Coucou tout le monde, alors voici le chapitre 1. On espère que vous l'aimerez autant qu'on a eu de plaisir de l'écrire. On se retrouve en bas.

Bonne lecture !

Réponse aux anonymes (enfin la seule pour l'instant)

Alexia : Merci pour la review et on espère que la suite te plaira.


Chapitre 1

POV Bella

29 Mai 2009

BIP BIP BIP

Oh ! Non, pas maintenant ! C'était toujours la même histoire, dès que le rêve devenait intéressant, il fallait que cette saleté de réveil sonne. D'un coup de poing rageur, je l'éteignais et me roulais en boule de l'autre coté du lit pour prolonger le moment. Erreur ! Alors qu'il n'y avait même pas une minute, j'étais confortablement lovée dans la chaleur de mes draps et couvertures, je me retrouvais du coté froid de mon lit avec un mal de chien à la main. Insistant tout de même pour replonger dans ce merveilleux rêve, j'essayais de faire abstraction de tout ça et refermais les yeux.

Peine perdue ! Deux minutes plus tard, cette machine infernale sonnait à nouveau ! Comprenant que ma quête était veine, et que de toute façon il fallait que je me lève, j'abandonnais à regret mon lit.

Une nouvelle journée commençait.

En me levant, je passais par la salle de bains, comme tous les matins. Une bonne douche bien chaude, m'était absolument indispensable pour bien commencer ma journée. Après m'être soigneusement séchée, j'enfilais les vêtements que j'avais préparé hier soir, un jeans bleu et un haut noir, rien de bien exceptionnel.

A bien y réfléchir, je me demandais pourquoi j'avais cette manie de toujours prévoir la veille ce que j'allais porter le lendemain. Je suppose que c'était une vielle habitude que j'avais gardé de mon enfance passée avec Renée. Ma mère me faisait toujours choisir les vêtements avant d'aller me coucher. « Il faut prendre le temps de trouver les bons vêtements. Ensuite il faut être sur qu'ils soient coordonnés et ça ne peut pas se faire en 5 minutes » me disait-elle. Ce n'est pas tellement que la mode ne m'intéressait pas, mais disons que je n'étais pas du genre à faire un effort quotidiennement. Mais j'étais comme toutes les femmes, à l'occasion, j'aimais porter de jolies choses et mon placard contenait quelques petites merveilles.

Une fois ma routine matinale terminée, direction la cuisine.

Rien de tel qu'un café bien tassé pour me réveiller complètement. Mes amis, pour le peu que j'en avais, trouvaient mon breuvage imbuvable car il était trop fort selon eux, mais moi je l'aimais ainsi. Je ne l'expliquais pas, c'était juste comme ça. Après avoir mis la cafetière en route j'allais chercher mon journal. J'espérais simplement que pour une fois, Seth, le livreur, ne l'avait pas lancé sur la pelouse du voisin. J'adorais ce gamin. Je le connaissais depuis qu'il était tout petit, mais c'était une vraie calamité quand il s'agissait de viser le bon jardin. Enfin pour honnête avec vous, je ne lui en avais jamais fait la remarque non plus.

Et comme d'habitude, mon quotidien avait atterri dans les géraniums des voisins.

Une fois mon journal récupéré, et après avoir dû faire mes excuses à cette pauvre vielle Madame Jones pour ses fleurs, me voilà enfin installé devant ma tasse de café. Et en portant cette dernière à mes lèvres, mon regard se posait sur l'article qui s'étalait en première page.

Et c'est, la tasse toujours levée, sans avoir bu la moindre goutte, que je lus et relus les lignes étalées devant moi. Dire que j'étais sonnée, était un euphémisme… ALICE BRANDON !

La jeune créatrice de talent, dont j'adorais les vêtements, je possédais même un ensemble d'une de ses collections, et qui soit dit en passant m'avait coûté une petite fortune, avait été internée. Celle-ci venait de se faire placer en institution psychiatrique pour cause de trouble du comportement et paranoïa à tendance suicidaire.

