Nda : Alors on va dire que Sasuke n'est jamais parti chez Orochimaru. D'habitude je préfère respecter l'histoire et les perso à la lettre, mais le point de départ de cette fic fait que certaines choses vont obligatoirement changer. (Vous comprendrez plus tard si là vous êtes largué, pas d'inquiétude uu) Ambiance assez chelou, je préviens. Pour le rating... on va dire NC-12 pour le moment mais les sujets que j'aborde sont délicats je pense. Je tiens à mettre en avant le fait que je ne sais pas de quoi je parle, donc on va mettre de côté les incohérences... le prologue est peut-être un peu flou, comme tous ceux que je fais, il ne est pas génial mais comme j'ai déjà fini la première partie du chapitre suivant, je peux vous dire que c'est beaucoup mieux (lisez la suite alors lol.)

Dites moi ce que je dois changer S'IL VOUS PLAIT c'est important pour moi de connaitre les défauts de cette fic, j'en avais jamais fait que je pourrais qualifier de "Dark", de plus c'est assez flou dans ma tête pour la suite alors si le début cloche y aura pas de fin TT

disclamer : les perso ne sont pas à moi... merde alors, sinon ce serait pas un shonen, mais un shonen-AI xD

Résumé : SasuNaru.ItaSasu. L'histoire de deux êtres seuls et petits qui se rencontrent et décident de devenir grand à deux. Trop tard ?... ou trop tôt ? Ambiance un peu sombre.

Nda : Raaah c'était dur !! ToT en plus j'arrive plus à écrire avant minuit, c'est crevant :s pourquoi tant de haine ? Franchement je crois que ma muse est partie en congés payés cette garce… Sinon, concernant ce chapitre, il y a des choses du prologue qui vont être reprises avec plus de précisions, peut-être que ça va être un peu chiant, mais j'ai fais en sorte d'aborder les choses d'un angle un peu diffférent. (en parlant de ça, y a pas vraiment de POV là, mais si vous préférez, je peux les remettre dans le chapitre 3. D'ailleurs, maintenant qu'on y est, j'ai pas trop d'idées pour la suite, donc si ça vous inspire qu'il y ait effectivement une suite, n'hésitez pas à Reviewer pleeeeeeeazeeeeeeuh ! § tomochan désespérée § j'attends avec impatience vos commentaires, constructifs ou non. n.n

(tomochan intérieure : c'est malin, t'as pas l'air désespérée maintenant… tomochan : ksss kss (mauvaises ondes))

Et je suis désolée je traverse une crise de dédoublement de la personnalité, donc vous inquiétez pas si vous voyez tomochan intérieure : n.n, c'est normal XD (mais non, je suis pas encore folle… ça doit être les effets secondaires d'écrire une fic si chelou)

En parlant de ça, je me suis documentée sur la situation de Sasuke, et j'ai été trop choquée quand j'ai découvert que 15 à 30pourcents des abus sur les enfants se font par des mineurs OxO Vous vous rendez compte ?! O.o

Réponses aux Reviews !! n.n Mine de rien, j'en ai eu héhé

Ilkaria : Si tu ne trouves rien à redire c'est merveilleux lol. C'est le genre de fic qui se fait rare, tu trouves ? je ne sais pas trop… j'adore lire ce genre de truc, et je n'avais jamais essayé avant d'aborder un sujet comme ça, alors je me suis lancé là-dedans sans trop savoir où ça me mènerait. (Espérons pas une deathfic comme l'idée m'a traversée l'esprit XD tomochan intérieure : sadique, tu serais capable de le faire pour te venger de pas avoir assez de reviews XD tomochan : mais noooonn XD) C'est vrai que le prologue aurait pu suffire, d'un autre côté si j'avais décidé de faire un oneshot, j'aurais été plus précise, je trouve que c'est un peu flou pour en faire un unique chapitre. Pour celui-là, y a des choses qui vont se répétés par rapport au chapitre 1, comme je l'ai dit plus-haut, mais j'espère que ça ne te dérangera pas plus que ça. Pour les notes que j'aurais dû laisser sur ce chapitre, ça aurait été dur, je n'avais aucune idée de ce qu'il contiendrait XD. Sinon, je te remercie pour ta review (j'avoue que parfois je désespère de ne pas en avoir beacoup… snif) J'ai été franchement très étonnée quand on m'a dit qu'il n'y avait pas de fautes OxO (tomochan : mais, non c'est pas possible, je dois avoir de la fièvre…) finalement quand je me suis relue pour vérifier, j'en ai trouvé, c'était pourtant un bel espoir u.u. lool. Bon je te laisse à la lecture du chapitre ! Donne moi ton avis :p

Jojo : euh, c'est ironique ? lol Ou tu veux dire que la fic est prometteuse ? (tomochan intérieure : pitié que ce soit ça XD) lool ben voilà l suite, la fin je me suis un peu relâchée (c'est pas ma faute c'est cette muse qui fait mal son boulot XD) mais j'espère que ça va pas te gâcher la lecture n.n.

Shany : Je sais qu'elle est étrange, et c'était le but premier, j'adore ce genre d'ambiance n.n si tu lis la suite, dis-moi ce que tu en penses. :p

o-Yuki-sama-o : Tu as de la chance, y a une suite lool. Merci pour ta review hihi J'étais plus trop sûre de moi pour le POV de Sasuke, je commençais à être en panne, mais j'ai finalement pas trop mal géré la chose n.n. Mais je n'aurais pas pu finir comme ça si j'avais voulu faire un oneshot. C'est un peu bâclé si on le voit comme tel, tu ne trouves pas ? (tomochan intérieure : pas perfectionniste du tout….) J'aurais été plus précise pour certaines choses, alors qu'avec le prologue, je voulais éveiller la curiosité des lecteurs, si on veut. Il faut dire que ce qui se passe dans la fic est assez hors du commun pour la plupart des gens et ça donne peut-être envie d'en savoir plus. Si tu as des idées pour la suite, n'hésite pas, je crois que j'ai épuisé tous mes jetons d'inspiration dans ce chapitre T.T

Flore Risa : Ben tu vas pouvoir juger maintenant :p donne moi ton avis, je suis impatiente de savoir ce que je vaux pour cette fic (je suis pas trop satisfaite en fait… tomochan intérieure : tu l'es que quand on te mousse alors… tomochan : urusei !) quoi qu'il en soit

Bonne lecture !!!!!!

§oOo§

NARUTO

Sasuke x Naruto

§oOo§

Chapitre 2

Fin d'Innocence

§oOo§

Naruto : Aah !

Un soir de plus…

Naruto : Sa… Sasuke !

Une nuit peut-être…

Sasuke : Nn…

Tout dépendait du poids de leur souffrance. Du temps que les larmes prendraient pour s'arrêter.

Sasuke : Tu ne détestes pas ça ?

Naruto ravala un autre sanglot. Pendant cet effort, ils se laissaient toujours aller en pleurant. Mais à force, ils ne s'en rendaient même plus compte et n'en faisaient aucun commentaire.

Naruto : N.. Non… je ne… Ah ! Déteste pas…

Il n'aimait pas non plu, mais il ne détestait en rien ce rituel. Depuis deux ans, il avait eu le temps d'apprécier la douleur qui s'emparait de lui avant la libération tant attendue, ce moment où il se sentait léger, léger comme un oiseau…

Ce moment où, avec Sasuke, ils n'étaient plus seuls et petits.

Ils avaient quatorze ans.

Naruto : Nn ! Sasuke !

Sasuke : Je ne te ferais pas mal… N'aie pas peur…

Naruto acquiesça. Il savait qu'il ne lui ferait pas mal. Même si ses mouvements étaient brusques et violents par moments, Sasuke faisait toujours attention. Il n'avait jamais eu peur. Sa voix lui semblait si douce quand il le rassurait. Aussi douce que le vent un soir d'été. Sasuke était un peu comme le vent. Il pouvait être doux dans ses paroles et agressif dans ses gestes. Il était insaisissable, et quand on pensait pouvoir l'étreindre, on se rendait vite compte que c'était un rêve stupide.

