Joyeux Noël en retard et Bonne Année en avance !
Rating : M
Pairing : AkaKuro (+ one-sided AoKuro et one-sided KiseKuro)
« J'aimerais bien être heureux, même si je ne sais pas ce que ça veut dire... J'en ai marre d'être malheureux. »
Dr. House
Scène 02
o
– Je veux que tu te mettes en couple… avec un membre de la Génération des Miracles.
… Hahaha ! Sacré Shirogane ! Toujours les mots pour rire n'est-ce pas ? Il devait quand même pas mal s'ennuyer pour sortir de pareilles conneries. Ou bien était-il déjà devenu sénile malgré le demi siècle qui lui restait à vivre ? Non non non, on parlait de Kozō là, l'homme increvable qui n'avait jamais choppé de rhume ni de grippe de toute sa vie jusqu'à présent. Je parie même qu'il n'a jamais eu la varicelle qui touche pourtant 90% de la population… !
– Vous n'êtes pas sérieux ?
– J'ai l'air de plaisanter ?
Mon rire jaune se coupa net. Le regard fixe du président n'avait pas changé d'un poil depuis tout à l'heure, montrant bien à quel point il ne blaguait pas. Ce fut à moi de devenir sérieux.
– C'est impossible, lançai-je.
– Ça l'est.
– Avec ces dégénérés totalement ingérables ? Vous m'auriez dit Momoi j'aurais compris, mais avec EUX… !? Des mecs en plus de ça !
– Ça ne choque plus personne de voir ce genre de couple de nos jours, fit le président en haussant les épaules.
– Mais je ne suis pas de ce bord-là, et vous le savez.
Cette fois, ce fut son tour de rigoler. Un rire parfaitement clair exprimant tout l'amusement que la situation semblait lui procurer. Je fronçai les sourcils. J'avais la réelle impression qu'il se payait ma tête…
– Écoute Kuroko, fit-il après s'être calmé, je ne te dit pas de te mettre réellement en couple, mais au moins d'en 'avoir l'air', tu comprends ?
– Non, pas vraiment.
Il soupira.
– Ce que je veux dire c'est que-
– Je sais parfaitement ce que vous voulez dire. Mais je ne comprends toujours pas en quoi cela m'aidera à « m'apporter plus d'attention. » J'en ai même pas besoin pour commencer !
– Détrompe-toi. Sur les six membres de ton groupe, tu es le seul à attiser le plus la curiosité du public. Tu es trop transparent, trop en retrait… presque invisible. Si les gens n'avaient pas été témoins de ton charme, tu passerais encore inaperçu à l'heure qu'il est. Tu as besoin de briller. De te montrer. De faire parler.
– Et si j'en ai pas envie ? insistai-je, peu désireux de devenir le centre d'attention d'un million d'inconnus -bien que cela soit un tantinet trop tard.
Je regrettai aussitôt ma question au moment où je vis le sourire éblouissant du président face à moi. C'était le même qu'il affichait avant de préparer l'un de ses plans diaboliques pour parvenir à ses fins, comme lorsqu'il distribuait ses punitions infernales ou qu'il se chargeait de marchander avec des paparazzis qui possédaient des images compromettantes de certains modèles de l'agence.
Je me voyais déjà enfiler à nouveau le costume d'étoile de mer.
– Je te donne une semaine pour te décider, après quoi je choisirai moi-même le moyen de t'afficher en public.
– … !
Son ton laissait deviner qu'il valait mieux que je lui obéisse si je ne voulais pas perdre ne serait-ce qu'une once de ma pauvre dignité.
Il semblait clair que je n'avais pas mon mot à dire là-dessus. Shirogane me possédait, moi et tous les autres acteurs de la boîte. Il pouvait faire ce qu'il voulait de nous et n'hésitait jamais à nous le faire savoir. Quoi que je dise ou que je fasse, ça ne changerait malheureusement rien à ce qui allait m'attendre.
…
– Très bien, une dernière et on arrête. Lève le menton plus haut.
Les lumières de l'appareil face à moi m'éblouirent un dixième de seconde. J'avais à peine le temps de cligner des yeux que d'autres flash m'envahirent juste après.
– Tiens mieux ta chemise. Là, voilà ! C'est parfait. Une dernière photo et… hop ! Fini !
Le photographe baissa enfin l'appareil photo qui menaçait de me rendre aveugle et remercia tout le monde pour leur dur travail. Je me débarrassai bien vite de mes fringues -qui devaient certainement coûter la peau du cul- et partis récupérer ma bouteille d'eau au fond du studio.
C'est à ce moment que Riko me rejoignit, la mine un peu boudeuse.
– À en voir tes yeux de chat et tes bras croisés, je devine que tu es contrariée ?
– Je ne fais pas des yeux de chats, et oui je suis contrariée.
