Charlie : J'adore ton com, L'humour se trouve dans certaines pensées, répliques etc…

Alpheratz9 : Ben que dire, merci..ca me touche que la championne du Nc s'arrête sur ma fic…pour la suite. C'est ci-dessous

Laura : Et bien y a beaucoup de pauvre dans ce com…mais je ne suis jamais tendre avec Rodney…Influence de Rodneytorture( la faute à Rieval)

Choupinette : c est triste, mais y a que le triste qui m'inspire

Chapitre 2- POV RODNEY

Comment voulez-vous travailler, alors que vos employés ne font pas ce que vous leur demander ? Et après on me demande pourquoi je hurle du matin au soir. Cette chinoise ou japonaise, peu importe, m'a encore refait le coup du concombre. Comment peut-on être aussi débile pour arriver à refaire la même erreur par 10 fois. Je m'emporte contre la jeune femme. D'habitude il m'en faut plus pour sortir ainsi de mes gonds, en général je réserve cela pour mes fins de soirée. Mais aujourd'hui, il faut que j'évacue cette pression, ce nœud que j'ai au fond de l'estomac, cette impression d'avoir perdu quelque chose sans pouvoir déterminer ce que c'est. Une angoisse grandit en moi, je pressens déjà une mauvaise nouvelle se pointer à l'horizon.

Je mets du temps à remarquer la présence de John. Non en fait, je l'ai senti, il est là à attendre, n'osant entrer ou m'interrompre. Finalement la fille s'en va en pleurant et je me retourne vers le militaire, lui souriant comme à mon habitude.

- Quel mauvais vent vous amène par ici ? Lui lançai-je.

C'est là, exactement là, à cet instant que je le vois se battre avec lui même, de chercher quelque chose que je ne voudrais certainement pas entendre.

- Un très mauvais je le crains, me répond-il.

Mes doutes se concrétisent, aujourd'hui, ma mauvaise nouvelle prend des airs d'ami. Je me déconnecte lentement de la réalité, ma tête s'embrouille, j'ai chaud, je crois que je lui réponds un « oh » ou du moins j'en commence le mouvement.

-Pourrions-nous parler dans un coin plus tranquille ?

-Euh…oui…bien sûr, articulai-je.

Je me surprends à être aussi calme, peut-être qu'inconsciemment je me suis préparé à encaisser. Je l'entraine près de la remise et lui fait face. Il me dévisage comme il a l'habitude de le faire quand il a une chose importante à me dire. Je m'inquiète, John n'est pas quelqu'un de très subtil dans les affaires délicates. Il se met à parler…enfin parler, plutôt commencer cette phrase de préparation. J'attends frustré par l'ignorance, frustré et inquiet de le voir ouvrir et fermer la bouche comme un poisson hors de l'eau. Je le pousse, un peu désagréablement et obtient ma réponse.

-Rodney, votre sœur est…morte ce matin…

Je le regrette déjà, pourquoi a-t-il fallu que je renonce à cette stupide préparation de « vous devez être fort » ou encore « c'est votre sœur… » N'importe quoi. Mais là sa réponse me frappe de plein fouet, me transperce jusque dans mon âme. Ma respiration s'accélère, j'ai l'impression de suffoquer et regrette amèrement de ne pouvoir revenir en arrière. Le cours d'un instant je l'observe, espérant voir briller dans ses yeux cette malicieuse lueur qui s'y installe quand il lâche une idiotie quelconque, mais rien…rien en cet instant n'aurait pu détendre l'atmosphère lourde qui nous étouffe l'un et l'autre. La réalité s'impose à moi par le vert clair, brillant et inquiet de John. J'essaye de me calmer, de retarder ce sentiment qui est en train de naître en moi. Je respire en longues inspirations, pour finalement lâcher un "non". Il n'y a rien d'autre à dire, les mots meurent dans ma gorge. En y réfléchissant à quoi cela m'aurait servi de dire autre chose ? Jeannie aurait-elle été moins morte ? D'habitude beau parleur, je me confonds dans le silence. Parler, toujours parler, cela ne sert plus à rien. Ou alors à si peu, à faire semblant. Mais à quoi bon ? Au fond, rien ne sert à rien.

- Une crise cardiaque,…elle paraissait dormir quand on l'a trouvé.

Mon cœur bat à tout rompre. Je ne trouve même pas la force de pleurer. Cependant j'en ai autant besoin qu'envie. Mais pas devant lui, pas devant John, je retiens ma fontaine pour plus tard. J'ai la tête qui me tourne et doit me tenir au bureau. Cela me réconforte de ne pas avoir à regarder le militaire dans les yeux, je ne pourrais pas résister à l'envie de me nicher dans ses bras et pleurer….toutes les larmes que je ravale difficilement une part une.

Sa phrase résonne dans ma tête, sans vouloir cesser. C'est toujours ce qu'on dit quand quelqu'un est mort « il a l'air de dormir ». Mais ce n'est qu'hypocrisie. On sait très bien que la mort ne ressemble pas au sommeil et on voit très bien la différence. L'homme a peur de la mort, il n'ose pas l'affronter. Aussi il se tranquillise en la comparant à l'immense plaisir qu'est un sommeil peuplé de rêves. Jeannie, ce matin, ne rêvait pas, elle n'existait plus ! Et au lieu de cette expression de bonheur qu'on peut lire sur les traits d'un être cher endormi, il y a une raideur terrifiante.

