Bonjour à tous ! Je m'appelle Enora et je suis tellement fan de The Walking Dead ! J'ai aussi un faible pour notre cher Daryl Dixon mais chuuuut -)

Je lit des fictions sur ce site depuis un bon bout de temps : traductions, américaines, françaises et même allemandes. Et je préfère de loin les OC !

Pour ceux qui ne savent pas vraiment ce que c'est :

« Désigne un personnage créé par le fan-auteur qui n'appartient donc pas à l'œuvre originale. Il sert à introduire un élément nouveau dans la trame du canon. »

Et bien je l'ai fait ! Mais je ne vous en dit pas plus, à vous de lire… Er de poster des reviews !

#UndeadementVotre

Enora 3

Chapitre n°1Le commencement de la fin

Je m'appelle Mélanie. Juste… Mélanie. Avant, j'étais Mélanie Lincoln. Mais dans ce monde où tout est parti en fumée, aurais-je besoin de donner mon nom de famille ? Je ne sais pas.

Je ne sais même pas si j'aurais l'occasion de me présenter à quelqu'un une dernière fois. Je suis seule depuis si longtemps. Je ne sais plus qui je suis vraiment, où je vais. Chaque jour, je découvre une nouvelle « moi ». Ou j'en perds quelques fragments.

J'ai changé.

Les courbes de mon corps qui étaient autrefois normales sont réduites. On peut y voir mes côtes qui heurtent violemment ma peau. Je me sens laide.

Quand je me regarde dans le miroir de la vielle baraque où je dors depuis quelques jours, je ne me reconnais plus.

Mes longs cheveux blonds ont perdu leur éclat. Les boucles légères qui encadraient mon visage de quelques mèches folles sont rapatriées en une sorte de queue de cheval fait à la va-vite.

Quand mon visage n'est pas recouvert de sang séché ou frais, j'aperçois la couleur de ma peau. Fade. Ma peau est d'un blanc fade. Malgré les quelques tâches de bronzages qui apparaissent quand je chasse en plein soleil la journée, ce visage me parait terriblement détestable.

Seule ma bouche fait contraste et garde son petit éclat rosé. Mais une cicatrice située au coin de ma lèvre me rappelle terriblement la triste vérité.

Quand à mes yeux… « Bleus comme le ciel de Provence » me chantait ma mère avant que le monde sombre, et ne l'emporte avec lui.

« Maman… » murmurais-je, les dents serrées.

Mes yeux sont toujours d'un bleu azur. Mais mon regard reste figé, inexpressif. Je n'ai plus personne d'autre que moi à regarder.

Je continue à scruter le miroir qui semble me narguer en me montrant un reflet qui ne me ressemble pas. Mais ce qui me fait le plus mal, c'est que c'est bien moi.

Pourquoi moi ? Pourquoi suis-je celle qui survit ? Mes frères, ma mère, mon père…. Tous valaient beaucoup plus que moi.

Mais ce monde les a avalés comme il a avalé mon cœur.

Parfois, je repense aux meilleurs moments que j'ai pu vivre avec ceux que j'aime. Ces moments qui me paraissaient si insignifiants à l'époque…

J'entends encore le rire cristallin de ma mère, son adresse pour faire sauter les crêpes exquises, les « meilleures crêpes du monde »…

Les blagues et taquineries incessantes de mes deux frères, Ian et Jared, à mon égard.

J'eu beau trouver ça agaçant, aujourd'hui, je donnerais ma vie pour ne-serais-ce que les retrouver.

« Ils sont au Paradis, Mélanie » pensais-je…

Certaines personnes penseraient qu'il suffirait de les rejoindre… Mais pour moi, ce n'est pas aussi facile. Quelque chose m'en empêche et je peine à en trouver la cause…

Serait-ce mon manque de courage, ma lâcheté ?

Je ne sais pas… Mais je pense que si Dieu m'a laissé la vie sauve, c'est qu'il y a une raison.

Je ne suis pas croyante, je suis athée. Mais dans un monde pareil, chaque bouée représente une lueur d'espoir à mes yeux, et prier et la dernière bouée qu'il me reste…

Un bruit m'arracha de mes pensées…

J'entendis des pas… Un rôdeur ? C'est impossible, les pas sont trop rapides à mon goût !

Mais ça ne peut en aucun cas être un animal. Il faut se rendre à l'évidence, Mél :

Quelqu'un, une personne, était entrée…

Paniquée, je cherchai mon pistolet, un revolver que je m'étais procurée sur un cadavre à Atlanta.

« Quelle conne ! » m'insultais-je.

Je savais que laisser mon flingue à l'étage inférieur me provoquerai des soucis…

Un second bruit se fit entendre.

