Chapitre 2

Bus ligne 15 Washington D.C. / New York / Boston. 9h30.

Voilà trois heures et demi que Tony et Ziva étaient dans ce bus, tous deux dormaient, ils en avaient besoin mais voilà le sommeil agité de sa compagne de voyage réveilla Tony. Il lui fallut quelques secondes avant de comprendre ce qui se passait. Elle parlait dans son sommeil, des mots éparses en hébreux. Il décida de la réveiller en se demandant quelles horreurs de son passé hantaient ses rêves.

Tony : Ziva, Ziva réveilles toi.

Il la secoua doucement mais la jeune israélienne se réveilla en sursaut et attrapa Tony à la gorge.

Tony : (suffocant) Ziva…

Elle prit brusquement conscience et avec horreur de ce qu'elle était en train de faire. Haletante et terrifiée, elle le lâcha ne savant plus vraiment où elle était.

Tony : Ziva on se calme, c'est moi, Tony.

Ziva : (bredouillant) Je… je suis désolé.

Une larme glissa le long de la joue de la jeune femme, elle l'a sécha brusquement du revers de la main, elle ne voulait pas montrer ses faiblesses et encore moins devant Tony. Elle décida donc d'adopter la méthode qu'elle maîtrisait le mieux.

Ziva : Si tu parles de ça à quelqu'un je te tue.

Tony : Tu viens déjà d'essayer de la faire.

Ziva : Tu as eu de la chance si je n'avais pas réalisé que tu n'étais pas Noranti…

Sa voix mourut avant d'en dire plus, elle en avait déjà tellement trop dit.

Tony : Qui est Noranti ?

Ziva : Personne, tu en sais déjà beaucoup trop.

Tony : Alors c'est tout ! La grande espionne Ziva David se mure une nouvelle fois dans ses secrets.

La jeune femme fit machinalement tourner son alliance que Gibbs leurs avait donné pour achever l'illusion du couple qu'ils devaient former, Tony et elle. C'était la deuxième fois qu'ils se faisaient passer pour un couple marié, la dernière fois ils étaient un couple de tueurs à gages, Sophie et Jean-Paul Ragnier et cette aventure les avait conduit à aller plus loin qu'ils en avaient le droit. Mais voilà ils étaient têtus tous les deux et s'étaient mis au défi mutuellement pour passer le temps jusqu'à passer la nuit ensemble. D'ailleurs elle essayait de se convaincre qu'ils n'avaient fait que « coucher ensemble » mais au fond d'elle quelque chose avait changé, quelque chose qu'elle s'était jurée de ne plus ressentir.

Tony : Tu ne dis plus rien ?!?

Ziva : Ecoutes Tony, si tu connaissais un dizième de mon passé, tu comprendrais qu'il vaut mieux me fuir, ne pas s'attacher à moi. Je suis maudite.

Tony : Qu'est ce que tu racontes ?

Ziva : Ils sont tous morts à cause de moi. Et je ne veux pas que toi aussi tu meurs, je ne le supporterais pas.

Tony : Qui est mort ?

Ziva : Personne.

Tony : Ziva, tu parles de ton frère ?

Ziva : J'ai tué mon frère, Tony, il n'est pas mort à cause de moi, pas comme les autres, alors arrêtes, c'est trop dur.

Tony : Ziva parles moi, qu'est ce qui te ronge, nous sommes amis, non ?

Ziva : Je t'en prie laisses moi tranquille.

Tony : De quoi as-tu si peur ??? Qui est ce Noranti pour que tu veuilles le tuer ?

Elle commençait à paniquer et par conséquent attirer l'attention des autres voyageurs, si bien qu'il lui saisit la nuque et l'attira à lui pour l'embrasser. Elle se calma instantanément et finit par prendre part au baiser avant de le repousser.

Ziva : Tu n'avais pas le droit.

La situation était tendue d'autant plus que les doigts du jeune homme reposaient encore sur la nuque de l'israélienne, leurs regards encrés l'un dans l'autre, elle avait dit ses mots à mi-voix presque dans un chuchotement.

Ziva : Tu n'avais pas le droit…

Tony : Je suis désolé mais il fallait que tu te calmes. Et apparemment ça a fonctionné.

