centre, nous avons eu assez de sueurs froides comme ça. De toute façon, tes armes ne peuvent apparemment pas grand chose contre cette abomination. »

Koji en convint, Alcorak décolla.

Arrivée au centre, Vénusia alla se reposer dans le salon. Elle avait besoin de se remettre de ses émotions. Sayaka resta près d'elle. Les autres suivaient l'avancée de la chose, nommée ainsi faute de mieux, sur le grand écran. Elle continuait sa progression et venait de dépasser le village. Ils aperçurent Vénusiak au beau milieu de la place centrale. Apparemment, il n'avait pas été détruit, il semblait intacte comme si la chose lui avait passé dessus sans lui causer le moindre mal.

« Professeur, j'y retourne ! s'exclama le jeune pilote quelque peu frustré par le dénouement de la récente bataille.

- Non, Koji ! l'arrêta Procyon d'un ton ferme. Il est hors de question d'attaquer une seconde fois, c'est beaucoup trop dangereux ! Dois-je te rappeler que Vénusia a failli perdre la vie tout à l'heure ? De plus, tu seras seul.

- Je resterai loin de la chose, Professeur. Je voudrais juste examiner l'état de l'O.V.T., laissez-moi y aller.

- Bon, soupira le scientifique, c'est d'accord, mais pas de zèle intempestif, n'est-ce pas ? Tu examines l'O.V.T. et tu rentres immédiatement.

- Promis Professeur.

- Hmm…, commenta Yumi en souriant, je vois que tu n'as rien perdu de ta fougue, Koji ! Toujours aussi intrépide, hein ? »

Lorsque le jeune homme arriva sur place, il posa Alcorak non loin de Vénusiak. Koji en descendit, se rendit sur la place centrale et inspecta l'O.V.T.. Il aperçut des fragments verts parsemés un peu partout, tout comme sur la chaussée et les murs des maisons du village. Il pénétra à l'intérieur et actionna la commande de démarrage plusieurs fois puis contacta Procyon.

« Professeur, ici Koji. J'ai essayé plusieurs fois de démarrer Vénusiak, sans succès. Des débris de la chose sont restés collés un peu partout, il y en a peut-être aussi dans le moteur.

- C'est possible. Laisse tomber et rentre… Je vais prendre des dispositions pour le faire ramener au centre. Oh, Koji ! Essaie de prélever un échantillon de cette chose, j'aimerais demander au laboratoire de l'analyser.

- Entendu Professeur. »

Koji détacha un morceau de la masse verte qui adhérait au tableau de bord. Son contact était visqueux et collant. Il fit une moue de dégoût en regagnant Alcorak. Il s'installa à son bord et s'apprêta à décoller.

« Alcorak, Go ! »

Il allait actionner le levier de commande mais sa main s'immobilisa subitement en repensant à l'O.V.T. submersible. Le Deltalame ne s'y trouvait pas, il avait pénétré dans la masse verte et y était resté lorsque Vénusia s'en était servie. Ceux qui viendraient chercher Vénusiak devraient le ramener aussi, alors autant leur indiquer où ils pourraient le trouver, cela leur ferait gagner du temps. Koji sauta hors de son O.V.T. et se mit à arpenter les rues du village à la recherche de la lame tranchante, mais, à sa grande surprise, il ne trouva rien.

« C'est curieux, se dit-il, je suis sûr d'être passé partout. Aucune trace non plus des missiles que nous avons lancés. »

Il regagna Alcorak et décolla. Il survola le village à tout hasard mais n'aperçut pas ce qu'il cherchait. Perplexe et vaguement inquiet, il prit la direction du centre.

Pendant ce temps, le professeur contacta l'armée et organisa le rapatriement de l'appareil. Lorsque Koji lui remit l'échantillon demandé, il le transmit au laboratoire. Tout comme le jeune pilote, Procyon trouva étrange la disparition du Deltalame et des missiles. La chose les transporterait-elle avec elle ? Pour l'instant, ils en étaient réduits à faire des hypothèses. Le professeur alla alors voir Vénusia et lui proposa de passer la nuit au centre car il la trouvait beaucoup trop nerveuse. Il téléphona à Riguel pour le mettre au courant de ce qui s'était passé.


Le lendemain, Riguel vint voir sa fille. Celle-ci allait mieux et décida de rester un jour ou deux au centre, elle voulait suivre l'évolution de la situation.

En fin d'après-midi, alors que tous étaient rassemblés dans la grande salle de l'observatoire, le professeur Procyon les rejoignit et leur communiqua les dernières informations dont il disposait.

