Titre original : The Courtship of Harry Potter, by Diana Williams

Disclaimer : A JKR l'univers, à Diana l'intrigue, à moi la traduction.

Notes : un grand merci à tous mes lecteurs ! La suite est là, profitez-en...


Courtiser Harry Potter

Chapitre 2 - Machinations


« Je suis navré Severus, mais je ne peux rien faire. »

Snape dévisagea Dumbledore, abasourdi par sa déclaration. « Vous n'avez rien compris à ce que je viens de dire, Albus ? Ce… ce sale Worme (1) cherche à séduire Harry Potter ! »

« Spindley-Worme, » corrigea le directeur d'un air absent. « Et j'ai tout à fait compris. Maximillian veut invoquer les traditions des Erastes et Courtiser le jeune Harry. Voulez-vous plus de thé, Severus ? »

« Non, je n'en veux pas ! » répliqua le professeur de potions, irrité. « J'aimerais savoir ce que vous comptez faire à ce sujet ! »

« Qu'aimeriez-vous que je fasse ? » demanda Dumbledore, remplissant malgré tout la tasse de son visiteur.

« Empêchez-le. » Le ton cassant de Snape rendait les mots presque incompréhensibles.

« Je ne peux pas. » déclara simplement son interlocuteur. « Ce rite de passage est plus vieux que Poudlard, profondément intégré dans nos vieilles familles, et il s'agit d'une tradition approuvée par le Ministère lui-même. »

« Une tradition ? » grogna le Serpentard, « ils approuvent la pédophilie, vous voulez dire ! »

Dumbledore haussa un sourcil. « La pédérastie, ce qui est totalement différent. J'ai moi-même été éromène, et je me souviens du temps passé avec mon éraste avec beaucoup de tendresse. Il m'a appris de nombreuses choses - et la majorité d'entre elles ne se passaient pas dans un lit. Nous sommes restés amis de longues années durant. Sans son influence, je ne serais sans doute pas le sorcier que je suis aujourd'hui. »

« Certains d'entre nous n'ont pas eu cette chance. »

Le vieil homme devait avoir remarqué l'émotion fugace qui l'avait traversé. La lueur de son regard s'adoucit et il lui tendit la main, inquiet : « Severus… »

Le professeur Snape l'ignora. « J'ai eu le choix, Albus. Le fait que j'ai fait le mauvais n'est pas important. Potter doit avoir le droit de choisir, et ce ne sera certainement pas le cas avec Worme lui soufflant dans le cou. »

Dumbledore se rassit et entrecroisa ses doigts. « Je pourrais demander à Max d'attendre que Harry finisse son cursus, afin qu'il dispose d'un panel plus important de candidats. »

Severus eut une bouffée de soulagement. « Oui. »

« Bien sûr, il ne sera plus placé sous notre vigilance alors, et qui sait quel genre… d'amitiés indésirables il pourra contracter. N'est-il pas préférable de l'avoir ici, où nous pouvons garder un œil sur lui et nous assurer que personne n'abusera ou ne fera pression sur lui pour qu'il le choisisse ? »

Snape pouvait sentir le regard perspicace du directeur sur lui et grogna : « Potter n'est pas moi, Albus ! »

« Vous avez raison. Harry est bien plus confiant que vous ne l'avez jamais été, et bien plus susceptible d'être impressionné par des promesses. Ne voyez-vous pas pourquoi je ne peux pas risquer que cela se produise ? Pourquoi je dois laisser Max, et d'autres, Courtiser Harry ici ? »

« D'autres ? Vous pouvez difficilement laisser les portes de Poudlard grandes ouvertes et inviter d'autres prétendants, » répliqua-t-il, « alors comment diantre allez-vous manœuvrer ? Vous et Worme êtes les seuls hommes appartenant à ce milieu et, comme vous me l'avez fait remarquer il y a vingt ans, il ne serait pas convenable pour le Directeur de montrer un tel favoritisme vis-à-vis d'un élève. »

« Vous faites aussi partie de 'ce milieu', Severus. » lui rappela Dumbledore, et ses yeux scintillèrent en voyant ceux de l'enseignant s'écarquiller d'horreur.

