Chapitre 2 :
Ce fut une Shizuru complètement étonnée qui sortit de la voiture. Elle avait entendu de loin le vrombissement d'une moto, qui apparemment ne roulait pas très doucement. Absorbée par ces pensées elle s'était surprise à appuyer sur la pédale de frein. Drôle de réflexe. Quelle que fut la raison pour laquelle elle avait arrêter son véhicule, une personne était à terre. Son sang n'avait fait qu'un seul tour, et elle se trouvait maintenant en dehors de sa voiture. Toujours sous une pleine lune bien voyante, elle se précipita vers le corps qui gisait à terre. Son véhicule et la moto n'étaient heureusement aucunement rentrés en contact, mais la moto était pour le moins amochée.
La personne bougeait doucement, comme si elle venait à peine de se réveiller. Shizuru commença à lui parler, pour qu'elle puisse rester éveillée, tout en vérifiant qu'elle n'avait rien de casser.
Et ce que ça va ?
Aucune réponse autre que de petits gémissements, la jeune femme aux yeux rubis voulut prendre son portable, jugeant qu'il serait mieux d'appeler des secours même si la blessée avait l'aide d'aller plutôt bien. Mais une main l'arrêta instantanément.
Pas la peine, couina la jeune femme étalée à terre.
Shizuru qui ne savait que faire, et dont la personnalité commençait à revenir petit à petit, resta calme, posant son téléphone à terre. Elle voulait savoir pourquoi elle ne devait pas appeler les secours, qui sait, peut-être apprendra t-elle quelque chose d'important ?
Soudain deux yeux verts émeraude la fixait. La jeune femme avait enlevé son casque d'un seul geste, et ce tenait à présent assise, un grand sourire aux lèvres.
Ouah, je l'ai échappé belle, hein ? Ca pour être quelque chose, c'était quelque chose !
Abasourdie. Shizuru était complètement abasourdie. La jeune femme venait de sauter d'une moto lancée à pleine vitesse, et tout ce qu'elle trouvait à dire était « Ca pour être quelque chose, c'était quelque chose ! ».
Euuh, commença t-elle, oui c'est sûr … Mais ça va aller ?
Se sentant plus que coupable, Shizuru voulait être sûre de ne pas avoir causé trop d'ennuis.
Ah ? Ah ouais, aucun problème ! Puis se relevant entièrement elle fixa Shizuru lui demandant, mais qu'est-ce que tu faisait là à cette heure-ci ?
Alors c'est l'essentiel. Ara, ne pourrais-je pas te poser la même question ?
La fille aux cheveux de minuit se vit rougir, avant d'acquiescer d'un signe de tête.
Ouais c'est pas faux. Bon c'est pas tout, mais j'ai encore des trucs à faire …
Se dirigeant vers sa moto, ou plutôt du moins ce qu'il en restait, elle poussa un petit cri. Aussitôt alertée Shizuru alla voir ce qu'il se passait, pour finalement apercevoir une jeune femme démolie par la vue de sa moto bien plus que cabossée.
C'est pas possible ! C'tait la dernière Suzuki ! R'gardez moi ça comment elle est toute rayée maintenant !
Se retenant de rire devant ce spectacle Shizuru s'approcha plus encore de la jeune femme.
Ara, ce n'est pas bien grave, je te payerai les réparations, c'est le moins que je puisse faire. Après tout, tout ce qui est arrivé est de ma faute …
Venant d'une famille plutôt aisée, cela ne dérangeait aucunement Shizuru de mettre la main à la poche, mais ce n'était pas l'avis de la motarde qui répliqua d'un coup sec :
Nan c'est bon, merci. J'aurai dû être plus prudente moi aussi.
Sur ce elle monta sa moto après l'avoir remise sur pied, et s'élança sans demander son reste. Ce qui eut le don de décevoir Shizuru au plus haut point, elle aurait bien aimer savoir ce que la jeune femme avait à faire de si important à une heure pareille.
