Je pénétrai dans l'atrium. Retourner au ministère et revoir ce hall après tout ce temps me stupefixia. Je restai pantoise un instant, incrédule face au spectacle qui se présentait sous mes yeux. Le lieu était bondé et plein de vie, tous se pressaient dans le plus grand brouhaha et par dessus-tout, la gaité semblait avoir regagner les lieux. Comment un endroit ayant connu tant de douleurs et d'abjections pouvait retrouvé tant de joie ? La tête me tournait. Plus de silence morbide, de pleurs et de cris au loin, plus de capuches noires et surtout plus d'affreuse statue prônant la supériorité sorcière. Non, à la place, les discutions de couloirs allait de bon train, des essaims d'avions en papier voltigeait à toute vitesse, la lumière du soleil, les fontaines jaillissantes...Tout rayonnait d'espoir. La vie reprenait son cours. Quant à moi, j'avais juste envie de vomir, cette foule bienheureuse se tenant juste où quelques mois plus tôt des nés-moldus avait été exécuté pour le seul crime d'être né m'horrifiais. Mais autour de moi, les visages rieurs semblaient avoir effacé ce drame. Je ne m'étais jamais sentie aussi étrangère. Cette cohue me fit suffoquer.
Respire, Hermione. Respire. Rappelle toi la raison de ta présence.
Tout en tentant de me calmer, je me dirigeais vers un endroit plus calme. Je devais me rendre au département de la justice magique, au deuxième étage. Selon la sorcière de l'accueil, les entretiens de la brigade se déroulait juste à côté du bureau des Aurors, je connaissais l'endroit et n'aurais aucun mal à trouver.
C'est du moins ce que je croyais. J'avais toujours plus ou moins eu du mal avec la foule, dès qu'il avait trop de monde, je me sentais étouffée et me réfugiée dans les recoins plus calme. Mais là, je frôlais la crise d'angoisse, comme si tout ce qui m'était arrivé, tout l'isolement auquel j'avais été confronté pendant si longtemps m'avais rendue totalement incapable de supporter tout ce monde. Déjà dans la rue, je m'étais sentie mal, ici je crevais de chaud et j'avais de sérieux vertiges. Je devais absolument m'asseoir. Sans plus réfléchir, je me précipitais sur les bancs les plus proche, ils étaient plutôt bas avec une jolie couleur de chêne poli, des accoudoirs finement sculptés et dépourvus de dossier. Une fois calmée, je relevais la tête et croisais certains regards me fixant avec inquiétude. Je baissais les yeux en songeant que je venais sûrement de passer pour une folle. Il faut vraiment que tu te ressaisis bordel.
J'allais repartir quand j'apperçut une tête connue. Je m'éclipsait rapidement avant qu'il me remarque.
-Hé ! Hermione !
Apparement c'était loupé, je fis mine de n'avoir rien entendu quand je sentis sa main sur mon bras.
-Hermione, c'est bien toi ! s'écria t'il chaleureusement en abordant un grand sourire.
-Neville. Souriais-je faiblement.
Sans plus de cérémonie, il se jetta sur moi et m'enlaça un long instant. Alors que je me laissai aller il se détacha et plongea ses yeux bleus dans les miens.
-Hermione...Qu'est-ce...qu'est-ce qu'il s'est passé ? Commença t'il, hésitant. On dit que tu as... Enfin qu'est-ce qu'il s'est passé ?
-Je n'ai vraiment pas envie d'en parler. Répondit-je trop sèchement.
-Oh...euh oui je comprends, je suis désolé. En tout cas, si tu as besoin d'en parler tu sais que je suis là, hein ? D'ailleurs, on est tous là pour toi. Ginny...
-Comment va t'elle ?
-Mal, mais tu t'en doutes. Elle a vraiment du mal à encaisser la nouvelle, elle passe ses journées à pleurer. On la soutient comme on peut Luna et moi, enfin pas que Luna et moi...C'est juste que surtout nous deux...mais... Enfin bon.
Il se mit à rougir et se tut. Je le regardait attendri, retrouvant quelques instant le Neville maladroit et heureux d'avant la guerre. Ils avaient tant tous changé, mais je savais qu'il s'en remettrait. Lui... Il finit par se reprendre.
-Tu devrais être là toi aussi. Je sais que c'est au moins aussi dur pour toi que pour elle. Ensemble ce serait plus facile pour vous deux, vous êtes meilleures amies, vous vous soutiendrait mutuellement.
-J'ai besoin de rester seule.
