- Remus !
Je levai les yeux de mon livre pour voir une jeune fille rousse venir vers moi.
- Que fais-tu encore tout seul ici ? Me questionna Lily en prenant place à mes côtés.
- Je lisais. Lui répondis-je simplement, lui désignant l'ouvrage que je tenais entre les mains.
- Tu pourrais lire à l'intérieur. Il fait vraiment trop froid pour rester dehors, admit-elle, les joues rougies et les bras serrés autour de son corps.
- J'aime bien lire au calme, tu le sais.
- Je trouve que tu t'isoles beaucoup en ce moment. Il y aurait-il un problème avec les maraudeurs? Tu passes de moins en moins de temps avec eux.
- C'est faux, répliquai-je, nous sommes toujours ensemble.
- Pas comme avant, me coupa-t-elle. Il s'est passé quelque chose ?
- Bien sûr que non, m'emportai-je, tout va bien entre nous. J'ai juste besoin de rester seul, j'ai bien le droit.
- Oui bien sûr mais, hésita Lily, tu restes toujours dans ton coin et depuis quelque temps tu as toujours cet air si triste. Je m'inquiétais juste pour toi.
- Tout va bien Lily, tentai-je de la rassurer.
- Remus, je suis ton amie, tu sais bien que tu peux tout me dire. Si quelque chose te tracasse. Ça restera entre nous.
Ca me faisait chaud au cœur de voir que mon amie était inquiète. Mais je ne pouvais pas lui révéler la nature de mon malaise. C'était mon secret et personne ne devait jamais le découvrir. Cela signifierait la fin des maraudeurs.
- Remus, tu peux te confier à moi, m'assura-t-elle en posant sa main sur la mienne.
- Non, Lily, lui répondis-je en appuyant mes paroles d'un signe de tête. Je suis désolé mais je ne peux rien te dire. C'est ..
- C'est à cause de Sirius, me coupa-t-elle en me fixant de ses yeux émeraude.
J'ouvris la bouche de stupéfaction. Elle ne pouvait pas savoir, c'était impossible. J'avais fait bien attention.
- C'est bien lui que tu évites ? Me demanda-t-elle d'une voix douce, sa main dans la mienne.
Ne pouvant prononcer le moindre mot, j'acquiesçai de la tête. Il ne me servirait à rien de lui mentir. Lily avait toujours été très perspicace. C'est ainsi qu'elle avait découvert mon premier secret, ma lycanthropie il y a deux ans. Et loin de me rejeter, elle avait tout fait pour m'aider à supporter mon calvaire mensuel.
- Tu devrais le lui dire, me conseilla-t-elle dans un sourire alors que j'étais resté silencieux.
- C'est impossible, lui répondis-je dans un souffle.
- Pourquoi ?
- Je ne veux pas perdre son amitié, Lily, lui répondis-je en ancrant mon regard dans le sien. Les maraudeurs sont ma famille, je ne supporterais pas de les perdre.
- Tu ne perdras jamais leur amitié, m'assura-t-elle de sa voix tendre.
- J'ai trahis sa confiance Lily, repris-je, mon regard se perdant sur le sol. Je ne devrais pas ressentir ce genre de chose pour mon meilleur ami.
- On ne peut pas contrôler ses sentiments Remus.
- Mais on peut les taire, répliquai-je pour couper court à la conversation.
Cependant, Lily était tenace et elle ne comptait pas en rester là.
- Tu dois lui dire ce que tu ressens Remus, m'encouragea-t-elle de nouveau.
- Pourquoi ? Lui demandai-je à mon tour.
- Pour savoir s'il partage tes sentiments, répliqua-t-elle avec assurance. Tu ne peux pas rester dans l'ignorance.
- Je sais bien qu'il ne m'aime pas, déclarai-je d'une voix plus forte que je ne l'aurais voulue. J'ai son amitié et c'est bien suffisant.
- Tu ne sauras que quand tu lui auras parlé, reprit-elle. Il pourrait très bien avoir des sentiments pour toi. Vous êtes si proches tous les deux, ajouta-t-elle après m'avoir fait signe de ne pas la couper d'un geste de la main. Tu pourrais le regretter un jour si tu ne lui dis rien.
Elle me raconta alors l'histoire de sa tante qui ne s'étant jamais déclaré à son amour de jeunesse avait vécu une vie misérable jusqu'à découvrir des années plus tard alors que l'homme était mourant que son amour avait été partagé depuis le début.
