PREMIÈRE HISTOIRE : UN PARFUM DE GRASSE (PARTIE 2)
THÈME VOYAGE
Après avoir couru quelques dizaines de mètres dans l'herbe, Ladybug avait décidé d'accélérer sa course en passant par la voie des airs. Aucune habitation n'étant visible sur la petite route, elle ne craignit donc pas qu'on puisse la repérer avec sa combinaison rouge flashy. Ainsi, elle s'aida des arbres environnants pour balancer son yo-yo de branche en branche. Heureusement que le fil pouvait s'étirer à l'infini ou elle n'aurait jamais tenté une pareille expérience. Quand plus aucune branche ne put l'aider à avancer et qu'elle se retrouva à quelques mètres seulement de Grasse, elle s'aida de la corde pour grimper au sommet d'un arbre, et lança le yo-yo qui alla s'enrouler autour d'un des bâtiments les plus hauts de la ville.
Elle n'avait jamais sauté d'aussi loin, mais elle n'avait pas le choix. Prenant son courage à deux mains, elle s'agrippa de toutes ses forces avant de sauter.
Le saut fut plus rapide que ce à quoi elle s'attendait. Elle survola plusieurs bâtiments et atterrit dans une petite ruelle. Puis elle se mit à courir dans les rues de Grasse, guidée par le bruit des sirènes de police. Elle se rappela alors de ce que lui avait dit sa professeure et elle eut de la peine pour ces voitures qui devaient avoir du mal à circuler dans la ville. Heureusement que l'éclairage public était toujours allumé; il ne manquerait plus que la ville soit plongée dans le noir.
Essayant de se faire la plus discrète (dans la mesure du possible), Ladybug parcourut plusieurs mètres avant d'arriver sur le lieu du délit... et de constater que son intervention ne servait plus à rien. Au bout d'une allée, elle vit deux voitures de police garées près de ce qui semblait être une petite boutique. Trois policiers étaient agglutinés et bloquaient un homme habillé de noir, qui tentait visiblement de leur échapper. De ce qu'elle entendit au loin, il y aurait eu un cambriolage chez ce commerçant, mais celui-ci avait prévenu les autorités suffisamment tôt pour qu'elles puissent arrêter ledit cambrioleur.
« Plus de peur que de mal », se dit Ladybug. Elle allait pouvoir retourner à l'auberge sans culpabiliser. Certes, elle n'avait rien accompli d'héroïque, mais au moins le bandit avait été arrêté. Elle espérait au fond que cette petite escapade l'aiderait à trouver le sommeil. La jeune héroïne s'aida ensuite de son yo-yo pour grimper sur le toit d'un immeuble en brique.
Mais une fois au sommet, un frisson lui glaça le dos.
– Ma Lady ?
Priant pour que son esprit et son ouïe lui jouent des tours, Ladybug se retourna complètement pour regarder le bâtiment derrière elle.
Ses yeux s'écarquillèrent lorsqu'elle aperçut Chat Noir sur le toit.
Elle se sentit vaciller, ne comprenant strictement rien à ce qui se passait, ni à ce que pouvait bien faire son coéquipier ici.
Le hasard (ou le destin ?) avait voulu, de 1) que Chat Noir et elle s'absentent exactement aux mêmes dates et de 2) qu'ils se retrouvent dans la même ville !
La coïncidence était vraiment trop grosse, pour autant Ladybug ne trouva aucune explication rationnelle qui permettrait de résoudre cette épineuse question.
Chat Noir sauta sur le second toit et s'approcha très rapidement de sa partenaire, un sourire illuminant son visage.
– Bah ça alors ! Je ne m'attendais vraiment pas à te trouver ici ! Mais qu'est-ce que tu fais là ?
– Je peux te retourner la question, répondit Ladybug en essayant de gagner du temps, ne souhaitant pas dévoiler à Chat Noir qu'elle était en sortie scolaire (ceci rentrait trop dans la catégorie « vie privée » à son goût). Qu'est-ce que tu fais ici ?
– On n'a plus le droit de faire du tourisme ? Je voulais aiguiser mon odorat en sentant tous les parfums du monde ! Et par mes moustaches, cette ville entière sent tellement bon !
Ladybug ne put empêcher un sourire de se former sur ses lèvres face à l'enthousiasme de son partenaire.
– Je ne trouve pas ton explication très crédible, le taquina-t-elle.
– Bon d'accord, en vrai je suis sur la Côte d'Azur mais on a fait une petite escale pas loin avec ma famille. Et toi alors, tu n'as toujours pas répondu à ma question.
Complètement paniquée à l'intérieur, Ladybug sortit la première chose qui lui vint à l'esprit – trop peu crédible, elle aurait du plus y réfléchir.
– J'ai de la famille dans le village d'à coté.
