Note de l'auteur:
-N'ayant pu trouver nul part une mention certifiant que Rogue soit le parrain de Drago, j'ai décidé qu'il ne le serait pas dans cette histoire.
-Bien qu'il l'appelle Severus dans ses pensées, Drago le vouvoie et l'appelle Rogue lorsqu'il parle.
-Bilbe Quot est l'anagramme de Bilboquet.
-Tidmedle Loevoro se prononce : Tid-mé-deul Le-vo-ro. C'est également un anagramme de...je vous laisse trouver quoi(une review pour vérifier votre réponse ?).
-Quand Drago parle de "Lestrange", il fait référence à Rodolphus ou à Rabastan Lestrange. Il appelle, bien évidemment, Bellatrix Lestrange : Bella(trix)
-Drago n'est pas un petit repenti prêt à tomber dans les bras d'Hermione ou de toute autre femelle à proximité. Il est effrayé par Voldemort, blessé dans son égo par son échec, il n'est pas battu/violé/torturé par son père et il souffre pour sa famille. Il est toujours englué dans le racisme et l'intolérance même s'il a été « plutôt refroidi en voyant les méthodes qu'Il (Voldemort) était prêt à employer" (dixit Sirius dans Hp 5 (concernant les familles pro-Sang-purs)).
-Même si certaines choses sont évidentes (même pour Drago), il est possible qu'elles ne soient pas écrites parce qu'il refuse de les admettre.
-Et puisque que nous sommes en POV Drago : Si une subtilité lui échappe, elle ne sera pas relevée dans le hors-dialogue. (Ce qui n'empêche pas les petits malins de la voir).
-Enfin,"Cornichons" est une expression de Rogue utilisée dans le tome 1 d'Harry Potter.
Sur ce : bonne lecture.
Résumé du prologue :
Lors d'une réunion organisée par le Lord, une employée de la Magic-Mental-Manipulation Compagnie transplane dans le manoir et remet à Drago un coffret et une lettre. Interrogée par Voldemort, l'employée (Bilbe Quot) révèle que Dumbledore a payé une somme considérable pour effacer la mémoire de trois personnes : Drago Malefoy, Hermione Granger et Miss Loevoro. Si le coffret refuse de s'ouvrir, la lettre, elle, contient une unique phrase : "Souviens-toi du 27 février".
Chapitre 1 : Chez les Malefoy
Mi-juillet.
Allongé sur son lit au manoir Malefoy, Drago réfléchissait.
Dans quelques jours, Harry Potter serait transféré par l'Ordre du Phénix vers un lieu dont le Lord ignorait l'emplacement...à moins qu'il ne fasse semblant de l'ignorer.
Potter devait, bien évidemment, être capturé puis amené au Lord Noir pour être tué par lui.
Le cas d'Hermione Granger, qui d'après Severus ferait partie de l'escorte, était lui aussi très clair : le Seigneur des Ténèbres voulait qu'elle soit prise vivante et ramenée le moins abîmée possible au manoir.
Autrement dit, il fallait éviter que des mangemorts comme Bellatrix se retrouvent à proximité de Potter et Granger.
Car depuis que Yaxley avait fait son rapport sur ce qu'il avait pu trouver du 27 février au ministère, et bien que nul n'ait su ce que Yaxley avait pu dire, le Maitre s'en était montré très préoccupé. L'affaire « 27 février » l'obnubilait. Littéralement.
Et puisque les sortilèges de rappels n'avaient fonctionné ni sur Drago, ni sur l'autre mangemorte concernée et que le coffret refusait obstinément de s'ouvrir, Il espérait à présent pouvoir en apprendre plus de Granger...
Leur premier espoir d'en savoir plus avait été le coffret : une drôle de boîte faite d'un assemblage étrange, apparemment constitué de bois et de magie, et qui frémissait ou changeait de couleur en fonction de l'être le plus proche...
Oh ! Ils avaient bien essayé de résoudre les énigmes, de déjouer les pièges, de passer les sorts qui l'entourait. Hélas ! Cela n'avait conduit qu'a des échecs cuisants, des doloris pour ceux qui tentaient de l'ouvrir – et échouaient inévitablement - et un intérêt accru du Lord pour la petite boîte si bien protégée par Drago du temps où il avait encore sa mémoire.
Quel malheureux hasard que celui qui avait conduit cette crétine des transmissions à lui remettre ce fichu reste de contrat en pleine réunion mangemorte...
Un hasard…
Un hasard ?
Drago commençait à en douter. Il avait d'ailleurs bien tenté de faire remarquer que cela tombait trop bien : en plein milieu d'une réunion et juste avant le transfert de Potter.
