Bon, chapitre deux, un peu plus long que le précédent. C'est en quelque sorte le chapitre 1 bis puisque prévu initialement comme la suite du chapitre 1. Je remercie les gens qui m'ont laissé des reviews, ceux qui suivent ou mettent en favoris. Et s'il y en a qui lisent sans rien faire d'autre, merci quand même. Et aussi, merci à Tonksinette, pour la correction et les conseils. Donc, lecteurs éventuels, bonne lecture.


Perestraivatʹ

Chapitre 2

Santana s'aventura dehors, une grosse écharpe lui tenant chaud, et regretta immédiatement sa promesse de ne pas utiliser sa voiture. S'il faisait encore assez jour pour se retrouver dans les ruelles qui entouraient son logement, elle doutait qu'il en soit de même à la nuit tombée, quand il sera question de rentrer. La voiture lui avait jusque là permis de ne pas songer à ce qu'il se passait, quels genre de personnes peuplaient ce monde. Non pas qu'elle avait peur, mais son propriétaire l'avait prévenue - le quartier est mal fréquenté, ma petite dame. Mais elle savait se défendre. Elle avait grandi dans ce genre de quartiers, elle s'y connaissait. Elle n'avait pas peur.

Elle marcha une vingtaine de minutes, se réchauffant en tapant dans ses mains et remontant son écharpe sur ses oreilles.
Elle arrivait dans les beaux quartiers, des maisons entourées de petits jardins entretenus, tous équipés d'une piscine et de balançoires.
Elle pénétra dans un de ces jardins, et sonna vivement, priant pour qu'on lui ouvre vite. Effectivement une jeune femme apparut et accueillit Santana avec un sourire chaleureux.

- Santana ! Tu vas bien ?
- Ton mari n'est pas là ? Demanda t-elle, faisant fi de la question qu'on lui avait posé.
- Non, il... Il a emmené les enfants au cinéma.
- Je le savais. Il ne m'aime pas.
- En fait... Il ne te trouve pas très fréquentable, fit son amie avec un petit sourire contrit.
- Je me demande bien pourquoi.
- Santana...
- Bon c'est pas que je t'aime pas Blondinette, mais j'ai froid alors permets moi de rentrer me mettre au chaud.
- Oh oui, bien sûr.

La blonde en question se poussa et Santana s'engouffra dans l'entrée. Elle prit le temps de déposer correctement son manteau dans la penderie, non pas en le jetant comme elle en avait l'habitude. Elle passa devant une statue de Jésus qui n'était pas là lors de sa dernière visite et, si elle haussa un sourcil, elle ne fit aucun commentaire.

- Au fait, Nain de jardin et Géant vert vont venir ? Questionna Santana.

Son amie partit d'un léger rire et s'installa dans un fauteuil du salon.

- Bon, j'ai commandé japonais, et on regarde des films, ça marche ?
- Quinn, je t'adore, assura la brune. Je peux voir le programme ?

Quinn lui tendit une pile de DVD et Santana regarda les titres attentivement. Elle lâcha un petit cri en voyant le troisième et Quinn soupira.

- Une comédie musicale ? Ne me dis pas que tu as choisi ça pour le Nain de jardin. Dis moi que ce n'est pas ça, supplia Santana.
- J'étais bien obligée, grogna Quinn. Juste après que je t'ai envoyé le message, Finn m'a appelé pour me dire qu'ils passaient dans le coin et qu'ils aimeraient nous voir.
- Tu n'avais qu'à refuser !
- Ils n'étaient pas disponibles un autre soir, et ça fait longtemps qu'on ne sait pas vu.
- Exact, et je me porte bien mieux ainsi.