- Au moins tu seras fixé, tenta-t-elle de nouveau de me convaincre. Tu pourrais connaître enfin le bonheur que tu mérites.
- Et s'il ne n'aime pas ? Lui demandai-je d'une petite voix.
- Tu garderas ton meilleur ami et tu pourras passer à autre chose.
Sur ses dernières paroles, elle se leva et m'adressant un sourire me tendit une main.
- Il fait vraiment trop froid ici, rentrons.
Je lui souris et prenant la main offerte, je me mis sur mes pieds et le cœur plus léger je regagnais la salle commune.
Les jours suivants, j'essayais d'agir le plus normalement possible en présence des maraudeurs. Nous montions un nouveau plan contre les Slytherins et comme d'habitude j'étais le cerveau de l'opération. J'étais comme souvent obligé bien malgré moi de prendre les choses en main afin d'éviter que la nouvelle blague de Sirius et James ne finisse en catastrophe. Mes deux amis, trop heureux de jouer des tours aux serpents oubliaient souvent de réfléchir aux conséquences.
J'étais donc dans la chambre en compagnie de Sirius, pour revoir notre plan d'attaque. La présence de mon ami me rendait nerveux. Je n'avais pas cessé de penser aux paroles de Lily mais jusqu'à présent je n'avais pas eu le courage de me déclarer. J'avais toujours peur d'être rejeter. Il n'était pas facile d'avouer à un ami du même sexe qu'on avait pour lui des sentiments ô combien plus fort que l'amitié. Comment réagirait-il ? Je ne voulais pas tout gâcher.
L'amitié de Sirius était la chose la plus importante pour moi. Il était ma source de vie, mon oxygène. Sans lui, je ne sais pas si je pourrais de nouveau supporter les nuits atroces de pleine lune. Sirius était mon soutien. Ma relation avec lui était bien plus développée que celle que j'avais avec James et Peter. Et peu à peu au cours de ses nombreuses années de camaraderie, mes sentiments avaient évolués pour devenir un amour incommensurable. J'étais amoureux de mon meilleur ami.
De par ma timidité, en grande partie due à ma lycanthropie et mon besoin de rester discret pour garder mon secret, je ne me le liais pas facilement aux autres. C'était déjà un miracle pour moi d'avoir trois merveilleux amis et une fille aussi formidable que Lily autour de moi.
Je n'ai donc jamais été intéressé par une relation amoureuse. Je ne pouvais permettre à personne de s'approcher de moi sans risquer que mon secret ne soit découvert. Je n'avais donc jamais eu de petite amie.
James avait remarqué les atouts de la gente féminine en deuxième année et avait eu sa première copine l'année suivante avant de décréter en début de cinquième année que Lily était la femme de sa vie. Après plus de deux ans de conquête vaine, de gifles et de sortilèges en tout genre, sa persévérance avait été récompensé et lui et Lily formait le couple parfait.
Sirius avait toujours été un rebelle. Il avait attiré les regards depuis son entrée à Hogwarts mais il était bien trop indépendant pour laisser une fille l'enchainer dans une relation d'après ses dires. Il avait eu quelques petites amies si elles pouvaient être appelées ainsi quand on savait que leur couple n'avait pas duré plus de deux jours. Sirius se lassait très vite. Si au début, cela me faisait sourire, cette situation me soulageait à présent car il m'était insupportable de voir une fille pendue aux lèvres du garçon que j'aimais.
Quant à Peter, il était loin d'avoir les atouts physiques de James et Sirius mais il avait eu une ou deux histoires d'amour avec des filles qui avaient vu plus loin que sa petite taille et son coté rondouillard.
- Remus !
Je relevais la tête en entendant mon prénom. Sirius me fixait de ses beaux yeux couleur océan dans lequel je souhaitais tant m'y perdre. Je réalisai alors que j'avais été perdu dans mes pensées et que mon ami m'avait appelé plusieurs fois.
- Tu disais ? Lui demandai-je en détournant le regard pour ne pas me noyer dans ses iris.
- Je te disais que nous devrions revoir la première partie du plan, expliqua Sirius de sa belle voix. Nous n'aurons pas le temps de verser la potion et de revenir.
Je regardais le plan du château dessiné sur la carte que je tenais entre mes mains. Sirius avait raison. Nous avions omis un détail. Réprimant mon envie d'écraser mes lèvres sur cette bouche si tentatrice – chose qui m'arrivait de plus en plus fréquemment quand j'étais en compagnie de mon ami – je réfléchis aux options qui s'offraient à nous.