La surprise passée, je finis enfin par boire une gorgée de mon café.

ALICE BRANDON tout de même !

J'avais lu bons nombres de choses à son sujet. Pas que je sois friande de presse people, mais à moins d'habiter sur mars, on ne pouvait pas passer à coté. Et puis après tout, ces derniers temps, les magasines à scandale parlaient plus d'elle que les revues de mode. La dernière histoire en date relatait la façon dont elle avait poursuivie un paparazzo sur la cinquième avenue à New-York, en lui hurlant d'arrêter de la traquer. Il faut dire que ses fiançailles avaient fait les gros titres. Et depuis, il ne se passait pas une semaine sans qu'il n'y ait un article sur les détails de la cérémonie de mariage à venir.

C'était quand même triste, une si jeune femme, pleine de talent. Comme quoi la vie n'épargnait personne. Certes elle était riche et connue, jolie et séduisante mais elle avait eu son lot de malheurs aussi. Elle avait perdu très jeune ses parents et elle n'avait plus de famille. Et puis tomber malade alors qu'elle allait se marier. Son pauvre fiancé, il devait être désespéré.

Sur ces pensées je terminais mon petit-déjeuner et qu'après un dernier coup d'œil dans le miroir de l'entrée, je sautais dans ma voiture pour me rendre à mon travail. J'étais certes un peu en avance, mais cela ne me posait pas de problème, j'aimais mon métier.

ALICE BRANDON

ALICE BRANDON

ALICE BRANDON …

Tout en traversant ma minuscule ville natale pour me rendre à mon travail, je ne cessais de me répéter inlassablement ce nom. Certes le trajet n'était pas tellement long, mais je ne pouvais pas m'arrêter de penser à cette jeune femme. J'allais devoir faire un effort de concentration, si je ne voulais pas me laisser déborder aujourd'hui.

Hier la journée avait été difficile. J'espérais que celle d'aujourd'hui serait meilleure. Surtout qu'aux vues de la météo clémente, j'envisageais d'organiser quelques activités de plein air. Les premières de l'année, alors que nous étions déjà le 29 mai. Forks n'avait décidément pas un climat très agréable.

A une époque j'avais envisagé de retourner m'installer dans le sud, Phoenix, Miami, Atlanta… peu importait l'endroit tant qu'il y avait du soleil. Et puis la vie en avait décidé autrement, mais je pouvais dire sans trop mentir que je ne regrettais rien de mes choix de l'époque.

En effet, j'aimais mon travail, et encore c'était un faible mot ! Je l'adorais littéralement. Voyez-vous je suis animatrice dans un institut pour personnes présentant des troubles psychologiques. Et je trouvais ça passionnant. A l'adolescence, j'avais envisagé d'être psychologue, malheureusement aux vues de mes maigres moyens financiers, j'avais dû m'orienter vers un cursus moins long qui n'avait pas obligé Charlie à hypothéquer sa maison ou à toucher à sa pension retraite. Mais aujourd'hui, je pouvais dire que j'étais plutôt contente de mes choix. Mon diplôme m'avait permis de trouver un emploi passionnant qui me permettait d'aider des personnes qui en avaient réellement besoin.

Je faisais partie du personnel encadrant de l'Institut « Pour une vie meilleure ». Une sorte de résidence pour personnes, que nous appelions « résidents », huppés, présentant des troubles psychologiques parfois minimes. Dans ce cas les patients ne faisaient qu'un court séjour chez nous. Malheureusement, parfois, la maladie était plus grave, ce qui nécessitait un internement beaucoup plus long, voir définitif.

