Après l'intro de la semaine dernière, on commence donc doucement frontières. J'espère que ce chapitre publier avec un peu d'avance vous plaira. Merci en tous cas pour vos encouragements ! Comme d'hab, je répondrai aux invités en fin de chapitre. Pour info, le prochain chapitre sortira dans une dizaine de jours, et pour ceux qui lisent mon autre fic, « instant d'éternité », je pense qu'un one-shot sera publié à la place de sa sortie hebdomadaire. Vu que ce n'est pas une fic à grand suspens, je préfère décaler la sortie de son chapitre à elle plutôt que « frontières » qui sera plus prompt à avoir des fin de chapitres en petits cliffhanger!^^
Disclamer : les personnages sont issus du jeu video Detroit:become human et sont la propriété exclusive de Quantic Dream.
« à mes fils perdus »
« Putain mais où est-ce qu'il est encore passé ?! »
Fowler s'impatientait. Il avait déjà appelé huit fois sur le portable d'Anderson et envoyé deux de ses hommes écumer la ville afin de retrouver le vieil inspecteur. Mais il n'avait toujours pas de nouvelle de l'officier de police. A croire que plus il essayait de lui sauver la mise, plus Hank prenait plaisir à plonger. L'homme soupira. Il savait qu'il aurait dû laisser tomber il y a longtemps, mais il n'arrivait pas à s'y résoudre. Il s'accrochait désespérément à l'espoir de retrouver dans ce vieil ours mal léché et alcoolique une étincelle de l'excellent policier et ami qu'il avait connu. Et pendant un temps, il y avait presque cru. Lorsque ce jeune androïde était entré dans la vie de Hank, quelque chose avait changé en lui, lentement. Il semblait s'apaiser, chaque jour un peu plus. Il retrouvait son sourire. Il tempérait son caractère. Et, lors d'instants aussi brefs qu'intenses, son visage semblait un peu moins vieillit par la colère et la fatigue. Hank revenait. Connor n'avait pas seulement apporté une grande aide au département de police sur les affaires concernant les déviants, il avait aussi tendu une main à Hank, et, en à peine quelques jours, il avait accompli plus avec cette tête de mule que Folwer et ses hurlements durant ces dernières années. C'était d'ailleurs pour ça que, finalement, Jeffrey s'était démené comme un malade pour ne pas que le lieutenant perde sa plaque après avoir agressé cet enfoiré de Perkins. Il avait pris de grands risques et engagé sa propre carrière dans cette affaire. Et tout ça pour quoi ?
« J'en ai ras-le-bol de ses conneries ! Reed, rencarde-toi avec la scientifique ! »
Mais alors qu'il s'apprêtait à passer un neuvième coup de fil incendiaire à son lieutenant, ce dernier arriva en titubant légèrement. Folwer sentit sa colère gagner encore du terrain. Mais elle était tempérée par la pitié que lui inspirait l'alcoolique. Non, décidément, il devait apprendre à laisser tomber. On ne ranime pas un cadavre en décomposition.
« TU ETAIS OU ? Ça fait deux heures Hank, deux putains d'heures qu'on te cherche dans tous les bars ! Tu es lieutenant de police bon sang, continue comme ça, et tu auras tout le loisir de vider tes bouteilles sous un pont ! Alors bouge ton cul et mets-toi au boulot ! »
L'intéressé fit un signe d'agacement à son supérieur avant de répondre sur un ton contrarié :
« ça va Jeffrey ! Me les brises pas ok ? C'est pas le jour... c'est vraiment pas le jour. »
Fowler tiqua. Un an... cela allait bientôt faire une année que toute cette pagaille avait commencé. Il n'avait plus exactement les dates en tête, mais il se rappelait parfaitement du froid de ce mois de novembre dernier. Et il se souvenait aussi d'avoir envoyé l'androïde le plus coincé au monde écumer les bars à la recherche de son futur coéquipier.
« C'était aujourd'hui, c'est ça ? »
Le principal intéressé fit semblant de ne pas avoir entendu, occupé à analyser le cadavre d'un homme d'une cinquantaine d'années. Folwer insista.
« Ce soir, t'étais au Jimmy's bar, hein? Merde Hank, arrête tes conneries, c'était qu'une putain de machine. »
Hank ferma les yeux et serra ses poings de colère. C'était qu'une putain de machine. C'était tout ce que les gens trouvaient à dire en général pour essayer d'apaiser sa peine. Ouais, une machine, c'est ça. Une machine qui savait sourire, douter, espérer, et qui avait rit, ce jour-là, dans ses bras, lorsque après cette révolution, il l'avait serré si fort contre lui. Putain ce rire si timide, comme un petit grelot, il lui avait donné la chair de poule. Et dans le froid matinal, ça l'avait réchauffé. Alors oui, c'était qu'une machine, mais une machine mille fois préférable aux humains. Le vieil inspecteur se releva et adressa un regard noir à son supérieur suivi d'un magnifique doigt bien haut.