James et Peter qui étaient allé voler quelques ingrédients dans la réserve du professeur Slughorn nous rejoignirent et ensemble nous terminions les préparatifs de notre farce.
Quand nous descendirent tous les quatre dans la salle commune, Lily me lança un regard interrogatif auquel je répondis par la négative. J'avais passé une grande partie de l'après-midi en compagnie de Sirius et à aucun moment je n'avais eu le courage de me déclarer. J'avais perdu une nouvelle occasion ou selon mon point de vue j'avais gagné un nouveau délai et un peu de temps avant que ma déclaration ne change à jamais la relation que j'avais avec lui.
Lily me fit une grimace, signe de son mécontentement. Elle avait raison mais j'étais un lâche et j'avais si peur de perdre Sirius que je repoussais sans cesse le moment de lui parler. Je me disais que la prochaine fois serait la bonne. Après tout, depuis que Lily et James sortaient ensemble, j'avais plus de moment seul avec Sirius. J'aurais bientôt une nouvelle occasion même si en mon fort intérieur je priais Merlin pour que cela n'arrive pas de sitôt.
Notre plan s'était déroulé à la perfection et hilares nous regagnions notre dortoir après avoir ridiculisé toute la table des Slytherins durant le repas. Bon nombre de nos camarades nous avaient félicité mais aucun professeur ne pouvait prouver que nous étions les auteurs de cette nouvelle farce, nous étions donc à l'abri de toute punition.
Evidemment en tant que préfet, j'aurais dû empêcher ce genre de débordements mais ou on était un maraudeur ou on ne l'était pas. Il n'était d'ailleurs pas toujours possible de réfréner Sirius et James même si ce dernier s'était assagi depuis qu'il fréquentait Lily.
Et puis, entendre le rire de Sirius, méritait bien d'enfreindre le règlement et mes devoirs de préfet.
- Je pense pouvoir dire mes chers amis, déclara James, d'un ton solennel, que cette blague restera parmi nos meilleurs.
- Je ne peux que t'approuver mon frère, ajouta Sirius en s'allongeant sur son lit, sa tête reposant sur ses coudes repliés.
Je souris aux remarques de mes amis, que j'approuvais également. Un bon rire de temps en temps était excellent pour la santé.
Je pris place sur mon lit, attrapant mon livre au passage, décidé à finir ce roman. Il ne me restait que deux chapitres et j'étais impatient de connaître le dénouement de cette histoire.
- Mes amis, je vais devoir vous laisser, lança James dans un sourire en prenant sa cape. J'ai des obligations ailleurs.
- Tu ne devrais d'ailleurs pas trop faire attendre Lily, rigola Sirius en lui laissant un oreiller.
- Ne me décoiffe pas avant mon rendez-vous, le réprimanda James qui réceptionna l'objet pour le renvoyer à son expéditeur.
Il nous souhaita une bonne soirée et quitta le dortoir en chantonnant. J'étais tellement heureux pour lui. Après tant d'années à tenter de séduire Lily, il était enfin aimé en retour. Si seulement tout pouvait se terminer ainsi pour moi. Malheureusement, j'étais bien trop grand pour croire aux contes de fées.
Je m'installai confortablement contre mon oreiller et commençai ma lecture. Quand je lisais le monde autour de moi s'effaçait et c'était devenu pour moi un vrai refuge. Je me plongeai dans l'histoire afin d'oublier mon amour impossible.
La fin était très émouvante. Comme d'habitude je ressentais un petit pincement au cœur en laissant les personnages. Mais tout finissait bien pour eux. J'aimais les happy ends.
Je refermai mon livre et le posai sur ma table de nuit. Le silence régnait dans le dortoir. Je relevai les yeux pour les porter sur la pièce. Peter n'était pas en vue, il avait dû sortir alors que j'étais trop absorbé par ma lecture.
Mes yeux poursuivirent leur exploration pour se poser sur Sirius qui était toujours son lit, un magazine de Quidditch dans les mains. Il était rare de voir mon ami si calme. Mon cœur se serra à cette vue. Il était si beau. Des mèches de cheveux lui tombaient devant les yeux lui donnant un petit côté rebelle que j'aimais tant. Apollon pouvait aller se rhabiller, il ne faisait pas le poids face à une telle beauté.
J'avais souvent l'impression d'être comme toutes ces filles qui se pavanaient devant mon ami mais il fallait être aveugle pour ne pas le trouver séduisant. Et je parlais en toute objectivité quand je disais – jamais à voix haute et devant témoin – que Sirius était le dieu de la beauté personnifié.
