- Hé Malfoy, t'es encore plus pâle que l'année dernière. Sérieux, passe tes vacances autre part qu'au Pôle Nord mec.
Je lève les yeux péniblement. Une bande de mecs se tiennent dans le couloir du Poudlard Express, au niveau de mon comportement. Ils ont l'allure nonchalante des beaux gosses types d'une école. Crétins. Un garçon d'un blond blanchâtre leur lance un regard assassin, avant de partir de l'autre côté. La petite bande se marre bien. J'avise celui qui a lancé la blague vaseuse ; il a bien l'étoffe du leader. Grand, bien foutu, les cheveux bruns en bataille qu'il ne cesse de recoiffer. En espérant que je ne tombe pas dans sa classe. C'est le genre de mec qui pense pouvoir mettre toutes les filles à ses pieds, sans rigoler. Ses potes n'arrêtent pas de rigoler, lançant une vanne aux autres élèves de temps à autre, interceptant les jolies filles. Oh, merde. Le "leader" me matte. Du genre, tu es ma prochaine proie. Je lui lance un regard méprisant, avant de reposer mon regard sur le joint que je roule discrètement. Je sais que ça fait très moldu mais, depuis l'année dernière, j'ai une facheuse tendance à en fumer trop régulièrement, surtout depuis la mort de papa. Ca m'apaise, et je n'pense pas à tous mes problèmes actuels et passés. Juste au moment présent, quand je plane dans mon univers.
- Salut.
Putain.
Je me retourne, et qui vois-je à la porte de mon compartiment, jadis confortable et parfait pour moi qui désirais rester seule ? Lui. Le brun. Je cache discrètement l'objet illégal que j'ai entre les mains. J'ai pas très envie de me retrouver dans le bureau du directeur dès le premier jour pour détention de drogue moldue, non merci.
- Tu veux quelque chose, peut-être? Dis-je avec un air agacé.
Il se recoiffe encore. Faites qu'il parte, mon dieu, faites qu'il parte ! Malheureusement, il n'a pas l'air du même avis que moi.
- Ton nom.
Je m'énerve, mais me contiens néanmoins devant le crétin.
- Si je te le dis, tu m'lâcheras ?
Il me sourit. Il est persuadé que sa technique fonctionne. Que j'essaie de me faire désirer. Il a l'air tellement simple d'esprit qu'il en devient prévisible. Mais contre toute attente, il referme la porte du compartiment et, non sans me jeter un dernier regard plein de curiosité, d'ailleurs un peu trop tourné vers mes mains qui ressèrent mon joint, retourne voir ses potes. OK. Peut-être pas aussi prévisible que ça. D'ailleurs, il est quand même mignon, il faut l'avouer. En fait, c'est un canon. Mais je n'ai pas le temps de m'adonner à des plaisirs affectifs cette année. Je préfère rester seule avec ma douleur, endormie par l'herbe. OK, ça fait peut-être ado dépressive, mais c'est le cas. Est-ce de ma faute si la consommation de canabis était intégrée (illégalement) à Beaux Batons ? Franchement, je n'suis que victime. Ces petits cons, dans le couloir, se fument quelques pétards en soirée et sont joyeux. Ils pensent être des rebelles. Ca me fait rire. Désolée, j'ai l'attitude de la fumeuse régulière. Mais j'ai l'impression d'être à des années lumières de ces mecs là, et de toute la population de Poudlard. Les petits anglais propres sur eux mêmes. Elegants. Arrogants. La France me manque déjà, c'est indéniable. Bon, cherchons ces foutues toilettes où je pourrai fumer en paix.
- Attention, nous arrivons à destination. Avant l'arrêt du train, assurez-vous d'être vêtus de vos robes de sorciers, et n'oubliez pas vos valises !
Je me réveille en sursaut à l'annonce passée dans le Poudlard Express. Le train commence à ralentir, et je ne suis toujours pas en tenue de sorcière. Paniquée, je prends l'une de mes valises et récupère une robe en vitesse, l'enfile du mieux que je peux, et sors de mon compartiment tant bien que mal.
- Aie!
Je me masse la tête. Je viens de culbuter un autre élève. A moins que ce n'soit lui qui en soit coupable. Je lève la tête vers une jolie brune aux grands yeux verts, qui a l'air aussi sonnée que moi. Elle a l'air d'être aussi âgée que moi, et elle rigole, avant de s'excuser.
- Désolée ! Je regarde vraiment jamais où je vais.
Je lui adresse un semblant de sourire, toujours un peu stone à cause, d'une part, du carambolage, et d'autre part du joint que j'ai fumé une demi heure plus tôt.
- T'inquiète.