– Si. Quand tu es énervée tu as les yeux qui se rétractent et tes paupières qui s'étirent, comme ça.
Mes doigts étaient venus étendre la peau dans le coin de mes yeux pour démontrer mes paroles. L'air de Riko se fit plus grave encore. Je sentais qu'elle se retenait de m'en foutre une. Un miracle qu'elle se soit retenue d'ailleurs, rares étaient les fois où elle cédait à la voix de la raison, croyez-moi.
– Kuroko, soupira-t-elle, qu'est-ce que tu as aujourd'hui ? Tu n'as pas cessé de rêvasser pendant toute la séance, on a dû refaire je-ne-sais pas combien de prises !
Oh, voilà donc la cause de son irritation. Je bus deux autres gorgées de ma bouteille en la vidant avant de la poser sur la table à côté.
– Laisse tomber, ce n'est rien.
– Je n'en crois pas un mot, tu n'es jamais comme ça d'habitude. Dis-moi ce qu'il y a.
J'oubliais à quel point cette fille pouvait être perspicace.
– Rien du tout, je t'assure que tu te fais des idées.
Je n'allais quand même pas lui dire que je n'ai pas pu fermer l'œil de la nuit à cause de ce vieux renard de Shirogane qui se mêlait de ma « vie amoureuse. » Cette histoire m'a tracassé toute la soirée, à tel point que je n'ai pu m'endormir que deux heures avant que mon réveil ne m'assassine les tympans. Résultat : on a dû me mettre trois tonnes d'anti-cernes, m'éblouir le visage de spots puissants pour cacher la moindre trace de fatigue et j'ai dû faire le maximum d'effort pour ne pas m'assoupir entre deux photos.
– Bon, très bien je te laisse tranquille, grogna Riko. À condition que tu sois au top cet après-midi. Je ne veux pas revoir la même calamité que tu viens de nous faire.
– Comme tu voudras.
En réalité il me sera extrêmement difficile de rester concentré pour les prochaines vingt-quatre heures à venir. Mes jours étaient comptés, et ce depuis hier. À présent deux choix cruciaux s'offraient à moi : céder au jeu du président, ou profiter de cette semaine avant que ma vie ne devienne un enfer.
Le choix était vite pris. Le seul problème, c'est que je ne me sentais pas une seule fois capable de me mettre en couple avec l'un de mes collègues. Je me foutrais à coup sûr dans les ennuis et les situations chaotiques. Mon seul recourt serait peut-être de choisir le bon partenaire qui accepterait de jouer le jeu avec moi sans prendre les choses trop au sérieux.
Et entre les cinq, il n'y avait peut-être que deux candidats qui pourraient faire l'affaire.
Et le premier…
– Je refuse.
Midorima se tenait face à moi, l'air grave et supérieur tandis que je soupirai d'exaspération. Je m'en doutais. Convaincre cet excentrique fanatique allait s'avérer être une tâche définitivement impossible. Il a été le premier à se montrer dans le petit salon à l'heure du rendez-vous, j'ai donc tout de suite sauté sur l'occasion, mais… voyez vous-même le résultat.
– Pourquoi je m'engagerais à un truc aussi stupide qui mettrait ma réputation en jeu ?
– Sache que la mienne aussi risquera d'en pâtir, mais je n'ai vraiment pas le choix. Je t'en prie Midorima !
– Impossible.
Il remonta ses branches de lunettes sur son nez en croisant les jambes. Ses yeux émeraudes se plantèrent dans les miens :
– Je t'ai déjà dit mille fois que nous n'étions pas compatibles. Une liaison entre Verseau et Cancer n'est pas de bonne augure. Je préfère ne pas provoquer les astres et rester sous ma bonne étoile.
Je levai les yeux au ciel. Le revoilà qu'il divaguait avec ses histoires d'astres et de prévoyance. Pas une seule fois ce type n'agissait de sa propre volonté. Tout ce qu'il faisait ou choisissait était en rapport avec son horoscope et cette foutue Oha Asa de malheur qui nous bassinait avec ses salades tirées du cosmos. Peu importe à quel point nous avons essayé de le sortir de cette espèce de secte ridicule, Midorima n'a rien voulu savoir.
– Écoute… c'est juste une affaire de deux jours. Voire un seul, uniquement le temps que les gens se fassent des idées, rien de plus.
– Je t'ai déjà dit que je ne ferai pas une chose pareille. Désolé, mais il va falloir choisir quelqu'un d'autre.
Je serrai les poings, insatisfait de mon premier échec devenu sans espoir. C'était définitivement raté pour Midorima. Cette nouvelle rajouta un poids sur ma balance d'angoisse vis-à-vis de mon sort semblable à une bombe à retardement. J'allais ravaler ma fierté et le supplier une dernière fois quand des bruits de pas se firent entendre dans mon dos.
