THE DARK MAIDEN
Résumé : l'héritier la sauve, elle, le petit fantôme d'Ebenelle. Ils s'en vont, pourquoi ? Ils s'enfuient, dans quel but ? Ils se cachent, de qui ? De quoi ? OC. YAOI. YURI. HET.
Chapitre 2 :
Deliver us from evil
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Pour la première fois depuis des semaines, la nuit était fraîche. Une brise légère agitait les cheveux et le manteau de Sywen, la faisant paraitre bien plus imposante.
Elle regardait autour d'elle, cherchant intérieurement une âme qui voudrait la sauver de son destin. Mais personne ne vint. Pas même son ennemi. Elle savait qu'il sortait de temps en temps la nuit, pour errer sans but dans SA ville.
Mais non. Pas même son tourmenteur ne vint l'aborder.
Et son grand frère. Qu'allait-il penser d'elle ? Cela faisait plusieurs mois qu'il était parti. Il affirmait être à Sinnoh, et qu'il était en parfaite santé.
« Tu me manques Adrien. »
Elle songea ensuite à son petit frère. Ce petit garçon qui prenait son grand frère pour l'homme le plus puissant du monde. Il voulait à tout prit le suivre, faire comme lui. Mais leur mère refusait de faire la même erreur avec son cadet qu'avec l'ainé.
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Un an auparavant…
Ils étaient tous réunis à la table de la salle à manger. Une grande table ronde, faite en bois sombre. Sywen l'aimait beaucoup, parce qu'elle démontrait l'égalité de chacun, un moyen pour ne plus se sentir inférieure en somme.
Ils étaient tous là. Leur mère, grande femme à la courte chevelure rouge impeccablement coiffée, leur père, un homme à faible carrure aux cheveux poivre et sel. Sywen se souvenait qu'elle aimé y plonger sa petite main lorsqu'elle était encore une enfant. Il était revenu exprès parce que son fils ainé avec des choses à dire a toute la famille. Adrien, le plus grand, jeune homme de dix-huit ans, à la chevelure rouge vif attachée en une longue queue qui se balançait dans son dos. Sywen, jeune fille de seize ans, constamment dans l'ombre de son frère, et Cornil. Le cadet, petit garçon de douze ans qui suivait son frère comme le faisait un petit chien.
Sywen observa son aîné. Il était livide. Elle, elle savait pourquoi. Elle l'avait espionnait. Elle se préoccupait de lui. Elle savait que faire ça avait été mal. Mais elle s'en fichait. Il n'avait qu'à mieux protéger son ordinateur.
Depuis des années, Adrien entretenait une correspondance quasi quotidienne avec un certain Tanguy. Maintenant qu'il était majeur, il était en droit de partir du cocon familial et partir rejoindre son ami le plus sûr.
Sywen savait que son frère avait uniquement des relations superficielles avec les gars de son lycée, et qu'une véritable personne avec qui il pouvait parler de tout lui manquait.
Tout ce qu'elle regrettait, c'était qu'il utiliserait des mensonges pour obtenir l'autorisation de sortie de la ville.
- Alors, que souhaites-tu nous dire mon fils ? dit soudainement leur lavette de père.
-Je…
Adrien ne savait par où commencer.
Sywen imita une signature dans le vide lorsqu'il posa brièvement les yeux sur elle. Il fronça les sourcils et dit doucement :
-Il me faut une autorisation de sortie de territoire. J'ai déjà les papiers, il ne me manque plus que vos signatures.
-Et où comptes-tu aller ? demanda froidement sa mère.
-Euh…changer de région.
-Pourquoi tu n'es pas bien ici ? déclara le père.
Il croisa les bras sur la table et continua :
-Tu sais, j'espérais que tu reprennes la boutique.
Adrien ouvrit grand les yeux. Lui ? Vendre des articles Pokémon ? Alors qu'il n'avait pas été capable d'entrer dans une agence d'intérim ?
-Euh…ça ne m'intéresse pas du tout papa.
Ledit père fronça les sourcils.
-Mais je ne veux pas ton avis. Tu es l'aîné, tu reprends l'affaire familiale dans quelques années. Je suis heureux que tu aies enfin dix-huit ans, comme ça je pourrais enfin te former.
Le roux se leva brutalement et tapa du poing sur la table.
-Non !
-Quoi ?!
-Non ! Je refuse de reprendre ton foutu magasin ! Je refuse d'être avec toi !
Le père ne savait plus quoi dire. Son propre fils se rebellait contre lui. Ah ! Elle avait fait un beau boulot son ex-femme en élevant ses enfants ! Elle les avait monté contre lui, les obligeant à lui manquer de respect !
Lui aussi se leva, lui, qui n'arrivait qu'à l'épaule de son grand garçon de fils.