Malheureusement, toute l'histoire avait pu être confirmée : il avait bien disparu le 16 mai on-ne-savait-où, il y avait bien eu des problèmes au ministère qu'il-n'avait-pas-besoin-de-connaître-mais-qui-prouvait-qu'il-y-avait-des-raisons-de-s'intéresser-au-27-février et bien sûr Dumbledore...était Dumbledore.
Imaginer ce vieux fou trafiquant quelque chose de louche, - même avec un pied dans la tombe -, impliquant une association magique illégale, une sang-de-bourbe, des mangemorts, des secrets et des coups tordus n'était pas vraiment une chose difficile à faire.
En réalité, pour Drago, cela ressemblait assez à une gigantesque blague d'un goût douteux qu'aurait voulu lui faire le vieux directeur avant de mourir...une dernière farce en somme.
« -Drago ?
-Oui, père ? »
Se relevant, Drago lissa les plis inexistants de sa tenue.
Qu'il soit revenu d'Azkaban, en loque, rétrogradé ou brisé par le Maître n'avait pas d'importance : Lucius Malefoy restait son père, et il se devait d'être convenable devant son père...comme devant le reste du monde en fait.
Cette science du paraître était d'autant plus importante que la position des Malefoy, quel que soit le côté où l'on regardait, était devenue assez précaire.
« -Severus est là et il aimerait te voir. Il n'a pas voulu me dire pourquoi. », déclara Lucius. « Ne fais pas trop attendre notre hôte... »
La voix de Lucius Malefoy se brisa et un tic nerveux agita le coin de ses lèvres
Suivant le regard de son père, Drago vit, par la fenêtre, la pelouse rase du parc...
Dehors.
Merveilleux Dehors.
Ce Dehors auquel ils n'avaient plus droit : l'un pour une stupide raison d'évasion de la prison de haute sécurité qu'était censée être Askaban, et l'autre pour la non moins stupide raison qu'était l'ordre du Seigneur des Ténèbres de sa mise sous surveillance suite à la pire blague Dumbledorienne que les Malefoy ait jamais pu voir.
Plus de ballade. Plus de Quiddicht. Avec amertume – et utopie - Drago songea qu'il ne pourrait pas s'entrainer pour battre Potter.
Dommage semblait dire la fine pluie qui s'était mise à tomber.
Enfermer Potter dans un cocon de pluie pour l'empêcher d'attraper le vif d'or avant lui : Y avait-il une chance pour que cette stratégie soit efficace ? sans doute…
…Sauf qu'il ne connaissait pas de sort de cocon de pluie, qu'il ne ferait peut-être plus jamais de quiddicht, que Potter ne serait peut-être plus vivant à la rentrée prochaine, et qu'avec la chance légendaire de Potter, le vif d'or serait désorienté par le cocon et irait se jeter directement dans la main de l'attrapeur des Gryffondor.
Drago se détourna finalement de la fenêtre et adressa un sourire triste à son père.
C'était mal, il aurait dû tenir son rang.
Mais à quoi bon faire semblant ? Ici en privé, sans rien ni personne autour, les masques tombaient.
Un élancement douloureux enserra le cœur de Drago.
Son père.
Son père qui d'un seul regard faisait taire ses détracteurs.
Son père : son protecteur, son modèle.
Son père, ce symbole de grandeur, qui savait à quel sang se lier, comment tricher, comment gagner, comment manipuler.
Son père réduit à l'état de servant pour une boule cassée.
Une mission ratée avait souillé l'honneur des Malefoy.
Et lui, Drago Malefoy, avait été incapable de racheter cet honneur.
Parce qu'en haut de cette tour, une peur imbécile lui avait ôté sa chance. Avoir peur de tuer...combien de fois lui avait-on rappelé son échec ? Son lamentable échec qui avait prouvé à tous qu'il était trop faible pour être un vrai mangemort.
Il se souvenait avoir répété encore et encore que Severus l'avait pris de cours.
Personne ne l'avait écouté.
Lui-même ne s'était pas écouté. Comment croire à ce mensonge ? La vérité, il l'avait entendu bien avant les autres, dans la bouche de Dumbledore : il n'était pas un meurtrier.
Et pour son clan, c'était la pire des faiblesses.
Dumbledore avait eu raison. Dumbledore avait toujours eu raison...et même dans la mort, il arrivait à se jouer des Malefoy !
Si cela n'avait été son but dans la vie - quoique ? Le Serpentard en doutait parfois -, il semblait toutefois que mort, il avait décidé de s'acharner contre Drago et sa famille.
Le cliquetis de la porte ramena Drago à la réalité.
Son père avait fini par partir.
Et Severus l'attendait.
Severus.
Le seul qui ait pu duper Dumbledore. Le seul qui ait su mettre à genoux et faire supplier le vieux directeur de Poudlard.
La scène avait été d'un pathétique…
…d'un pathétique effrayant…
…d'un pathétique étrange.