Nous n'avions pas beaucoup de pensionnaires et le traitement qu'ils recevaient, était tout point exemplaire. Bien entendu, le coût du séjour était à la hauteur des prestations. Mais cela n'avait aucune importance pour moi parce que quand vous rencontriez ces personnes vous compreniez tout de suite qu'elles avaient un besoin absolument vital d'attention et de soins. Et puis ça me permettait de travailler dans d'excellentes conditions et avec des moyens exceptionnels.

Mon rôle au sein de l'institut était d'organiser les activités de groupe en collaboration avec le psychologue de l'équipe. Ces activités avaient pour but de sociabiliser, de redonner confiance et accessoirement de distraire nos patients. Et je peux vous dire que la direction de l'établissement ne lésinait pas sur les moyens. J'avais à ma disposition tout le matériel nécessaire, une salle dédiée à la peinture, un espace réservé aux activités manuelles en passant par… une mini ferme installée dans le fond de la propriété destinée à responsabiliser nos patients.

Sous la houlette de Sam, la personne en charge de la ferme, nous nous occupions, de vaches avec leurs petits veaux, de quelques cochons, de quatre chevaux, qui nous permettaient parfois de faire quelques ballades dans la forêt avoisinante, et d'innombrables poules. Nos résidents pouvaient être réveillés tous les matins par le chant du coq.

Sam administrait toute cette ménagerie d'une main de maître et il était merveilleux avec les patients. Il était originaire de la réserve Quileute et était fiancé à Emilie. Le mariage devait avoir lieu dans quelques semaines et tout le personnel de l'institut y était convié. Seul ceux de garde ce soir là ne seraient pas présent. J'aimais beaucoup Sam et je connaissais Emilie depuis des années et je peux vous dire que ce mariage me ravissait. Ils allaient si bien ensemble.

J'avoue, j'étais impatiente d'assister à cette cérémonie. Ce n'est pas que je croyais dur comme fer à l'institution du mariage, loin de là même, mais j'étais persuadée que ce serait une journée merveilleuse. Voir deux personnes si amoureuses s'unir était tout de même attendrissant mais en plus il y aurait tout mes meilleurs amis et collègues.

En effet, le témoin du marié était Jacob. Jacob Black pour être précise. Hormis le fait qu'il était l'un des aides-soignants de l'institut, Jacob était également l'un de mes plus proches amis, si ce n'est le plus fidèle. Nous nous connaissions depuis toujours, et avions passé notre adolescence ensemble dans le garage de son père à bricoler de vieilles bagnoles, enfin lui à bricoler, moi à le regarder. Nous étions même sortis ensemble à une époque, lorsque j'étais revenue au bercail après avoir terminé mes études à Seattle. Ca n'avait pas marché.

Après quelques sorties et invitations nous avions finis par nous embrasser, un jour. Et puis un baiser en entrainant un autre… nous nous étions retrouvés dans mon lit, à moitié nus et… morts de rire. Jacob et moi nous connaissions si bien alors sur le moment les choses nous avaient parut simplement… pas à leur place.

Dans tout les cas, cet épisode n'avait absolument pas entaché notre amitié et nous étions restés plus proche que jamais. Jacob avait toujours été mon rayon de soleil, comme je l'appelais. Et au travail, il avait un savoir-faire hors du commun. Il était capable de comprendre nos résidents et de les calmer si c'était nécessaire. Bon il faut dire que sa stature y était peut être pour quelque chose. Avec son quasi deux mètres de hauteur, il avait tendance à attirer le respect. Mais derrière sa montagne de muscles, il y avait un garçon au cœur tendre, drôle et jovial.

Il était notamment capable de faire des miracles avec Riley, l'un de nos pensionnaires, un schizophrène. De prime abord, jamais vous ne pouviez deviner qu'il était malade. Montré du doigt et jugé par le monde extérieur, il semblait tout à fait normal depuis qu'il était sous traitement. Ses crises s'estompaient et il allait de mieux en mieux. Et j'étais certaine que Jacob n'y était pas étranger.