Un sourire se forma sur ses lèvres alors qu'il tournait une page. Je devrais probablement arrêter de le fixer ainsi mais mon regard était capturé.
Je réalisai soudain que nous étions seuls. James était à son rendez-vous avec Lily et ne reviendrait pas avant plusieurs heures et il me revenait à présent à l'esprit que Peter était à la bibliothèque avec son groupe de soutien. Sirius et moi étions donc seuls pour un bon moment. J'avais là une nouvelle occasion de lui parler.
J'inspirais profondément pour calmer mon cœur qui s'était emballé à cette pensée. Je devais lui parler. Lily avait raison. Je ne pouvais plus garder ce secret qui me rongeait un peu plus chaque jour. Je finirais par exploser ou pire faire une bêtise comme me jeter sur Sirius. J'allais peut être commettre la plus grosse erreur de ma vie après ma promenade au clair de lune quand j'étais enfant mais je ne pouvais pas reculer. Que penserait Sirius après ma déclaration ? Comment réagirait-il ? Serait-il dégouté ? Voudrait-il toujours être mon ami ? Je ne le saurais pas tant que je ne me serais pas déclaré à lui.
Lily m'avait certifié que Sirius ne me rejetterait pas. Depuis qu'elle sortait avec James, elle avait revu son opinion à son sujet. Elle ne le voyait plus comme un gamin immature, prétentieux, un fauteur de trouble. Même s'il était loin d'être un enfant de chœur, elle savait que c'était un ami fidèle sur qui on pouvait compter.
Sirius ne m'avait pas rejeté quand il avait découvert ma lycanthropie. Bien au contraire, il avait encouragé le projet animagus afin de me soutenir durant les nuits de pleine lune. Depuis que mes amis étaient avec moi, ces maudites nuits étaient bien plus supportables et notre amitié s'en était retrouvée renforcée.
Est-ce que notre amitié pouvait résister à cette nouvelle bombe que j'allais lancer ? Je n'allais pas tarder à le savoir.
Je repris une grande inspiration. Je ne pouvais plus reculer, c'était maintenant ou jamais. J'étais un Gryffindor, je ne devais donc pas manquer de courage.
Je serai les poings et me levai. Les dés étaient jetés.
J'avançai à petit pas vers le lit de mon ami. Il ne m'entendit pas approcher et releva les yeux quand mes genoux touchèrent son matelas.
- Ca va, Moony ? Me demanda-t-il, ses lèvres formant le plus beau des sourires.
Je ne devais pas me laisser emporter par cette vision. Je devais me ressaisir et parler à Sirius.
- J'aimerais te parler, déclarai-je d'une voix hésitante.
Il posa son magazine et d'un geste m'invita à m'assoir. Quand ses yeux plongèrent dans les mieux, j'y lus son interrogation. Je n'avais pas l'habitude de me comporter ainsi avec lui.
- Quelque chose ne va pas, Remus ? S'enquit-il, visiblement étonné de mon étrange comportement.
Je ne savais pas par où commencer. Devais-je lui dire que je l'aimais ? Quelle était la meilleure approche ? Je me lançais dans le vide, sans filet.
- Voilà, commençai-je me triturant les mains, signe de ma nervosité. Je .. je dois te dire quelque chose, continuai-je en bégayant.
Pourquoi fallait-il que je perde tous mes moyens à un moment aussi crucial. Sirius continuait de me fixer avec étonnement.
- Je te trouve bien nerveux Moony, que veux-tu me dire ? M'encouragea-t-il en se redressant. Tu sais bien que tu peux tout me dire.
J'acquiesçai d'un signe de tête. Sirius avait toujours été un confident pour moi. Nous parlions souvent de mes doutes sur l'avenir, sur les problèmes que me posait ma lycanthropie. Il était si simple pour moi de lui parler. Il avait toujours les mots justes pour me réconforter.
Mais cette fois, c'était différent. Ma confession était trop importante. Des barres de chocolat, une tape amicale ne suffiraient pas.
Ma bouche était pâteuse et les mots se bousculaient dans ma tête. Je devais bien formuler mes propos, choisir les bons mots.
- Ce n'est pas facile à dire, repris-je en serrant le couvre-lit entre mes doigts, mes yeux baissés pour éviter ceux de mon vis-à-vis. Je n'ai jamais voulu tout ça, c'est arrivé sans que je n'y puisse rien.
- Tu commences à me faire peur Moony, me coupa Sirius d'une voix inquiète. Il t'est arrivé quelque chose ?