- Moi, c'est Alexia. T'es nouvelle, non ? Pourtant, ça m'étonnerait que tu sois en premiere année..
Elle sourit. Elle n'a pas l'air trop stupide. En fin de compte, ça serait pas mal d'avoir au moins quelques connaissances. D'autant qu'elle entre en même année que moi. Je lui lance donc un franc sourire, beaucoup plus persuasif que le premier.
- Non non, je suis nouvelle, mais j'entre en sixième année. Je viens de Beauxbatons, en fait.
Je sors du train avec Alexia, avec qui je discute un peu. Elle est intéressante. Sa vie a certes l'air moins dure que celle que j'ai eue à mon dépend, mais elle a les pieds sur terre et n'est franchement pas arogante. D'ailleurs, elle n'a pas l'air d'avoir énormément de caractère. Tant mieux, je sais au moins qu'on aura du mal à s'engueuler. Elle me dit que je vais surement devoir passer la "cérémonie du Choixpeau", comme les élèves de première année. Apparemment, je vais m'asseoir sur un tabouret, enfiler un vieux chapeau miteux qui me dira dans quelle maison je vais aller. Hm, glauque. Surtout dans l'état dans lequel je suis. Je voulais me faire discrète, éviter de me faire remarquer par les mecs de Poudlard, et voilà que je vais devoir m'asseoir devant des centaines d'élèves qui attendront de savoir dans quelle maison je serai envoyée. Alléchant, vraiment. Je crève d'envie d'y être ! Alexia est à Gryffondor, et sort avec un mec de septième année qui s'appelle Gary. En espérant que ce n'soit pas le crétin de ce matin. Nous arrivons enfin au château, et, alors que nous entrons, j'avise une énorme salle étincelante d'argent et d'or. Quatre longues tables y sont installées, toutes revêtant la couleur d'une maison. Elle me conseille d'aller voir Hagrid, le demi-géant qui s'occupe de l'arrivée des premières années.
- Je te laisse une place à côté de moi, au cas où tu rejoins les Gryffondors !
Me lance Alexia, avant de partir rejoindre ses amis et son mec. Je suis seule, au milieu d'une énorme salle et d'une foule intense. Je me demande ce que je fous là. Il ya des tonnes de visages différents, allant des plus vieux qui se dirigent avec habitude et décontraction vers leur table respective, aux plus jeunes excités et impressionnés, attendant avec impatience leur répartition. En face de moi, tout au bout des quatres tables, se tient une longue tablée de professeurs discutant avec enthousiasme. J'avise Flitwick, le directeur, minuscule perché sur sa haute chaise et ses quelques gros livres, au centre de la table. Alors que je me perds dans mes pensées, je remarque vite Hagrid près de la grande porte d'entrée de la salle, étant donné son physique très imposant. Je me dirige vers lui et, comme s'il me connaissait déjà, il m'entraine vers la table des professeurs.
- Bonjour, je suis Hagrid. Je suppose que tu dois être Lauren Narces ?
- Ou..
- Bien, me coupe-t-il. Je t'amène directement devant la table des professeurs. Tu passes avant les premières années. Le professeur Firgus est déjà prêt, il me semble. Voilà, bonne chance.
Et il me laisse devant une rangée d'adultes discutant avec enthousiasme, sans me prêter attention. Il y a un brouhaha énorme dans la salle, et l'écho n'arrange rien. Une grande jeune femme se dirige à pas pressés vers moi, me souriant avec indulgence.
- Bonjour, je suis le professeur Firgus. Dès que le professeur Flitwick aura demandé le silence, nous pourrons inaugurer la répartition. Reste là, on va commencer par toi.
J'acquièce silencieusement. Au fur et à mesure, les bruits s'estompent, et tous les yeux se tournent vers moi. Génial. Ils m'ont tous remarquée. Ils savent que j'existe. C'est fini, je ne pourrai pas avoir une vie invisible à Poudlard. Et le brouhaha recommence.
- Silence, s'il vous plait, intervient Flitwick, sa voix amplifiée par sa baguette. Avant de commencer la répartition des futurs élèves de première année, j'ai le plaisir d'accueillir une nouvelle élève qui nous a été transférée de Beauxbatons : Lauren Narces.
Sans plus attendre, le professeur Firgus m'escorte jusqu'au tabouret situé sur l'estrade, et, alors que je m'y assois, elle enfonce le Choixpeau Magique sur ma tête. Je sursaute alors en entendant une voix raillée juste au dessus de moi : celle du chapeau. J'ai d'abord cru avoir une hallucination due à ma consommation d'herbe. Franchement, ça fait peur. Un peu de prévention quant à l'utilisation de ce chapeau m'aurait fait le plus grand bien avant de le mettre sur ma tête.