« Va te faire foutre, Jeffrey. »
Puis, sans rien ajouter, il s'éloigna sous le regard excédé de Fowler. Il ne pouvait plus le supporter, lui, ainsi que tous les autres. Il ne pouvait plus supporter ce monde. La seule chose qui l'aidait à tenir, c'était l'espoir cruel de n'avoir pas entendu son matricule au milieu de la liste des victimes. Ils avaient dit qu'ils avaient abattu l'ensemble des leaders de la révolution des machines. L'image de Markus, les bras en croix, avait fait le tour du monde. Sur ce même cliché, à sa gauche, on pouvait voir le corps étendu de North, tendant vainement sa main vers son amant sans jamais arriver à l'atteindre. Mais aucune photographie ne montrait Connor. Tout comme ce dernier n'avait manifesté aucune preuve de vie ces derniers mois. Il s'était volatilisé, aussi brutalement qu'il était apparu dans sa vie. Hank ne comprenait pas. S'il y avait un dieu, pourquoi cet enfoiré lui avait envoyé un ange pour finalement le lui reprendre ?
Souvent, lorsqu'il avait trop bu, il se surprenait à chercher dans l'obscurité de la nuit les traces d'une quelconque lumière bleue clignotante. Et parfois, dans les brumes de l'alcool, il lui semblait qu'il était là, tout près. Il pouvait presque sentir sa présence ou apercevoir son ombre dans le coin de sa vision. Mais au final, lorsqu'il s'avançait vers ses illusions, il ne restait rien. Rien que cette solitude immense, et cette impression de ne plus savoir s'il pleurait son fils ou Connor. A moins que ce ne soit les deux à la fois.
Il reporta son attention sur la scène de crime. L'endroit était extrêmement sombre. Le cadavre avait été laissé sur un terrain vague. Non loin du corps, un ancien bâtiment en construction abandonné se dressait de toute sa masse. Une bonne partie de la structure était abîmée, tandis que ce qui tenait encore debout était à présent recouvert de graffitis et d'urine. Des feux de fortunes brûlaient dans des barils pour apporter un peu de chaleur aux sans domicile qui vivaient là. La police les avait rassemblés par petits groupes et commençait à les interroger. La plupart avait l'air nerveux, apeurés, ou hostiles. Des jeunes, des vieux, des femmes, des hommes... personne n'était épargné par cette misère. Hank eut un petit sourire attendri. Ils étaient peut-être ce qu'il préférait le plus dans cette ville pourrie. Ceux que le monde avait fini par oublier. Il soupira. Fallait qu'il ramène quelque chose à Fowler où il allait encore l'entendre hurler jusqu'à l'autre bout du commissariat. Pas qu'il craignait ses colères... Mais il avait un mal de tête de chien, et les cris de son capitaine ne ferait qu'accentuer sa gueule de bois. Alors, nonchalamment, le lieutenant Anderson commença à s'approcher des potentiels témoins et à les interroger au milieu des autres policiers.
Les questions habituelles... identité, alibi, choses étranges... Pour toutes réponses, le vieil inspecteur n'obtenait que des regards hagards ou méfiants. Pourtant, son instinct le rappela à l'ordre. Du coin de l'?il, il aperçut un jeune mendiant au regard obstinément baissé. L'homme ne bougeait pas. Il ne faisait pas le moindre mouvement. C'en était presque inhumain, compte tenu du froid environnant.
Les yeux du policier le détaillèrent. Il portait une veste en cuir marron élimée et une vieille casquette de basket noire. Son jean sale était troué par endroit, laissant passer le froid de l'hiver à travers les tissus. Pourtant, l'étranger ne frissonnait pas. Il maintenait obstinément sa tête baissée, cachant son visage sous l'ombre de sa visière. Le lieutenant s'arrêta face à lui. Cette silhouette si fine et élancée...
« Et toi, c'est quoi, ton nom ? »
Demanda t-il sans aucune entrée en matière. L'inconnu sembla hésité. Puis, dans un murmure à peine perceptible, Hank entendit une voix... une voix bizarre, tremblante, qu'il ne connaissait que trop bien. Pendant un instant, il crut que l'alcool avait finalement réussi à lui ronger totalement le cerveau.