Un arc-en-ciel humain venait de pénétrer la pièce, chaque silhouette formant une suite de têtes multicolores. Je me retournai et aperçus d'abord la forme d'un grand blond idiot qui me prit dans une étreinte sans aucune échappatoire.
– Kurokocchiiiiii ! Tu es déjà là ?
– Kise ne… commence pas… !
Je réussis tant bien que mal à le repousser. Il n'eut pas le temps de se redresser entièrement qu'Akashi lui claqua l'arrière du crâne en guise de punition.
– Yo Tetsu', salua joyeusement Aomine avant de remarquer Midorima. La forme, le bonze ?
– Pour commencer, je ne suis pas un moine. Ensuite, tu apprendras qu'il y a d'autres manières de saluer les gens lorsque tu les rencontres. Tu vois-
– Ouais ouais, j'ai pigé. Content de te revoir aussi Shaolin.
Ignorant leur énième bagarre, mes yeux se postèrent bientôt sur ma deuxième cible. Elle se trouvait à deux pas derrière Akashi et Kise qui couinait, occupée à laisser des miettes de madeleines tomber de sa bouche tandis qu'il mâchait en silence.
Il est clair qu'à première vue il avait tout l'air du type flemmard et légèrement antipathique qui décourageait rapidement toutes celles qui venaient à s'intéresser à lui mais… Murasakibara était quelqu'un qui savait tenir un rôle quand il le fallait. On pouvait compter sur lui pour ça, même si la plupart du temps il se résignait à chaque insatisfaction ou au moindre signe d'épuisement.
J'avais bien pensé à Akashi au début. Seulement, j'ai très vite reconsidéré la question. Akashi était du genre à vous prendre par surprise quand vous vous y attendez le moins. Il avait tout d'un petit agneau calme et discret en temps normal, mais la scène d'hier m'en dit large sur sa véritable apparence.
Il était un loup déguisé en mouton.
– Vous aviez l'air en pleine discussion. De quoi parliez-vous ?
– De rien du tout, m'empressai-je de répondre.
Un coup d'œil à Midorima et celui-ci remonta ses lunettes sur son nez d'un geste raffiné, me faisant comprendre qu'il ne révélerait rien. Bien entendu, notre échange plus ou moins discret n'a pas échappé à l'œil de lynx de notre chère tête de groupe qui me scrutait suspicieusement.
– Je vois. Je crois qu'il est temps d'y aller, le van nous attend devant l'agence.
– Hein, déjà ?
Au même moment, Aida apparut à l'entrée de la pièce et confirma les paroles d'Akashi :
– Les gars dépêchez-vous de monter en voiture, on va pas vous attendre toute la journée !
Dans une démarche plus ou moins motivée, nous nous dirigeâmes tous à l'entrée de l'agence où le magnifique véhicule blanc attitré à la Génération des Miracles nous attendait tranquillement. Murasakibara monta le dernier et le van se mit en route.
...
...
Nous sommes arrivés sur le plateau de tournage pile dans les temps. Une fois sur place, Akashi et Murasakibara se séparèrent pour tourner leur scène commune. Aomine restait en retrait en attendant son tour, et moi et les deux autres étions partis voir nos maquilleuses.
Une vingt minutes après, nous voilà tous les trois en tenue de sport prêts à jouer nos rôles. J'étais le premier à entrer en scène. Kagetora lança le signal et me voilà redevenu le petit, frêle et chétif Mikado Naoki de la série « Mikado no Basket. »
J'avais toujours du mal à comprendre comment je parvenais à changer de personnage d'un instant à l'autre, tout naturellement. Je sais que j'avais un rôle à jouer et que celui devant la caméra n'était rien d'autre qu'une imposture de mon véritable moi, mais ça restait tout de même un mystère. Peut-être était-ce parce que j'étais un peu pareil dans la réalité. Je tenais deux rôles distincts. L'un me permettait de me séparer des gens et de la société, l'autre m'amenait à des sourires hypocrites et un semblant de bien-être devant les autres pour qu'on me laisse tranquille.
Je n'étais pas un dépressif de nature, seulement… j'en avais ma claque de devoir suivre les mêmes principes que chaque pigeon vivant sur cette planète. Faire semblant d'aimer les gens, faire semblant d'être d'accord avec tout le monde, faire semblant de ne rien voir, faire semblant d'être heureux.
– Mikadocchi ?
– Ah… Désolé. Tu disais ?
Kise lança un regard vers Kagetora qui nous fit signe de continuer. Apparemment, mes divagations n'avaient pas l'air de perturber le scénario.
– Oh, je disais juste qu'il serait sympa de se refaire des matchs d'entraînements entre nous, tu ne penses pas ?
Je me concentrai à nouveau sur mon texte. Les lignes apprises par cœur sortirent avant même que je réfléchisse. Un faible sourire parcourut mes lèvres.
– Oui.