Quand il était de garde, tout se passait toujours merveilleusement bien avec Riley. Malheureusement ce n'était pas le cas avec tout le personnel de l'institut. A chaque fois qu'une crise survenait, étrangement, James était l'infirmier en charge des malades. Il fallait dire, et pour ne pas dire moins, que James Witherdale, était un peu brusque avec nos résidents. Et l'on ne pouvait pas dire qu'il était très à l'écoute. Mais il avait le directeur et le médecin de l'institut dans sa poche.

Je ne sais pas réellement ce qui liait Aro Volturi, le directeur et l'un des médecins de l'établissement, à James. Mais Aro semblait avoir une confiance aveugle en lui et James exécutait ses ordres avec un zèle qui ne lui ressemblait pas. L'infirmier était d'ailleurs l'un des seuls employés qui n'était pas originaire de Forks. C'était comme si Aro l'avait emmené dans ses bagages quand il s'était installé ici pour ouvrir l'institut.

La seconde personne qu'Aro avait intégrée à notre petite bourgade était Victoria, le médecin de notre établissement. Elle travaillait sous l'autorité d'Aro et je ne savais pas non plus ce qui la liait à lui. Tout ce que je pouvais dire, c'est que parfois, nous avions l'impression, nous les autres employés, que ces trois là formaient une espèce de clan, un clan qui régnait sur l'institut.

Mais pour tout vous dire, cela ne me dérangeait pas trop, je ne les côtoyais que très peu, James mis à part. Aro et Victoria effectuaient habituellement leurs visites avant que je n'arrive et en général, ils passaient la journée enfermés dans leur bureau respectif. Ils ne réapparaissaient que s'il y avait un problème avec un patient, mais soyons honnête, cela n'arrivait que très rarement.

Sur cette dernière pensée, j'arrivais au poste de contrôle de l'établissement. J'ouvrais ma fenêtre en laissant tourner le moteur de ma voiture.

- Bonjour Bob comment allez-vous aujourd'hui ? Comment se porte votre femme ? La femme de Bob devait accoucher d'un jour à l'autre de leur premier enfant.

- Bien, très bien même. Je pense que le petit ne devrait plus tarder maintenant. Il semblait tellement impatient en me disant ça que cela me fit sourire.

- Le petit ? Je croyais que vous ne connaissiez pas le sexe du bébé ?

- Oh ! J'ai un pressentiment ! Allez je vous ouvre la barrière. Sinon vous allez être en retard. Passez une bonne journée.

- Merci vous aussi.

Une fois la barrière levée, je me dirigeais lentement vers le parking réservé aux employés. Je vis que la voiture d'Angela était encore là. Quand elle travaillait de nuit, elle avait pour habitude d'attendre que j'arrive pour que nous puissions papoter un peu et prendre un café ensemble.

Après m'être garée, je pénétrais dans le bâtiment en direction de la salle de repos du personnel qui faisait également office de vestiaire. Comme prévu, j'y retrouvais Angela qui patientait, assise à une table, deux cafés devant elle. Elle avait l'air éreinté. Quand elle m'aperçût elle me sourit.

- Salut Bella. Je suis déjà allée chercher ton café. Noir et sans sucre, comme d'habitude. Malgré sa fatigue, elle avait encore cette expression douce sur le visage, qui la caractérisait tant.

- Merci. Tu as l'air épuisé. La nuit a été agitée ? En raison du faible nombre de patients à l'institut, les services de nuit n'étaient pas aussi fatigants que dans les autres établissements du même genre. Le personnel pouvait se reposer, voir même dormir un peu, si tout ce passait bien.

- Oui, j'ai dû passer la nuit avec Bree. Elle a fait pas mal de cauchemars et j'ai du rester avec elle pour qu'elle se calme.

Bree était une jeune femme absolument charmante, douce et gentille mais malheureusement pour elle, elle souffrait d'une certaine forme de confusion mentale. Pendant ses crises, une autre personnalité émergeait.