« J'ai une mauvaise nouvelle Vénusiak est trop endommagé pour pouvoir être réparé. Nous avons meilleur compte de reconstruire un O.V.T. semblable. Je vais mettre une équipe sur ce projet, ils utiliseront les mêmes plans ; ainsi, ce sera assez rapide.

- Les résultats du laboratoire d'analyse sont-ils arrivés ? interrogea Sayaka.

- Oui, je viens de les recevoir. Il s'agirait d'une algue qui a muté soudainement.

- Muté soudainement ? », s'étonna la jeune femme.

Procyon avait déjà son idée sur la question et l'exposa aux autres.

« J'ai pensé à une chose. Véga avait tenté de construire une base sous-marine à plusieurs reprises. Il se pourrait que des émanations de lasernium aient contaminé l'eau et aient provoqué cette mutation.

- Si c'est ça, nous sommes dans de beaux draps ! s'exclama Koji. D'autres algues, et pourquoi pas des poissons aussi, peuvent également subir des modifications génétiques.

- Non, pas obligatoirement, lui répondit Procyon. Les doses de lasernium émises ne sont probablement pas suffisantes pour provoquer une catastrophe de cette envergure. Le problème est certainement localisé, enfin j'espère. Il faudrait pouvoir explorer les fonds marins afin d'analyser la situation et y remédier le cas échéant.

- Certes, admit le jeune homme. Cependant je vous rappelle que, pour l'instant, nous n'avons aucun moyen de détruire la chose qui se trouve sur notre sol, alors dans l'eau, on n'en parle même pas !

- Nous pourrions peut-être y mettre le feu, suggéra Vénusia.

- J'y ai pensé, lui répondit Procyon, mais la région est très verdoyante et boisée, nous risquerions surtout de déclencher un incendie, et il n'est pas dit que cela aurait une quelconque efficacité. Qu'en pensez-vous, professeur Yumi ? Vous connaissez bien cet endroit, je crois ?

- C'est très risqué, en effet.

- Si Actarus était là, soupira Vénusia avec une pointe de nostalgie dans la voix, il pourrait sûrement la détruire avec Goldorak.

- Goldorak ? interrogea Yumi, surpris.

- C'était le robot d'Actarus qui était l'un des membres de la patrouille des Aigles, lui expliqua Procyon.

- Un robot ? poursuivit Yumi. Il me vient une idée. Koji pourrait utiliser Mazinger Z. Le Rust Hurricane du robot pourrait certainement détruire cette algue mutante. Ce souffle puissant émis par la bouche de la machine contient des particules corrosives capables de réduire la cible en poussière.

- Koji ? piloter un robot ? s'exclama Vénusia, incrédule. Mais il n'en est pas capable ! Il n'a jamais piloté autre chose que nos O.V.T. ! »

Sayaka éclata de rire.

« Vénusia, on voit que vous n'avez jamais vu Koji aux commandes de Mazinger Z ! Il y est aussi à l'aise que vous sur un cheval. Ce sera un jeu d'enfant pour lui. »

Vénusia regarda le jeune homme avec stupéfaction.

« Surprise, n'est-ce pas ? enchaîna Procyon, quelque peu amusé. Oui, nous ignorions tout du passé de Koji. Figure-toi qu'à l'aide de Mazinger Z, il s'est opposé à un savant fou qui voulait conquérir la Terre à l'aide de ses robots. C'était avant qu'il ne travaille à la N.A.S.A.. A cette époque-là, il défendait déjà la planète alors qu'il n'était encore qu'un adolescent !

- Alors, qu'en dis-tu Koji ? insista le professeur Yumi.

- Piloter Z… murmura celui-ci, songeur.

- Oui, je sais, tu t'étais promis de ne plus y toucher, mais il y a urgence. Il faut que nous trouvions une solution pour détruire cette chose avant qu'elle ne fasse trop de dégâts, et je suis persuadé que Mazinger Z en a la capacité.

- Vous avez probablement raison, Professeur, nous devons au moins essayer. C'est d'accord, j'utiliserai Z, mais vous croyez que le musée acceptera de nous le laisser ?

- Ça, je m'en charge ! Je pense qu'il n'y aura pas de problèmes, le directeur est un ami. Je lui téléphone immédiatement. »

Le professeur Yumi se saisit du téléphone et composa un numéro. Pendant qu'il s'entretenait avec son interlocuteur, le jeune pilote se tourna vers l'écran géant et contempla la masse visqueuse qui continuait sa progression vers l'intérieur du pays, lentement mais sûrement. Il espérait que le père de Sayaka voyait juste lorsqu'il disait que Z pourrait en venir à bout, sinon... Procyon interrompit ses réflexions.

