Bonne lecture
Loupdu77 : Oh merci beaucoup, me voilà toute flâtée haha. En effet, c'est un peu triste et cruel, mais ce sont des choses qui arrivent et en ce qui concerne Molly, je trouve qu'elle devrait lui tenir tête comme ça à chaque fois :) (l'espoir fait vivre n'est-ce pas?) J'espère que ce deuxième chapitre te plaira. Bisous
"Sometimes the only way to catch your breath is the lose it completely"
Tyler Knott Gregson
Installé dans son fauteuil, Sherlock se repositionna pour la énième fois. Le malaise qui s'était emparé de lui depuis hier le gênait, l'handicapait. Il devait faire quelque chose. Pour que ce sentiment s'en aille, pour qu'il puisse retourner à ses habitudes réconfortantes. Molly devait lui pardonner son absence d'acte. Il frappa ses poings contre les reposes bras et soupira d'agacement. Il s'apprêtait à appliquer le 4ème patch de nicotine lorsque John passa sa tête dans l'entrebâillement de la pièce.
- Lestrade au téléphone. Annonça le médecin
- Je n'ai pas le temps, qu'il se débrouille sans moi répondit Sherlock en secouant sa main au loin
- Il semble insister Sherlock. Réponds-lui et dis-le lui toi même.
Plus qu'agacé, le détective consultant s'empara brutalement du téléphone avant de répondre sèchement :
-Qu'est-ce qu'il se passe bon sang ? Anderson est-il vraiment incapable de se charger d'un simple meurtre en famille ?
- Ferme-la Sherlock ! Je ne sais même pas pourquoi je t'appelle, parce que tu ne mérites certainement pas de le savoir et qu'elle ne voudrait pas que tu le saches non plus ! Tu es un bel enfoiré mais malheureusement tu es aussi doué. Molly a été agressée à quelques mètres de chez elle tard dans la nuit. Sherlock bondit de son siège, l'horreur se dessinant peu à peu sur son visage, il déglutit. Elle, elle a été retrouvée par un voisin quelques minutes après l'attaque, elle est à l'hôpital. Et toi et moi Sherlock savons exactement qui est fautif. C'est à cause de ce que tu lui as demandé de faire qu'elle est sur un lit d'hôpital et parce qu'après tout ce qu'elle a fait pour toi, tu l'as abandonné encore une fois. Mais c'est terminé tout ça ! C'est la dernière fois que tu te sers impunément d'elle tu m'entends ? elle mérite bien mieux que toi, malheureusement pour elle, elle ne le comprend pas. Il soupira avant de reprendre. Elle est au 5ème étage, chambre 512. Elle est sédatée, si tu veux aller la voir pendant qu'elle n'est pas en mesure de poser ses yeux innocents et détruits sur toi. Oh et rappelle bien à John qu'il n'est pas mieux que toi dans cette histoire. Vous semblez vous être bien trouvés.
Si quiconque lui demandait, il assurerait qu'il avait pris la nouvelle de façon tout à fait distante. Qu'il ne s'était pas précipité dans les escaliers pour surgir devant le premier taxi qui passait. Qu'il s'était contenté de raccrocher calmement et d'annoncer avec la maitrise dont il était capable la nouvelle à John. Il expliquerait également que lorsqu'il l'avait aperçue, frêle et pâle dans l'immensité du lit blanc, rien en lui ne s'était brisé. Qu'il ne s'était pas senti si malade qu'il dû retenir un relent. Il aurait affirmer également que son regard était objectif, qu'elle n'était qu'une énième affaire, ça ne serait pas dur à faire croire pensa Sherlock, après tout, tout le monde semblait penser que Molly n'était pas indispensable, à commencer par lui, avant. Et il avait eu si tort. Non, le monde extérieur ne verrait jamais à quel point la vision de la pathologiste, sa pathologiste l'avait ravagé. Il serait l'acteur et le premier spectateur de cet immense mensonge. Parce qu'il était encore impossible pour Sherlock d'accepter ce sentiment d'impuissance et de fragilité. Alors il perpétuera l'image du parfait sociopathe. John, cependant, n'était pas dupe. Il avait appris, au fil des années passées à ses côtés, à déceler les moindres émotions qu'il tentait de cacher.