Voir Dumbledore à genoux : C'était peut-être cela, plus que tout, qui avait paralysé les mangemorts au sommet de la tour. Dumbledore suppliant : l'impossible réalisé. Par Severus.
Severus qui l'attendait.
Marchant comme un automate, Drago descendit les escaliers, se dirigeant vers le salon où Severus devait se trouver. Il marqua un temps d'arrêt devant la porte, réfléchissant à ce qui allait se passer, avant que la voix du maître des potions n'interrompe ses pensées :
« -Drago, bien que cela ne soit pas une certitude, il me semble qu'il serait plus simple pour nous d'entamer une conversation si vous entriez dans la pièce. »
Suite à ce charmant préambule, le jeune Malefoy entra à contrecœur dans ladite pièce.
Le regard de Drago se posa sur celui qui lui avait volé son impossible victoire.
Cette victoire à laquelle il avait tant voulu croire…Cette même victoire qu'il n'aurait jamais pu obtenir.
Lui, tuant Dumbledore sans aide ? Une utopie, un contre-sens, une folie.
Pourtant, même maintenant : après son échec et l'année passée à pleurer dans les toilettes de Mimi Geignarde, il refusait d'admettre la déchéance des Malefoy et leur impuissance à faire face au monde à venir.
Potter paierait et les Malefoy trouveraient un moyen de revenir sur le devant de la scène.
...Mais quand ? Il espérait seulement que cela se ferait de son vivant…et du vivant de ses parents, si possible.
« -Bonjour Professeur. Si, du moins, je peux toujours vous appeler ainsi. », persiffla Drago avec nonchalance.
« -Professeur ? Je pense que vous pouvez laisser ce titre de côté. Le Maître ne veut pas que vous retourniez à Poudlard à la rentrée. », trancha la voix doucereuse de celui qui avait été son professeur préféré.
« -Alors, ça y est : c'est décidé. Plus d'école pour moi...Bah, ça m'évitera de dormir en Histoire de la Magie. », ironisa Drago dans une ridicule tentative pour paraître sûr de lui. « Et qu'en est-il de vous ?
-De moi ? Oh, je vais suivre les traces de Dumbledore, je crois. », soupira Severus.
« -De Dumbledore ? », s'étonna Drago. « Vous avez l'intention de finir comme ce vieux croulant ? De mourir sur ordre du Seigneur des Ténèbres après une pitoyable expérience comme directeur de Poudlard ? »
Severus s'autorisa un petit sourire qui déstabilisa Drago tandis son regard se durcissait imperceptiblement
« -Mort ? Je ne le suis pas encore. Tué par la volonté du Maître ? Si cela doit arriver, peut-être. Directeur...c'est en effet ce à quoi me prédestine le Seigneur des Ténèbres. », susurra un Severus visiblement très fier de lui.
« -Vous...vo...v... Vous allez être directeur ? C'est merveilleux ! », s'exclama Drago avec la tête du sorcier ayant avalé par erreur un flacon de nettoie-tout de la mère Grattsec à la place de son verre de jus de citrouille.
« -N'est-ce pas ? Je dois avouer que j'en suis particulièrement satisfait. », articula lentement Severus. « Toutefois je n'étais pas venu ici pour vous entretenir de mon futur emploi.
-Et de quoi étiez-vous venu m'entretenir ? Si ce n'est pas trop indiscret bien entendu. », lança Drago en pinçant les lèvres.
« -J'étais venu vous parler de l'affaire qui occupe actuellement le Seigneur des Ténèbres. », annonça simplement Severus
-Oh ! Ça... répondit Drago, subitement las.
L'affaire « 27 février », comme l'avait si affectueusement surnommé Lestrange, commençait sérieusement à l'ennuyer.
Blasé, Drago ferma les yeux, se préparant mentalement à un autre monologue sur l'importance de retrouver ses souvenirs.
Enfin…avec un peu de chance, Severus se contenterait d'un discours de moins de trois heures.
« -Oui, ça. Je me suis dit que vous aimeriez sans doute en savoir un peu plus sur le sujet, puisqu'il y est tout de même question de vous, mais si cela ne vous convient pas... », reprit Severus d'un ton sarcastique.
« -Ca me convient. », jeta Drago à la hâte.
Oubliant un instant les convenances, Drago se pencha en avant, tendu sur le bord de son siège : Y aurait-il une chance, une infime petite chance, que Severus soit réellement là pour lui donner des informations et non pour l'exhorter à travailler sa mémoire ?
« -Bien. », reprit Severus dans un demi-sourire. « Voici ce que j'ai été autorisé à vous dire : tout d'abord, nous avons pu constater que vous et Miss Loevoro portiez sur le bras des restes d'un serment inviolable qui aurait été fait le 27 février.