Il aurait tellement voulu être un oiseau…

Naruto : Sasuke… Aaassez… Hm !

Pour que le vent puisse toujours l'emporter loin du monde.

Sasuke : Non… Encore un peu…

A jamais.

Tout avait commencé un jour comme les autres. Ils avaient douze ans à l'époque.

Un jour comme les autres.

Il était temps pour le ciel de revêtir son long manteau parsemé d'étoiles.

Habituellement Sasuke serait sur sa terrasse à cette heure là…

Alors que les lueurs rougeoyantes laissaient place à la pénombre de la nuit, le ciel perdant de sa chaleur pour prendre une froide couleur bleutée, le vent s'était élevé en une légère petite brise qui caressait même la plus petite pousse d'herbe sur les longues étendues de verdures.

Naruto aurait déjà investi son restaurant préféré pour se remettre de son entraînement ou de sa mission à peine de rang C…

Son souffle venait se répandre entre chaque petit brin d'herbe et les élevait avec douceur pour former comme une oscillation sur la surface d'une eau calme, répandant une onde sereine sur cette étendue plate.

Si ce jour avait réellement été comme les autres journées.

Aujourd'hui le rouge du ciel devenait l'écarlate du sang et les caresses de la légère brise ne donnait pas la même impression de pureté.

Ce jour était la première pierre pour bâtir le pont qui les mènerait vers la fin de leur innocence.

Sasuke ne s'était pas rendu à l'entraînement cette après-midi. Sakura s'inquiétait mais n'avait pas le temps d'aller lui rendre visite à cause de son travail à l'hôpital. Elle avait alors demandé à Naruto de prendre de ses nouvelles pour elle. Il avait rechigné, comme d'habitude, il n'avait aucune envie de perdre son temps par la faute de cet idiot… Mais il devait avouer que son absence titillait sa curiosité.

Alors, au lieu de se rendre à Ichikaru comme tous les soirs depuis des années, il se laissait errer dans les rues, dans l'indécision d'aller voir ou non son équipier.

Il n'avait pas vraiment la tête à ça. Ce qui l'en empêchait ce n'était pas le simple fait d'y aller, mais ce qui se passerait une fois là-bas. Il n'avait aucune envie de se disputer avec lui. Ce soir, il ne se sentait pas d'humeur à faire semblant.

Il se montrait toujours joyeux, impulsif, imprévisible et irréfléchi. Mais la réalité était loin. Il se sentait stupide et inutile et le seul moyen de se détourner de cette vérité était de la fuir en s'empêchant de penser. S'il ne pensait pas, il était obliger de faire la première chose qui lui venait à l'esprit, la première réaction stupide, ce qui le rendait imprévisible.

Mais ce soir il voulait à nouveau, pour la énième fois de sa vie, essayer de réfléchir sans avoir mal.

Toute sa courte vie, pendant douze ans, il avait supporté les regards de haine et de dégoût des autres. Il avait appris à ne pas répondre aux insultes et aux coups. Il se sentait responsable à cause des autres qui lui en voulaient, mais il n'avait compris que cette année la raison de tant de souffrances. Il était Kyuubi. Enfin, il avait Kyuubi, le démon renard à neuf queues, prisonnier dans son corps. Il avait toujours ressenti cette présence en lui. Mais loin de le rassurer, de lui donner l'impression d'être moins seul, il s'en sentait oppresser, écraser par cet intrus qui se nourrissait de ses peurs et de ses souffrances.

Il en était venu à se détester lui-même.

Aujourd'hui, les larmes ne l'aidaient même plu à se soulager, alors il avait arrêté de pleurer. Ce n'était pas la peine de perdre son temps à ça. Il avait d'autres choses plus importantes à faire. Comme essayer de se supporter. Toute cette haine et ce dégoût qu'il avait assimilé tout le long de son existence, il avait fini par se les appropriés et à les ressentir envers sa propre personne, immonde, inutile, sale et trop stupide pour vivre.

Mais il n'était qu'un enfant innocent et laver de tous péchés.

Avant même qu'il ait poussé son premier cri, son destin était d'ors et déjà voué à une existence douloureuse et vaine. Il en voulait à ce démon, source de son malheur, mais encore plus à lui-même pour être l'hôte d'une créature aussi immonde. Il se sentait comme contaminé par un parasite qu'il ne pourrait jamais chassé de son enveloppe.

Il se sentait si seul. Il se sentait si détestable et stupide, beaucoup trop pour avoir l'audace de demander au monde de l'accepter. Il criait sur les toits qu'il leur montrerait à tous, sa véritable valeur, qu'il méritait lui aussi de vivre, qu'il y avait un but à son existence désignée vaine d'office. Mais il se mentait à lui-même pour ne pas sombrer dans la folie, face à cette vérité : nous venons tous au monde vainement. C'est plus tard que nous trouvons le but factice de notre création. Pathétique. Mais il s'était dit que faire comme les autres l'aiderait peut-être. Alors il l'avait décidé : il serait l'Hokage le plus respecté de tous. Un rêve impossible pour un être comme lui. Mais il voulait y croire dur comme fer. Il voulait absolument être un tant soit peu allégé du poids de sa propre existence, du poids d'un univers abject qui refusait d'assumer sa créature.

Il était seul face au reste du monde… tellement seul…

Depuis sa naissance il l'avait toujours été. Il avait toujours été rejeté. Il pensait que c'était la chose la plus horrible qui pouvait exister, le sentiment le plus dur à supporter. Mais il s'était trompé…

Quand il l'avait rencontré il n'avait ressenti qu'un vide. Pour la première fois de sa vie, quelqu'un se moquait complètement qu'il existe ou non, quelqu'un ne souhaitait pas sa mort, sans pour autant lui montrer un quelconque intérêt. Il croyait qu'être détesté par l'univers était difficile. Mais se faire ainsi ignorer, l'anéantissait. C'était comme si cette personne ne le voyait pas… comme si il n'existait pas…

UCHIWA Sasuke était le coup de grâce.

Alors il s'était mis en tête d'exister à ses yeux. Il se foutait de savoir de quelle manière, mais UCHIWA Sasuke devait reconnaître son existence, c'était vital.

C'était son seul et véritable unique but.

Après plusieurs essais en approche douce, il n'avait obtenu que ce vide grandissant en lui à chaque fois que ce garçon posait les yeux sur lui. Il n'avait eu droit qu'à un regard qui semblait le traverser. Il était invisible pour ce mec. Dans ce cas, il avait choisi d'être haï par lui aussi au lieu d'être un fantôme à ses yeux. C'était tellement plus facile d'être détesté que d'être aimé…

Aimé… il ne savait pas ce que ça faisait, et ne le saurait sans doute jamais…

Ce fut d'autant plus facile quand les équipes s'étaient formées. Il était avec lui et Sakura, une fille qu'il avait décidé d'aimer, pour savoir ce que ça faisait de ressentir quelque chose que l'on dit tellement merveilleux, mais qui ne lui faisait rien, sans doute parce qu'il s'y prenait mal, pensait-il.

A partir de ce jour, ils étaient devenus rivaux et cette fois, Naruto était obligé d'exister pour lui, puisqu'il faisait parti de son équipe. Plus le temps passait, plus Sasuke le haïssait. Et le plus étrange, c'est que ça lui faisait un bien fou.

Il pensait que ce petit bonheur serait le seul qu'il aurait le droit de connaître de toute sa vie… Mais il s'était une fois de plus trompé.

Ils avaient eu une mission. A priori de rang C ou D, mais elle s'était avérée de rang A. L'équipe devait escorter un homme jusqu'à son village mais ça avait fini par être beaucoup plus important que ça, avec ce combat entre leur équipe et un mercenaire, Zabuza.

Quoi qu'il en soit, Sasuke et lui s'étaient pris au jeu du plus fort pendant un entraînement là-bas. Ils se défiaient, ils se battaient, et cette querelle devenait de plus en plus un jeu très amusant. Naruto ne s'était jamais autant amusé.