Un petit courant d'air passa dans mes cheveux au même moment, soulevant par la même occasion l'atmosphère cosy qui venait de s'installer. Au bout de la troisième et interminable seconde de silence, j'entendis Kagetora s'exclamer :
– OK, parfait. Coupez !
Mon sourire s'effaça aussitôt.
– On fait une pause et on reprend dans dix minutes !
Je quittai rapidement le plateau en refusant la bouteille qu'un membre du staff me tendait. Il fallait que je voie Murasakibara au plus vite. En me rendant dans la salle de classe où ils étaient censés jouer leurs rôles, je vis seulement Akashi en train de prendre une pause assis sur le rebord de la vitre. Il me remarqua rapidement dès lors que je pénétrai dans la classe.
– Kuroko ?
– Oh, Akashi. Tu sais où est Murasakibara ?
– Il est parti prendre sa pause, pourquoi ?
– … Pour rien.
Je sentais déjà son regard s'encrer au plus profond de mon âme, décelant toute trace du mensonge évident que je venais de lui balancer. Il ne dit rien cependant. Il se contenta d'arquer un sourcil et je profitai de l'occasion pour déguerpir au plus vite. S'il venait à apprendre ma situation, je parierais toutes mes économies qu'il s'en mêlerait aussitôt. Il était hors de question qu'il prenne part aux passe-temps puérils de Shirogane. Pas lui.
Ceci mis à part, il n'y avait qu'un seul endroit où trouver Atsushi quand il n'était pas sur le tournage…
– Mmh ? Kurochin ? Qu'est-ce que tu fais ici, me lança ce dernier dès que je passai la porte du réfectoire.
Le géant violacé était en plein déjeuner à deux heures de l'après-midi. Normal.
– Rien, je me baladais.
Murasakibara cligna les yeux d'un air las avant de hausser les épaules. Il n'y avait pas plus facile à berner, croyez moi. Je fis mine d'observer les alentours que je connaissais par cœur avant de m'asseoir en face de lui. Il mangeait son sandwich sans prêter attention à moi. Ça m'apaisait un peu de savoir que je n'avais pas l'air de capter son attention mais il fallait bien qu'un moment ou un autre je lance le sujet qui fâche…
– Tout va bien pour toi ?
– Mmmh ?
– Le tournage, tout ça.
– …
Ooookay. Y avait pas pire comme approche.
– … Je vois. Hum, en fait Murasakibara… j'étais venu te parler de quelque chose de très important.
Le voilà maintenant qui me scrutait avec un air suspicieux, comme un enfant suspecterait quelqu'un de lui voler son doudou.
– Si tu es venu prendre mon sandwich, sache que-
– Non, non ! Ce n'est pas ça.
– Alors pourquoi-
– Écoute-moi.
Il se tut. Les sourcils froncés, je tentai de me calmer. Il fallait que cet échange soit le plus possible en ma faveur. Mes mains vinrent dégager mes cheveux en arrière, ces derniers se retrouvant en bataille aussitôt que ma main se retira. Bon, comment lancer la discussion maintenant ? Je doute qu'aller droit au but comme je l'ai fait avec Midorima fonctionne cette fois-ci.
– Murasakibara…. est-ce que… tu- tu sors avec quelqu'un en ce moment ?
Il manqua d'en faire tomber son sandwich.
– Huh ?!
Je ne sais pas ce qui me retenais d'aller cogner ma tête contre un mur. J'étais aussi embarrassé qu'énervé. Maudit Shirogane… Lui et ses idées ingénieusement débiles !
– Non, répondit finalement l'autre goinfre.
– Personne en vue ?
– … Non.
Je sentais l'incompréhension encrée dans son regard fixe. Le pauvre. J'aurais réagi pareil je crois.
– Murasakibara. Tu es la seule personne à qui je peux demander une chose aussi insensée. Écoute-moi bien.
Une fois assuré d'avoir toute son attention, je me lançai :
– Nous savons tous les deux que nous sommes des garçons et qu'il serait totalement improbable qu'on nous voit comme un couple, n'est-ce pas ? Je veux que tu saches que je n'essaye aucunement de te faire des avances, mais il se trouve que la pauvre victime que je suis se soit lancée dans un pari très risqué qui impliquerait une relation homosexuelle avec l'un d'entre vous -la génération des miracles- Oui, pas la peine de me faire ces yeux-là. J'ai eu les mêmes lorsque j'ai entendu la même absurdité sortir de la bouche d'un certain démon aux cheveux gris. Bref si je viens vers toi c'est parce que tu es le seul qui je crois, pourrait éventuellement réussir à te faire passer pour… quelqu'un de très… proche sans que ça ne soit trop évident. Parce-que tu vois, t'es une sorte de gros nounours friand de pâtisseries qui à la limite, jouerait plus le rôle de l'enfant que d'un partenaire et… euh, hum. Est-ce que tu accepterais de jouer le rôle de mon... petit ami pendant au moins le temps d'une journée ?
