Je ne pouvais pas mettre le premier chapitre sans mettre le deuxième juste à la suite. J'aime bien les paires... comment ça je suis bizarre?

Ah! Au fait, tant que je vous tiens, j'ai très envie de poster une fic sur le Spamano (et oui encore) en "M", version écrite d'un doujinshi que les connaisseurs doivent déjà connaître. Si jamais ça en intéresse, levez le drapeau blanc qu'Italy distribue à l'entrée.

Hetalia n'a pas changé de maître.


DEUX.

- Bien dormi, Romano?

Aucune réponse.

- Tu pourrais répondre Lovi.

- Aucune réponse, ni aucun regard noir, ni aucune moue énervée. Le visage de Romano Vargas n'exprimait rien. Il avait à peine touché à sa tasse de café, et les tomates posées devant lui n'éveillèrent aucun appétit. Les autres nations le regardèrent se lever puis quitter la salle, perplexes.

- Il a un problème ton Lovi, Spain?

- Apparemment oui. Roderich, tu n'aurais pas une idée?

- Je ne suis pas votre psychologue personnel, Antonio.

- Egoïste.

- Inculte.

- Comment! Je suis tellement génial que je n'ai pas besoin de culture, moi monsieur! La culture vient à moi!

- Tais-toi Gilbert, tu me donnes mal à la tête.

- Un jour je te débarrasserais de ce balais que tu as dans le…

Alors qu'Elizabeta et Ludwig s'apprêtaient à réduire leur pote/frère en purée de patates allemande, un grand fracas leur parvint aux oreilles. Francis fut le plus rapide à réagir: « Ça vient du salon. Je crois que notre Romano national a encore fait une bêtise. ». La plupart des nations grogna et refusa d'aller voir. Veneziano força le Bad Trio et son amant à aller voir en sa compagnie, inquiet de nouveau, on rassura Belgique et on se dirigea vers la catastrophe.


- Mais comment il a fait, c'est du marbre. Ça ne se déplace pas comme ça.

- Il est peut-être aussi fort qu'Alfred.

- Dis-moi Antonio, tu l'as déjà fait porter ton taureau?

- Ça ne va pas non? Mon pauvre Lovi serait blessé si jamais je le laissais s'approcher de mon taureau. Quand il était petit, la moindre allusion à l'animal le faisait pleurer.

- Ah oui, je me souviens de leur rencontre.

- Normal, c'est toi qui l'as obligé à entrer dans le pré.

- Quelle idée merveilleusement géniale. BAM! Aieuh!

- Merci Ludwig.

- De rien, ça me démangeait depuis ce matin.

- Ma génialissime personne vous déteste!

Pendant que les « adultes » se chamaillaient encore, Veneziano était penché sur son jumeau, évanoui sur le canapé. Quand ils étaient entrés dans le salon, ils avaient cru avoir une attaque. Le pauvre Romano était écrasé par une colonne de marbre de décoration mesurant plus de deux mètres et ayant un poids en conséquence. Plus de peur que de mal, l'italien n'avait même pas saigné, mais il était parti pour un somme de plusieurs heures. Le cadet regarda attentivement le visage endormi. Romano n'était pas très souriant, pourtant il avait un sourire plus que charmant, les rares personnes à l'avoir vu pouvait en témoigner. D'ailleurs, Romano était plus que charmant. Il était beau. Veneziano l'avait toujours pensé, mais ne l'avait jamais dit à son aîné de peur de se recevoir une claque de sa part.

- Dommage qu'il fronce sans cesse les sourcils. Vee.

- Comment il va?

- Il dort. On devrait peut-être le laisser dormir.

- Et nous, où allons-nous prendre le café?

- Francis, le café peut se prendre aussi en terrasse, tu sais.

- Certes… très bien, laissons le dormir. Je vais prévenir les autres que tout est réglé.

- Ma génialissime personne t'accompagne, viens-là le coincé au balais!

- Lâche ma veste, Gilbert!

Spain remercia ses amis d'un hochement de tête. Il voulait une discussion entre « grands connaisseurs de Romano », à savoir son frère jumeau et lui. Quelque chose clochait chez son petit Lovi adoré.

- Veneziano…

- Vee?

- Il est comme ça depuis quand?

- Je n'ai remarqué que depuis une semaine… mais j'ai peur que ça ne dure depuis plus longtemps, je suis lent à remarquer les choses… désolé…vee

L'espagnol ébouriffa les cheveux de l'italien: « Ce n'est pas de ta faute, personne n'a remarqué. Mais je n'imaginais pas qu'il puisse aller jusque là… ».

Les trois autres n'avaient pas remarqué, mais lui connaissait Romano, tout comme Belgique. Petit, il avait tendance à tout vouloir regarder de trop près, et un jour ils l'avaient surpris avec un fusil de première qualité dans les mains. C'était dans cette pièce, sauf qu'à l'époque l'arme était posée en décoration sur le buffet près de la fenêtre. Depuis, on l'avait placé bien en haut sur le mur, et le seul moyen d'y accéder était soit l'échelle, soit l'escalade. Romano avait grimpé le long de la colonne pour pouvoir l'atteindre. Mais pourquoi?

Veneziano avait patiemment écouté Spain, réalisant l'urgence: « Il ne compte tout de même pas mourir! Veee! Je ne veux pas que mon grand frère meurt! Antonio, fais quelque chose! ». L'italien commençait déjà à sangloter et à appeler Ludwig à l'aide, comme au bon vieux temps. Il ne voulait pas que son frère disparaisse comme St Empire Romain Germanique, il l'aimait trop pour le laisser faire à sa guise. Si il fallait l'enfermer dans un placard jusqu'à la fin de ses jours pour le préserver, il était près à la faire. Il fallait qu'il aille voir Roderich, peut-être qu'une simple séance de psychanalyse l'aiderait… peut-être…

- Veee! Lovinooo! Ne m'abandoonnee paaasss!