Et puis il y a eu cette bataille avec un dénommé Haku. Ils étaient tous deux bloqués dans une prison de glace, une technique très puissante de leur ennemi. Alors qu'il allait être gravement touché, Sasuke s'était interposé… Il avait tout pris à sa place… pour la suite, il ne se rappelait pas exactement de tout ce qu'il s'était passé… Mais il n'avait jamais eu aussi mal…

Aussi mal que quand il avait cru UCHIWA Sasuke mort.

Sans s'en apercevoir vraiment, ils étaient devenus ce qu'on appelle « amis »…

Son premier véritable ami.

Dans la souffrance qu'il ressentait constamment, il se sentait un peu plus léger. Même infime, le poids dont l'Uchiwa l'avait déchargé faisait qu'il se sentait moins seul…

Mais entre eux, il y avait tant de contradictions. Ils étaient amis mais se détestaient, ils s'insultaient et tentaient de surpasser l'autre mais ils ne voyaient tout ça que comme un jeu.

Mais où s'arrêtait le jeu ? Où commençait leur amitié ? Il ne le savait pas.

Mais peut-être que l'amitié n'était qu'un jeu ?

A la fin de sa réflexion, Naruto s'aperçut qu'il n'avait pas eu aussi mal que d'habitude. Encore une fois Sasuke lui avait fait du bien, même sans le vouloir. Naruto était devant le domaine des Uchiwa. Il y pénétra, l'esprit dans le vague, ayant décidé d'arrêter de réfléchir le temps de cette entrevue approchante.

C'était la première fois qu'il venait ici. A chaque pas il se sentait un peu mieux. S'il avait su l'impression que ça pouvait lui apporter, il serait venu tous les jours, trouvant chaque fois un prétexte bidon. Il ne saurait décrire ce qu'il ressentait au fur et à mesure qu'il se rapprochait de Sasuke. Enfin, de CHEZ Sasuke.

La brise du soir qui, à cette heure-ci d'habitude, élevait l'odeur de ses ramens préférées dans la rue, caressait ce soir son visage et ses cheveux blonds avec douceur, l'enveloppait tout entier, glissait sur lui comme de l'eau sur un caillou. Ça lui donnait l'agréable sensation de flotter. Sans s'en rendre compte, il leva les bras pour accentuer cette impression de légèreté. Il aurait voulu ressentir ça pour toujours. Ses pieds cessèrent d'avancer et il ferma les yeux en pencha la tête en arrière pour s'abandonner à ces sensations de flottement. Il prit une immense bouffée d'air frais. Il s'enivra de ce parfum de nature, de feuilles, de fleurs, de bois, d'herbe, mélangés à celle de la poussière, celle de la nuit et celle caractéristique de l'absence et de l'abandon, une odeur fraîche de murs et de planches humides, celle du temps qui s'acharne sur les habitations. Et puis une autre odeur se mêla au parfum spécifique à cet endroit. Une odeur délicieuse qu'il connaissait bien et qui l'apaisait de plus en plus, à mesure que le temps s'écoulait.

Il était là.

Sasuke : Je peux savoir ce que tu essayes de faire… Usuratonkachi ?

Sa voix se mariait parfaitement avec les senteurs que le temps développait en ces lieux. Elle était si froide et pourtant de la même douceur que la brise qui le noyait en une oscillation.

Naruto se décida à ouvrir les yeux. Ses bras retombèrent mollement le long de ses flancs. Sasuke se tenait à quelques mètres, dans son entrée, comme si lui aussi l'avait senti. Aucune lumière ne brillait dans les alentours, seule les rayons de lune, plus tendres que ceux du soleil éclairaient les lieux. Le visage de l'Uchiwa restait plongé dans la pénombre.

Et le dernier pas que Naruto faisait vers lui le menait vers une plus grande légèreté.

Son innocence s'était déjà effritée.

§oOo§

Il faisait pratiquement nuit et quelques étoiles apparaissaient, enfin libérer de la lumière du soleil. Cet astre immense effaçait la timide lueur de ces petits diamants avec son effroyable lumière arrogante. Elles étaient, comme Sasuke, trop petites pour être vu des autres quand le jour venait. Elles ne partaient pas, ne bougeaient nullement, elles étaient toujours là, mais tout simplement invisibles parce que la lumière d'un autre masquait la leur…

Il ne l'avouerait jamais mais… Il se sentait ainsi fasse à Naruto… qui était un soleil éblouissant.

Il était d'une pureté semblable à celle d'un nouveau né.

Il avait quelque chose qui le rendait fragile, prêt à se briser au moindre mouvement brusque. Chaque jour on pouvait voir dans ses yeux à quel point il souffrait. Non, en fait il était le seul à le voir, parce que lui aussi souffrait. Tous les deux s'évertuaient à faire comme si tout allait bien, comme si le monde était beau.

La vérité c'est que le monde était trop noir et sale pour leurs deux âmes innocentes.

Sasuke avait compris ça il y a bien longtemps. A l'époque il appelait encore Itachi, Grand frère. Mais les temps changent, et Itachi l'avait abandonné.

Il leva la tête pour observer une énième fois le ciel. La lune, si belle, tellement plus discrète et douce que le soleil. Elle semblait sereine, souriant à ces milliers de filles, milliers de petits fragments de diamants dans une étendue de ténèbres terrorisantes. Ces milliers d'étoiles formaient avec leur mère, la nuit silencieuse et tellement moins agressive que le jour.

Il s'imaginait être l'un de ces points lumineux sur l'horizon, il rêvait de pouvoir faire parti de toutes ces petites choses qui finissent par créer à la fin quelque chose de merveilleux.

En observant la beauté de la nuit, il se remémora son passé, comme tous les soirs depuis qu'il s'était remis du départ de son frère. Remis, était-ce le bon mot ? Pouvait-on réellement se remettre du départ de la personne la plus importante à vos yeux, celle qui vous faisait vivre ?

Pouvait-on se remettre d'une vérité aussi terrifiante qu'était celle que si on était en vie, c'était parce qu'on ne méritait même pas de mourir ?

La personne qui l'avait fait vivre avait tué toute sa famille, pour pouvoir enfin se libérer du poids qu'elle avait sur ses épaules étonnamment fragiles.

Parce qu'il ne lui suffisait plus pour se décharger de ce poids…

Et face aux dépouilles de ses parents, il ne lui en avait pas voulu tout de suite, il n'avait pas compris tout de suite.

Peut-être était-il encore trop jeune pour comprendre quoi que ce soit, à cette époque.

Mais il avait vite aiguisé ses capacités à comprendre certaines choses, après avoir été laissé pour mort au milieu de centaines de cadavres, au milieu d'une étendue écarlate et visqueuse qui donnait la nausée.

Itachi l'avait abandonné, lui la chose la plus petite et fragile au monde, dans un endroit trop grand pour avoir une quelconque envie de prendre soin de lui. Itachi s'était servi de lui et quand il n'avait pas réussi à l'aider, il avait explosé et sombré dans une folie contrôlée au point que Sasuke lui-même en voyant ce spectacle aurait pu être lui aussi anéanti par cette même folie.

Sasuke se laissait bercer par la légère brise qui soulevait sa chevelure ébène. Il gardait le regard fixe, les yeux dans le vide, levés vers le ciel assombris depuis quelques minutes déjà.

La nuit où son grand frère lui avait demandé son aide pour la première fois, le ciel était d'une même beauté et le vent soufflait avec tout autant de douceur. Il s'était couché tard ce soir-là. Ses parents avaient été invités à dîner par des amis et Itachi devait le surveiller. Mais Itachi n'était pas rentrer. Alors Sasuke, s'était lassé de l'attendre. C'était avec une déception démesurée qu'il était parti se coucher. A peine avait-il été dans son lit que la porte de sa chambre s'était ouverte. Itachi avait un visage décomposé. Il s'était assis sur le lit près de Sasuke, en s'excusant d'être en retard. Le cadet avait bien vu que ça n'allait pas. Il avait tendu ses petits bras vers la seule personne qui faisait attention à lui. Il avait serré son grand frère contre son petit corps de huit ans.