Le silence retomba pendant que je me demandais de quelle façon j'avais pu tomber aussi bas. J'avais moi-même du mal à savoir comment j'ai pu en venir ici. Je veux dire, je sais à quel point le président pouvait être taquin et vicieux mais de là à me forcer à faire une chose pareille… Je soupirai bruyamment, accablé par tout le poids qui me tombait dessus au fur et à mesure que le temps passait.
Le géant finit tout de même par ouvrir la bouche après deux minutes de réflexion.
– Si je comprends bien…
Je relevai les yeux vers lui.
– Tu me demandes de faire semblant d'être en couple avec toi, mais sans être en couple avec toi ?
– … C'est l'idée.
Deux minutes défilèrent encore. Si ça continuait comme ça je n'aurais pas ma réponse avant la fin de la pause. Qu'elle soit positive ou non, j'avais besoin de savoir. Dans le pire des cas je me dégoterai un des autres acteurs de l'agence. Ce n'était peut-être pas la génération des miracles mais je ne pense pas que la presse fasse du chichi quant à mon soi-disant partenaire amoureux.
Et alors que je m'imaginais déjà subir les représailles du Président, la voix de Murasakibara me sonna comme une symphonie salvatrice.
– Mmh, d'accord.
Huh. Est-ce que j'ai bien entendu.
– Tu dis ?
– J'ai dit d'accord.
– … Eeeh ?!
– Quoi, c'était pas ce que tu voulais ?
– Je… Si ! Bien sûr que si ! Mais pourquoi as-tu accepté ?! Je veux dire… j'étais persuadé que tu refuserais, c'est pas une requête qu'on fait à n'importe qui tu sais !
Il engloutit la fin de son déjeuner avant de m'adresser à nouveau la parole.
– Bah j'ai juste à faire semblant, c'est ça ? Tant que c'est seulement une journée… et que tu m'achètes tous les gâteaux que je veux…
Allons donc, je me disais bien qu'il y avait anguille sous roche. Nous voilà maintenant arrivés aux négociations.
– OK. Combien ?
– Comment ça combien ?
– Je ne vais pas dépenser tout mon fric chaque fois que t'auras une petite faim. Mon salaire ne tiendra jamais avec toi.
La mine boudeuse qu'il réalisa à ce moment précis me fit comprendre que je marchais sur un terrain dangereux. Je soupirai, vaincu.
– Une pâtisseries par jour pendant une semaine.
– Trois.
– Deux semaines.
– Trois.
– … deux semaines et demi ?
Son expression de changea pas d'un iota.
– Trois semaines.
– Allez, va trois semaines, soupira-je à nouveau en essayant de ne pas penser à tout cet argent perdu.
– Marché conclu.
Bah ça alors. Moi qui pensais essuyer un autre échec, me voilà avec une sacrée carte gagnante. Sérieusement, j'avais réussi à convaincre Murasakibara de prendre part à ce jeu stupide. Moi, le soi-disant Prince de glace lunatique venait de m'engager avec un titan amateur de sucreries et aussi communicatif qu'une plante. Sacrée paire.
– C'est parfait, m'exclamai-je. Alors rendez-vous jeudi sur la place de la gare à quatorze heures !
– Qu'est-ce qu'on va faire ?
– Je vais commencer à payer ma dette en t'offrant une glace.
Je pus lire la joie dans ses yeux lorsqu'ils se mirent à pétiller d'impatience. Murasakibara était tellement simple à comprendre… Notre échange se termina dans une poignée de main farineuse (venant d'Atsushi) et de la voix d'Akashi qui nous surprit depuis l'entrée de la cantine.
– Ça va reprendre, annonça-t-il en nous toisant du regard.
– J'arrive, fit Murasakibara qui se releva.
Je le regardai passer la porte et disparaître dans le couloir à pas lents. Akashi restait adossé contre le mur en me scrutant d'un air amusé. L'avoir seul dans la même pièce que moi me mettait légèrement mal à l'aise. Cependant je n'en laissai rien paraître, essayant d'avoir l'air le plus décontracté possible.
– Décidément, tu as l'air d'avoir pas mal de discussions importantes avec le groupe. Je suis de plus en plus curieux. As-tu l'intention de te confier à moi également… ?
Je relevai les yeux et m'étonnai de voir un faible rictus parcourir ses lèvres. Qu'est-ce qu'il avait tout à coup ? Le connaissant j'aurais cru devoir supporter son regard suspicieux tout le reste de la journée. Un dernier coup d'œil dans sa direction me fit savoir qu'il souriait toujours. Je décidai de ne pas y penser et de retourner rapidement dans le gymnase. Le reste des acteurs n'allait pas tarder à arriver pour le tournage de cet après-midi, valait mieux ne pas être en retard.