– Et bien, tu vois ma Lady, ça nous fait un nouveau point commun: notre famille aime le Sud! Il faut qu'on le rajoute tout de suite sur notre liste.
– Chat, nous n'avons pas de-
Elle s'interrompit en apercevant la détresse passée furtivement sur le visage de son coéquipier. On aurait dit qu'il avait laissé passer une petite information. D'habitude si sûr de lui, Chat Noir sembla avoir une certaine difficulté à trouver ses mots pour répliquer, ce qui fit rire sa partenaire. Étrangement, elle imagina assez facilement Chat Noir assis en train d'écrire dans un petit carnet tous ces fameux points communs qu'ils pouvaient avoir.
– Ma Lady, ce n'est pas bien de se moquer comme ça, la pointa-t-il avec son bâton.
– Oh pardon Chat, juste que je ne m'y attendais absolument pas. Excuse-moi, finit-elle en arrivant finalement à arrêter son rire.
Les sirènes des voitures se firent à nouveau entendre, et les deux héros se penchèrent au-dessus de leur toit (en se faisant tout petit) pour voir ce qu'il se passait. Le cambrioleur avait tout simplement été emmené dans une des voitures, et ces dernières étaient toutes reparties dans la direction opposée, cherchant à sortir de ce dédale de pierres.
– Toi aussi tu as entendu les sirènes ? demanda Ladybug.
– Oui, le bruit était tellement fort, on ne pouvait pas le louper. Heureusement que je ne dormais pas et que j'étais pas loin.
– Moi non plus, je n'arrivais pas à trouver le sommeil.
– Ma Lady ne trouvait-elle pas le sommeil car je lui manquais ? dit-il en esquissant un sourire qui se voulait ravageur, mais Ladybug le repoussa d'une main en soufflant, et Chat Noir faillit basculer en arrière. Pardon ma Lady, je voulais pas t'énerver.
– T'en fait pas, c'est pas ta faute. Je n'étais pas très en forme aujourd'hui.
– Pourquoi ça ?
Ladybug se releva en secouant la tête, intimant à son partenaire qu'elle n'avait pas envie d'en parler. Mais cela brisait le cœur de Chat Noir de voir Ladybug ainsi. Il se devait de lui remonter le moral.
– Tu n'es pas fatiguée ? l'interrogea-t-il en se relevant lui aussi.
– Euh... non, pourquoi ?
– Je veux te redonner le sourire avant qu'on parte. Viens, suis-moi !
Puis sans crier gare, Chat Noir commença à sauter de toit en toit, jusqu'à n'être presque plus visible aux yeux de Ladybug. Cette dernière hésita quelques secondes à le suivre. Rien ne l'empêchait de partir à l'opposé, de rentrer à l'auberge et regagner son lit, le tout sans que Chat Noir ne sache dans quelle direction elle était partie... Mais son envie de suivre Chat Noir était plus forte. Alors, elle sauta elle aussi de toit en toit, tout en se balançant de temps à autre avec son yo-yo.
Chat Noir l'attendait à la sortie de la ville, au pied de la colline. Quand elle le rejoignit enfin, il repartit de plus bel en déclarant :
– Et si on jouait à chat ? Essaye de m'attraper ! s'exclama-t-il en lui touchant l'épaule avant de s'enfuir.
D'abord exaspérée, Ladybug lui avait finalement couru après, rien que pour lui faire ravaler son petit air de plaisantin. Chat Noir se mit à courir à travers des champs. Bien que faisant plus sombre, il n'était aucune gêné par l'obscurité, ses yeux de chat lui permettant de voir dans le noir. Heureusement que les lumières de Grasse permettaient d'éclairer un peu plus loin que nécessaire, ainsi Ladybug ne sentait pas perdue.
Alors qu'il s'était arrêté à peine une seconde pour vérifier où il se trouvait, Chat Noir sentit la main de Ladybug le taper dans le dos.
– C'est toi le chat ! lui souffla-telle avant de le dépasser et de courir sur un petit sentier.
Chat Noir ne put s'empêcher de sourire. Décidément, peu importe ce qu'elle faisait, sa Lady avait le pouvoir de le rendre complètement fou. Alors qu'il avait repris sa course pour tenter de gagner ce deuxièmeround, le héros masqué s'arrêta brusquement, ayant aperçu une chose très intéressante dans le champ voisin.
Plus loin, Ladybug fut surprise que Chat Noir ne soit pas derrière elle. Elle constata qu'il était vraiment très loin, quasiment à l'endroit où elle l'avait laissé. Il était agenouillé près d'un champ qui paraissait violet (des lavandes, se souvint-elle), ses mains semblant caresser les fleurs. Intriguée, elle revint vers lui.
– Si tu restes planter ici, tu vas te transformer en fleur. Je suis sûre que les lavandes seront ravies de te tenir compagnie.