« Je veux te sauver grand frère, je veux que tu me souris »

Ce soir-là, l'innocence qui brillait dans ses grands yeux d'enfant fut ébréchée par le mal du monde.

Le petit Sasuke de huit ans, le petit être qui avait souffert toute sa vie du manque d'affection, en avait terriblement besoin, au point qu'il accueillerait n'importe qui susceptible de lui en offrir, peu importe la forme qu'elle pouvait prendre.

Tout le monde ne voyait en lui que la copie de son frère. Ils ne faisaient tous attention qu'à lui, il était l'avenir du clan, il était sa fierté, il était son piler. Mais Sasuke n'était qu'un plan B, qu'une solution de secours. Il était seul, faible et tellement petit…

Le petit enfant, si jeune, immaculé qui pleurait déjà son mal de vivre.

« Je veux te sauver »

Itachi lui avait demandé pourquoi et Sasuke avait dû réfléchir avant de lui donner une réponse.

« Je ne veux plus être seul… »

Sasuke ne voulait plus être ainsi écrasé par la solitude, il ne voulait plus se sentir inutile, il l'avait déjà trop été depuis sa naissance. Il aurait aussi bien pu se laisser devenir la solution de secours, abandonner son frère dans sa détresse, mais Itachi était la seule personne qui lui montrait qu'il existait, qu'il avait toujours été là. Quand il allait mal et se réfugiait dans le jardin, c'est son grand frère qui s'asseyait à côté de lui, restant silencieux, le regardant à peine, mais malgré ça, il le voyait et le lui montrait. Il le voyait parmi tous les autres, qui se bousculaient pour être avec lui. Il voyait Sasuke et le simple fait qu'il ait été là, assis près de lui, faisait qu'il s'était senti moins seul…

Sasuke se rappela ainsi la fois où il s'était caché dans le jardin, les doutes le tiraillant, voulant se prouver à lui-même que c'était faux, qu'il existait et qu'on l'aimait. Il avait attendu toute une journée que quelqu'un l'appelle, qu'une personne le retrouve avec des yeux remplis d'inquiétude. Mais malgré cette attente qui avait duré jusqu'au petit matin, il était resté seul, sous la pluie. Tout le monde se moquait de lui, personne ne s'inquièterait jamais… et puis Itachi était apparu. Il l'avait entouré d'une couverture et avait soigné sa fièvre sans dire un seul mot. Il était comme ça, il ne parlait presque jamais, mais ses attentions envers Sasuke faisaient toujours mouche. Et ce dernier se sentait tellement mieux en sa présence.

Il aurait fait n'importe quoi pour lui être également indispensable.

« Tu veux m'aider ?

Oui ! »

Et il s'était ainsi laisser faire.

Il aurait tout donné pour Itachi, et c'était ce qu'il avait fait. Son grand frère avait caressé sa joue et lui avait souri, d'un vrai et magnifique sourire, le seul qu'il fit de toute sa triste existence. Sasuke n'avait rien dit, peut-être qu'il n'avait pas conscience de ce qu'il se passait. Peut-être qu'il n'avait pas voulu y réfléchir, en fait… Parce que ça l'aidait lui aussi.

Itachi ressentait tant de peine, tant de souffrances, il était aussi seul que lui, alors qu'il était toujours entouré, toujours admiré. Il n'était que le reflet de l'enfant qu'était Sasuke, tellement petit… tout petit…

« G… Grand frère ! »

Alors qu'il avait serrer fort dans ses petits poings, les draps nacrés de son lit, il s'était abandonner complètement à ce sentiment de grandeur, de bien-être qui se répandait en lui, il avait pleuré tellement il était heureux de se sentir si libre, tellement grand, et pour la première fois de sa vie, aimé.

Une larme s'écoulait sur le visage blanc et impassible du Sasuke de douze ans, assis sur sa terrasse, la tête appuyée contre une poutre, il observait de manière absente les astres de la nuit. Il avait revêtu un yukata noir dont la manche glissait légèrement sur son épaule bientôt nue. A la lueur de la lune, on croirait presque à un mort tellement sa peau était pâle.

Il avait repensé à Itachi toute la journée, et ça en devenait excédant. Cette nuit, il avait voulu de ce contact. Ce rituel lui avait beaucoup trop manqué… Il se sentait tellement mal et il ne pouvait plus se débarrasser de ce mal-être qui commençait peu à peu à l'écraser. Il avait l'impression que sa tristesse se répandait en lui comme le sang dans une rivière…

Il voudrait en finir tout de suite. Il aimerait se vider de ses souffrances comme un corps se viderait de son sang…

Mais il était trop lâche pour ça… il était tellement pathétique, il comprenait pourquoi son frère n'avait pas voulu mettre fin à ses jours. Il savait d'ailleurs que le concernant ça n'avait rien avoir avec la lâcheté, ce n'était sûrement pas parce qu'il lui avait enlevé un peu du poids qu'il portait…

En réalité, il n'arrivait pas comprendre pourquoi le meurtrier de sa famille, celui qui les avait tous massacrer, ne l'avait pas tué.

Il ne le comprendrait peut-être jamais

Il ne s'était pas rendu au terrain d'entraînement aujourd'hui. Il ne se sentait pas assez en forme pour faire semblant, une journée de plus. Il n'avait même pas envie d'insulter ou de frapper Naruto…

Il n'avait envie de rien. Juste rester là, immobile et bercer par le souffle du vent, dans ses cheveux et sur son visage. Il se laissait peu à peu sombrer dans le sommeil, sans pour autant s'endormir complètement.

Il aurait voulu se décharger du dégoût qu'il ressentait pour sa lâcheté, pour son égoïsme, son inutilité… Si Itachi était venu le tuer à cet instant, il l'aurait sans doute laissé faire…

Un bruit le sortit de son semi coma. Il ouvrit un œil, sur ses gardes, sa main se referma sur un kunaï caché dans son yukata. Il se leva et se dirigea à pas de loup dans son entrée.

Une silhouette enfantine se dressait non loin dans la rue déserte plongée dans la pénombre. Les bras levés comme des ailes, comme si l'enfant voulait s'envoler rejoindre le paradis, parce que le monde était trop cruel pour lui…

Il paraissait si délicat et chaste qu'on croirait voir un angelot égaré sur ce sol maudit.

Une aura pure s'échappait de ce petit corps, donnait l'impression qu'une faible lumière s'en dégageait. Un instant, Sasuke cru à un mirage. Il lâcha son kunaï et essuya lentement ses yeux. L'enfant ne bougeait pas, on aurait dit qu'il s'était endormi. Il semblait si paisible.

Puis un nuage fut balayé par le vent et il laissa la lune éclairer pleinement la terre. L'Uchiwa ouvrit grand les yeux à la vision qui s'offrait à lui. Cet être angélique n'était autre que Naruto. Un sourire serein apparut sur le visage enfantin de ce dernier.

Que faisait-il ici ? Pourquoi était-il là, MAINTENANT ?

Sasuke : Je peux savoir ce que tu essayes de faire, Usuratonkachi ?

Le garçon sortit de sa torpeur et ses bras retombèrent. Il regardait dans sa direction, son regard était anormalement clair. Tandis que Sasuke restait dans l'obscurité qui cachait les poches sous ses yeux, lui avançait lentement vers lui.

Il cracha la réplique comme du venin.

Sasuke : Ne t'approche pas.

Naruto s'immobilisa. Sasuke ne l'avait jamais si peu entendu. Il restait muet et son visage ne trahissait plus aucune émotion. Toute trace de sérénité s'était effacée de son visage. Il lui semblait plus grand… Même plus grand que lui…

Insupportable…

Naruto : Sakura-chan se faisait du souci pour toi. Alors je suis venu te voir.

Sa voix était plus douce que d'habitude, Sasuke ne fut pas certain d'entendre Naruto. Il répondit avec son indifférence habituelle.