« Koji, il faudra que tu veilles à n'avoir aucun contact avec elle. Je sais que les Mazingers sont quasiment indestructibles mais je préfèrerais que tu évites de prendre le risque d'endommager le robot. Cette chose me paraît très particulière, ses débris ne peuvent pas être entièrement décollés du support sur lequel ils ont adhéré, il en reste toujours des fragments, nous l'avons constaté sur Vénusiak, et nous n'en connaissons pas les conséquences à moyen ou long terme.

- Comptez sur moi, Professeur. Z peut voler, je l'attaquerai donc en me plaçant au-dessus d'elle. Je ne l'approcherai pas.

- Koji, lui dit Vénusia en s'avançant vers lui, tu seras prudent, n'est-ce pas ?

- Mais oui, ne t'en fais pas… »

L'inquiétude de Vénusia amusa beaucoup Sayaka.

« Ne vous inquiétez donc pas, la rassura-t-elle. Je vous assure qu'il se débrouillera très bien. Lorsqu'il combattait les monstres mécaniques du Docteur Hell, c'était bien autre chose !

- C'est bon, annonça le professeur Yumi en replaçant le combiné sur le téléphone. Koji, tu peux y aller. »

Le jeune homme acquiesça d'un signe de tête et quitta l'assemblée. Quelques minutes après, Alcorak décollait.

Le gardien du musée l'accueillit à son arrivée et le conduisit aux robots. Z et Great étaient exposés l'un à côté de l'autre, protégés par une immense baie vitrée. Les cabines de pilotage se trouvaient là également ainsi que les ailes de Z. Koji observa Mazinger Z quelques minutes sans rien dire. Il ressentait une certaine émotion à l'idée de le piloter de nouveau. Le gardien ouvrit la baie. Koji monta à bord du Jet Pilder et le mit en route. La soucoupe d'arrimage s'éleva et vint se placer au-dessus de la tête du robot.

« Pildeeer on ! »

La petite cabine s'introduisit dans la tête de Z. Les yeux du robot étincelèrent, signe que l'arrimage s'était effectué.

« Maziiiin, Go ! »

Le robot se mit en route, il avançait à grandes enjambées. La voix du professeur Procyon résonna dans le Jet Pilder.

« Koji, me reçois-tu ?

- Cinq sur cinq. Tout va bien, je me dirige vers l'endroit voulu.

- Ok, Koji. Nous te suivons sur l'écran.

- Jet Scrander ! »

Les ailes du robot décollèrent, le rejoignirent et s'y accrochèrent. Sayaka avait raison lorsqu'elle disait que Koji était aussi à l'aise dans son robot que Vénusia sur un cheval. C'était même plus que cela, il avait l'impression de ne faire qu'un avec sa machine et retrouva des sensations depuis longtemps oubliées. Z et lui étaient liés et il se demanda comment il avait pu supporter de passer tout ce temps sans le piloter. Il eut une pensée émue pour son grand-père.

Perdu dans ses souvenirs, Koji fut presque surpris lorsqu'il arriva près de la chose ; cela le ramena à la réalité. Il plaça Z au-dessus d'elle.

« Voici le moment de vérité », songea-t-il.

Il inclina le robot en direction de la masse verte.

« Et maintenant, on va voir ce que tu dis de ça, monstre vert ! Rust Hurricaaane ! »

Le souffle qui s'échappa de la bouche du robot frappa la chose qui se contorsionna, retomba en une masse inerte et se désagrégea.

« Formidable ! ça marche ! », jubila Koji.

Le professeur Yumi s'adressa alors à lui.

« Très bien Koji. Maintenant, écoute : retourne au musée, ramène ton O.V.T. avec Z. J'ai convaincu le directeur de nous le laisser. Il peut encore nous être utile car il n'est pas exclu que d'autres algues mutantes fassent leur apparition. Il faudrait aussi que tu te rendes au laboratoire d'énergie photonique pour faire le plein. Mazinger Z a une petite réserve d'énergie qui permet de le changer de lieu en cas de besoin mais cela ne sera pas suffisant si tu devais t'en resservir.

- Compris, Professeur ! »

Procyon allait garder Z quelque temps ! Koji en frémit d'émotion ; il pourrait encore le piloter, ne serait-ce que pour faire une balade !