Peu importe qui ça pouvait être, niveau discrétion, ce n'était vraiment pas un type doué…

Les battements de mon cœur étaient si forts, je craignais que cette personne ne les entendent et vienne me tuer ou pire…

On pouvait tout imaginer…

Je fermai les yeux un instant, essayant de me calmer et de réfléchir à la situation…

Je regardai autour de moi, cherchant n'importe quoi qui pourrait blesser, voir tuer…

Dans ces moment-là, vous ne savez plus quoi faire, alors, tout objet peut vous aider : un tournevis, un couteau…

Ne pouvant pas attraper mon arc, au risque d'attirer les individus, je pris alors ce qui me tomba sous la main comme arme de défense : un katana. C'était normalement un élément de décoration dans une des chambres où je me trouvais. Je l'avais déjà repéré mais je n'avais pas prévu de m'en servir ni de l'embarquer.

Déjà parce-que c'est très encombrant et ensuite parce-que je ne sais en aucun cas manier cet arme.

Les pas semblaient s'éloigner dans la maison. Décidée, je m'avançai, le katana à la main, vers la cage d'escalier…

Mais arrivée au pas de la porte…

« Alors ? T'as trouvé quelque chose ? »

« Nan, juste des boites de conserves vides… »

« Prends-les quand mêmes, on récupèrera l'eau de pluie avec ! »

J'identifiai la voix d'une femme. Une femme et un homme.

Apparemment, ils cherchaient des vivres…

Deux solutions s'offraient à moi :

La première était de les laisser prendre ce qu'il trouvait et de ne pas manifester ma présence…

Mais d'un autre côté, il fallait que je défende mon territoire, tel un loup.

C'est vrai, j'avais tellement bossé et chassé, fouillé un tas de maison pour obtenir ces provisions…

Je ne sais pas si c'est le fait que je n'avais pas rencontré de personnes vivantes depuis un bon bout de temps ou si c'est mon instinct de chasseuse qui me poussa à descendre, mais je le fit.

Je descendis une à une les marches de l'escalier, en prenant bien soin de ne pas heurter le mur et de ne pas marcher sur les endroits susceptibles de grincer sous mon poids…

Pour mon plus grand bonheur, aucune marche ne grinça, et je pensais avoir été silencieuse…

Les intrus étaient partis dans la cave, ce qui me poussa à ne pas marcher trop brusquement ou trop fort, de peur qu'ils ne m'entendent…

Je souffla cinq secondes, afin d'évacuer une partie de mon stress qui m'était dû à cet effort et au risque que j'avais pris en descendant de l'étage…

Les voix restaient omniprésentes, venant du sous-sol. Mon esprit les faisait résonner…

Tout à coup, les bruits qui trahissaient leur présence doublèrent de volume, entamant un concert avec ceux de mon cœur…

Ma cage thoracique s'éleva à une vitesse plus que cinglée… Elle allait exploser…

Ils revenaient !

Je me planqua derrière le canapé.

« Rien, rien et rien… On dirait qu'une personne est déjà passée avant nous ici… »

Je frissonnai, me doutant que cet homme parlait inconsciemment de moi.

Le p'tit a besoin de plus de bandages !

« Carl. Il s'appelle Carl. Les pharmacies sont toutes vides. Aucune baraque du coin n'en cache, il nous reste l'école. » répondit la voix masculine

C'est alors que je les vis : l'un, l'homme, semblai avoir un =e vingtaine d'années à tout casser. Il avait les cheveux bruns et les yeux en amande. C'était sûrement un type d'origine Asiatique.

Quant à la fille, elle semblait toute aussi jeune. Je lui donnais pas plus de trente ans. Elle était tout aussi squelettique que moi, mais elle était belle tout de même.

« Ça craint » gémissa la femme.

Mon cœur eu un raté quand une idée me vint : « Mélanie, tu n'as pas rencontré de gens depuis que t'as quitté Atlanta. Tu vis une vie pourrie, pour ne pas dire une vie de merde. Tu dois aller leur parler. Ils t'écouteront, je pense. S'ils avaient des mauvaises intentions, il ne risqueraient pas leur vie pour sauver la vie d'un « p'tit ». » Pensais-je.

Mais à chaque pensée, mon regard effleurait à nouveau le flingue de l'Asiatique. Comme si l'objet me menaçait.

« De toute façon, t'a plus rien à perdre… »

Un point pour mes pensées.

C'est dans ces moments que les expressions « Quand faut y aller, faut y aller ! » « Qui n'ose rien, n'a rien » prennent tout un sens et peuvent s'avérer insurmontables.

Décidée, je me levais d'un bond. Ils ne me virent pas encore alors je m'avança d'un pas timide, à leur rencontre.

Chaque pas représentait une énorme marche pour moi. Reste à savoir si cette marche conduisait à un podium ou si un gouffre se cachait à l'arrivée.

Un pas, deux pas… Plus que quelques mètres et je serais soi morte, soi ivre de joie.

Peut-être aucun des deux.

Je n'étais qu'à seulement deux pas d'eux, mon katana à la main, abaissé le long de ma hanche.

Une pointe se fit ressentir dans mon dos.

« Un geste, et t'es morte. »

C'est là que je le vis.