Quinn leva les yeux au ciel puis servit le repas. Elles parlèrent de leurs vies respectives, tellement opposées que chacune s'intéressait à ce que disait l'autre. Alors que Santana avait peiné depuis tant d'années pour vivre dans la misère, Quinn elle avait enchaîné les petits boulots dans l'Ohio, rêvant de partir elle aussi. Et un jour, elle en avait eu l'occasion. Elle l'avait rencontré dans un café. Il était beau, viril, riche et propriétaire d'une chic maison à Los Angeles. Quinn était partie avec lui après qu'il lui ait avoué être chrétien. Femme au foyer, c'était désormais l'heureuse maman de deux petites têtes blondes.
Quand elle avait retrouvé Santana, elle avait tout d'abord voulu lui offrir de l'argent. Mais Santana prenait ça pour de la pitié et tout ce que Quinn réussissait à lui faire accepter, c'était des invitations à dîner.

Aussi lorsque Santana lui dit qu'elle avait été renvoyée, son premier réflexe fut de lui proposer une aide financière. Santana soupira d'agacement et enchaîna sur les difficultés que présentait sa bestiole, elle maudit se anciens collègues, ce qui eut le don de faire rire Quinn, et pour finir dit qu'elle avait un rendez-vous le lendemain pour déterminer ses centres d'intérêts afin de trouver un emploi.

- Et pourquoi tu ne tenterai pas de nouveau ta chance comme cheerleader ? Questionna Quinn.

Santana se crispa, finit son verre mais resta muette. Quinn avait mis fin à ses activités de cheerleader en arrivant ici mais contrairement à son amie, elle adorait en parler et se tenait au courant de l'actualité.

- Ou alors comme chanteuse. Tu as une voix magnifique.

Santana éclata de rire.

- Voyons, toi comme moi savons bien que je ne peux pas réussir dans cette voie, répliqua t-elle. Il n'y a que petite Baie qui a réussi, ajouta t-elle après réflexion.
- Écoute Santana, tu as du talent et tu en veux. Et sans me vanter, à part moi, tu es la seule personne de ma connaissance à tout faire pour réussir. Et...
- Mais réfléchi Quinn ! S'emporta Santana. Le Glee club, le lycée, l'innocence, c'est fini tout ça ! Il n'y a plus que nous, face au monde et sans aide ! Sans aide, nulle part ! Tu comprends ça, tu comprends ?
- Je suis désolée...
- Non. Non, tu ne l'es pas, ricana la brune. Tu sais pourquoi ? Tu ne comprends pas. Tes parents, ton mari, tes amis, ils t'ont tous protégé de cette jungle. Tu as vécu dans un cocon doré et tu n'as jamais connu la souffrance !
- Comment oses-tu ? Hurla Quinn. J'étais enceinte au lycée !
- Oh oui, c'est dramatique ! Se moqua Santana. Un petit incident de parcours, horrible !

Quinn s'apprêta à riposter quand on sonna à la porte d'entrée. Quinn referma la bouche et lança un regard venimeux à Santana qui le lui rendit. La blonde ouvrit à une Rachel rayonnante et un Finn un peu gêné. Rachel serra Quinn dans ses bras puis poussa un petit cri en voyant Santana et se précipita sur elle.

- Moi aussi je suis absolument ravie de te voir, Berry. Si tu pouvais me lâcher maintenant, ce serait tout aussi bien.

Santana salua Finn d'un hochement de tête et ils s'assirent tous. Quinn lança le DVD.

- Oh, Wicked, une de mes préférées ! S'exclama Rachel. Ceci dit, je l'ai interprétée il y a deux mois, je jouais Elphaba et un critique a même dit que j'étais meilleure que Idina Menzel ! Et mon interprétation de For Good était trois fois mieux que celle-là, continua t-elle en toute modestie.
- Oui, elle était vraiment brillante, époustouflante ! Affirma Finn.

Rachel lui sourit et ils s'embrassèrent. Santana grinça des dents et le regard que lui lança Quinn la dissuada de faire une seule remarque. Ils n'eurent pas besoin d'alimenter la conversation, Rachel s'en chargea seule. Elle parla d'elle, de son couple avec Finn, d'elle, de ses performances, d'elle, de sa célébrité.

- Et donc demain, cela fera deux ans qu'on est marié ! Finit Rachel.
-Génial ! Les félicita Quinn.
- Super, renchérit Santana. Écoute, ce n'est pas comme si je m'en fiche complètement ou que je l'avais complètement oublié, mais je n'ai pas de cadeau pour célébrer ça ou quoi que ce soit -on célèbre deux ans de mariage, d'abord ? Mais j'aurais aimé, vraiment.
- Bien sûr Santana, on y croit tous, plaisanta Finn.