...
...
Le jour de notre rendez-vous arriva plus vite que prévu. Vêtu de sorte à être légèrement méconnaissable, je déambulais dans les rues de Toyko en me dirigeant au point de rencontre que j'avais mentionné à Murasakibara deux jours plus tôt. Je savais que je m'apprêtais à mettre en place une mascarade mais il fallait tout de même rester convainquant. J'avais donc opté pour un jean blanc maintenu par une ceinture Hermès noire, le tout en contraste avec la veste sans manches que j'avais rajoutée par-dessus mon sous-pull aussi pâle que mon bas.
J'avais passé trente minutes à me décider pour choisir une paire de Nike noires montantes bordées d'une bande blanche sur les contours. Hé, je vous vois venir. N'allez pas croire que je me casse la tête à dépenser mon fric pour ces conneries de luxe. La plupart étaient des cadeaux de l'agence et le reste venait de ma mère. Pour deux cent balles j'aurais largement préféré m'acheter trois tonnes de milk-shake plutôt que ces godasses hors de prix, croyez-moi !
Quant au déguisement, des lunettes de soleil, un foulard léger et un simple béret m'avaient suffi. J'obtenais quelques regards curieux des passants sans pour autant qu'ils me reconnaissent.
J'arrivai rapidement au point de rendez-vous sur la grande place juste devant la gare. L'endroit était bondé de monde. J'avais du mal à ne pas garder mon calme. Si un seul d'entre eux parvenait à me percer à jour, le chaos que ça causerait risquerait de ruiner mes plans.
J'attendis dix minutes encore en attendant mon complice déjà bien en retard. Bon sang qu'est-ce qu'il foutait ?! J'avais dit quatorze heures, pourquoi est-ce que je ne le voyais toujours pas arriver ? Je sortis mon téléphone pour l'appeler lorsqu'une ombre domina la mienne dans mon dos. Je me retournai et manquai de soupirer de soulagement en voyant Murasakibara.
Je fus d'abord bouche-bée par ce qui se trouvait devant mes yeux. Le géant s'était mis sur son trente-et-un. Son jean beige se mariait bien avec son débardeur noir aux motifs blancs sous son gilet à demi-fermé qui accompagnait parfaitement le dessus de ses épaules. Il s'était plutôt bien débrouillé pour l'allure, chose plutôt surprenante quand on savait que le concerné en question ne faisait attention qu'à ses heures de repas.
Enfin bon, mon soulagement fut bien vite remplacé par mon irritation quand je me rappelai de l'heure à laquelle il venait d'arriver :
– En retard ! grognai-je en levant les yeux sur lui.
– Désolé, il fallait que je finisse de regarder l'émission de cuisine qui passait à la télé.
– Tch. Tu mettrais ta petite-amie de côté pour de la nourriture ?
– Mais Kuro-chin, je n'ai pas de petite-amie…
Je retins un soupir d'exaspération.
– Laisse tomber. Suis-moi, tu es beaucoup trop voyant ici. Je n'ai pas envie d'attirer l'attention de tout le monde.
Je le traînais par la manche sans lui laisser le choix. Zigzaguant à travers la foule, je sentais l'interrogation consumer le regard des gens en se tournant vers Murasakibara. Ce simplet était facilement reconnaissable sous son pauvre bonnet. Et même si son visage était à moitié dissimulé par les fausses binocles qu'il portait, sa taille ne trompait personne.
"Hé, ce serait pas… ?"
"Il lui ressemble trop !"
"Regardez, on dirait le gars de la série…."
Heureusement pour nous, nous étions vite arrivés à destination. Le café nous attendait juste en face du trottoir où nous nous tenions. Voyant l'enseigne scintiller devant ses yeux, Murasakibara mena la marche cette fois. Je le suivis jusqu'à l'intérieur et comme convenu, je lui payai sa commande en même temps que la mienne.
– C'est succulent, lâcha le violacé après avoir goûté son sorbet aux parfums divers réunis dans la coupe de verre.
– Y a intérêt à ce que ce soit succulent, vu le prix que ça coûte… marmonnai-je.
Je sirotai mon café crème en observant le glouton savourer son dessert. Les quelques clients autour de nous jetaient des coup d'œil curieux dans notre direction. Murasakibara avait retiré son bonnet et ses fausses lunettes. Lui qui attirait déjà bien l'attention des autres, le voilà maintenant devenu le centre des murmures tout autour de nous.
"Kyaaaah, mais qu'est-ce qu'il fait ici ?!"
"Eh… Ce ne serait pas Kuroko-kun avec lui ?"
Les gens avaient enfin pris conscience de notre présence. Maintenant que les rumeurs étaient fondées, le plan pouvait se mettre en marche. Tu verras, Shirogane… Je vais te montrer ce dont je suis capable. Je vais gagner ce défi stupide et tout redeviendra dans l'ordre la semaine prochaine !