- Italy, je ne crois pas que le secouer de la sorte va l'aider.

- Loovvviiiiinoooo!

- Laaachhee-mmooaaa, abrruutiii!

- Oh tu es réveillé?

- Pas étonnant, tu me secoues comme un prunier.

- Vee…

- Du tact Veneziano, du tact.

- Tu ne vas pas te faire sauter la cervelle, pas vrai? Vee! Hein, Romano, je ne veux pas moi!

- Gggh! Il faudrait vraiment que Ludwig lui apprenne le tact!

- Quoi? Mais ça ne va pas bien dans ta tête d'imbécile heureux! Tu veux que je me troue le crâne maintenant?

- Mais… le fusil… l'escalade…je ne veux pas que tu partes…veee

Les sanglots de son cadet calmèrent immédiatement l'italien qui tenta de le rassurer. Bien sûr que non il ne voulait pas se suicider, ça ne lui serait même pas venu à l'esprit. Il avait simplement voulu voir le fusil qu'on lui avait interdit de toucher quand il était gosse. Antonio essaya vainement de cacher ses gloussements mais ça ne fonctionna pas, décidément, quand son Lovi avait une idée en tête, il ne la lâchait pas. Même après plusieurs siècles, un vrai enfant butté. Les pleurs de Veneziano agissaient comme un radar sur les autres nations et bientôt toute la maisonnée vérifia ce qu'il se passait dans le salon. Au départ, beaucoup avaient crû voir une illusion d'optique mais finalement ils se firent à l'idée que Romano pouvait être aussi doux et rassurant que Lichtenstein quand il s'agissait de consoler son frère, l'Italie du Nord dans les bras de l'Italie du Sud, c'était beau à voir.


Le jeune homme s'était renfrogné dès que son frère s'était calmé. Quelques larmes et tout le monde accourait, lui il pouvait crever sous une colonne tout le monde s'en foutait. Gros soupire. À quoi bon espérer un peu de reconnaissance de la part des autres, il n'avait jamais rien fait pour améliorer les choses. Grincheux, geignard et chiant, voilà ce qu'il était. Il avait bien mérité qu'on s'occupe si peu de lui. Mais quand même… ne valait-il vraiment rien?

- Je peux m'asseoir?

Levant la tête, il fut surpris de reconnaître le frère d'Alfred, Matthieu. Et étrangement, sans son ours en peluche (quoi que… on n'avait jamais su si c'était une peluche ou un être vivant). Qu'est-ce qu'il lui voulait lui? Et puis pourquoi s'asseoir par terre avec lui dans ce couloir sombre alors qu'il faisait si beau dehors, qu'il aille s'amuser avec les autres, tiens!

- Tu me veux quoi Matt? Si c'est pour me demander un service tu peux toujours aller te faire voir!

- Tu sais qui je suis?

- Bien sûr, abruti! Je suis trop con pour ne pas reconnaître Canada quand je le vois en face de moi, c'est ça!

- Non euh… c'est juste que d'habitude tout le monde m'oublie alors…

Romano se calma immédiatement, il le savait ça. C'est d'ailleurs la première raison qui l'avait poussé à se rapprocher de Canada. Il trouvait ça injuste qu'on l'oublie, caché par l'ombre gigantesque d'America. Quelque part, il s'était senti proche de Matthieu. Mais peut-être n'était-ce qu'une impression, sans doute que Canda s'en foutait lui de son amitié, comme tout le monde… Le jeune homme timide s'assit à ses côtés, sur le sol. Ils restèrent ainsi plusieurs minutes, ne disant rien et ne se regardant même pas. Finalement, le canadien se pencha légèrement vers Romano: « Tu as peur qu'il t'abandonne, n'est-ce pas? ».

Romano écarquilla les yeux, tournant vivement le visage vers Matthieu, ils ne s'étaient pratiquement jamais parlés, comment un presque inconnu pouvait-il toucher dans le mille au premier coup! Et avec autant d'assurance!

- Ces dernier temps il passe beaucoup plus de temps avec ses amis qu'avec toi, et quand il revient il est beaucoup moins attentionné. Tu sais très bien qu'il n'a personne d'autre, mais tu sens qu'il n'est plus pareil. Tu as l'impression qu'il s'est lassé. Après tout, vous êtes ensemble depuis tant de siècles…

- Comment tu…

- A force d'être invisible j'ai appris à observer. Je connais les nations mieux que Poland. - Matthieu se mit à sourire d'une manière timide. Presque gêné de dire qu'il ne passait pas son temps à jouer avec son ours, comme beaucoup le pensait.

L'italien ne savait pas quoi dire, après tout Matthieu avait vu juste. Bien sûr il était chiant, et bien sûr, ne pas être plus apprécié des autres nations lui importait, mais quelque part, si Spain l'aimait toujours, le reste il s'en foutait. C'était niaiseux comme pensée, mais dans sa tête il n'y avait que Veneziano et Spain (et après les autres nations et les tomates mais là on s'en tapait). Surtout Spain. Veneziano, il avait tout: Rome Antique, Ludwig, le Bad Trio, Japan… oui. Veneziano avait tout, même Antonio.

Sans prévenir, Romano se mit à pleurer, la dernière fois qu'il avait pleuré autant c'était à l'époque où il avait cru qu'Antonio l'abandonnait, sur un chemin d'Espagne. Mais ça c'était arrangé, il s'était excusé (même si c'était à sa manière), là il ne pouvait pas s'excuser. Une nation ne choisissait pas de venir au monde.


A suivre (ça sonne toujours aussi bien ce genre de phrase?)...