Il plongea son regard d'argent dans celui de braise d'Adrien, et ils se toisèrent ainsi durant quelques instants. Jusqu'à ce que la mère dise d'un ton calme :
-Bon, on mange quoi ce soir ?
Sywen resta abasourdi devant le calme apparent de sa mère. Cette femme était décidément étonnante !
Adrien la regarda aussi, et dit dangereusement :
-Non mais tu es sérieuse ? Je te dis que je pars et tu ne penses qu'à faire de la bouffe ?
-Et bien vas-y pars !
Leur mère perdit son masque de miel et laissa place à un visage hargneux et déformait par la méchanceté.
-Tu refuses mon autorité ? Tu es malpoli avec ton père ? Et bien vas-t-en ! Personne ne te retient !
Sywen se leva à son tour, refusant d'en entendre davantage. Elle aimait son frère. Ses frères, même si Cornil avait le don de lui faire perdre son calme avec ses questions. Mais ses parents. Depuis qu'ils étaient séparés, ils étaient tous les deux devenus des monstres, ne pensant qu'à leur argent, et oubliant de regarder leurs enfants qui se perdaient dans des mondes virtuels pleins de pixels.
Elle s'effondra dans son lit. Son frère, la seule personne qui réussissait encore à la faire sourire avec ses plaisanteries salaces. Elle ne pouvait imaginer sa vie sans lui. Il était tout pour elle. Et Cornil. Elle allait devoir s'occuper de lui.
Des larmes commencèrent à jaillirent de ses yeux d'argent, si semblable à ceux de son père qu'elle n'aimait pas.
Tandis qu'elle se relevait pour aller chercher un paquet de mouchoirs qui trainait sur son bureau, la porte de sa chambre s'ouvrit timidement, pour laisser entrer son grand frère.
Il ne disait rien. Il ne la regardait même pas. Elle se moucha bruyamment, sans aucune retenue, et jeta le morceau de papier dans la corbeille.
« Aucun savoir-vivre. » aurait dit sa mère.
Lorsqu'ils entendirent le bruit de la feuille heurter le fond, Adrien attrapa le bras de sa toute petite sœur et l'attira vers lui. Machinalement, Sywen se blottit contre son torse. Elle entendait son cœur battre très vite, comme s'il était stressé.
La brune s'écarta, et ils s'assirent tous les deux sur le couvre-lit uniformément noir. Là, il s'allongea et elle s'installa au creux de son épaule, comme lorsqu'elle faisait des cauchemars et qu'elle le rejoignait la nuit. Parfois, il ne s'en apercevait que le matin, étant trop endormi la nuit pour sentir sa présence.
-Comment t'as su ?
-Sur quoi ?
-Pourquoi je m'en vais.
-Euh…
-Ah.
-Quoi ?
-J'ai compris.
-Ok.
-T'aurais pu m'en parler tu sais.
-Tu crois que t'aurais réagi comment si je te disais que j't'espionne ?
-Euh…
Ils réfléchirent tous les deux à la question et, même si ce n'était pas les mêmes images qui leur venaient à l'esprit, ils en rirent tous les deux de bon cœur.
-Tu pars quand ? demanda innocemment Sywen.
Elle connaissait déjà la réponse, mais elle voulait l'entendre de la bouche de son frère.
-Demain matin, si ce n'est ce soir.
-Tu m'écriras.
-Ouais, à toi et à Cornil.
-Quand ?
-Le plus souvent possible.
-Au moins une fois par jour.
-Tu te fous de moi ?
-Nan.
-Par mois alors.
-Nan. Par semaines ?
-Ouais.
-Ça me va.
Ils se turent, et écoutèrent le silence, uniquement troublait par les cris de leurs parents qu'ils n'aimaient pas.
-T'as bien réussi à les faire chier t'sais.
-Ouais.
Ils rirent jaune. Dès le moment où Adrien serait définitivement parti, ils savaient que leurs parents passeraient leurs nerfs sur les deux plus jeunes.
-Tu me trouves lâche ? demanda le roux a sa sœur.
Elle réfléchit tout de même un moment. Oui, elle le trouvait lâche de s'en aller et de les laisser elle est son frère seuls avec des fous. Mais en même temps, Adrien avait tout fait pour eux depuis toujours, il avait bien droit de vivre sa propre vie non ?
-Nan.
-Merci.
Il avait perçu son doute. Il s'en voulait. Mais il n'en pouvait plus de cette vie dans l'incertitude. Encore, seul au milieu de nulle part, il ne pourrait s'en prendre qu'à lui-même, mais là, dans cette maison, il en voulait à ses parents. Ces gens qui ne l'aimaient uniquement lorsqu'ils avaient besoins de lui.