Sasuke : Tu peux lui dire ce que tu veux, ça ne me regarde pas. Maintenant casse-toi, t'es sur une propriété privée.

Naruto le fixait intensément. Il n'était pas comme d'habitude. Il lui semblait plus grand, mais ses yeux renfermaient une âme prête à se briser n'importe quand.

Naruto : … J'ai pas envie…

Il avait murmuré mais Sasuke l'avait entendu et il fronça les sourcils face à cet affront.

Sasuke : Rentre chez toi, dobe.

Mais il ne l'écoutait pas, il commença à avancer vers lui et monta à sa hauteur. Sasuke ne bougea pas d'un cil. Il soutenait le regard étrange du petit blondinet en face de lui.

Naruto : Pourquoi t'es pas venu aujourd'hui ?

Il revit son rêve, son frère penché sur lui, lui murmurant un merci parmi tant de mots gentils… Puis les corps déchiquetés des membres de sa famille.

Sasuke : … Ca ne te regarde pas…

Il le regardait droit dans les yeux. Il ne bougeait plus et restait planter devait lui. Sasuke en eut assez, il ne pouvait pas éternellement faire semblant de la sorte. Il baissa la tête et fit volte face vers l'intérieur de la maison. Naruto ne cacha pas sa surprise face à ce forfait. Il marqua une pause avant de le suivre.

Sasuke : Sors d'ici ou tu ne vas pas vivre très longtemps…

Il se dirigea vers sa chambre, sans se presser et sans aucune lumière pour guider sa marche. Il avait pris l'habitude de marcher dans le noir dans cette maison. Ne voir que la sienne éclairée parmi toutes les autres du domaine, le mettait mal à l'aise et l'obligeait trop souvent à regarder la vérité en face. Il n'avait pas besoin de ça.

Mais Naruto ne vivait que dans la lumière. Il était un soleil après tout. Alors il trébucha dans une exclamation de surprise en constatant sa soudaine apesanteur. Sasuke réagit rapidement. Il se retourna et agrippa le poignet de Naruto pour le tirer vers lui. Il faillit basculer en arrière à son tour, mais se retînt à lui. Sans qu'ils n'aient le temps de comprendre ce qu'il se passait, Naruto se tenait fermement à Sasuke qui s'était accroché à lui pour ne pas tomber. Un silence étrange s'installa entre les deux garçons et ils n'osaient bouger.

Ils refusaient de bouger parce que pour la première fois depuis longtemps, ils se sentaient vivre.

Mais en même temps, cette soudaine proximité fragilisait davantage Sasuke. Il aurait pu craquer, il était sur le point de se laisser happer par la souffrance…

Alors il poussa Naruto qui tomba à terre, comme cela aurait dû se passer initialement. Il espérait que cette étreinte allait devenir comme un songe lointain, de ceux qu'on ne distingue pas des souvenirs réels.

Il lui tourna le dos et continua sa marche. Naruto le regardait s'éloigner, toujours au sol et silencieux.

Quand Sasuke fut à la porte de sa chambre, il regarda un instant en arrière et ne vit pas son ami. Il s'assit au pied de son lit, en face de la fenêtre. Un nouveau silence régnait entre ces quatre murs froids. Il se sentait plus seul que d'habitude...

Il avait connu, une minute plus tôt, la chaleur de Naruto. Il s'était senti plus léger qu'à l'ordinaire, plus grand…

Il avait senti un autre souffle que le sien…

Il n'en pu plus. Ça lui manquait trop, la solitude pesait de tout son poids sur ses frêles épaules. Il n'avait jamais eu aussi froid. Des larmes muettes coulèrent à flot sur son visage impassible.

Il ne supporterait plus de respirer une minute de plus…

Alors il trouva le courage.

Dans une hystérie étrangère à son corps, tellement en désaccord avec ses gestes habituellement calculés, il se leva et se jeta sur le cadre qui reposait tranquillement sur son bureau. Il le projeta violemment contre le mur et le verre se brisa, des résidus recouvrirent une bonne partie du sol. Sans y prêter attention, il marcha gauchement jusqu'au cadre et s'empara sans ménagement d'un gros morceau transparent, qui devint rapidement écarlate.

Il avait mal, mais la douleur était masquée par la souffrance psychique beaucoup plus forte. Il allait en finir. Il prit une grande inspiration et frappa…

Un cri. Une goutte de sang vint s'écraser sur le visage du Sasuke de la photo que le cadre protégeait jusqu'ici.

A présent plus rien ne le protégeait, et ce qui restait de pureté sur ce visage fut recouvert par le sang.

Naruto : Putain, mais qu'est ce que tu fous ?!

Naruto avait arrêté le coup de Sasuke, mais en se faisant, il avait dû intercepter le morceau de verre avec une main. Le sang jaillissait de ses doigts et se mélangeait à celui appartenant aux mains tremblantes de son ami.

Sasuke le scruta avec surprise. Il pensait qu'il était déjà parti. Il resta sans réactions durant plusieurs secondes avant de lancer un regard rempli de reproches à Naruto.

Sasuke : Lâche-moi.

Sa voix était encore plus glaciale que d'habitude. Naruto resserra sa prise, quitte à enfoncer davantage le verre dans ses blessures. Sasuke grogna mais ne fit aucun mouvement.

Il n'avait même plus la force de se battre contre lui

Il croisa le regard océan du blond, il reflétait l'incompréhension, la colère et… pas de la pitié mais de la panique.

Alors il se décrispa et lâcha prise. Il s'écroula sur le sol, mouillé par le sang, et fixa ses mains tremblantes et écorchées qui suintaient. Son visage restait d'une inexpressivité à faire peur. Naruto laissa s'échapper le bout de verre qui s'écrasa sur le sol. Il se mit à la hauteur de son ami et prit ses poignets, sans se soucier de sa propre douleur. Sasuke leva les yeux vers lui, comme si il venait de s'apercevoir de sa présence. Le jeune garçon lui sourit gentiment.

Naruto : Viens, je vais te soigner.

Sasuke ne résista pas quand le petit blond le tira pour qu'il se lève. Naruto le fit s'asseoir sur le lit et fonça hors de la chambre pour revenir quelques minutes plus tard avec une trousse pour les premiers soins. Il commença à laver ses blessures de sa main intacte. Une fois fait, il désinfecta les plaies.

Sasuke : Itai !

Naruto sourit pour lui-même en constatant que Sasuke était encore là et non parti loin comme il lui en avait donné l'impression après s'être écroulé sur le sol.

Naruto : Gomen.

Il pansa maladroitement ses mains et Sasuke le fixa en silence.

Naruto : Quoi ?

Sasuke : Donne ta main, dobe.

Naruto grogna au surnom mais tendit sa main blessée sans rien dire. Sasuke procéda au même rituel pour le soigner. Le moment le plus dur arriva.

Sasuke : Ca va faire mal.

Il appliqua le coton imbibé d'alcool sur les écorchures et Naruto hurla.

Naruto : CA FAIT VRAIMENT MAL, BON SANG !

Sasuke : Urusei, Usuratonkachi…

La voix de Sasuke était à peine audible et ses paroles manquaient de convictions depuis tout à l'heure. Naruto ne dit plus rien. Il était secrètement perturbé par ce qu'il s'était passé.

Quand Sasuke eut terminé, il se plaça à nouveau au pied du lit et dirigea son regard sur la lune bleue qui éclairait la pièce. Naruto l'imita, mais son regard se portait davantage vers son ami que sur le ciel.

Naruto : … Pourquoi tu as fait ça ?

Sasuke : …

Il ne fallait pas qu'il ouvre la bouche. Il ne fallait pas que Naruto connaissent ses faiblesses. Il se sentirait si faible à côté de lui…

Naruto : Sasuke…

Mais il avait besoin de se raccrocher à quelque chose.

A quelqu'un.