« Vous ne pouvez pas être sérieux. Potter et moi nous détestons ! Nous pouvons difficilement rester dans la même pièce sans en venir aux poings. Proposer que je - le courtise, que je devienne son mentor, et que j'essaye de coucher avec lui - » Snape s'interrompit, une rougeur inhabituelle prenant place sur ses joues. « Albus, avez-vous complètement perdu la raison ? »

Celui-ci réfléchit un moment. « Non, je ne crois pas. Un bonbon au citron, Severus ? »

Snape se leva de son siège et commença à faire les cents pas. « Moi ? Guider Potter dans la société ? Offrir de lui enseigner les règles de la bienséance et de la vie en communauté ? Voldemort n'aura pas à assassiner Potter - il mourra de rire avant ! »

« Vous vous sous-estimez, Severus. Je crois que vous avez la capacité d'apprendre énormément de choses à Harry. »

« Mille et un maléfices à lancer à vos connaissances ? » se moqua le Serpentard.

« Je pensais plutôt à l'intégrité, à la loyauté et au courage. »

Snape s'arrêta de marcher et porta des yeux incrédules sur son aîné. « Avec vous, j'ai l'air d'un foutu Gryffondor, alors que je ne fais que prendre en compte mes intérêts propres. »

« Vous pouvez mentir à d'autres, même à vous-même, mais vous ne me trompez pas. » déclara Dumbledore, soutenant son regard. « N'est-il pas temps que vous vous pardonniez ? »

Le visage de l'espion s'assombrit. « Peut-être lorsque j'aurai votre âge, Albus. » Il eut une pensée subite. « Vous pouvez en discuter avec Potter. Lui expliquer les fondements de cette tradition, mais lui rappeler qu'il n'a pas à la suivre. En fait, découragez-le, poussez-le à ne pas la suivre. »

« Severus, c'est un garçon de dix-sept ans. Vous souvenez-vous de ce que c'est, d'avoir dix-sept ans ? »

Snape ferma les yeux, se remémorant bien trop clairement la sensation d'être une masse grouillante d'hormones, prête à exploser à tout moment. Il se rappelait, aussi, à quel point il avait été flatté de l'attention qu'un homme plus âgé portait sur lui, à quel point il avait été tenté d'accepter son offre de le guider dans le monde, loin des murs de Poudlard. Pour finir, il n'avait eu qu'à s'abandonner à la tentation…

« Son père n'a pas suivi la tradition, » rappela-t-il, délaissant ses souvenirs. « Dites-le à Potter. »

« Son père était déjà amoureux de Lily Evans, » contre-attaqua Dumbledore. « Il n'était pas intéressé par quoi - ou qui - que ce soit d'autre. »

« Etiez-vous - » Snape s'interrompit, sentant soudainement qu'il n'avait pas envie de connaître la réponse à la question qu'il avait été sur le point de poser.

Une main agrippa gentiment son épaule. « Depuis que je suis Directeur de cette école, je n'ai été tenté qu'une seule et unique fois de faire une proposition, » déclara l'autre calmement. « Et ce n'était pas à James Potter. »

Son ancien élève acquiesça, incapable de parler tant sa gorge était serrée. Dumbledore pressa son épaule une seconde fois, avant de retourner derrière son bureau.

« Bien, nous ne pouvons guère changer le passé, mais en ce qui concerne le futur, n'est-il pas temps pour vous de profiter de la vie ? »

Snape le dévisagea, l'air suspicieux. « Si vous osez insinuer que je devrais me trouver une gentille sorcière et m'établir… »

« Rien de ce genre ! » le rassura joyeusement Dumbledore. « Cependant, il vous serait très profitable de quitter vos cachots quelques temps. De vous mêler à la jeunesse. Un peu plus de thé, Severus ? »

« Je ne vais pas Courtiser Harry Potter, » avertit le maître de potions en se rasseyant. Il observa le vieil homme qui remplissait sa tasse. « Alors vous pouvez d'hors et déjà arrêter de chercher à me manipuler, je ne me laisserai pas avoir une nouvelle fois - »

« Je n'ose même pas l'imaginer, cher ami. » Dumbledore tendit un plateau. « Biscuit ? »

Snape soupira profondément avant d'en prendre un. Parfois, il se demandait s'il valait vraiment la peine de discuter.

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(1)

NdT : Comme dans le premier chapitre, Severus fait un jeu de mot entre Worme et Worm, c'est-à-dire « ver de terre », en anglais… on voit qu'il tient Max en haute estime, vous ne trouvez pas ?