Ils restèrent encore un moment comme ça, puis ce fut au tour de Clornil de venir se blottir contre ses ainés. Il ne disait rien, mais les deux grands savaient qu'il souffrait énormément. Il avait beau n'avoir que douze ans, il n'en savait pas moins de la situation familiale plus que déplorable.
-Adrien.
-Ouais moustique ?
-Maieuh !
Sywen rit. Au moins, son grand frère savait encore sourire. Pas comme elle, qui passait son temps à broyer du noir.
-Qu'est-ce qu'il y a ?
-Tu peux m'emmener avec toi ?
C'était vrai. Pourquoi n'y avait-elle pas pensé plus tôt ? Ce serait bien plus simple. Pour elle du moins. Elle, elle connaissait le secret de son frère, mais Cornil non.
« Bah, il finirait bien par comprendre après tout. »
Les deux plus jeunes lancèrent un regard suppliant à leur ainé. Ce dernier ne savait plus où se mettre.
-Euh…
-Non ! Tu ne peux pas nous laisser là ! Pas avec eux ! hurla Cornil les yeux subitement pleins de larmes.
« Au moins le moustique pense à moi. »
-Je…
« Ne nous laisse pas… » supplia intérieurement Sywen.
Pourtant, elle voyait bien à son regard fuyant qu'il refuserait.
Adrien se taisait. Il espérait que son silence serait suffisamment éloquent. Mais Cornil refusait de lâcher prise. Littéralement.
Il lui écrasait les doigts, il lui donnait des coups de pieds, l'arrosait d'injure toutes plus infantile les unes que les autres.
Et Adrien ne disait rien, il subissait. Il le méritait. Abandonner son frère et sa sœur, quelle lâcheté.
Soudain, il attrapa son frère par les épaules, le plaqua sur le lit et lui dit d'un ton dur :
-Non. Je ne peux pas vous emmener, ni toi, ni Sywen.
Le garçon pleurait définitivement. Et Sywen n'en était pas loin.
Profitant du fait qu'il était légèrement sonné, Adrien sortit de la pièce et alla préparer son sac de voyage.
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Sywen arrivait enfin à sa destination.
L'arène de son village. Un immense bâtiment au toit arrondi. Dans la nuit, il était impossible d'en deviner la couleur, mais Sywen savait que c'était le bleu et le violet les couleurs dominantes. Il y avait même un emblème en forme de Minidraco au dessus des grandes portes métalliques. Il n'y avait aucune fenêtre dans l'arène, et l'air était étouffé par la lave artificielle qui coulait entre les plateformes.
Et là, elle vit.
Au-delà de l'arène qui lui faisait face, elle vit l'immense lac qui séparait le village e l'Antre des Dragons. Elle n'y était encore jamais entrée. C'était interdit à toutes personnes ne faisant pas partie de l'Élite des dresseurs des dragons. La jeune fille savait que c'était le rêve de Peter et de sa cousine d'en faire partie.
Elle, elle s'en fichait. Cela ne l'intéressait pas plus que ça les Pokémons dragons.
Un pas.
Une petite silhouette noire dans la nuit.
Deux pas.
Une grande crinière noire attachée en une queue serrée à l'arrière de son crâne qui volait derrière elle.
Trois pas.
Un étincèlement sur la surface du lac.
Un pas.
Les pans de son long manteau de cuir qui volaient dans son dos.
Deux pas.
La tête éternellement baissée.
Trois pas.
Deux yeux argentés perdus dans le vide.
Quatre pas.
Voilà. Elle ne pouvait aller plus loin. Comme s'il se rebellait contre sa volonté, son corps refusait de faire un pas de plus dans cette direction et lui intimait de faire demi-tour.
« Non. »
Pour une fois dans sa vie, elle avait enfin pris une décision seule. Elle allait s'y tenir. Elle le devait. Sinon ce serait ne pas tenir ses promesses.
« Promesses faites à qui ? »
Tel un écho à ses réflexions, l'étincèlement à la surface de l'eau noire refit son apparition. Cela l'agaça. Ne pouvait-elle donc pas mourir en paix ?
Comment faire à présent ? Sauter dans l'eau ? Non, cela ferait trop de bruit. Se glisser dedans telle une naïade ? Non, elle n'en avait pas du tout l'air.
Et pourquoi ne ferait-elle demi-tour ? Se glisser dans ses draps, bien au sec, et se noyer dans le monde des rêves.
Non. Elle ne pouvait pas renoncer. Pas maintenant qu'elle était si proche de l'eau. Elle pouvait sentir l'humidité percer le cuire de ses bottes. C'était désagréable en plus. Elle avait beau aimer la pluie, elle détester aller à la piscine. Devoir se montrer aux autres, devoir montrer son corps qu'elle détestait. Devoir être proche d'eux. Devoir sentir leurs odeurs. Devoirs les regarder se moquer d'elle.