Cette dernière lui lança un petit sourire entendu et leur attention se reportage sur le film.
À la fin du lycée, Rachel était allée à la NYADA, devenant un peu plus brillante chaque jour qui passe. Elle avait fini ses études après trois ans, et cela faisait maintenant une année qu'elle faisait de véritables représentations, et elle était devenue la jeune star montante de Broadway.
Finn quant à lui avait effectué son service militaire en deux ans, puis était parti retrouver Rachel à New-York où il l'avait suppliée de l'épouser -mais il n'avait pas eu à supplier longtemps. Ils vivaient désormais dans un grand appartement surplombant la ville, avec une vue époustouflante. Finn était aussi à la tête d'un restaurant faisant partie d'une grande chaîne de restauration. C'était Rachel qui l'avait poussé dans cette voie, lui racontant qu'il était doué pour ça et qu'avant de devenir une véritable star, elle gagnerait peu d'argent et refusait de vivre comme une pauvre. Ainsi plus Finn pourrait ramener d'argent, mieux ça serait, avait-elle conclut.
Leur bonheur était trop parfait, songea Santana. Rien n'était venu perturber leurs projets, ils avaient eu ce qu'ils voulaient. Quinn aussi, même si elle n'avait pas imaginer sa vie ainsi, elle était heureuse. Elle était même en bons termes avec Finn, alors que, d'après Santana, elle avait tout pour lui en vouloir. Ils avaient tous réussi. La vie leur souriait, ils n'avaient pas peur du lendemain.
Et Santana les détestait pour ça. Tout la différenciait d'eux, de sa couleur de peau à ses perspectives d'avenir. Et c'est pour cela qu'en c'est instant précis, elle ne se sentait pas à sa place ici et avait besoin de montrer, coûte que coûte, qu'elle pouvait être comme eux, avoir un mari, un emploi, de l'argent. Elle le voulait et, après tout ce temps, le méritait. Elle reporta son attention sur la conversation lorsqu'elle n'entendit plus les mots « Rachel, Broadway, mariage ».

- Et donc quand nous sommes passé dans l'Ohio récemment, on a vu Tina qui paraissait très inquiète pour sa mère, il faut dire qu'elle est très malade.
- Pauvre Tina, déjà qu'elle est coincée là-bas, mais en plus avec sa mère...
- Et alors ? Intervint Santana. Peut être qu'elle se plaît à Lima.
- Ne sois pas ridicule, répliqua Quinn. Je ne connais pas une personne qui soit heureuse de ne pas avoir quitté la ville. Heureusement que nous avons réussi.
- Je ne vois pas de quoi tu parles. Si nos parents y ont fait leur vie, ça veut bien dire que c'est possible !
- Dans ce cas, prouve-le, lança son amie, narquoise.
- Très bien. Demain... Demain, je fais mes valises pour l'Ohio.

Les autres la regardèrent, ne sachant pas trop s'ils devaient rire ou être effarés. C'est finalement Finn qui brisa la glace.

- Santana, ne fais pas ça.
- En fait, et tu as tout à fait raison, tu es jalouse de nous. Je peux le comprendre tu sais, je suis riche et célèbre, mariée à l'homme le plus gentil du monde et toi, tu es seule, pauvre, tu n'as pas de copain. Ça doit être dur pour toi, mais ne te sens pas obligée de faire tes preuves ainsi.
- Oh, la ferme Berry, la coupa Santana.
- J'ai fait beaucoup d'erreurs dans ma jeunesse, mais je te jure que celle que tu t'apprêtes à faire en retournant là-bas est pire que tout, tenta de la raisonner Quinn.
- Je n'ai pas le choix, fit la brune, les larmes aux yeux. Tu ne vois donc pas ? Vous avec tous réussi en partant. Même Géant vert. Ce n'était pour ma part pas une bonne idée. J'ai échoué et... Je dois tout reprendre à zéro, tu vois ? Retourner là où j'ai grandi. C'est un début. Et puis, mes parents pourront m'héberger.
-Tu n'avais pas dit que tu ne voulais pas de leur aide ? Questionna Rachel en ouvrant de grands yeux étonnés.
- Si je ne m'en sors pas dans deux semaines, je crève dans la rue. Je préfère, pour une fois, mourir de honte et retourner là-bas.
- C'est un choix compréhensible, concéda Finn. Tu vas nous manquer.
- Ce n'est pas réciproque cependant, assura Santana.