- Non, tout va bien Paddy, répliquai-je immédiatement pour le rassurer. Je dois juste te dire quelque chose d'important mais je ne sais pas comment.
- Tu peux tout me dire, me répéta-t-il, posant sa main sur les miennes. Je serais toujours là pour toi.
Comment pouvait-il se montrer si gentil dans un moment pareil ? S'il savait, il ne me toucherait pas ainsi.
Sirius était quelqu'un de très tactile. Je ne comptais plus le nombre de fois où je m'étais retrouvé dans ses bras après une nuit de pleine lune, un moment de doute, ou tout autre problème que Sirius résolvait avec un simple câlin. Dans ces moments, je me maudissais de profiter de la situation. Car pour lui, il ne s'agissait de rien de plus qu'un moyen de me réconforter. C'était sa manière de me montrer son amitié et son soutien. Pour moi, c'était tellement plus.
Je regardais nos mains - un contact pour le moins inhabituel pour deux garçons mais tout à fait normal entre nous - avant de baisser de nouveau les yeux pour trouver le courage de continuer.
- Depuis un moment, repris-je avec hésitation, je ressens des sentiments …
- Tu es amoureux ! M'interrompit Sirius d'une voix ou se mêlaient la surprise et la joie. C'est formidable, ajouta-t-il avant de s'excuser pour m'avoir coupé la parole.
- Cela n'a rien de formidable, avouai-je d'une faible voix. C'est même tout le contraire.
- Allons Remus, ne dis pas ça ! Me sourit-il et je le sentis se rapprocher jusqu'à ce que nos genoux se frôlent. Tu sais que tu auras mon soutien et je t'aiderais. Qui est l'heureuse élue ?
Voilà on y était. La question était posée et demandait une réponse. Je serais vite fixé. Rejet. Dégout. Je ne pouvais plus y échapper.
- Toi, avouai-je dans un murmure, la tête baissée de honte.
- Quoi ?
- Je t'aime toi.
- Remus, je …
Je relevais alors mes yeux pour affronter la situation. Il ne me servait à rien de me cacher. Je devais me montrer fort et accepter l'inévitable.
- Remus, je ne sais pas quoi dire, déclara-t-il d'une voix aigüe. Je ne m'attendais pas à ça.
Instinctivement, il s'était reculé et me regardait à présent avec des yeux ronds. C'était de toute évidence un choc. Comment il pouvait en être autrement.
- Ecoutes, Sirius, commençai-je pour tenter de détendre l'atmosphère que se faisait de plus en plus lourde. Je … Je ne te demande rien. Je t'aime. Je voulais juste que tu le saches mais je … je… ne veux pas que les choses changent … je, tentai-je de poursuivre mais les mots se perdaient entre mes lèvres et ma vue commençait à se brouiller.
- Oh Remus, m'interrompit Sirius, prenant mes deux mains dans les siennes.
- Je ne veux pas te perdre, lui dis-je entre deux sanglots.
- Ca n'arrivera jamais, m'assura-t-il d'une voix douce.
Il releva ma tête et essuya de son pouce une larme qui coulait.
- Je suis tellement désolé, m'excusai-je et je ne pouvais plus retenir mes larmes.
- Tu n'as pas à l'être, souffla-t-il à mon oreille alors qu'il me prenait dans ses bras.
Je restais un moment, pressé contre lui, mouillant sa chemise, alors qu'il traçait des cercles dans mon dos pour me réconforter. Je ne sais pas combien de temps nous restions ainsi mais je me sentais si bien.
Nous finîmes par nous écarter l'un de l'autre et d'un revers de manche, j'essuyais mes dernières larmes.
- Remus, m'appela Sirius, après ce moment de silence et de réconfort.
Je relevais la tête pour plonger mes yeux dans les siens, nous étions assis face à face. Je m'étais déclaré, le temps de la sentence était arrivé.
- Je t'aime beaucoup, tu le sais, commença Sirius prenant à son tour une voix hésitante. Mais …
Evidemment il y avait toujours des « mais ». Je savais qu'il ne pouvait pas partager mes sentiments.
- Tu es un de mes meilleurs amis. Je serais toujours là pour toi, sois en certain, continua-t-il. Je … Je.
- Ne t'inquiètes pas Sirius, l'interrompis-je car je le sentais embarrassé. Je sais. Je voulais juste que tu le saches.
- Je comprends, me sourit-il. En tout cas, ne crois pas que cela changera quelque chose entre nous, Remus. Tu es et seras toujours mon ami.