Je fermai les yeux. Ma tête se vida de toute pensée et mon expression se radoucit peu à peu. Je n'avais qu'un objectif ici. Et pour l'atteindre, rien de plus simple que de m'imaginer devant la caméra à la place de groupies armées de leur téléphone portable. D'une seconde à l'autre, j'étais passé de Kuroko Tetsuya à Mikado Naoki comme un simple transfère d'âme. Mon rôle de la série avait maintenant le dessus.
Je rouvris les yeux sur mon collègue qui continuait de manger sans faire attention autour de lui.
– Murasakibara-kun…
– Mmmh ? ~
Mes yeux clairs inexpressifs se posèrent sur lui. D'un air légèrement embarrassé, je pointai timidement sa coupe de glace :
– Je peux goûter ?
J'entendis un piaillement féminin dans mon dos et me contentai de les ignorer. Murasakibara comprit bien vite où je voulais en venir. Il faillit soupirer.
– Vas-y, dit-il d'une voix qui trahissait sa résignation.
– Merci.
Il plongea sa cuillère dans la boule vanillée -à ma plus grande joie- et tendis ensuite le couvert dans ma direction. Pauvre Murasakibara. Il sacrifiait la minuscule part de glace pour un être insignifiant tel que moi. Je faillis lâcher un rictus narquois à cette pensée mais je parvins à me contrôler. M'appuyant sur la table, je me penchai en avant et ouvrit la bouche tandis que j'enfournai la délicieuse saveur vanillée dans ma bouche.
Le goût passa d'abord sur ma langue, puis mon palet déploya le goût tendrement sucré dans toute ma cavité buccale. Je poussai presque un soupir de dégustation mais là encore, je contrôlai mon corps de sorte à ne rien laisser paraître. Y a pas à dire. La vanille était vraiment la plus douce de toutes les saveurs.
Les piaillements autour de nous se multiplièrent. Quant à Murasakibara, il n'avait toujours pas repris sa cuillère restée suspendue dans le vide depuis tout à l'heure. Ses prunelles mauves restaient encrées dans les miennes fixement pendant que je reprenais ma tasse de café.
– Tu aimes ? demanda-t-il de but en blanc.
– C'est délicieux.
– Mh.
J'allais reporter ma tasse à mes lèvres lorsqu'il m'arrêta :
– Tu as une trace de vanille sur la bouche.
– Eh ?
Étonné, j'allai passer mon pouce sur le rebord de ma lèvre lorsque son ombre me surplomba en se penchant sur la table. Je relevai les yeux et sans me rendre compte de quoi que ce soit, son visage s'était retrouvé devant le mien sans crier gare pour venir retirer la minuscule crème vanillée à côté de ma lèvre avec le bout de sa langue.
Une étrange sensation chaude me piqua le visage à son contact. J'étais totalement pétrifié. Les piaillements des fans s'étaient cette fois transformé en des cris hystériques poussés par tout le café -y compris les serveuses. Mon corps raidit ne savait pas de quelle manière prendre cette prise d'initiative de la part de Murasakibara. Est-ce que je devais le repousser brutalement comme mon envie de meurtre m'incitait à le faire ? Ou bien laisser faire cet imbécile et espérer convaincre les public de quelque chose… ?
Mes réflexions prirent trop de temps apparemment, car le géant fut celui qui bougea en premier. Il recula enfin et reprit place dans son siège en continuant son dessert d'un air tout naturel. Je sentais mes joues devenir rouge. De gêne ou de colère ? Je ne le saurai jamais.
- M-Murasakibara-kun… ! sifflai-je doucement en serrant les dents.
- Oui ? ~
Je rêve. Son attitude désinvolte et complètement je-m'en-foutiste m'énervais déjà pas mal avant, mais là c'était le comble.
"Kyaaah ! Ils sont vraiment trop mignons… !"
"Vous… vous croyez qu'ils sont… ?"
Ah. Enfin une réaction ! Apparemment, tout portait à croire que nous avions l'air d'être plus que de simples collègues… ça me donnait des frissons rien que d'y penser mais au moins le plan fonctionnait !
– Ah ! Murasakibara-kun, tu en mets partout ! m'exclamai-je doucement.
– Mmh, désolé.
– Tu as une serviette, sers-t'en.
– Ok.
– Ne le fais pas en mangeant ! Pose cette glace enfin ! râlai-je.
"Non, c'est différent…" lança une autre spectatrice. "Je dirais qu'ils sont plus…"
Comme un couple ? Des amants ? Des partenaires super complices ? Allez, dites-le qu'on en finisse ! Piaillez comme vous avez l'habitude de le faire et répandez cette satané rumeur partout où vous passez histoire que je puisse continuer à vivre ma vie tranquille !
"Comme une mère et son fils !"
… Quoi.