-Ce serait le souvenir. », tenta Drago, plein d'espoir.
« -Faites donc fonctionner votre cervelle, petit cornichon ! », claqua Severus. « Un serment inviolable nécessite rarement l'usage d'un sort d'oubli…Quoi qu'il en soit c'était la première chose que j'avais à vous dire. En second lieu : Bilbe Quot n'existe pas. Si tout ce qu'elle a dit est bien vrai, et ça l'est, elle n'a, en revanche, jamais fait partie des employés de la MMM-compagnie. Et nous n'avons malheureusement pas pu en apprendre plus sur elle… Mais le directeur de la compagnie a reconnu le contrat passé avec Dumbledore.
-Il l'a reconnu ? Simplement ? Sans broncher ? », fit remarquer Drago, sceptique.
« -Sans broncher ? Oh, non. Mais cette chère Bellatrix a la baguette relativement persuasive pour ce genre de cas. », ricana Severus. « Quoi qu'il en soit le souvenir référent était celui du 27 février de cette année pour vous et Miss Loevoro…
-Qu'est-ce qu'un souvenir référent ? », coupa brutalement Drago.
« -Un souvenir référent », répondit Severus en soufflant, « est un terme technique utilisé pour parler des effacements de mémoire référencés. Il s'agit d'une technique qui permet d'effacer toutes les informations d'un esprit qui ont découlées d'un seul souvenir. Souvenir qui sera appelé : souvenir référent. Ce qui signifie que vous et vos compagnons d'amnésie avez oublié, non seulement ce qui s'est passé le 27 février, mais également tous les renseignements que vous auriez pu obtenir par la suite de ce qui s'est passé ce jour-là. »
Severus fit une pause pour s'assurer que Drago avait parfaitement compris avant de reprendre :
« -Et Pour Miss Granger, ils ont été obligés de définir deux souvenirs référents, ce qui, apparemment, est inhabituel. C'est d'ailleurs une des raisons pour lesquelles le Maître la veut tant. Le reste de ce que nous avons appris...n'est pas à mettre en toutes les mains. »
« -Ce qui veut dire pas entre les miennes je suppose... »,lança Drago.
Une infime seconde, Drago eut l'espoir que Severus Rogue démentirait sa supposition et lui donnerait plus de détails.
Mais la seconde passa et Drago compris qu'il n'aurait rien de plus.
« -Bien ! », cracha-t-il d'une voix hargneuse. « Mais si je puis me permettre : Pourquoi ? Pourquoi me dire tout ça maintenant ?
-Pourquoi ? », répéta Severus en haussant les sourcils. « Parce qu'Il m'a autorisé à vous révéler ces choses et pour que vous ne tentiez rien de stupide. Non pas que nous n'ayons pas les moyens de vous en empêcher mais…nous n'avons tout simplement pas de temps à perdre en enfantillages. Maintenant si vous voulez bien m'excuser : j'ai du travail qui m'attend.
-Evidement. », répondit fielleusement Drago. « Je vous raccompagne, Monsieur le Professeur ? »
Rogue posa un regard désabusé sur son ancien élève préféré. Puis, poussant un léger soupir, il se leva en déclarant :
« -C'est inutile, je connais le chemin. Au revoir Mr Malefoy.
-Au revoir. », reprit Drago, alors que la porte se refermait sur la robe tournoyante du mangemort.
"Parce qu'Il m'a autorisé à vous révéler certaines choses et pour que vous ne tentiez rien de stupide".
C'était d'un ridicule !
Comme si le Seigneur des Ténèbres avait l'habitude de distribuer des informations pour «ne pas perdre de temps en enfantillages ».
Non. Le Maitre – à moins que ce ne soit le professeur Rogue – devait avoir des raisons autrement plus importantes pour lui dire cela – et uniquement cela. Des raisons surement très intéressantes également.
Mais Drago n'avait - hélas ! - aucun moyen de les découvrir.
Et, tout en remontant dans sa chambre, il songea que si son ancien professeur avait eu pour but de lui donner la migraine, il avait sans aucun doute trouvé la bonne voie pour y parvenir.
Arrivé dans sa chambre, les yeux de Drago se posèrent sur le petit coffret.
Sa – seule - victoire.
Maigre victoire.
Il avait tout de même dû batailler pour qu'on le lui laisse et n'avait finalement obtenu gain de cause qu'en arguant que s'il lui avait été remis personnellement, c'était surement parce que lui seul pouvait l'ouvrir.
D'ailleurs, il avait bien avancé.
Enfin, il avait avancé un petit peu : Il était, à l'aide de son sang, parvenu à faire apparaître un message dans le bois. Sur le haut de la boite, on pouvait à présent lire :
Pour moi, tu dois montrer les étapes du chemin qui mènent au vrai pouvoir.