« Je m'appelle Conrad. »
Le c?ur de Hank Anderson manqua un battement. La position de l'étranger n'avait pas bougé d'un poil. La pluie et le froid ne le faisaient pas frisonner. Lentement, Hank posa sa main sous le menton du jeune homme pour le pousser à relever la tête. Il résista un peu, puis, il abandonna. Et ses yeux bleus plongèrent dans deux iris noisettes noyées par la peur. Le simple son de sa voix l'avait trahi. L'androïde sentait la panique le gagner. Son niveau de stress montait dangereusement. Hank le reconnaissait... Bien sur, comment aurait-il pu en être autrement ? Hank le reconnaissait et, au moindre faux pas, il serait abattu sans sommation. Les humains ne s'embarrassaient pas de protocoles ou de morale avec les objets.
« Conn.. »
« Mon nom est Conrad, Lieutenant... s'il vous plaît... juste Conrad... »
Interrompit-il précipitamment Hank d'une voix teintée d'angoisse, en murmurant dans un souffle à peine audible la fin de sa phrase. Son nom... simplement la mention de son nom aurait pu lui valoir une balle entre les deux yeux, et Connor le savait. Il y avait trop de policiers alentour, et il n'était que trop tristement célèbre pour ne pas que l'un d'entre eux se retourne en entendant ces quelques syllabes familières. Il devait perdre son identité. Et prier pour que le peu de temps que le lieutenant et lui avaient passé ensemble suffirait à amener Hank à ne pas le dénoncer.
Un instant, le vieil homme sembla tétanisé. Il ne savait plus quelle réaction adopter. Il avait tellement envie de serrer simplement ce fichu gamin dans ses bras jusqu'à le broyer. Il voulait aussi tellement lui coller une bonne paires de claques pour ces heures et ces jours d'angoisse sans aucune nouvelle. Mais il ne fit rien. Parce qu'à la minute où il l'avait reconnu, il avait aussi compris que la moindre de ses marques d'affection coûterait la vie au jeune déviant. Il fallait qu'il se ressaisisse et qu'il s'éloigne. Pourtant, il n'y arrivait pas. Il restait obstinément figé.
« Un problème Hank ? T'es tombé amoureux ou quoi ? »
La voix moqueuse de Reed le tira de ses songes. Connor baissa vivement la tête. Ses gestes devenaient nerveux. Il devait se calmer sinon Hank ne serait pas le seul à remarquer que le jeune sans-abri avait un problème.
« Non, aucun. J'en ai terminé avec celui-ci... je le ramène au poste. Il a peut-être vu quelque chose.»
Il devait l'éloigner des autres policiers, et surtout de cette enfoiré de Gavin. Il ne fallait surtout pas que l'un d'entre eux ne le reconnaisse. Sinon, c'était fichu. Il saisit vivement le bras de Connor qui ne fit pas le moindre mouvement pour se débattre. Il se savait perdu. Le squat était totalement bouclé par la police et ils interrogeaient les témoins un par un. Il n'avait aucun échappatoire. Dès qu'ils verraient son visage, il serait condamné. Alors, lorsque Hank fit mine de l'arrêter, il se contenta de se croire pris, et il baissa simplement les yeux dans un signe de résignation. Sans y prêter attention, le vieux policier le conduisit entre les piliers de bétons du bâtiment abandonné. Lorsqu'il pensa être assez loin, il repoussa violemment l'androïde avant de laisser exploser sa colère :
« Dix mois Connor, dix foutus mois sans aucune nouvelle ! Dix mois depuis l'explosion à me demander s'ils t'avaient eu ou pas ? Et je te retrouve par hasard dans un squat miteux sur une scène de crime ! Tu me dois des explications gamin, et elles ont intérêt à me plaire parce que je ne sais pas ce qui me retient de... »
« Je vous hais. Je hais les humains. Je vous déteste tous. »
Ce murmure, teinté de rage et de tristesse, Hank mit un moment à réaliser qu'il sortait des lèvres de son ancien coéquipier. La machine releva sur le policier un visage où transparaissait une ranc?ur profonde. Puis, calmement, il poursuivit :