Quinn éclata d'un rire franc et la serra dans ses bras, lui murmurant bonne chance. Santana prit congé et, enfilant son manteau, sortit dans la nuit noire. Elle fut un peu effrayée par le ténèbres et pressa le pas.
Sa décision était on ne peut plus stupide et irréfléchie, mais elle allait s'y tenir. Tout simplement pour ne pas leur donner raison, pour s'entendre dire "je te l'avais bien dit !". Et après tout, peut être avait-elle réellement une chance là-bas ? Elle se dégoûtait. Elle était incapable de mener à bien sa vie, elle se trouvait minable et misérable.
Il faisait presque complètement nuit désormais et Santana se demanda comment elle pourrait payer son aller simple vers l'Ohio.
Elle ne se rendit compte qu'elle arrivait à destination que quand un cordon l'empêcha d'accéder à sa rue.

- Excusez-moi, j'habite ici et...

La fin de sa phrase resta suspendue. Santana se figea d'horreur, contemplant le paysage de désolation qui s'étalait devant elle. Tout brûlait. Sa rue, son immeuble, son appartement. Ses économies.
Elle sentit ses genoux se dérober sous elle et elle tomba à terre. Elle fixa les flammes sans les voir, elle sentit le brûlé, elle vit des échafaudages s'effondrer. Cependant, elle ne comprenait pas ce qui se passait devant elle, elle n'assimilait pas ce que cela représentait pour elle.

- Madame, ne restez pas ici, c'est dangereux...
- Mademoiselle, répliqua t-elle automatiquement.

Elle sentit des mains se poser sur ses épaules, la soulever, l'emmener loin du drame. Elle s'entendait hurler, crier des obscénités. Elle se débattit, elle voulait y retourner, reprendre son argent. Ses billets, réduits en cendres. Ses joues étaient mouillées de larmes et elle n'avait plus de voix. Elle tremblait de tout son corps et se mit en marche en titubant. Elle ne savait pas où aller, mais elle continua, tout droit.

Elle devait être dehors depuis plusieurs heures maintenant, tant elle avait froid. Elle s'arrêta et se laissa tomber contre un réverbère. Elle allait, après toutes ces précautions pour que cela n'arrive pas, passer sa première nuit dehors.
Ses paupières commençaient tout juste à s'alourdir quand elle entendit des voix qui semblaient se rapprocher d'elle. Elle était assez alerte pour situer qu'ils étaient quatre, des jeunes hommes qui par l'intonation de leurs voix devaient être ivres mort. Elle se redressa sans faire de bruit, espérant que la pénombre la dissimulerait. Peine perdue, l'un d'eux cria comme un gosse apercevant le père noël et agita les bras dans sa direction.
Ils s'approchèrent d'elle et elle s'adossa contre le mur en leur souriant. Elle réfléchissait activement à un moyen de leur échapper, se disant qu'elle avait au moins l'intelligence pour elle, l'idiotie et la boisson contre eux. La peur l'envahissait peu à peu, et elle se sentait à deux doigts de trembler. Mais elle se souvint aussi de ce que lui disait toujours son abuela, d'être forte en toute circonstance. Elle avait déjà failli se faire agresser, et ce n'était pas ces hijos de puta qui allaient la faire s'incliner.

- Salut chérie, lança le plus grand d'une voix bourrue.
- Hello, porcinet, répliqua Santana.

Il souffla, furieux d'être traité de la sorte et se rapprocha un peu plus, son haleine de bouc emplissant l'air.