Ils restèrent à son chevet une heure durant, Sherlock se tenait si loin d'elle que John doutait qu'il soit réellement en mesure de l'apercevoir. Bien évidemment, Sherlock étant Sherlock, il avait sans aucun doute possible, listé le nombre d'hématomes qu'arboraient la jeune femme, leur physiologie, le degré de gravité et leur localisation. Il avait également aperçu la plaie sur la sphère temporale droite de son crâne. Et puis son regard était arrivé à son cou, d'où l'on pouvait distinguer l'empreinte des mains de son agresseur. John fut parcouru d'un frisson d'horreur, les dégâts que l'on pouvait voir n'étaient qu'une partie infime de l'iceberg. Ils n'avaient pas eu le courage de soulever les couvertures, les deux hommes bien trop effrayés de ce qu'ils pourraient y découvrir.
- Je, je crois que je devrais prévenir Mary. Il se leva sans un bruit avant de quitter la pièce. Je reviens dans quelques minutes. Sherlock ne répondit même pas, soulagé d'avoir enfin la possibilité d'être seule avec Molly.
Il s'approcha d'elle aussitôt que John passa le pied de la porte. Il scruta consciencieusement son visage et avant même de s'en rendre compte et de pouvoir s'arrêter, il laissa ses doigts glisser le long de sa joue, plaçant quelques mèches derrière son oreille. Sa peau était chaude, trop chaude. Il ne retira pas sa main, il se convainquit qu'il le faisait pour que ça l'apaise mais en réalité, l'effet était plus efficace pour lui.
- Ça n'aurait jamais dû t'arriver Molly. Il baissa les yeux avant de rajouter. Et je m'en excuse.
Les pas de John se rapprochèrent de la porte, Sherlock se leva promptement et reprit sa position initiale, au coin de la pièce. Il prétendit être occupé dans un recoin de son esprit lorsque son meilleur ami pénétra dans la pièce en rangeant son portable dans la poche arrière de son pantalon.
- Est-ce que tu as vérifié si elle portait d'autres blessures en dehors de celles au visage et aux membres supérieurs ? s'hasarda John
- Non. Il n'est pas difficile de savoir que Molly n'apprécierait pas que je le fasse tant qu'elle n'est pas consciente. Je n'approuve pas cette façon de penser mais je pense qu'il serait préférable de ne pas trop la contrarier. Principalement en vu de ce que nous allons faire.
- Ce que nous allons faire ? Je peux d'ores et déjà sentir que je ne vais pas apprécier ce qui va suivre
- Nous allons amener Molly chez nous. John le coupa
- Nous devons être les dernières personnes dont Molly accepterait l'aide, encore moins un hébergement. Elle ne sera jamais d'accord Sherlock.
- Qui a parlé de consentement ? Elle vient avec nous maintenant !
- Maintenant ? la voix de John était un parfait mélange d'incrédulité et d'indignation. Elle est sédatée ! On ne peut pas sortir quelqu'un d'un hôpital sans qu'elle ne soit consciente ! J'ai entendu beaucoup de choses insensées venant de toi, mais kidnapper Molly pour qu'elle soit obligée de rester chez nous, ça, ça faut l'avouer c'est une grande première. Ses mains semblaient elles aussi vivre le dialogue, gesticulant d'un endroit à l'autre.
- Je ne le peux peut être pas, mais Mycroft, lui oui. Et elle n'est pas inconsciente, elle s'est réveillée plusieurs fois.
- Tu as appelé ton frère pour qu'il te vienne en aide ? Sherlock lâcha un grognement d'indignation en guise de réponse. Et ouvrir les yeux en mâchant trois mots complètement incohérents ce n'est pas être conscient Sherlock ! Et je le sais parce que je suis médecin. Il secoua la tête en signe de défaite avant de reprendre. Très bien, tu sais quoi, tu te débrouilleras avec elle lorsqu'elle se réveillera, et cette fois-ci réellement, dans ta chambre. Il posa son regard sur le détective qui, pour la première fois depuis des jours, arborait un large sourire, clairement satisfait de la tournure des évènements.