– J'avais une bonne raison de m'arrêter. J'ai trouvé une cousine à toi.
Interloquée, elle suivit le regard de Chat Noir. Elle s'accroupit à son tour, et il lui tendit une main.
Et enfin, elle aperçut une petite coccinelle qui se baladait sur l'un des doigts de Chat Noir, visiblement pas prête de prendre son envol.
– Oh, elle est adorable, s'extasia Ladybug à la vue du petit insecte.
– J'ai pas pu m'en empêcher, désolé. Sinon crois-moi que tu serais redevenu le chat.
– Mais oui, Chaton, je te crois.
Le regard des deux adolescents se reporta sur la petite coccinelle qui ne semblait pas vouloir bouger d'un pouce. Chat Noir rapprocha son visage et souffla légèrement pour l'aider à s'envoler... Ce qui fonctionna presque une seconde, l'insecte venant ensuite se poser dans la main de Ladybug. Elle ne put s'empêcher de rire.
– Bon au moins elle a reconnu sa vraie famille, constata Chat Noir.
– Pourtant, je crois bien que je n'ai pas vu de coccinelle depuis ... depuis que nous avons eu nos pouvoirs.
– Sérieusement ? Je le crois pas. Moi je croise assez souvent des chats dans la rue, dit-il d'un air assez fier. Ils m'adorent !
– Oui enfin, on croise plus facilement des chats que des coccinelles.
Ladybug souffla à son tour sur la coccinelle et cette fois-ci, elle s'envola définitivement. Les deux héros tombèrent assis au sol, les jambes tétanisées à force d'être restés accroupis un bon moment. Toutefois, Chat Noir s'était avancé au plus près des lavandes pour sentir le délicat parfum qui en émanait.
– Ah, elles sentent si bon... Mais pas autant que toi, ma Lady.
– Tu insinues que je pue ? dit-elle en lui lançant un regard taquin.
– Hein, quoi ? Mais pas du tout ! Je dis juste-
– Je te taquine, Chaton. Pardon, mais en fait... Je n'aime pas trop l'odeur de la lavande.
Chat Noir sembla comme tomber de haut, et cela fit rire Ladybug. Ses réactions semblaient tellement exagérés; elle se croirait presque dans un dessin animé.
– Tu es la première personne qui me dit un truc pareil. Comment peut-on ne pas aimer la lavande ?
– Désolée, mais je trouve que ça sent trop fort.
– Tu veux pas réessayer de sentir. C'est pas la même chose de sentir directement la fleur et une huile essentielle, par exemple.
Soulevant la pertinence de la remarque de Chat Noir, Ladybug lui fit plaisir et sentit à son tour la fleur. Juste avant que le dégoût ne se lise clairement sur son visage.
– Non, non, non, c'est trop fort pour mon petit nez ! protesta-t-elle en se reculant d'un coup.
– C'est vrai que ton nez est tout petit. Il ne doit pas être fait pour les fortes odeurs, la taquina-t-il toujours.
– Oh non crois-moi, je peux aimer des odeurs plus « fortes »... Juste la lavande, je n'aime pas !
Chat Noir haussa les épaules avant de reprendre :
– Je suis sure que tu préfères l'odeur des roses, pointa-t-il.
– Il est vrai qu'elles ont un parfum très agréable. J'aime beaucoup... Comment tu as deviné ?!
– J'ai un peu dit ça au hasard, mais les dessins dans la ville m'ont inspiré pour te poser cette question.
– D'ailleurs tu te souviens... la rose que tu m'as donné il y a deux-trois semaines ?
– Oui... Pourquoi tu en parles ? continua Chat Noir en se souvenant parfaitement de cette soirée désastreuse où son cœur avait été brisé, mais aussi soirée grâce à laquelle il avait su qu'il ne pourrait jamais en vouloir à sa Lady pour quoi que ce soit.
– Elle a fanée malheureusement. Je te jure, j'ai tout fait pour en prendre soin ! s'insurgea-t-elle en voyant que Chat Noir commençait à rire. Je l'ai mise au soleil, arrosé tous les soirs, j'ai tout fait pour... Mais il faut croire que je n'ai pas la main verte, termina-t-elle en se grattant la tête.
– C'est pas grave, ma Lady. Je t'en offrirai une autre.
– Chat, je vois bien ce que tu essayes de faire avec ton petit jeu... On en a déjà parlé la dernière fois.
– Je sais...
Semblant lassé, Chat Noir se laissa tomber en arrière les bras en croix. Il soupira, et Ladybug se détourna pour le regarder.
– Je sais que pour toi, notre relation ne peut pas dépasser le stade de l'amitié et de l'entraide, se confessa-t-il en regardant le ciel. Mais je me suis juré de ne pas y renoncer. Je resterai toujours à tes côtés, ma Lady. En espérant que... un jour, peut-être...