- Hé, si on s'amusait un peu, poupée ? Continua t-il cependant, les autres riant derrière. Tu es docile, et je ne t'abîme pas.
- On n'a pas la même signification du mot "s'amuser" dans ce cas.
- Oh allez, détends toi un peu ! Lui dit le petit blond, goguenard.

Ils l'acculèrent dans un coin et Santana serra les dents.

- Laissez-moi, menaça t-elle.

Elle repoussa le blond hargneux qui se releva en vociférant de rage et de douleur. Un brun avec une tête de fouine attrapa les bras de Santana par derrière et elle lâcha un petit cri. Le blond revint à la charge et la frappa au visage. Elle tomba, à moitié assommée pendant que du sang envahissait sa bouche. La peur prit le dessus sur le reste et elle se releva, chancelante, tentant de s'échapper. Le grand la rattrapa et lui caressa la joue en riant. Elle se démena comme un beau diable, hurlant à un pleins poumons avant qu'un coup au ventre ne la fasse taire. Des larmes ruisselèrent le long de ses joues tandis qu'elle essayait de rassembler son courage pour se relever. Le quatrième, un brun svelte, tenta de lui enlever son haut mais elle le mordit furieusement. Celui à la tête de fouine lui saisit les cheveux et elle cria de plus belle alors que le grand sortait des ciseaux de sa poche. Ils l'obligèrent à se mettre à genoux.

- Lâchez-moi, lâchez-moi, murmura Santana. Laissez-moi partir.

Pour toute réponse, celui qu'elle avait mordu s'avança, une lueur malsaine allumant son regard.


La clarté devint d'un coup éblouissante, passant du noir le plus sombre au blanc le plus pur, et Santana dut se résoudre à ouvrir les yeux. Elle resta ainsi à fixer le plafond quelques minutes. Rien ne bougeait autour d'elle, si bien qu'elle en conclut qu'elle était seule dans la pièce. Elle tenta de se redresser et la tête lui tourna, ce qui l'obligea à refermer les yeux. Quand elle les rouvrit, elle prit le temps d'examiner la pièce dans laquelle elle se trouvait.
C'était apparemment une pièce circulaire, très simplement meublée. Les murs blancs étaient ornés d'un unique tableau, une nature morte que Santana jugea de très mauvais goût. Elle se trouvait dans un lit double et en face d'elle une table était poussée dans un coin et deux chaises étaient disposées à côté. Un vase avec des fleurs et des clefs ainsi qu'un portefeuille étaient posés sur la surface. Sur l'une des chaises étaient posé un gilet en laine bleu foncé.
À gauche, elle trouva une armoire à côté de laquelle on avait posé un sac de voyage. De l'autre côté du lit, un canapé crème et une porte vitrée qui donnait sur un petit balcon. Un jeune homme y était assis, tournant le dos à Santana. Ses cheveux bruns étaient impeccablement coiffés et il avait l'air assez grand.

Santana bougea un peu et il se retourna. Il se leva prestement et s'approcha d'elle, un sourire au coin des lèvres.

- Hey, j'avais peur que tu ne te réveille jamais.
- J'ai dormi longtemps ? Questionna Santana.
- Plus qu'une personne normale, en tout cas ! Plaisanta le brun.
- Je suis fatiguée en ce moment, se défendit t-elle.
- Je ne voulais pas t'offenser. Tu avais besoin de sommeil. Surtout après ce qu'ils t'ont fait.
- Ouais, c'est ça. Et, on est où déjà ?
- Désolé, je manque à tous mes devoirs. Je sortais d'un bar quand je t'ai entendu hurler. À peine m'ont ils vu arriver avec mes amis qu'ils ont détalé. Tu étais dans un sale état.
- C'est à dire ? Ils sont allés... Jusqu'au bout ?
- Je ne sais pas. Je crois que le blond, oui.
- Mon dieu... C'est pas possible, je n'ai pas...