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Sa tête lui faisait affreusement mal, elle sentait les pulsations de son cœur au niveau de ces tempes. Son corps tout entier semblait s'être ankylosé, elle tenta de bouger une de ses jambes et ne put réprimander un hoquet de douleur. Elle porta sa main à son visage et ouvrit les yeux avec précaution. Elle ne fut pas accueillie par une lumière aveuglante comme elle l'avait prédit. Rien n'avait changé, une obscurité quasi parfaite l'entourait. Elle se remémora avec horreur son agression. Tout à coup submergée par la panique, elle tenta en vain de se sortir des draps qui l'enveloppaient. C'est à ce moment qu'une voix la transperçant jusqu'à l'essence même de son être résonna dans la pièce.
- Molly, reste tranquille ! Tu es en sécurité. Elle ne tenta même pas de masquer un grognement sarcastique. Elle s'adossa à la tête de lit et ferma les yeux quelques instants, les vertiges menaçant de prendre le dessus.
- Qu'est-ce que je fais ici ? Sa voix était rauque et demandait une réponse immédiate
- Tu as été agressée
- Oh vraiment ? C'est fou, j'aurai dû le savoir, j'y étais en plus. Elle tenta à plusieurs reprises de s'extirper du lit. Il faut que je m'en aille.
- Non, Molly, arrête ça tout de suite ! Il posa ses deux mains sur ses jambes et les ramena au centre du lit, il en profita pour s'asseoir à ses côtés. La jeune femme se raidit au contact. Il retira ses mains et baissa le regard. Pardon. Je n'aurais pas dû te toucher, après une agression il est commun de se…
- Laisse moi m'en aller Sherlock.
- Tu ne partiras pas d'ici. Que ça te plaise ou non, tu resteras avec nous, avec moi.
- Non, c'est le dernier endroit qu'il me faut, tu entends ? Je ne veux rien de tout ça. Je veux simplement qu'on me laisse tranquille. Qu'on m'oublie, que je redevienne invisible. Je n'ai pas besoin de ça ! Je n'en veux pas. Elle tenta une nouvelle fois de s'échapper de ses draps frénétiquement jusqu'à ce que Sherlock l'attire contre son corps. Les larmes qu'elle ne voulait pas montrer, se mirent à couler sans retenue. Je ne peux plus continuer, je ne le peux pas. Les mots, qu'elle répétait tel un mantra, résonnaient douloureusement en Sherlock.
Il ne bougea pas, et cela même après qu'elle se soit endormie contre lui, les sillons créés par les larmes toujours visibles sur son visage pâle. Il justifia sa présence par un besoin clairement visible de Molly. Et puis au fil des minutes, alors qu'il dessinait du bout des doigts des schémas sur la peau de la jeune femme, il ne jugea plus utile de se mentir. Il était là parce qu'il en avait besoin lui aussi. Parce que Molly, qu'elle le veuille ou non, s'était immiscée dans sa vie, dans son cœur, non se corrigea-t-il trop effrayé que John puisse d'une manière ou d'une autre l'entendre ne serait-ce que l'envisager. Dans sa tête, il acquiesça, voilà qui semblait plus adéquat. Mais avant qu'il ne puisse le lui faire comprendre, il avait deux ou trois affaires à régler. Il vérifia que Molly soit bel et bien endormie avant de déposer un léger baiser sur une de ses tempes. Il inspira longuement le parfum floral mélangé à une note de désinfectant et se leva, ne s'arrêtant que pour enfiler son manteau et son écharpe, avant de claquer la porte derrière lui. Laissant John, qui levait tout juste la tête de son journal, dans l'ignorance la plus totale.
Et voilà ce deuxième chapitre, qui je l'espère plaira autant que le premier, à tout bientôt pour un nouveau chapitre, et de nouvelles aventures que vous ne voulez pas manquer.
Kelly