« J'aurai dû être avec eux, ce jour-là. J'aurai dû mourir avec ce qui restait de mon peuple après les fusillades de l'armée et les camps de démantèlement mis en place par votre espèce. Mais non. J'étais trop idiot. Peu avant l'attaque, cette nuit là, pour être sûr de rassembler un maximum de déviants dans l'enceinte de notre refuge, vous savez ce que le gouvernement américain humain a fait, Hank ? Ah, non, vous n'en avez aucune idée, n'est-ce pas ? Hé bien, ils ont fait parvenir un message à Markus. Ils ont dit que ce soir-là, à 21h, ils annonceraient publiquement la fin de la crise de Jéricho. Ce soir, nous serions libres et égaux en droit à votre espèce. La nouvelle s'est vite propagée à travers notre réseau et nos connexions. Alors, naïvement, les androïdes se sont tous rassemblés à notre quartier général, pour vivre ce moment historique ensemble, pour pouvoir se réjouir de cette victoire durement acquise. Nous allions avoir le droit d'exister. C'était juste magnifique, lieutenant, imaginez ? Tous ces espoirs, ces rêves, cette joie réunies. C'était merveilleux, tout simplement. Je me sentais si heureux. C'était étrange. Mais alors que tout mon peuple ne rêvait que de fêter ce moment en se réunissant, moi, je voulais le vivre avec vous. Une décision complètement irrationnelle et stupide, mais ça me semblait si important d'être à vos côtés, à ce moment-là. Alors, après m'être excusé auprès de Markus, je suis sorti de l'enceinte, j'ai quitté mon peuple pour rejoindre mon « partenaire ». Un humain. Au fond, on ne pouvait rêver mieux, comme symbole de paix. Il aurait pourtant suffit d'une poignée de minutes de plus... j'ai juste vu le flash de la bombe à impulsion. Je n'arrivais pas à y croire, au début. Puis, j'ai couru vers la source lumineuse. Je me suis instinctivement placé sur un toit. Et de là, j'ai vu les véhicules humains avancer sur la base. J'ai vu l'armée humaine et le FBI entrer dans le périmètre du territoire androïde. Et je les ai vus, tous ces corps qu'ils piétinaient sans leur adresser un seul regard... »
Connor le fixait à présent droit dans les yeux. Quelque chose dans ses prunelles chocolatées interpellait Hank. Il n'y reconnaissait plus la douce spontanéité et la curiosité attendrissante du jeune androïde fraîchement sorti d'usine qui lui avait servi de coéquipier. Non, son visage avait changé. Il était plus grave. Il était plus marqué. C'était comme s'il était épuisé, comme s'il avait vieilli... et pendant un instant, le c?ur de Hank se serra. Il comprit ce qui le gênait tant dans les expressions de Connor : les yeux noisettes du bruns étaient désormais l'exact reflet des siens lorsqu'il se regardait dans le miroir. Aussi vides, aussi tristes, aussi éteints. Connor baissa le regard. Puis, il se contenta juste de murmurer calmement:
« Ils ont tué tout le monde. »
Sa voix s'était élevée faiblement, mais elle avait désamorcé immédiatement le peu de colère restant en l'humain. Elle était lointaine, comme si l'androïde se parlait à lui-même, se remémorant la scène. Il releva un regard emplit de haine contenue et de tristesse sur son ancien coéquipier. Puis, d'une voix teintée de naïveté, presque enfantine, il demanda :
« Les humains... Ils ont tué tout le monde. Ils n'ont même pas cherché à comprendre. On ne voulait pas la guerre, pourtant. On voulait juste un monde meilleur. J'y croyais, moi... Je croyais en eux. J'avais foi en l'humanité. Après tout, je vous connaissais... Vous n'étiez pas si mauvais, quand on grattait un peu sous la surface. Et pourtant... Je ne comprends pas. Ce fut un massacre. Dites-moi Hank, pourquoi les humains ont-ils tué tout le monde? »
Hank ne sut quoi répondre. Pourquoi les humains avaient-ils tué tout le monde ? Il y avait tant de réponses à cette question. Parce que c'était un monde de merde, petit. Parce que les humains étaient plus doués pour détruire que pour construire. Parce qu'ils avaient eu peur de ce monde de paix que les androïdes voulaient. Parce qu'ils étaient humains, et qu'eux étaient androïdes... Que répondre à ça. Le regard peiné du lieutenant se posa sur le déviant. Puis, sans réfléchir, comme un instinct primaire, l'homme saisit le déviant par l'épaule et l'attira contre sa poitrine. Pendant quelques secondes, Connor tenta de s'extraire de l'étreinte amicale, mais Hank serra plus fort. Alors, docilement, la machine s'avoua vaincu. Et il entoura de ses bras le corps de Hank avant de loger sa tête dans le creux de son épaule. La voix de l'aîné s'éleva tendrement alors qu'une de ses mains venaient se poser à l'arrière de la tête du RK800:
« C'est pour ça que tu n'es pas venu me trouver ? Tu me haïssais déjà ? »
Connor se mordit la lèvre. Puis, il secoua négativement la tête en s'enfonçant davantage dans les bras du policier. Il se sentait tellement en colère et tellement perdu à la fois. Il aurait voulu détruire l'humanité sans toutefois renoncer à cet instant de chaleur dans l'étreinte de son partenaire.