Il tourna la tête pour plonger son regard dans celui de Naruto. Il le voyait dans ses yeux. Il souffrait autant que lui. Il avait peur autant que lui. Il était lui aussi au bord de la folie. Mais Naruto tenait le coup. Il essayait désespérément de se faire accepter. Alors que lui était trop lâche pour vivre et trop lâche pour se donner la mort…

Naruto : Sasuke ?... Tu pleures ?

La panique scintillait dans cet océan d'innocence et de pureté. Il était terrorisé. Il avait peur que ce qui l'aidait à tenir le coup jusqu'ici ne s'écroule. Il refusait de laisser faire, mais ne savait pas comment réagir. Sasuke savait tout ça. Il était conscient de ce qu'il apportait à son équipier. Un réconfort.

Aujourd'hui il pouvait bien lui rendre la pareille.

Sasuke prit Naruto dans ses bras. Il tremblait comme un enfant. Il laissait libre court à ses larmes. Il se fichait à présent de ce qu'il pouvait penser, il avait besoin de ce contact. Juste le prendre dans ses bras lui faisait un bien fou, il se sentait plus léger. Plus il était proche de lui, plus cette impression de flottement se faisait sentir. Il ne voulait plus lâcher la seule chose à laquelle il pouvait encore se raccrocher.

Sasuke : Naruto…

Pour la première fois depuis le début de la soirée où il l'appela par son prénom.

C'était un appel à l'aide d'un enfant apeuré par le monde.

§oOo§

Il n'avait jamais vu Sasuke dans cet état. Et ça lui faisait peur. Il avait réussi à l'empêcher de faire une bêtise mais à présent, il lui semblait tellement différent de d'habitude. Il ne reconnaissait plus le Sasuke qu'il avait toujours connu, le seul dont il avait lui-même choisi d'être haï. Mais ce soir, alors qu'il avait été poussé par sa mauvaise humeur à lui tenir tête, il l'avait empêché de… mettre fin à ses jours…

Ça le terrifiait…

Naruto était ce qu'il était aujourd'hui parce qu'il s'était donné comme objectif de prouver à Sasuke qu'il existait. Pour lui il semblait une chose insaisissable, qu'il ne pourrait jamais égaler, mais essayer d'y parvenir était sa seule raison de vivre. Sasuke était fort, Sasuke était grand, Sasuke était intelligent.

Il était son opposé.

Il l'admirait, il l'enviait, il le haïssait. Il était son objectif, son support, sans lui, il n'était plus que ce qu'il avait toujours été : un être faible et sans but. Tellement petit…

Et à cet instant, tout se brisait. Sasuke se brisait. Il n'était plus le vrai Sasuke. Il lui ressemblait trop, il avait trop mal, il ne se supportait plus, une haine et un dégoût pour lui-même dans ses yeux faisant s'éteindre la lueur d'espoir qu'il était pour Naruto.

Naruto se sentait à présent seul dans de profondes ténèbres. Où était Sasuke ?

Il aurait voulu le frapper pour lui remettre les idées en place, le frapper désespérément pour retrouver son véritable ennemi de toujours. Il avait envie de lui hurler d'arrêter tout ça, lui hurler désespérément de se relever avec dignité et de l'insulter, de le traiter d'incapable, parce qu'il en était réellement un. Il voulait le voir, ce regard dédaigneux, voir désespérément ces yeux froids et supérieurs qui avaient peu à peu, après plusieurs mois de travail, fini par constater sa présence, inconsciemment.

Mais il n'y arrivait pas. Il n'y arriverait pas. Parce qu'il ressentait le besoin de cette étreinte. Comme plus tôt, il sentait la chaleur de ce corps se communiquer au sien, il avait l'impression d'aller mieux. Il n'y avait plus rien à part les bras de Sasuke qui lui enserraient la taille, ces bras qui lui semblaient si petits.

Il n'était plus qu'un enfant qui pleurait, tout simplement.

Même s'il était affreusement paniqué, Naruto ressentait en même temps du réconfort. Alors il avait rendu son étreinte à cette petite chose qui se brisait dans ses bras. Et il aimait ce contact, cette chaleur.

Il n'avait jamais ressenti une telle sensation de bien-être.

Ils étaient proches, très proches, mais cette proximité ne leur suffisait déjà plus. Alors ils se serraient encore plus fort, pour que cette sensation ne disparaisse pas.

Le reste de leur existence dépendait de ce simple contact.

Naruto avait été seul toute sa vie. Depuis sa naissance il n'avait ressenti que de la souffrance. Il aurait pensé ne jamais pouvoir se décharger du poids de la solitude qui avait pesé sur lui pendant douze ans. Mais alors que Sasuke se tenait à lui comme on s'accroche à la seule chose qui donne encore du sens à notre vie, c'est comme si il n'avait jamais vécu toutes ces choses horribles qu'un enfant de son âge ne devrait jamais connaître.

C'était merveilleux. Effrayant mais merveilleux. Il était perdu, mais la joie et le soulagement était tels qu'il se laissa aller lui aussi, qu'il laissa couler les larmes qu'il avait pourtant appris à retenir. Il pleurait avec Sasuke. Il pleurait comme il ne l'avait jamais fait et il s'en sentait libéré. Pour la première fois, ce n'était pas seulement par désespoir ou par rejet, mais parce qu'il était heureux. Il serrait son meilleur ami dans ses bras aussi fort que ses petits bras le lui permettaient. Il se sentait petit, mais curieusement cette fois, il ne se sentait pas mal en se le répétant.

Parce qu'il était assez grand pour avoir le droit d'étreindre Sasuke.

Tout ce qui faisait Sasuke, ses bras qui l'enserraient, son visage qui s'était niché dans le creux de son cou, son odeur qui était devenu la seule qu'il sentait, tout ça l'absorbait complètement. Et il en ressentait un besoin fou. Plus que ça, Sasuke prenait toute la place dans sa tête, il n'y avait plus que lui, il ne ressentait rien d'autre à part lui.

§oOo§

Sasuke pleurait après-en toutes les larmes qu'il avait ravalées depuis qu'Itachi avait tué tout les Uchiwa. Il s'était juré de ne jamais plus pleuré. Mais il en avait besoin, tellement besoin. Et Naruto pleurait avec lui, Naruto, ce petit corps qui cherchait autant que lui le réconfort. Il sentait à travers cette étreinte toute la souffrance qu'il avait ressenti lui, mais aussi toutes celles de son ami. Comme si s'ouvrir à lui de cette manière avait créé un lien plus fort entre eux, au point qu'en le serrant dans ses bras, il puisse ressentir ses peines et ce qu'il avait pu vivre jusque là.

Il se goinfrait de ce contact. Il en avait besoin, il le voulait encore plus proche, encore plus intime. Il s'enivrait de cette odeur d'herbe que dégageait la nuque de Naruto. Il passait une main dans ses cheveux pour sentir leur texture sous ses doigts. Il pleurait en silence pour parvenir à entendre ses faibles sanglots. Ses yeux étaient clos, laissant le reste de ses sens absorber son ami. Seul sa bouche restait avide mais sans espoir d'apaisement.

Il ne saurait dire combien de temps ils restèrent ainsi, collés l'un à l'autre, le temps ne passait plus, sinon anormalement. De toute façon, il s'en foutait du temps qui s'écoulait. Il n'avait que faire de ces légères minutes qu'il passait dans les bras de Naruto. Ce qui faisait l'instant unique et indénombrable était cette intense intimité qu'ils avaient développé à se raccrocher l'un à l'autre. Quelque chose venait de naître en eux, quelque chose qu'il ne saurait nommer, un mélange de confiance, de compassion, de secret.

Un secret que deux enfants partagent religieusement.

Peu importait combien de minutes ou d'heures avaient pu s'écouler, puisque pour eux, l'étreinte dura une éternité. Malgré l'éphémère de cette éternité, elle rattrapait sans effort toutes ces années de mal-être.

Mais déjà ce sentiment agréable qui se répandait en lui devenait trop léger. Il en voulait davantage. Il voulait plus de cette proximité. Il se rapprocha davantage, l'enjambant pour pouvoir être plus proche. Naruto n'en fut pas surpris, trop occupé à profiter du contact dont il n'avait jamais eu droit, dont il avait tant rêvé sans oser l'espérer.