Il laissa sa phrase en suspens. Il n'avait pas besoin de la finir pour qu'elle comprenne le fond de sa pensée.
Ladybug se sentit mal à l'aise face à tout cela. Il lui était bien arrivé de penser que, si jamais (au grand jamais) Adrien n'était pas entré dans sa vie, alors peut-être que ses considérations envers Chat Noir ne seraient pas si tranchées. Peut-être aurait-elle trouvé son côté fanfaron plutôt charmant et qu'elle aurait plus ri à ses jeux de mots vaseux.
Elle était consciente du cœur de Chat Noir qu'elle avait involontairement brisé en deux. Mais dans le même temps, elle ne pouvait pas faire semblant et lui mentir, le laissant croire qu'elle partageait ses sentiments. C'était douloureux pour elle aussi de le voir attristé, mais il fallait passer par-là. Cependant, elle comprenait parfaitement la détermination de Chat Noir. Elle-même souhaitait tout faire pour approcher Adrien, tout faire pour qu'il tombe amoureux d'elle.
Mais au fond, cela semblait impossible. Cela sonnait presque comme un doux rêve.
– Je comprends ce que tu ressens. Il faut croire que nous sommes tous les deux destinés à avoir le cœur brisé.
– Broyé, tu veux dire ?
– Réduit en mille morceaux.
– Écrasé sous dix tonnes de béton !
– Envoyé en colis expresse à Tombouctou !
– Non, ma Lady, là je crois que tu vas trop loin dans les comparaisons.
A la suite de cette pertinente remarque, les deux héros partirent dans un fou-rire qu'ils ne virent pas venir. Ladybug se tenait le ventre tant rire lui faisait mal elle en avait même les larmes aux yeux. Voilà bien longtemps qu'elle n'avait pas ri ainsi, et qui plus est, elle n'aurait jamais douté que cela serait grâce à Chat Noir.
Elle devait reconnaître que cette rencontre hasardeuse avec lui, cette nuit, avait été une bonne chose. Pour une fois, ils n'étaient pas occupés à attraper un akumatisé, à se sauver mutuellement, à sauver le monde tout simplement. Pour une fois, ils passaient un moment tout à fait normal, peut-être le plus normal qu'ils aient pu partager depuis le début de leur collaboration.
Pour une fois, ils pouvaient se permettre d'être plus naturels.
Et il avait fallu que le hasard les envoient à l'autre bout de la France pour qu'ils prennent enfin du bon temps à ne pas se préoccuper de leurs problèmes de super-héros !
– Dis, reprit Chat Noir en se redressant, quelques instants après avoir retrouvé un semblant de calme. Ça te va si on refait un tour demain soir ? Même heure ?
– C'est pas un peu risqué ? Et si on nous voyait ?
– Voyons, très chère, nous prenons suffisamment de risques contre le Papillon. Je ne crois pas qu'une petite promenade nocturne dans des champs soit si risquée que ça. Et puis il faut bien en profiter, car après ça toi et moi on sera de retour à Paris. Et notre petite routine métro-boulot-Papillon-dodo reprendra.
– Bon okok, arrête de parler, tu as gagné ! l'interrompit-elle en souriant.
– Chat me fait plaisir !
Ladybug ne releva même pas le jeu de mot facile. Chat Noir se remit debout et il aida Ladybug à faire de même.
– J'ai déjà hâte d'être demain, s'enthousiasma le garçon, réfléchissant déjà à ce qu'ils pourraient faire.
– Ne t'emballe pas, Chaton. Je pense qu'il n'y aura pas grand chose à faire. Et puis on ne sera pas très discrets en costume.
– Tatatatata, laisse-moi faire, ma Lady. Je m'occupe de tout ! On va bien s'amuser, tu verras. A demain !
Tout s'était passé trop vite. Chat Noir avait parlé avec une rapidité telle à faire pâlir des rappeurs professionnels, puis il avait furtivement déposé un baiser sur la joue de Ladybug, avant de partir. La jeune fille arrivait à percevoir dans l'obscurité son compagnon s'éloigner à l'aide de son bâton, comme s'il faisait plusieurs sauts à la perche.
Elle resta sur place quelques minutes et un sourire se dessina de lui-même sur son visage. Après cette journée mitigée au niveau de ses émotions, ce petit moment passé avec Chat Noir lui avait fait du bien, elle devait le reconnaître. Elle se surprit même à être impatiente d'être le lendemain soir pour le retrouver et passer un bon moment à rire avec lui.
C'est donc l'esprit plus en joie que le reste de la journée que Ladybug repartit en direction de l'auberge. Elle n'avait aucune idée de l'heure qu'il pouvait être. Tout ce qu'elle espérait, c'était que la fenêtre des toilettes ne se soit pas refermée (pour une quelconque raison), et que aucune de ses camarades de chambre ne se soit rendue compte de sa disparition.