"Haaaan t'as trop raison ! C'est exactement ce que je pensais !"
… Non, attendez.
"Aaaah, ils sont tellement cuuute !"
Non non. Il y avait un problème là. Est-ce que c'était une blague ?! Une mère et son fils, sérieusement ?! Tout ce que je faisais c'était rouspéter après lui au moindre geste qu'il faisait ! Et puis où ça une mère ? ON ÉTAIT DEUX MECS BORDEL ! Et puis d'abord, est-ce qu'une mère se laissait lécher le visage comme ça par son fils ?! VOUS EN CONNAISSIEZ BEAUCOUP VOUS, DES FAMILLES AUSSI GLAUQUES ?!
… En essayant de ne pas penser à ma folle-dingue de mère, ma frustration pris le dessus. Je me relevai soudainement, surprenant légèrement le violacé qui ne prêtait aucunement attention aux murmures tout autour de nous.
– Hum… Ku-Kuroko-kun ?
Une cliente avait enfin décidé de s'approcher. Elle trifouillait ses doigts d'un geste nerveux, les joues aussi rouges que la fraise posée au sommet de la glace de mon collègue.
– Tu es bien Kuroko Tetsuya de la Teikō's Entertainment Agency ?
Sans répondre, je repris mon foulard que j'avais retiré en venant et fonçai droit vers la sortie sans me soucier du sort de Murasakibara. Il se débrouillera très bien tout seul, il n'avait pas besoin de suivre sa MÈRE partout où elle allait, n'est-ce pas ?! Fulminant, je remarquai trop tard le groupe de fangirl qui me suivait dans la rue.
– Kuroko attend-nous !
– Un autographe s'il te plaît ! Un seul !
Elles avaient l'air d'avoir déjà oublié ma petite entrevue avec l'autre acteur resté devant sa glace. C'était sûr maintenant : mon plan était foutu. Cramé. Envolé. Shirogane allait bien se marrer, tiens. Je le voyais déjà sourire derrière son bureau en concoctant ses plans diaboliques dans mon dos… !
Je sortis mon téléphone et tapai nerveusement le numéro de l'agence.
– Amenez-moi une voiture.
Aussitôt dit aussitôt fait. Dix minutes plus tard un van m'attendait là où je l'avais demandé. Je me dépêchai de monter dedans avant que la horde de groupie ne me saute dessus. Les gens continuaient d'entourer le véhicule, touchant les vitres teintées en espérant peut-être que
frapper dessus leur permettra de mieux me voir… Bande d'imbéciles.
Je donnai une adresse précise au chauffeur avant de caler ma tête contre le dos du siège et de me vider l'esprit pendant le trajet.
Seulement voilà, plus rien n'occupait ma tête à part cette journée pourrie et le compte à rebours du président toujours d'actualité. Qu'est-ce que je devais faire ? Demander à Aomine… ? Non. NON. Ni Kise non plus. C'était définitivement hors de question.
… Akashi ? À bien y repenser, c'était peut-être lui le mieux placé pour jouer le rôle de mon amant. Mais ce renard sournois était bien trop difficile à cerner. Et sa présence même me mettait mal à l'aise, jouer le jeu à ses côtés ruinerait toute la mise en scène.
Quelques minutes plus tard, le van me déposa comme prévu devant l'immense bâtiment hospitalier dans lequel je me dépêchai d'entrer. Sans plus me soucier de mon apparence, je me débarrassai de mes lunettes et retirai mon béret avant d'approcher du bureau d'accueil. Je donnai un nom ainsi que le mien et monta les escaliers les plus proches pour atteindre le troisième étage.
Les couloirs me semblaient interminables, comme toujours. Tout était monotone dans ces endroits, comme si l'état de la plupart des patients ici se reflétait dans ce décor dénué de couleur. Quelques tableaux rectifiaient cette ambiance un peu morbide mais le malaise dominaient malgré tout les environs.
Au bout d'un certain temps j'arrivai devant une porte sur laquelle la petite plaque argentée était gravée du numéro 225. Je toquai deux fois distinctement sur le bois peint en bleu et entrai après avoir entendu la permission de l'autre côté. La chambre n'avait rien à envier aux couloirs. La même couleur pâle envahissait les murs et le peu de mobilier laissait un certain vide dans la pièce.
Je m'approchai du lit dans lequel était assis le garçon de mon âge rivé sur son téléphone portable. Ses cheveux couleur noisette un peu délaissés avaient déjà pris plusieurs millimètres en mon absence. Ses yeux de la même couleur se posèrent sur moi et un éclat de joie parcourut ses prunelles.
– Tetsuya !
Un sentiment de soulagement m'envahit et je ne pus m'empêcher de sourire à mon tour :
– Yo, Shigehiro.
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Merci infiniement pour vos premières reviews, j'espère que vous avez aimé la suite !
Tchouuuu ~