- Hmm.. Courageuse, hein. Quelque peu arrogante, aussi. La discipline laisse aussi à désirer, pourtant vous êtes une très bonne élève, extrêmement intelligente. Mais je sens aussi un état malheureux et une issue illégale à celui-ci... Le choix en devient quelque peu rude. Vous avez les qualités de chaque maison.. Mais il y a un léger avantage pour.. GRYFFONDOR !
Il a littéralement crié le nom de la maison, et les élèves assis autour de la table aux couleurs rouge et or m'applaudissent avec un surplus d'enthousiasme. Soulagée, je vais directement m'asseoir à la place qu'Alexia m'a gardée. Et Ô surprise ! De qui est-elle entourée ? La petite bande de branleurs. Je m'assois avec un air blasé, montrant bien aux mecs que ça m'ennuie totalement de devoir passer le repas en leur compagnie.
- C'est vraiment cool que tu sois dans la même maison que nous ! J'espère qu'on sera dans le même dortoir. Je suppose que oui, vu qu'il y a un lit de libre dans le nôtre.. Me lance Alexia, ravie de ma présence.
Je lui adresse un sourire, me demandant subitement si les dortoirs sont mixtes et que le brun et sa joyeuse bande partagent la chambre d'Alexia, auquel cas je me verrais dans l'obligation de m'auto-lancer un Avada Kedavra. Sérieusement, je divague. Alexia se met soudain en tête de me présenter à ses "amis", qui ont l'air tout excités à l'idée de pouvoir me fréquenter. Franchement, c'est vraiment de la malchance. Je recherche l'anonymat, et on me donne la popularité. Encore. Foutage de gueule, quand tu nous tiens. Remercions tous les dieux possibles et inimaginables pour cette belle action, s'il y en a un qui en est l'auteur.
Le brun s'appelle James Sirius Potter, fils de Harry Potter qui nous sauva tous de l'emprise de Lord Voldemort. Woooouuh. J'avoue qu'il est quand même beau gosse, avec sa belle gueule aux cheveux bruns ébouriffés et ses yeux bleus. Le teint bronzé de sa peau et sa musculture n'arrange rien.. Mais au diable sa beauté, je resterai seule à Poudlard. Même si Potter me matte avec insistance. Il y a aussi le meilleur ami de James à table, Tom Collins. Il est d'un châtain qui vire au foncé, assez mignon avec de jolis yeux bleus en amande. Il est foutu de la même façon que James ; Je parierais qu'ils font partie de l'équipe de Quidditch. Putain, c'est fou comme ils se ressemblent ces deux là. On croirait qu'ils sont frères, sérieusement. Le copain d'Alexia n'est autre qu'un très bon ami de Potter et Collins, Gary Hopkins. Il est légèrement plus petit que James et Tom, mais reste dans le "top" de Poulard, comme tous les garçons de leur bande, malgré ses multiples taches de rousseurs et le blond vénitien de ses cheveux. Enfin, le dernier se prénomme Eric Harps, et a l'air beaucoup plus timide que les autres. Il ose à peine me regarder. Ses petites mèches blondes lui donnent un air mignon.
- Ah, et voilà Rose qui arrive, reprend Alexia - Ma meilleure amie, précise-t-elle.
Je tourne la tête et avise une grande rousse aux cheveux flamboyants qui s'avance avec aisance jusque nous. Elle me regarde d'un air curieux, mais ne m'adresse pas la parole, feignant de ne pas se rendre compte que je suis assise avec Alexia et compagnie. Elle s'assoit à côté de Tom, et entreprend d'expliquer son retard à Alexia.
- Oh lala. J'étais dans le Poudlard Express, dans un compartiment avec Jeremy Harisson... Mais si tu sais, ajoute-elle alors qu'Alexia la regarde avec un air perplexe, le beau gosse de septième année, il est à Serdaigle. Bref. On était en train de s'embrasser, tu vois, et là, on sent le train qui commence à se barrer ! Avec nous ! Je te jure. Bref. On s'est tapé un sprint jusque la sortie la plus proche et on a sauté. Heureusement qu'il allait pas encore vite. J'ai eu les boules, putain.
Elle explose de rire, et rassemble sa belle chevelure sur un côté. Mon dieu ! Je vais la détester. Elle est proprement horripilante. Non mais regardez-moi cette pimbêche.
- Tu pourrais saluer notre invitée d'honneur, Rosie.