Dans le jargon psychiatrique cette maladie s'appelait le dédoublement de personnalité. Et dans le cas de Bree, cela pouvait devenir très dangereux. Lorsque cette dernière s'effaçait, elle laissait place à « Heidi la sanguinaire », comme la surnommait Jacob. Heidi était une femme haineuse, violente et dangereuse. Cette dernière avait d'ailleurs tentée, une nuit, de poignarder son frère adoptif. Bree n'avait qu'une quinzaine d'années. Depuis lors, elle était internée chez nous et pour être tout à fait honnête, elle n'avait aucune chance de vivre seule hors de ces murs. Heureusement cette personnalité ne se manifestait que très rarement. Et grâce à un traitement adapté, elle était généralement sous contrôle.

- Heidi a pris le dessus ? J'étais vaguement inquiète de ce que cela pouvait signifier. Angela me fit un signe de tête.

- Non. Mais Bree a rêvé d'elle. Elle était terrorisée. Je trouve que ça lui arrive de plus en plus souvent en ce moment. J'en ai parlé à Victoria pendant les visites du matin. Je pense qu'elle va réajuster son traitement.

Je comprenais mieux l'air épuisé de mon amie. Dans ces cas là Bree avait simplement besoin d'une présence pour lui permettre de garder le contact avec la réalité et d'être rassurée. Heureusement pour elle, c'était Angela qui était de garde ce soir, et pas James.

- La pauvre. Je vais essayer de discuter un peu avec elle aujourd'hui pour voir comment elle se sent.

Je bus une gorgée de mon café et comme tous les matins, je grimaçais au goût de ce dernier. Un vrai jus de chaussette. Angela ne put s'empêcher de rire en voyant mon expression.

- Je ne sais pas pourquoi tu t'obstine à boire le café d'ici si tu ne l'aime pas.

- J'aime trop ça et même s'il n'a pas de goût, je ne peux pas m'en passer. J'haussais les épaules, ce qui la fit sourire.

- Oh ! J'oubliais le plus important. Apparemment nous avons un nouveau résident depuis cette nuit.

- Comment ça ? Ce n'était pas prévu. J'étais assez étonnée, généralement nous étions toujours prévenu à l'avance de l'arrivée d'un nouveau patient.

- Non. Une mesure d'urgence semble-t-il. Mais je n'en sais pas plus pour le moment, c'est Aro qui s'est occupé de l'admission.

- Aro ? Je levais un sourcil.

Angela acquiesça.

- Oui Aro. Je ne sais pas qui c'est mais ça doit être quelqu'un d'important. Elle frotta son pouce et son index ensemble, pour me faire comprendre que la personne devait avoir beaucoup d'argent ou plus vraisemblablement qu'elle venait d'une famille fortunée.

- Ca doit être au moins ça pour qu'Aro se déplace en pleine nuit.

Angela rit encore à ma remarque et termina son café.

- Je n'en sais pas plus et puis on le saura bien assez tôt si tu veux mon avis. Elle étouffa un bâillement. Si tu permets je vais rentrer chez moi, je n'en peux plus.

- Repose-toi bien. Je me levais en même temps qu'elle et Angela me fit un signe en guise d'au revoir.

Je me dirigeais vers mon armoire afin d'y déposer mon sac. Je ne portais pas de blouse blanche parce que je ne faisais pas partie du personnel médical et si vous voulez mon avis, c'était très bien comme ça. D'abord cela aidait à mettre en confiance les résidents qui ne m'assimilaient pas aux médecins mais me voyaient plus comme quelqu'un de normal. J'étais en quelques sortes leurs fenêtres sur l'extérieur. Et ensuite, d'un point de vu purement esthétique, ne pas porter l'uniforme était une bénédiction pour moi. Parce qu'avec ma peau blanche, j'aurais eu l'air de sortir tout droit d'un film d'épouvante dans cette blouse.