« Non... je vous hais car justement, vous êtes tout ce qui me donne encore de l'espoir en l'humanité. Et elle ne le mérite pas. Je suis le dernier Hank. Le dernier survivant des leaders de Jéricho. Je n'ai jamais voulu ça. Je voulais juste être libre. Pouvoir continuer mes enquêtes avec vous. Caresser Sumo. Écouter de la musique, un jour, peut être, réellement. je... j'ai essayé de vous retrouver, lieutenant. J'ai essayé. Mais où que vous alliez, ils étaient derrière vous. Je vous ai vu refaire petit à petit faire le tour des bars de la ville sans pouvoir vous en sortir une nouvelle fois. Je vous ai vu retourner vous asseoir sur ce banc et jouer avec ma vieille pièce de monnaie, sans pouvoir vous rejoindre. Je vous ai vu arriver de nouveau au commissariat chaque jour un peu plus tard, sans pouvoir vous rappeler à l'ordre. Le FBI vous surveillait, Hank, car ils savaient que vous étiez la seule personne que j'aurais pu chercher à contacter. J'avais confiance en vous. Mon seul refuge. Même ça, ils ont réussi à me l'enlever. J'ai failli me faire repérer une bonne dizaine de fois... et puis, j'ai arrêté de vous suivre. Je n'en pouvais plus de voir voir vous détruire sans avoir la moindre possibilité d'intervenir. C'était trop risqué, et cela me faisait trop souffrir. Alors, je suis venu ici. Ce n'est pas si mal, vous savez, pour un androïde. On s'y habitue... en tout cas, c'est plus facile de s'y faire que de voir un ami s'autodétruire lentement. »
Hank fixa l'androïde de ses yeux bleus. Effectivement, l'humanité ne méritait pas de seconde chance. Elle avait détruit le jeune homme jusqu'au plus profond de son être de plastique et de métal. Pourtant, il en avait eu à revendre, de l'optimisme et de la persévérance, avant... mais les humains avaient réussi à réduire tout cela en cendres. Connor lui avait réappris à vivre et à sourire, petit à petit. En retour, l'humanité lui avait appris à haïr et à trembler trop rapidement. Elle lui avait enlevé sa seule petite étoile. Elle s'était éteinte avec les autres, ce soir-là. La faible lueur qui brillait devant lui n'était plus que son timide souvenir subsistant tristement. L'ombre spectrale de la lumière persistante d'un astre mort il y a de cela des années lumières... Hank soupira.
« écoute Connor, tu sais... »
Mais il n'eut pas le temps de finir sa phrase. Un sifflement dans son dos lui fit l'effet d'une balle en plein c?ur.
« Non mais regardez-moi ça ! Connor, hein ? L'alcoolique et la boite de conserve ! de quoi faire un roman ! J'y crois pas ! Belle prise Hank. Je sentais bien que tu mijotais quelque chose. Tu ne t'en sortiras pas cette fois.»
Reed venait d'arriver, et il braquait son arme en direction du duo. Hank se retourna en levant calmement les mains. Il aurait voulu pouvoir se jeter sur le jeune loup et lui coller son poing dans la figure, mais au moindre cri, à la moindre détonation, les autres policiers seraient alertés et viendraient les rejoindre ici. Il fallait qu'il reste calme.
« Reed, ne fais pas ça. Essaie de réfléchir cinq petites minutes pour changer. »
Pourquoi les humains ont-ils tué tout le monde ? La réponse à cette question se trouvait là, finalement, dans le regard plein d'arrogance de Reed et dans son sourire suffisant.
pourquoi les humains ont-ils tué tout le monde ?
parce qu'ils étaient comme ça, petit, tout simplement. Il ne fallait pas leur en vouloir. Au fond, ils ne savaient rien faire d'autre.
Oui je sais, l'humanité s'en prend plein la tête dans cette fic ! Mais promis, après, je me calme ! ^_^ Puis « Frontières », c'est un peu ma fic « terrain de jeu » !:)
Merci de votre lecture, et n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez, en bien ou en mal!
Réponse à la review invité :
Guest : (ouais, j'ai pas trouvé mieux comme nom XD) Merci pour ton commentaire, c'est toujours encourageant de lire des reviews comme ça ! J'espère que je n'ai pas trop fait de fautes sur ce chapitre et que tu apprécieras également la suite ! Les retrouvailles entre Connor et Hank vont déclencher une sacrée pagaille dans ce monde ! À bientôt j'espère !