***
- Natsuki !
L'intéressée se renfrogna en marmonnant quelques petits mots incompréhensibles.
- Tu peux pas rester deux minutes sans bouger ?
- Ah! C'est qu'ça fait mal, idiote ! Et puis pourquoi tu tiens tant à me soigner ? J'ai pas besoin de toi ! J'peux m'soigner toute seule !
- Tu ferai encore plus de dégâts crétine sans cervelle !
Ce fut la phrase de trop, Natsuki se leva d'un bond, lançant un regard noir vers la jeune femme dont la couleur rouge arborait les cheveux.
- Redis-moi ça ! Tu veux peut-être voir ce que je peux en faire de ta mini-cervelle à toi !?
- Ah! Parce que tu crois que j'ai peur de toi ? T'sais même pas monter sur une moto sans te casser la gueule et tu veux qu'on t'appelle motarde ? Laisse moi rire !
- Nao ! Rugit Natsuki, prête à tout pour sauver son honneur.
- Et bah quoi ? On se dégonfle ... mo-ta-rde sans cervelle ?
Après un court échange de regard noir, Natsuki bondit vers l'autre jeune femme, les faisant se rouler toute deux à terre dans un grand fracas. Ce sont les grands bruits de leur affrontements qui suscita la curiosité d'un homme blond, qui entra dans la salle les séparant l'une de l'autre:
- Natsuki ! Nao ! Arrêtez toute les deux !
L'une dans un coin de la pièce, et la deuxième à l'autre bout se jetaient des regards froids. Natsuki croisa ses bras de façon à exposer son mécontentement tandis que Nao se contentait de jouer avec ses cheveux.
- Je t'avais dit de la soignée, pas de l'amocher encore plus !
- J'veux pas qu'on me soigne ! J'ai rien ! Rien du t-o-u-t ! Répliqua la fille aux cheveux couleur de la nuit.
- Quoiqu'il en soit il faut que tu sois prête pour ce soir, pas question qu'on échoue.
Natsuki se leva d'un bond, énervée et en furie et se dirigeant vers la porte lança brusquement à l'homme :
- Oui oui je sais. T'inquiète pas pour ça !
Comme si ils allaient échouer. Et de sa faute en plus ? Alors que c'était grâce à elle qu'il s'étaient tous tiré indemne la dernière fois, il osait encore lui reprocher quelque chose ? Vraiment cet homme .... Il n'attendait rien pour le payer !
***
Une jeune fille arpentait nerveusement le couloir, tandis qu'à l'intérieur de la salle l'on s'agitait pour tout et pour rien.
- Ma, ma. Répondis simplement Reito.
- Arrête avec tes "Ma, ma" ! Répliqua Suzushiro, ce qui fit plus sourire encore le jeune homme.
- Ara, Suzushiro n'aime t-elle pas qu'on lui adresse la parole ? Plaisanta Shizuru.
- On ne t'a pas demander ton avis à toi, bubuzuke !Railla la blonde.
- Euuuh ... Haruka tu devrais peut-être te calmer ... proposa timidement une Yukino qui avait le nez plongé sur son ordinateur.
La blonde souffla et allait répliquer lorsque Mai entra soudainement dans la salle.
- Elle n'est toujours pas là ! Ca fait au moins dix minutes que je fais les cents pas dehors, mais rien !
- Ma, elle ne s'est sûrement pas réveillée !
- Ara, oui ce serait bien notre Midori ça ! Lança Shizuru.
- Il n'empêche qu'elle a plus que quelques minutes de retard ... Peut-être lui est-il arriver quelque chose durant sa ronde hier soir ?
Grand blanc. Moment de silence atroce durant lequel personne n'osait prendre la parole. C'est vrai que leur chef n'était pas des plus pointilleuse sur l'heure, mais cela faisait bien une demi-heure qu'il l'attendaient tous. Et si il lui était réellement arrivé quelque chose ?
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