-Non, Hermione ! Tu t'enfermes toi même dans la solitude ! Tu as besoin de tes amis ! Tu aurais dû rester avec nous ! Si tu ne le fais pas pour toi, fais-le pour Ginny au moins. Elle a besoin de toi, elle souffre tant..
-Et moi je souffre pas, c'est ça ? m'écriais-je. Qu'est-ce que tu veux, que l'on se retrouve toutes les deux pour partager notre chagrin et pleurer l'une sur l'épaule de l'autre comme deux pauvres connes esseulées, afin de traverser ensemble cette "mauvaise passe"? C'est ça que tu veux peut-être ? Eh bien non merci, ce n'est absolument pas ce dont j'ai besoin.
-Mais regarde toi 'Mione, t'as l'air déjà morte ! Et c'est quand la dernière fois que t'as mangé un vrai repas ? Avant ta capture ? T'as besoin de nous là, sinon tu vas t'auto-détruire et c'est déjà ce que tu es en train de faire d'ailleurs !
-Au revoir, Neville.
Je tournais les talons et m'éloigna au plus vite. Il n'essaya pas de me rattraper.
-Suivant !
J'entrais dans la pièce. L'auror s'attarda sur ma mine fatigué. Pour ma défense, il n'avait pas l'air très frais non plus. C'était un homme d'une cinquantaine d'années à l'air las et au cheveux grisonnants. Il leva à peine les yeux de ses documents quand il m'interrogea.
-Asseyez-vous. Votre nom, s'il vous plaît ?
-Hermione Granger.
-Age ?
-19 ans.
-C'est jeune, surtout pour une fille. Formation ?
-J'ai étudié à Poudlard. J'ai passé mes 10 Buses, avec Optimal pour toutes à l'exception de la défense contre les forces du mal où j'ai seulement un Effort Exceptionnel (je grimaça au rappel de cet échec), j'ai co-fondé l'armée de Dumbledore, puis fus membre de l'Ordre du Phénix. Cependant j'ai quitté Poudlard en septième année pour recherché les Horcruxes de Voldemort avec Harry Potter et Ronald Weasley, j'ai...
Le regard du sorcier me fixa soudain avec un tout nouvel intérêt.
-Excusez-moi, je ne vous avez pas reconnu votre nom, miss Granger. Il va s'en dire que vos exploits durant la guerre vous permettront d'intégrer la Brigade sans grande difficulté... Vous allez être examiner par notre Médicomage à l'autre bout du couloir afin de déterminer si vous êtes apte à combattre. Vous recevrez alors sous peu un hibou avec des instructions pour rejoindre le centre d'opération de la Brigade Anti-Mangemort où vous recevrez une formation d'environ un mois au terme de laquelle vous pourrez participez aux missions. Cela vous convient-il ?
-Parfaitement.
-Voulez-vous que je vous accompagne chez le Médicomage, miss Granger ?
Il me regardait désormais avec la plus grande curiosité.
-Je vous remercie, mais je vais me débrouiller. Bonne journée.
-Miss Granger, entrez je vous prie.
Je me levais et suivit le Médicomage dans son cabinet. A l'intérieur, tout était d'une organisation et d'une neutralité clinique.
-Installez-vous. Oui, comme ça exactement, je vais effectuez quelques tests.
C'était un homme brun et très grand qui semblait encore assez jeune. Il fit tournoyer sa baguette en ma direction durant une dizaine de minutes puis reprit.
-D'accord, je vois. J'ai crus comprendre que vous avez été en captivité un moment.
-En effet, pendant environ sept semaines.
-Avez-vous été sous-alimentée et violentée durant cette période ?
-J'étais l'une des chefs de la Résistance entre les mains des Mangemorts, alors oui, évidemment je l'ai été. Y'a t-il un soucis ?
-Cela pourrait être pire au vu des circonstances. Vous êtes en situation de sous-nutrition et de fatigue extrême.
-Oui...J'ai eu du mal à manger et à dormir après tout ce qui s'est passé...
-Écoutez, je vais vous donnez quelques potions de sommeils, ainsi que des potions nutritives, et celle-là permet d'augmenter votre appétit. Il est quasiment impossible quand on a manquer trop longtemps de nourriture de reprendre une alimentation correct rapidement mais cette potion vous y aidera. Il vous faut au plus vite retrouvé de bonne prédispositions physiques. Vous aurait un suivi médical à la Brigade.
Il me fixa.
-Et psycholoqique aussi.