Ils tremblaient ensemble, ils pleuraient ensemble, ils souffraient ensemble, et c'était une libération sans précédent. Ils avaient chacun, à leur façon, besoin de cette étreinte. Ils se sentaient loin, très loin du monde et de ses mensonges, loin de l'univers qui les avait à ce point détruit, si jeunes. Ils planaient, comme si ce qu'ils étaient en train de partager était une drogue. Et ils en étaient toujours en manque malgré le fait qu'ils s'en nourrissaient sans arrêt.

Il était inenvisageable de vivre plus longtemps sans cette drogue.

Et les minutes passèrent. Puis les heures. Leurs larmes s'étaient peu à peu tari et leurs tremblements avaient disparu. Mais ils ne se lâchaient pas. Ils étaient allongés sur le lit, toujours aussi proches, sinon plus.

A force, l'odeur de Naruto s'était imprégnée dans ses vêtements jusque dans sa propre chair. Il ne savait plus à qui appartenait ce bras ou cette jambe. Ça n'était pas important.

Depuis longtemps, le silence régnait dans la pièce, tout comme sur tout le reste du domaine. Il faisait encore nuit, mais la lune disparaissait vers l'horizon. Ils n'avaient pas dormi. Ils n'en avaient pas autant besoin que la sensation qu'ils ressentaient. Ils voulaient profiter l'un de l'autre aussi longtemps qu'ils le pouvaient. Ils se trouvaient tous les deux dans un état second, une bulle s'était formé autour d'eux et le monde extérieur ne les touchait plus, seules leurs peines demeuraient à l'intérieur d'eux.

Et c'est cette peine qui perça la bulle.

Naruto le regardait droit dans les yeux. Il cherchait une vérité. Et Sasuke se doutait du sujet qu'il n'osait pas aborder. Il aurait pu l'ignorer, mais ce regard l'empêcher de savourer pleinement l'instant qui se faisait, au fil du temps, éternel.

Sasuke : Quoi ?

Sa voix était toujours un peu faible et les larmes l'avaient enrouée. Mais il n'y fit pas attention. Il avait déjà perdu un peu de sa fierté en se jetant dans les bras de Naruto pour pleurer.

Naruto : Je…

Naruto : Je voudrais te venir en aide…

Ça disait tout. Ça exprimait son besoin de l'aider pour s'alléger lui-même.

Sasuke tiqua.

« je veux te sauver grand frère »

Il se redressa et planta son regard dans celui surpris du blond.

Ses yeux d'enfant encore innocent…

Sasuke : Tu veux me sauver ?

Naruto : Oui !

Sasuke se rapprocha de Naruto et passa une jambe entre les siennes. Il était à présent au-dessus de lui.

Sasuke : Je vais… te montrer comment nous sauver…

Dehors, le soleil était encore loin…

Naruto le regarda, sans bouger, se pencher sur lui.

Naruto : Sa… Sasuke ?

Sasuke : N'aie pas peur… Aide-moi…

§oOo§

Les yeux de Sasuke n'étaient pas, comme d'habitude, froids, distants, hautains. Ils étaient plus clairs malgré leurs noirceurs. Se dégageait d'eux une détresse inavouable. Il souffrait encore plus qu'il ne le montrait, et pourtant, il s'était déjà ouvert à lui plus qu'à personne d'autre, il en était persuadé. Naruto avait peur, oui. Mais pas de son comportement ou de ses gestes. Il était effrayé par ce Sasuke qui n'était pas lui-même.

Les lèvres de Sasuke effleurèrent son front, sa tempe, elles cueillirent la larme qui menaçait au coin de son oeil. Naruto avait fermé les yeux et ne disait rien. Sasuke embrassa ses joues rougies, son nez, son menton…

Et finalement il déposa un baiser sur ses lèvres.

Naruto déglutit. C'était une sensation étrange qu'il n'avait jamais connu. Comme une décharge d'électricité statique, mais qui lui donnait un certain plaisir. Son cœur battait à tout rompre. Il ne s'était jamais senti comme ça.

Une main défit la fermeture éclair de sa veste et se glissa sous son t-shirt tandis qu'une bouche vint goûter la peau de son cou. Sa respiration s'accéléra. Il ne comprenait pas mais il ressentait quelque chose de très fort à cet instant. Il se fichait de ce qu'il se passait, parce qu'il se sentait encore plus proche de Sasuke.

Il ressentait le vrai Sasuke

Naruto : Sasuke ?

Il ne broncha pas quand le brun lui releva son t-shirt pour le dévorer tout entier, en commençant par les deux boutons de chairs roses sur son torse. Il eut un mouvement de sursaut et les muscles de son dos se contractèrent. Sasuke lui retira sa veste et son t-shirt. Ses lèvres frôlèrent sa clavicule, et descendirent vers son ventre en semant quelques baisers. Il sentait des mèches de cheveux le chatouiller. Sasuke passa sa langue lascivement autour de son nombril ce qui produisit un petit gémissement.

Naruto : Eh ?

Il ouvrit grand les yeux et tenta de se redresser quand il sentit Sasuke le toucher à cet endroit.

Naruto : Sa… Ah !

Sasuke avait ouvert son pantalon et l'embrassait à travers le caleçon. Naruto serra le drap entre ses doigts. La sensation que ça lui procurait était nouvelle et sans comparaison. Il ferma les yeux pour mieux ressentir. La main de Sasuke plongea dans son caleçon et commença à le caresser.

Naruto : Sasu… Nnn…Sasu… ke !

Sasuke se plaça à sa hauteur et vint lui souffler aux creux de l'oreille, ce qui se rajouta à ce plaisir nouvellement découvert.

Sasuke : Tu n'aimes pas ?

La caresse se faisait de plus en plus présente, de plus en plus rapide. Son souffle ne suivait plus, il respirait très rapidement et il gémissait plus fort. Il avait chaud, il avait le tournis, quelque chose dans son bas ventre lui prodiguait une délicieuse souffrance. Il se sentait bizarre… Quelque chose en lui était sur le point d'exploser.

Naruto : Ah… aah ! Stop…

Mais Sasuke n'arrêta rien. Il déposa un baiser au creux de son cou. Naruto tremblait. Mais pas de peur. Il se cambrait en sentant une dernière fois les doigts de Sasuke se refermer sur lui. Un son rauque s'échappa de sa gorge, tandis que son corps se rallongeait tout seul, et il se sentait libéré. Il se sentait bien…

Il reprenait son souffle avec difficulté, assimilant péniblement ce qu'il ressentait, ce qu'il se passait en lui, ce qu'il se passait avec Sasuke…

Naruto : Sa… su… ke…

Il se sentait léger, il allait mieux. Il avait été alléger de quelque chose, d'un poids qui pesait tellement lourd. Il n'y pensait même plus alors que Sasuke l'embrassait à nouveau. Il laissa cette langue pénétrer dans sa bouche. Il se délectait de la caresse qu'elle donnait à la sienne. Il finit par lui répondre avec une attendrissante maladresse. S'en suivit une bataille acharnée, délicieuse et sucrée.

Son corps appelait celui de Sasuke. Il avait besoin de lui, besoin de le sentir encore plus proche. Ses doigts se glissèrent, indépendamment de sa volonté et tremblants, sous le t-shirt de Sasuke afin de sentir sous leur touché, la douceur de cette peau d'ivoire. Un gémissement de satisfaction résonna dans sa tête, il ne saurait dire si c'était lui ou l'autre. Le brun se redressa pour retirer son haut et se serra à nouveau contre Naruto qui passa ses bras autour de lui. Il se communiqua alors une douce chaleur provenant de corps de Sasuke. Sous ses doigts, contre son torse, il la sentait qui délaissait cette peau blanche pour l'envelopper lui aussi comme une couverture, comme si la bulle se refermait sur eux pour les rapprocher davantage. Il adorait cette sensation d'un corps contre le sien, d'une peau caressante contre la sienne. Il était encore plus proche de Sasuke et c'était bon, tellement bon !