Je ferme les yeux, essayant de me remémorer ma dernière visite chez Jeannie, mais je n'ai pas le temps. Je sursaute en sentant une main se poser sur mon épaule. Oh John, si tu savais comme ce simple geste vient comme un baume sur mon cœur. Je te remercie muettement d'être là, mais j'ai besoin de la solitude pour réfléchir, pour me retrouver et faire mon deuil. Je me reprends, il faut que je sorte d'ici.

- Ca va aller...

- Vous en êtes sûr ?

- Oui John, j'en suis sûr, ne vous inquiétez pas…

Je prends un peu d'assurance, même si je sais que je suis mauvais acteur devant John. Je n'ai jamais su vraiment lui mentir. Il me tapote l'épaule pour me réconforter. Je me laisse faire, mais bientôt mon chagrin devient trop grand pour le retenir. Il faut impérativement que je quitte cette pièce avant de craquer.

- Je…je dois prendre l'air.

- Bien sûr.

Je m'enfuis pratiquement du labo. Je sens que John veut me suivre, mais ne le fait pas. Seul Carson sait pourquoi je continue à vouvoyer John, pourquoi je continue à l'appeler Sheppard et en de très rares occasions comme aujourd'hui, John. J'ai peur de trop m'attacher à lui, pour connaître finalement le même sentiment que maintenant si je venais à le perdre. A cette pensée, mes jambes commencent à me lâcher, je dois me retenir au mur. La distance entre lui et moi n'est pas encore assez grande, mais je ne peux plus avancer. J'ai envie de vomir, un nouveau vertige me force à fermer les yeux et m'adosser au mur. Quelques secondes plus tard, je sens ce frisson dans la nuque qu'on a parfois quand on est épié. J'ouvre les yeux et tombe sur ceux de John. Ils sont emplis d'inquiétude et de remords. Son regard m'attendrit, je me sens aspiré par ce vert et baisse ma garde quelques secondes. Je sais que cela suffit à John pour me percer à jour. Je ne peux plus soutenir son regard nullement pesant, retrouvant l'usage de mes jambes je fuis, encore une fois aussi vite que je le peux sans regarder derrière moi.

Ma course effrénée m'amène aux balcons. Le virage à prendre m'enlève mes dernières forces. Je tombe à genoux arrivé à mon refuge de fortune. Chaque respiration me fait souffrir. Mes poumons en feux se liquéfient, du moins j'en ai l'impression. Ma tête bourdonne, j'ai l'impression qu'elle va éclater. Ma souffrance me dépasse, si bien que je me mets à hurler à m'en casser la voix avant de frapper de mes mains le sol froid. Je le tape à en avoir les mains en sang, mes forces m'abandonnent, tout ce que je peux faire c'est me pencher en avant et pleurer. La nuit vient de tomber sur Atlantis, et comme à chaque fois, elle est glacée. Je ne sais pas depuis combien de temps je suis sur ce balcon, la tête contre le sol, laissant le froid m'engourdir, m'anesthésier, moi et ma douleur. Ma vie défile sous mes yeux, tous les moments passés avec ma sœur, les bons comme les mauvais. Même si nous n'avions plus un très bon contact, nous étions proches, nous étions là l'un pour l'autre. Mon Dieu, l'imparfait s'installe déjà en parlant d'elle. Je ne veux pas, non, ca doit être un rêve, un cauchemar et je vais me réveiller bientôt. Mes mains endolories n'ont plus la force de taper, alors du front je recommence. Je n'ai plus de force et pourtant j'arrive encore à bouger la tête. Je me sens si vide, sans famille ni racine.

- Rodney…bloody Hell…qu'est-ce que tu fais ?!

Je ne suis plus vraiment conscient de ce qui se passe, mais je reconnais l'accent de Carson, je me sens soulever et atterrit sur une surface chaude et molle. Il m'a pris dans ses bras. Je suis un glaçon comparé à lui, il le sent, me frictionne pour me chauffer. Mais qui a dit que je voulais de la chaleur ? J'essaye de lui échapper, mais cette fois mes forces m'ont complètement abandonné. Je n'ai d'autres choix que d'accepter son aide et laisse céder mes barrières pour à nouveau éclater en sanglots dans ses bras.

- Chuuut…Rodney….

Chhut Rodney ? Il me parle comme à un enfant qui serait tombé. Mais ca m'apaise, sa main sur mon dos m'apaise, son bercement m'apaise, si bien que je commence à somnoler. Piégé entre 2 mondes, je sens à peine le médecin m'emmener l'infirmerie. Je suis trop fatigué pour apprécier la douceur du lit. Carson me soigne, mais pas seulement physiquement, comme John avant lui, il remet une couche de ce baume guérisseur sur mon cœur…sur mon âme si fragile. Il reste à mon chevet jusqu'à ce que je fuis définitivement la réalité pour me réfugier dans les bras de Morphée.