Lorsqu'il arriva au centre, Vénusia s'apprêtait à partir. Elle le félicita.

« Bravo, Koji ! Je suis soulagée qu'une solution ait été trouvée pour détruire cette monstruosité.

- Oui, moi aussi. Ce n'était guère rassurant de la voir se glisser partout, au gré de sa fantaisie, sans pouvoir l'arrêter.

- Koji... tu sais... j'ignorais pour Mazinger, le Docteur Hell, et tout ça... »

La jeune femme semblait gênée, il la rassura.

« Oui, je sais. Ne t'inquiète pas.

- Merci. A bientôt.

- A bientôt Vénusia, n'oublie pas de transmettre mes amitiés à ta famille. »

Vénusia monta dans la jeep, lui fit un grand signe de la main et s'éloigna.

Le vendredi, le professeur Yumi informa Koji et Procyon des dernières dispositions qu'il avait prises.

« J'ai contacté la marine nationale, leurs sous-marins vont explorer les eaux. S'ils voient quelque chose de suspect, ils vous en informeront aussitôt.

- Merci, lui répondit Procyon.

- C'est moi qui vous remercie. J'ai été ravi de pouvoir en apprendre plus sur le travail que vous menez ici, et en particulier sur le photon capteur. Je vous attends au laboratoire d'énergie photonique pour vous rendre la politesse.

- Je n'y manquerai pas, ce sera un plaisir.

- Koji pourrait venir aussi, suggéra Sayaka en se tournant vers le jeune homme.

- Bien sûr, affirma Procyon. Je compte bien sur mon pilote pour m'emmener. »

Koji et Sayaka échangèrent un regard complice puis Yumi et sa fille firent leurs adieux et Antarès les emmena à l'aéroport.

Le soir, Koji et le professeur se retrouvèrent dans le salon du centre de recherches spatiales.

« Eh bien, Professeur, je trouve que cette semaine a été mouvementée.

- Ne me dis pas que tu le regrettes, Koji.

- Non, en fait j'aime beaucoup ces situations d'urgence et ces batailles. Je crois que cela va me manquer quand tout sera redevenu définitivement bien tranquille.

- Hmm… Koji, je crois que je te dois des excuses.

- Des excuses ? mais non, pourquoi ?

- Si. Lorsque tu es arrivé ici, missionné par la N.A.S.A., j'ignorais tout de ta lutte contre le Docteur Hell et j'avoue que je t'ai pris pour un jeune inconscient prenant des risques inconsidérés à bord de son petit O.V.T.. C'est vrai que tu n'as pas toujours fait preuve de suffisamment de prudence car l'O.V.T. n'était pas de taille à affronter certaines situations, mais aujourd'hui, je comprends mieux ton comportement. Cela devait être frustrant pour toi de ne pas agir après les combats que tu as menés à bord de Mazinger Z.

- C'est vrai que je me sentais assez frustré mais cela s'est bien estompé lorsque j'ai construit et utilisé Alcorak.

- Oui, bien sûr, mais je m'aperçois maintenant que nous aurions dû te donner les moyens matériels correspondant à tes capacités beaucoup plus tôt. Tu aurais fait des merveilles aux commandes d'un robot tel que Mazinger Z et tu aurais pu seconder Actarus très efficacement.

- Je ne sais pas ce qu'il en aurait pensé », lui répondit Koji en souriant.

Le professeur hocha la tête.

« C'est vrai qu'il tenait à être le seul à défendre la planète contre les envahisseurs mais les forces de Véga l'ont finalement contraint à envisager les choses différemment.

- Cela n'a plus d'importance, c'est du passé, et pour le présent, vos projets me concernant me plaisent tout à fait.

- Tant mieux. Cependant, le fait de construire un nouvel O.V.T. va retarder quelque peu le projet de construction de Spatiorak. Oui, j'ai décidé que notre futur vaisseau spatial porterait ce nom.

- Qu'allons-nous faire de Vénusiak ?

- Pour l'instant, nous allons l'entreposer dans un bâtiment préfabriqué à côté du centre. Les ouvriers l'installeront dans la semaine. Cependant, il semble inutilisable, on a retrouvé des morceaux de la chose un peu partout. Elle l'a totalement envahi. C'est pour cela que nous allons construire un nouvel O.V.T. submersible car il pourra nous être utile. A propos, il faudra lui trouver un nom, aurais-tu une idée ? »

Koji réfléchit quelques instants.

« Et si nous l'appelions Marinak ? suggéra-t-il.

- Je trouve ça très joli. Va pour Marinak ! »