Naruto : Tu es… chaud…

Et il se délectait de cette chaleur… celle de Sasuke.

Ce dernier lui adressa un sourire attendri avant de l'embrasser à nouveau dans le cou. Naruto avait encore les yeux fermés. Tout ce qu'il voulait c'était ressentir, aider Sasuke… retrouver Sasuke.

Une nouvelle fois, des lèvres l'embrassèrent le long de son corps. Son souffle redevint court et irrégulier alors que son torse se soulevait dans de grandes inspirations et de plus en plus rapidement. Quelque chose d'humide glissa sur son abdomen et sur son bas ventre, élevant davantage la chaleur qui s'y développait au fur et à mesure qu'il descendait. Quand ça arriva à son pantalon, il se mordit la lèvre d'anticipation, s'attendant à la même caresse que plus tôt, puis on lui retira ce qui lui restait de vêtement. Mais cette fois, ce fut autre chose qui se referma sur lui. La surprise le fit se redresser. Cette sensation vive était trop puissante, trop violente pour lui. La bouche de Sasuke était brûlante et il en était étourdi.

Naruto : Ah ! Non ! Sas… Aah !

Il leva une main tremblante vers sa tête pour le repousser, alors que l'autre serrait fortement le drap. Mais la sensation répandit en lui une myriade de sensations inconnues qui lui donnaient un tel plaisir qu'il ne put retenir ses cris. Sa main s'engouffra dans la chevelure de Sasuke. Il suffoquait mais il préféra se concentrer davantage sur ce que ça lui faisait, que sur le souffle qui lui manquait. Plus les sensations étaient fortes, moins il avait conscience de ce qui l'entourait. Mais tandis que la libération approchait, Sasuke arrêta tout, non sans provoquer un râle chez le blond qui se laissa retomber lourdement sur le matelas. Il lui laissa le temps de reprendre son souffle et revint à sa hauteur en lui levant les jambes.

Sasuke : Naruto…

« Peut-être que ce n'était pas lui que je voulais sauver, mais seulement moi. Ce qui s'est passé était quelque chose d'unique, de renversant. Parce que c'était avec Sasuke. Parce que pour la première fois de ma vie, j'étais proche de quelqu'un à un point qu'on ne peut pas imaginer. Nous n'étions plus qu'une seule personne. Tout ce qui comptait c'est que nous pouvions enfin nous libérer de ce supplice permanent qui nous écrasait, et pouvoir partager ce poids à deux. Tout le reste n'existait plus. Cette sensation d'avoir enfin quelque chose qui nous ait été donné pour pouvoir tenir le coup. Quelque chose qu'on ne doit partager que tous les deux, un secret que l'on garde pour nous, qui fait que nous sommes liés parce que nous étions voués à nous réunir pour avoir la force d'avancer. Etre seul et petit, nous le ferons à deux, et nous grandirons ensemble au fil du temps. Un jour, on pourra se passer l'un de l'autre… »

Naruto : Aah ! A… Assez ! Aah !

La main de Sasuke serrait celle de Naruto qui l'attirait plus contre lui, comme pour se nourrir de ce contact encore et encore.

« … mais en attendant… »

Sasuke : Na… Naruto…

Le jeune blond se cambra et il poussa un fort gémissement qui suivait celui de Sasuke. Ce dernier se maintenait au-dessus de lui comme il pouvait pour ne pas l'écraser. Mais il était épuisé, alors il laissa con corps s'allonger délicatement sur celui de Naruto, qui n'en attendait pas moins, pour le serrer aussi fort qu'il le pouvait contre lui. Ils avaient pleuré leur chagrin commun, ils s'étaient consolés mutuellement.

Les traces de leur tristesse s'évaporaient et s'effaçaient avec leur pureté.

« … En attendant... sans toi, je ne peux pas vivre. »

Sasuke nicha son visage dans la nuque de Naruto, qui resserra l'étreinte de leurs doigts entrelacés. Ils finirent par s'endormir ainsi.

« Sans toi, je ne pourrais pas exister. »

Mais même cette scène reflétait le début de la fin de leur innocence.

Le Naruto de quatorze ans était allongé sur le lit depuis un moment, les bras et les jambes écartés, emmêlés dans les draps. Il fixait le plafond avec intensité et semblait perdu dans ses pensées. Sasuke, qui était en train de mettre son pantalon, remarqua l'état bizarre dans lequel se trouvait le blond.

Sasuke : Qu'est-ce qui te prend, dobe ?

Naruto : Ca serait bien si on pouvait voler non ?

Il ne répondit rien, pensant qu'il était encore parti dans un de ces délires stupides qu'il avait l'habitude d'avoir une fois qu'ils étaient « de retour » dans le monde ignoble qu'ils avaient réussi à quitter. Dans ces moments-là, ils étaient écrasés par cette impression de vide. Il ne les touchait pas autant que d'habitude parce qu'ils venaient de connaître un immense plein. Mais le retour à la réalité était parfois déroutant. Et Naruto avait du mal à émerger.

Naruto : Comme ça, on pourrait survoler le monde. On ne serait jamais obliger de revenir… on aurait de belles ailes blanches...

Sasuke le regarda silencieusement. Un sourire se peignait sur le visage paisible du blond.

Naruto : J'aimerais être un oiseau…Avec de grandes ailes…

Il s'assit et lui adressa un magnifique sourire candide qui aurait fait craquer n'importe qui.

Naruto : Ca serait bien ! Nee, Sasuke ?!

Mais pas lui.

Sasuke lui jeta ses affaires à la figure et Naruto se redressa en lui criant dessus.

Sasuke : Lève-toi, on va être en retard pour la mission.

Le blond se leva et mit son pantalon. Avant de s'habiller complètement, il ouvra grand les rideaux et les rayons du soleil pénétrèrent enfin dans la chambre. Sasuke plissa les yeux. Il détestait cette lumière aveuglante…

Soudain quand son regard se posa sur Naruto qui s'étirait devant la fenêtre, il aperçut comme deux ailes blanches dans son dos. Il cligna et se frotta les yeux. Le jeune garçon se tourna vers lui en lui souriant niaisement.

Sasuke resta immobile à le fixer alors qu'il s'habillait.

Des ailes…

Il se souvenait de l'image qu'il avait vue il y a deux ans, le mirage d'un ange perdu devant sa maison. Naruto était un ange. Une lumière céleste se dégageait de lui. Il avait eu des ailes. De belles et grandes ailes blanches, symbole de son innocence.

Mais il les avait perdues.

Naruto : J'ai la dalle !

Sasuke : Tu mangeras plus tard, on est à la bourre.

Naruto : Pff !

Ils passaient la porte de la maison de Sasuke. Ils avaient pris l'habitude de le faire dans sa chambre. C'était le lieu du culte.

Sasuke savait que c'était sa faute si Naruto ne pourrait plus jamais voler. Il avait tâché ses ailes blanches de souillures, ses belles ailes, déjà salies par la société. Il lui avait volé cet espoir sans qu'il ne s'en rende compte.

Sasuke : Dépêche-toi, dobe.

Naruto : C'est bon ! J'arrive !

Et le pire c'est qu'il s'en moquait. S'il l'avait fait…

Sasuke regardait Naruto en coin pendant qu'ils courraient pour arriver à l'heure.

… C'était pour pouvoir le garder près de lui pour toujours…

Il lui avait volé son innocence et sa pureté, il les avait écrasées sans remords, il l'avait amputé de ses ailes, et Naruto ne pouvait plus s'élevé dans le ciel…

… pour qu'il ne puisse jamais s'envoler loin de lui…

Sasuke fronça les sourcils en balayant ses idées noires.

… Comme l'avait fait Itachi.

Fin du chapitre 2.

§oOo§

Alors ? Verdict ? A la fin, vous avez un aperçu de ce que contiendra la suite. Je ne dis pas quoi exactement, c'est un peu éparpillé, en fait.