Je me tourne vers James qui vient de proférer ces dernières paroles. Vous pouvez m'expliquer de quoi ce mec se mêle ? Non pas que l'intervention ne soit pas sympathique, certes, mais jusqu'à preuve du contraire je n'ai besoin de personne pour montre que je suis là. Comme si j'étais invisible. En tous les cas, ça a l'avantage de faire tirer la gueule à la rousse. Elle lance un "ah, salut." méprisant. Je lui lance un sourire hautain, lui faisant comprendre que je suis bien supérieure à ses petites manières de pétasse de base. La fille ne s'sent plus car elle fréquente Potter et sa bande. Franchement, ça me tue.
La répartition terminée, de nombreux plats tous plus riches les uns que les autres apparaissent sur la table, et c'est un véritable festin qui nous est offert. Mais la gourmandise est bien un défaut que je n'ai pas hérité de mon père, et tout ça ne me donne pas vraiment d'appétit. Je me dépêche de finir mon assiette, histoire de pouvoir monter, seule, et surtout fumer, seule, avant de dormir, toujours seule. Je me lève de table, et souhaite une bonne soirée à tout le monde. Alexia intervient - putain! - à mon plus grand damn :
- Hé, Lauren, tu vas quand même pas te barrer le ventre à moitié vide?
Je ferme les yeux quelques secondes, gardant mon calme et ma gentillesse. Apres tout, elle ne cherche qu'à faciliter mon arrivée à Poudlard, ce dont je lui suis reconnaissante. Sauf que je n'ai pas du tout besoin de ça maintenant. Je ments :
- Non, ça va, franchement. J'ai bouffé plein de conneries dans le train. J'ai pas faim. La prochaine fois, j'éviterai de grignoter.
- Mais tu n'sais même pas où est le dortoir, et tu n'connais pas ton emploi du temps..
- Je vais l'accompagner.
Je tourne la tête vers James. Il vient encore d'ouvrir sa gueule en ma faveur. Non mais, il manquait plus que ça. Le petit brun qui m'accompagne au dortoir. Génial, j'adore, rien ne me ferait le plus plaisir. Ils n'ont pas l'air d'avoir compris que si je désirais partir, c'était pour être seule. Je pousse un soupir discret. James me regarde avec attente, prêt à se lever. Alexia lui sourit largement. Rose fulmine. Les autres attendent, le souffle coupé. Putain, quelle photo de groupe.
- OK. Si tu veux. Mais ma compagnie n'est pas très intéressante, tu sais.
Sur ce, je tourne les talons, sans même attendre James qui est obligé de courir pour me rattraper. Alors que je passe la porte de la grande salle à vive allure, il pose sa main sur mon épaule et m'arrête. Putain, la force du mec! Impressionnant.
- Hé, ralentis! Y'a pas le feu, tu sais.
Il me sourit. Il a un autre comportement. Il a l'air plus gentil, plus lui-même. Pas l'espèce de branleur qui se fout de tout le monde. Mais je me dois de prendre la situation en main, et repars sur ma lancée tout en lui parlant.
- Ecoute, James. Tu as l'air sympa et tout, et j'avoue que t'es pas trop moche. Mais j'ai aucune envie d'avoir une relation sexuelle ou non en ce moment. Désolée. Si tu veux, je peux continuer le chemin toute seule.
Il s'arrête, et se raidit, surpris par ma prise de parole. Je crois qu'il ne me voyait pas aussi directe. Puis il sourit, avant d'éclater de rire.
- Putain, merde, tu croyais que j'voulais juste te choper dans un coin et te baiser ? Me lance-t-il entre deux hoquets. Non, franchement, dit-il avec plus de sérieux, je voulais juste t'accompagner parce que t'as l'air sympa, c'est tout. J'ai aucune envie particulière envers toi, Lauren.
Je le regarde avec insistance, et il soutient mon regard avec intensité. Un mec qui n'veut rien de plus qu'une relation amicale ? J'aime. Je lui souris franchement, et décélère un peu, profitant du moment présent. Il n'a pas trop l'air con.
- J'ai vu c'que tu faisais dans le train, tout à l'heure, reprend James en me jetant un coup d'oeil curieux.
Je ralentis un peu.
- Oh. Désolée, si ça t'a choqué.
Il me regarde quelques secondes, avant de se remettre à rire aux éclats.
- Ecoute Lauren, c'est vraiment pas pour te vexer, mais j'ai pris bien pire que ça dans ma vie. J'voulais juste te dire que j'apprécie aussi, c'est tout. Ca circule pas trop à Poudlard, donc si tu veux quelque chose, je suis là.
Je le regarde avec surprise. Ce mec continue de m'étonner. Il a plutôt la gueule du fils à papa, mais on dirait qu'il est aussi tombé dans le vice de la richesse précoce. Ca continue de me plaire.
- Tu sais quoi, James ? Je pense qu'on va bien s'entendre.
Vooooooooooilà. Premier chapitre terminé. Dites moi ce que vous en pensez !