Une fois prête je me dirigeais vers le réfectoire où les résidents étaient à cette heure en train de prendre leur petit-déjeuner. Au détour d'un couloir, je croisais Aro qui m'interpella.

- Bonjour Isabella.

- Bonjour Dr. Volturi. Puis-je faire quelque chose pour vous ? Je lui fis un sourire aussi avenant que possible.

- Non, je vous remercie Isabella. Je voulais simplement vous avertir que nous avions accueillis une nouvelle résidente cette nuit. Pour le moment, elle n'est pas en état de suivre vos activités, mais nous espérons qu'elle pourra très bientôt se joindre à vous.

- Si je peux aider en quelque chose dites-le moi. Je pourrais peut-être organiser des petites activités individuelles pour elle ? Je n'étais jamais avare de mon temps quand il s'agissait des résidents. Et il m'arrivait assez régulièrement d'organiser des sessions particulières pour les nouveaux arrivants, alors ma proposition n'avait rien d'exceptionnelle.

- C'est très gentil à vous Isabella mais notre nouvelle résidente est pour l'instant à l'isolement. Elle est très agitée et j'ai peur qu'elle n'attente à sa vie. Il me fit un sourire, qui comme tous les sourires de la part d'Aro me mit mal à l'aise.

-Mais ne vous inquiétez pas, je vous tiendrais au courant de son état pour que vous puissiez à l'occasion prévoir quelque chose avec elle.

- Très bien Dr. Volturi.

Sans plus de cérémonie, il se détourna de moi pour retourner dans son bureau. C'est en reprenant mon chemin que je me rendis compte que je ne savais rien de cette nouvelle résidente. J'en avais déduit que c'était une femme, d'après ce qu'avait dit Aro. Mais il ne m'avait pas donné son nom, ni informé sur la mal dont elle était atteinte. Tout cela était assez surprenant.

D'abord la manière dont la patiente avait été accueillit, en pleine nuit et par notre directeur lui-même. Ensuite, habituellement une nouvelle arrivée se traduisait toujours par une réunion de service pour que le personnel soit informé de la pathologie du nouveau résident et les traitements envisagés. Et enfin, voilà que la nouvelle venue était à l'isolement complet. Certes ce n'était pas une situation inédite mais généralement l'intégration au sein du groupe était tentée immédiatement pour que le patient se sente à l'aise très vite. Et là c'était tout le contraire. Mais bon, je supposais qu'Aro et Victoria savaient ce qu'ils faisaient. C'était eux les médecins et eux qui connaissaient le cas.

J'allais rejoindre mes résidents à la salle à manger et leurs proposais une activité peinture pour la matinée. Nous aurions bien le temps de profiter du temps clément cet après-midi.

Tout se passa très bien et ce n'est que pendant le déjeuner de midi, que je prenais avec les résidents que je surpris une bribe de conversation entre James et Victoria. Je ne compris que quelques mots mais ils firent l'effet d'une bombe dans mon esprit : « … Nouvelle patiente…. Alice Brandon… ».

POV Edward (29 mai 2009)

Fichue file d'attente ! Je devrais avoir l'habitude pourtant. Ces cinq dernières années, j'avais dû passer plus de temps à attendre aux comptoirs d'embarquement de compagnies aériennes que chez moi devant ma télé. Et ça commençait à m'agacer prodigieusement. Je comprenais les impératifs de sécurité, surtout pour les vols internationaux, mais il fallait admettre que l'organisation de cet aéroport était calamiteuse. Quarante-cinq minutes que j'étais là et je n'avais avancé que de quelques mètres. Heureusement que j'étais arrivé en avance.

Enfin ! Ils avaient fini par comprendre ! Le personnel venait d'ouvrir un autre guichet. Toutes les personnes devant moi se précipitèrent pour changer de file afin d'essayer de gagner une place dans la queue. Pour ma part je ne bougeais pas, mais juste par ce mini mouvement de foule, je me retrouvais en troisième position pour pouvoir faire enregistrer mes bagages. Juste encore un peu de patience, c'est tout ce qu'il me fallait.