Elle avait voulu le gifler mais il lui avait rattrapé le poignet sans retirer ses doigts de sa nuque. Il sentait au niveau de son cou que le cœur de la jeune femme battait la chamade et elle savait qu'il le sentait. Et avait décidée de continuer dans leur lancée, à vrai dire elle ne voulait pas fuir sur l'instant elle était bien aussi prêt de lui, son regard du jeune homme tentait de sonder le sien. Tony y voyait une peur qui lui glaçait le sang, il voyait le trouble de la jeune femme, comment pouvait-on être aussi torturée. Il lui lâcha le poignet pour mêler ses doigts à ceux de la jeune femme.

Ziva : Non…

Tony : Nous sommes mariés, madame DiNozzo.

Ziva : On a du travail.

Front contre front, chacun sentait le souffle de l'autre sur sa peau. Mais alors qu'elle allait s'éloigner de lui, il la retint par la nuque et lui posa un baiser sur les lèvres avant de la relâcher, il savait qu'elle n'était pas le genre de femmes qu'on pouvait retenir contre son gré. Ziva avait mal au cœur, la plaie qui avait blessé son cœur à la perte de David et Sarid, venait de se rouvrir, elle respirait difficilement.

Tony : (inquiet) Est ce que ça va ???

Elle luttait pour retenir ses larmes, et fut secouée de spasmes incontrôlés. Tony était terrifié de la voir ainsi, il ne savait pas quoi faire et ça lui faisait peur.

Un passager : Un problème, monsieur, on peut appeler un médecin.

Tony : Non c'est bon ça va aller.

En effet, elle était en train de se calmer, reprenant peu à peu le contrôle de son corps et de ses émotions. Le passager retourna à sa place.

Ziva : C'est bon, ça va, c'est passé.

Tony : Tu m'expliques ?

Ziva : C'était trois fois rien, juste un mélange de crise d'angoisse et de crise de nerfs.

Tony : Je suis désolé, c'est ma faute, je n'aurais pas dû…

Ziva : Rassures toi c'est surtout de ma faute, ça ne m'était pas arrivé depuis longtemps, depuis la mort de…

Elle se tue une nouvelle fois et Tony n'insista pas, il ne l'a sentait pas prête et ne voulait pas qu'elle fasse une nouvelle crise. Elle releva l'accoudoir qui se trouvait entre eux deux, et s'appuya contre lui, il l'entoura de son bras, ils restèrent ainsi pour le reste du voyage, d'ailleurs elle s'était rapidement endormie, d'un sommeil beaucoup plus calme que le précédent.

Boston. 12h00.

C'était le terminus. Ziva ne dormait plus mais était resté dans les bras de Tony, elle savait qu'elle ne pouvait pas continuer ainsi avec lui mais elle avait besoin de son réconfort autant qu'elle avait besoin qu'il s'éloigne d'elle. Le chauffeur stationna le bus, et les passagers commencèrent à descendre pour récupérer leurs bagages.

Tony : Lisa.

Elle ne répondit pas.

Tony : Eh la belle, habitues toi à ce prénom.

Ziva : Désolé, j'étais perdu dans mes pensées.

Tony : Je vois ça.

Elle se leva, permettant, à Tony d'en faire autant, puis ils quittèrent le bus. Prirent leurs bagages et attendirent sur le quai, c'est là que Nathan devait venir les chercher.

Ziva : Et maintenant on fait quoi ?

Tony : On attend.

Soudain un homme s'approcha d'eux.

Homme : Anthony et Lisa DiNozzo ??

Tony : Exact et vous êtes ?

Homme : Je suis Nathan, c'est avec moi que vous correspondiez.

Tony : Je suis ravi.

Nathan : Lisa vous êtes ravissante, Dieu a vraiment mis la grâce en vous.

Ziva : (mal à l'aise) Merci.

Nathan : Suivez-moi, les autres attendent votre arrivée avec impatience.

Nos deux agents suivirent l'homme, il devait avoir une cinquantaine d'année, portant une barbe courte grisonnante et il boitait légèrement de la jambe gauche.

Tony : Où allons-nous ?

Nathan : (sans se retourner) A la ferme.

Ils montèrent dans une voiture, un mini va assez ancien de couleur marron clair, un de ses vans avec trois places à l'avant.

Ziva : Je peux conduire ???

Tony : (précipitamment) NON ! Je veux dire que tu ne connais pas la route chérie.

