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- Sortez vos livres, page trois cent quatre-vingt-quatorze.
Harris était assis derrière son bureau, l'air princier. Il scrutait la vingtaine de tête de linottes installée devant lui de ses yeux bleus perçants. Dire qu'il se demandait pour quelle obscure raison il était devenu professeur eut été un euphémisme.
A la vérité, il détestait les adolescents.
Ils étaient toujours mollassons, à bailler aux corneilles à force de s'abrutir toute la nuit devant leurs jeux-vidéos débiles ou à suivre des télés-réalités remplies de pauvres cloches sans le moindre grain de semoule dans la caboche. Ils ne comprenaient, ni ne s'intéressaient à la physique qui, selon lui, était la quintessence même de l'Univers.
Alors que certains farfouillaient dans leur sac, d'autres tournaient énergiquement les pages de leur manuel. Ils crurent tous bon de déblatérer joyeusement avec leurs voisins pendant la tâche. Bien sûr, Scott et son copain Stiles n'échappaient pas à la règle.
- Cette opération ne requiert pas l'usage de la parole. Gardez vos langues fourchues derrière vos dents, ou je me ferais une joie de vous distribuer des heures de colle à tire larigot.
Comme le chêne qui ne rompt jamais, il se tenait bien droit, presque guindé, dardant son regard glacial sur tout malheureux qui aurait l'audace de perturber son cours.
- Nous allons corriger les exercices sur lesquels vous avez, évidemment, rageusement travaillé.
Une grande partie de l'assemblée baissa la tête, feignant de s'intéresser au contenu de la page trois cent quatre-vingt-quatorze.
Navrant.
- Fait chier, j'ai pas fait mes exos ! chuchota le fils McCall à son ami.
Trop accaparé par les récents évènements et par sa nouvelle condition d'Alpha, le temps lui filait entre les doi- griffes. Il faisait de son mieux pour stabiliser sa moyenne, mais hélas, malgré leur rapidité, les loups-garous ne rattrapent pas le temps qui s'en va.
Stiles pouffa derrière sa main face au désespoir qui émanait de la voix du jeune loup. Cela n'échappa pas à Harris.
- Vous au fond, Monsieur Stilinski ? Au tableau !
Le susnommé claqua violemment sa main sur la table, manquant de briser son crayon coincé entre son pouce et son index. Il marmonna dans sa barbe.
- Comme par hasard…
- Plaît-il ? Vous n'avez pas fait le travail qui vous a été donné ?! rétorqua Harris placide, malgré l'irritation qui le gagnait.
- Mais comment voulez-vous que je le fasse ? On a beaucoup trop de devoirs, on ne se jette pas avec bonheur dans vos activités sitôt qu'on rentre chez-nous, on a d'autres choses à faire ! En plus, on a un contrôle d'Arts plast…
- Je ne veux pas le savoir ! interrompit l'enseignant, furibond. Donnez-moi votre carnet de correspondance.
L'adolescent obtempéra. Il valait mieux battre en retraire s'il voulait éviter de finir sa soirée au lycée. La bouche pincée, il tendit son cahier au professeur, qui s'en empara d'un geste sec. Ce dernier s'en alla s'asseoir sur son trône, et de là, il fixa le gamin d'un air neutre. Il plissa les yeux et d'un air de vainqueur, il déclara.
- Et pour demain, vous me ferez tous les exercices, plus le problème page six cent soixante-six.
- Nooooooooooon !
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Et voilààà.
Pas de Sterek cette fois-ci, mais peut-être demain puisque j'ai une idée.
Bisous herbeux !