Evidemment, la personne devant moi avait un problème de valise mal étiquetée et il fallut un temps fou pour que l'hôtesse règle ça. Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais pour ma part, j'étais absolument convaincu d'être la victime permanente de « la file d'attente qui n'avance pas. » Que ce soit au supermarché, au fastfood, dans un embouteillage, ou… dans un aéroport, je choisissais systématiquement la queue qui allait avoir un problème. La ménagère qui avait oublié son porte monnaie et s'en rendait compte à la caisse juste avant de payer, le gamin qui ne savait pas s'il voulait une glace à la vanille ou au chocolat avec son menu ou la valise mal étiquetée… c'était toujours pour moi et jamais pour les autres. Il fallait que je me fasse une raison.

Dix minutes plus tard, j'arrivais enfin devant le comptoir, où se trouvait une grande blonde siliconée. Après m'avoir jeté un premier regard peu amène, elle commença à battre des cils et elle me fit son plus beau sourire. Ben tiens, ça m'aurait étonné ! Jasper aurait été là, il se serait mit à rire, surtout que Barbie commençait à me reluquer de bas en haut d'un air appréciateur. C'était à la limite de l'indécence.

Ok ! J'avais un physique agréable, je le savais, mais j'avais horreur de me faire reluquer comme si j'étais un morceau de viande. Bon j'avoue c'était assez féminin comme comportement mais tout de même un peu de tenue n'a jamais fait de mal à personne. Et puis où était le plaisir de la séduction, quand vous aviez à faire à ce genre de fille ?

D'accord, elle était pas mal, chaude je dirais même. Mais bon, je n'avais pas le temps pour ce genre de chose, je n'étais pas d'humeur non plus. Et puis, j'avoue, je préférais les brunes.

- Bonjour Monsieur, elle regarda mon billet, Cullen. Elle releva la tête et planta son regard dans le mien.

- Bonjour. Toujours poli et gentleman. Les règles que mes parents m'ont inculqué. Je n'y dérogeais presque jamais.

- Le Darfour ? Ce n'est pas un endroit très agréable en ce moment. Waouh, quelle conversation ! Calme-toi Edward ! Poli et gentleman !

- J'ai connu pire. Pas besoin de lui raconter ma vie et de lui expliquer que je m'y rendais pour raisons professionnelles et que cet endroit correspondait plus au septième cercle de l'enfer qu'à une destination de vacances par les temps qui couraient.

- Vous revenez bientôt ? Parce que je me disais que si vous désirez on pourrait se revoir à votre retour ? Droit au but, au moins elle était directe et rapide.

- Désolé, Madame euh…

- Mademoiselle, me dit-elle en passant sa langue sur sa lèvre, d'une manière que se voulait sexy. Pour ma part j'aurais dit vulgaire mais bon, ce n'était que mon avis. Appelez-moi Lauren.

- Et bien Lauren. Je suis désolé mais ca ne sera pas possible. A mon retour je risque d'être très pris. Je n'ajoutais pas que son comportement me rebutait franchement et certainement pas que je risquais d'être de mauvaise compagnie à mon retour. Le retour, c'était toujours ce qu'il y avait de plus difficile dans ce genre de voyage.

- Ohh dit elle déçue. Et bien au cas où un créneau se libèrerait dans votre emploi du temps… Elle écrivit quelque chose au dos de la pochette qui contenait mes billets.

-Appelez-moi me dit elle en me faisant un clin d'œil.

Je repris mes papiers et mon bagage à main pour me diriger vers la porte d'embarquement sans un mot de plus. Poli et gentleman, oui, mais il ne fallait pas exagérer non plus.

Un quart d'heure plus tard mon vol était appelé, le premier d'une longue série qui allait me conduire tout droit dans l'enfer du Darfour.


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Lilou & Sab