Non. Elle détestait aller à la piscine. Donc, elle ne savait pas nager.
Donc, il était logique qu'on la retrouve noyée non ?
Oui. Logique.
Non. Elle ne pouvait le faire. Si.
Non.
Si.
Non.
Si.
Non.
« Et merde. »
Elle posa un pied dans l'eau, puis l'autre. Le froid l'engourdissait. Le froid lui faisait mal. Pourtant, elle ne supportait pas la chaleur. Elle pensait que l'eau aurait été plus chaude. Mais non. Elle était glacée.
Encore quelque pas, et Sywen serait entourée d'eau jusqu'à la taille.
Elle ne pouvait aller plus loin. Le froid la paralysait trop. Elle sentait qu'elle allait s'endormir. Ce serait tellement meilleur de se laisser aller.
« Le lac est-il aussi profond qu'on le dit ? »
Elle n'aurait pas l'air bête si elle avait pied jusqu'à la rive menant à l'Antre du Dragon.
Soudain, elle sentit un léger frôlement au niveau du mollet. Ou alors c'était le froid de l'eau qui lui jouait des tours.
Non. Encore un frôlement. Plus insistant. Elle ne tremblait plus seulement de froid. Mais de peur aussi.
Elle ne bougeait plus. Tétanisait. Totalement paralysée. Incapable d'esquisser le moindre geste.
Un Pokémon qui l'attaquait !
« C'est fini. »
Le Pokémon mystérieux la poussait en arrière. Afin de ne pas perdre l'équilibre, elle marchait à reculons. En symbiose avec lui.
Elle ne pensait qu'à une chose :
« Il est en train de me faire perdre mon temps. »
Enfin, elle sentit qu'elle pouvait marcher plus librement, et était à peu près heureuse de sentir la terre ferme sous ses pieds. Elle s'accroupit, petite silhouette noire tremblante dans la nuit, et attendit le retour de son sauveur.
Mais rien ne vint.
Elle se releva et faillit faire demi-tour, s'il n'y avait pas eu ce clapotis au milieu du lac.
Sywen plissa les yeux.
Un Magicarpe ?
Ce serait un Magicarpe qui lui aurait sauvé la vie ?
Elle ne pouvait y croire. Elle était vraiment tombée bien bas pour avoir été secourue par le Pokémon le plus ridicule du monde.
Un Magicarpe. Un poisson rouge inutile.
Pas si inutile apparemment.
Il lui avait sauvé la vie. Pourquoi ?
Pourquoi ?
Pourquoi ?
Il avança vers elle.
Ses grands yeux globuleux brillaient dans la nuit.
Le poisson s'arrêta à quelques mètres de la rive, et il la fixait de son regard inexpressif.
Sywen ne savait pas quoi faire. Que lui voulait donc ce Magicarpe ? À manger ? Elle n'avait rien sur elle.
Elle s'accroupit de nouveau, et sans plus réfléchir, elle tendit la main vers son sauveur. Qu'espérait-elle donc ? Qu'il vienne lui renifler les doigts comme le ferait un Caninos ? Qu'il viendrait se frotter à elle tel un Rondoudou ?
Et pourtant…
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Voilà, mon chapitre deux. Donc, euh…bah…elle est pas morte ? Oui, ça, ça le fait.
Alors, pour commencer, merci à Blacky-Chwan pour la première review sur c'te fific, Pitioti et miho-chan.
Hum. Z'avez tous un point en commun. « Ce batârd de Peter ». Oui, je sais, il est pas tout rond tout rose ce mec. C'est fait exprès, comment rendre un perso gentil encore plus gentil, tu le fais passer pour un salopard de première ! C'est marketing XD. Promis, il va changer, mais, euh…comment dire, il va encore en faire des vertes et des pas mûres avant de devenir le monsieur très droit et bien comme il faut qu'on connait ^^
*pas taper*
Et c'est aussi pour justifier son intérêt futur pour Silver.
Apres, concernant cette fin moisie…
Je l'aime bien c'te gamine, même si je la case avec un poisson ridiculement stupide et inutile, mais bon. Chacun sa définition du verbe « aimer » après tout ! « Qui aime bien châtie bien » comme le dis si bien le proverbe dont je ne connais pas la source !
PS : celui qui trouve d'où viennent les titres des chapitres, et le personnage de manga dont est inspiré le physique de Sywen la gourdasse, euh bah…bravo à lui !
Donnez-moi votre avis ! Bon ou mauvais ! Je prends le tout !
R&R PLEASE !