Elle lui lança un regard noir à son collègue.

Nathan : Votre mari a raison Lisa, je peux vous appeler Lisa, tout le monde se tutoie, chez plus convivial. La route est très difficile, la ferme est assez éloignée de la ville et on doit passer par beaucoup de petits chemins chaotiques.

Ils mirent leurs sacs à l'arrière puis s'installèrent dans la voiture. Après une heure de conduite sur des chemins de terre en piteux état, ils arrivèrent enfin à destination. La ferme était plutôt un vieux haras reconverti en ferme, les bâtiments étaient anciens mais en très bon état, il y avait aussi une grange ainsi que plusieurs étables pour les animaux. Devant la ferme se trouvait un enclos, où galopaient plusieurs magnifiques chevaux, assez nerveux, Ziva était fascinée et les regardaient courir.

Nathan : Vous aimez les chevaux, Lisa ?

Ziva : Ceux des animaux merveilleux, des créations parfaites de Dieu.

Nathan : Ca s'est bien vrai, toutefois faites attention à Enzo, le pur-sang noir, il ne se laisse pas faire, personne n'a encore pu le monter depuis son arrivée à la ferme.

Le mini van remonta l'allée et se gara devant la propriété principale. Ils descendirent et Ziva et Tony suivirent Nathan à l'intérieur. Ils furent accueillit par une dizaine de personnes, six femmes et quatre hommes pour être précis, ainsi qu'un certain nombre d'enfant.

Nathan : Pour faire les présentations, voici de gauche à droite, Ruth, Sarah, Daniel, Marc, Léa, Sophie, Sofia, Antoine, Christian, et Maya, ma femme. Pour les enfants, je crois qu'ils préféreront se présenter plus tard, lors de leur spectacle de bienvenue en votre honneur. (à tous) Voici nos nouveaux pensionnaires, Anthony et Lisa DiNozzo.

Tony : Appelez-moi Tony.

Tous leurs souhaitèrent la bienvenue.

Maya : Le repas va refroidir, Nathan.

Nathan : Vous n'auriez pas dû nous attendre.

Maya : Oh je suis sûre que nos nouveaux amis doivent avoir très faim. Les enfants vous n'avez pas un spectacle à préparer ??

Les enfants se dispersèrent en entendant la matriarche parler. Les adultes passèrent à table. Tony attrapa la main de Ziva qui semblait assez désorienté pendant que les autres en faisaient autant pour dire le bénédicité.

Nathan : Tony nous feriez vous l'honneur de dire les mots.

Tony : Bien sur.

Tous baissèrent la tête et écoutèrent Tony.

Tony : Remercions le Seigneur de nous avoir conduit Lisa et moi parmi vous, nous permettant de trouver une famille, et remercions Nathan d'avoir accepter de nous recevoir ici dans ce lieu de joie et de partage. Ainsi que pour ce repas dont je suis sûr sera délicieux. Amen.

Tous : Amen.

Ils déjeunèrent dans la joie et dans la bonne humeur. Puis Tony et Ziva furent conduit dans leur chambre pour qu'ils se reposent après un si long voyage.

Nathan : La prière est à six heures.

Tony : D'accord merci.

La porte se referma laissant seul nos deux agents. Ziva retira les valises du lit et s'allongea. Les émotions qu'elle avait ressenti, l'avait épuisée, elle n'y avait plus l'habitude, préférant montrer un cœur de pierre, mais chaque année, elle ne pouvait pas empêcher ce pincement au cœur même si cela ressemblait plus à un coup de poignard, et l'inquiétude qu'elle ressentait à cause de Tony, n'y arrangeait rien.

Tony : Tu es encore fatiguée ?

Ziva : Je ne me sens pas bien.

Il s'approcha d'elle et lui posa la main sur le front pour voir si elle n'avait pas de fièvre.

Ziva : Je n'ai rien, je veux juste dormir un peu pour faire partir la douleur.

Tony : La douleur ne part pas en dormant. Parles moi.

Il lui caressait doucement les cheveux, elle avait les yeux fermés la tête sur l'oreiller.

Ziva : Ils sont morts par ma faute…

Tony : Qui ?

Mais elle s'était déjà endormie. Il tira la couverture sur elle et l'observa quelques instants, avant de s'allonger près d'elle.