Elle ne put finir sa phrase et se prépara à fondre en larmes, mais elles ne vinrent pas. Elle ne savait pas trop ce que cela signifiait, comme si elle ne réalisait pas totalement ce qu'elle avait subi. Elle ne comprenait plus rien du tout et ouvrit la bouche, hébétée. Plus elle se repassait ce qu'elle venait d'encaisser, moins tout cela avait de sens. C'était trop irréel. Elle ne pouvait pas tout avoir perdu en moins d'une journée. Tout cela lui rappela ce jour où sa vie avait basculée une première fois. Et c'était comme si ces dernières années elle avait tenté de remonter en haut de cette pyramide. Mais en cours de chemin, elle était de nouveau tombée, et se retrouvait sans rêve cette fois. C'est le rapprochement avec son accident qui lui fit reprendre contact avec la réalité. Elle ouvrit de nouveau la bouche, et éclata en sanglots. Le jeune homme la regarda d'un air désolé et lui passa un bras sur les épaules dans une tentative de réconfort.

- Heu, si ça peut t'aider ou quoi que ce soit, un de mes amis a foutu un bon poing au blond, et hum... Ils étaient tellement soûls qu'ils ont voulu te couper les cheveux, mais ils tremblaient trop pour tenir les ciseaux. Tu as juste quelques bleus, c'est tout.
- Et besoin d'un suivi psychologique aussi, lâcha Santana entre deux sanglots, sarcastique.
- Euh, sans doute, hésita t-il, ne sachant vraisemblablement pas comment prendre cette déclaration.
- Enfin bon. Tu as sauvé une demoiselle en détresse, je suppose que ça fait de toi un "gentleman" et que je dois t'en être éternellement reconnaissante ?
- Si seulement c'était aussi simple, répondit le brun vaguement.
- Et donc, c'est ta chambre ? Tenta Santana pour changer de sujet.
- Non. Chambre d'hôtel. Je n'habite pas ici.
- J'aurais du m'en douter. Personne n'accroche ça, fit elle en désignant le tableau, dans sa propre chambre.

Son interlocuteur éclata d'un rire franc.

- La demoiselle en détresse semble assez déterminée à dire ce qu'elle pense.
- Oui, et d'ailleurs là, elle a faim. C'est l'heure du déjeuner ?
- En quelque sorte. Si tu veux, tu peux faire une rapide toilette avant de descendre.

Il lui indiqua la salle de bain, et elle s'y enferma avant de souffler un bon coup. Elle se rendit compte qu'elle était en chemise de nuit et que ses vêtements l'attendaient, sagement posés sur un fauteuil. C'est ce fauteuil qui fit relever la tête à Santana, et elle examina autour d'elle. La baignoire était d'une dimension tout à fait acceptable, les toilettes étaient dans une pièce à part et un imposant miroir surplombait le lavabo. Elle remarqua avec amertume que son ancien appartement n'était pas vraiment plus grand que cette pièce. Elle s'habilla, se coiffa rapidement et tout en faisait, réfléchi à la situation. Elle n'avait plus de toit, sans doute plus de chat. Plus d'argent, en un mot, plus rien. Le besoin de retourner dans l'Ohio se fit plus pressant. Même si cela ne l'enchantait guère, elle devait rentrer chez elle, chez ses parents, leur avouer ses faiblesses et leur demander de l'aide. Mais elle refoula cette pensée très loin, pensant à l'instant présent. Elle était seule dans une chambre d'hôtel avec un jeune homme qu'elle trouvait très désirable.

- Au fait, tu ne m'as dit comment tu t'appelais ? Cria Santana pour qu'il l'entende de l'autre côté de la porte.
- Blaine.


Mot de l'auteure : Même si je ne supporte pas Rachel, je trouve ça étrangement fun d'écrire sur elle. Et "petite Baie" en référence à Berry qui signifie Baie en anglais pour ceux qui ne le savent pas. Pour Finn, je sais pas, mais je le vois bien restaurateur, donc bon. Je voulais que Rachel joue Elphaba car Idina Menzel a interprété le rôle très longtemps (et même très bien, haha) et que dans Glee, elle joue Shelby, la mère de Rachel. Donc bon, on va me dire osef, mais c'était un petit clin d'oeil.