NOTE DE MOI : Je me suis clairement inspirée de 'Edge of Tomorow' (le film) pour les bestioles de l'OS. J'espère que cet OS vous plaira.
East Front
Zayn avait toujours su qu'un jour ou l'autre, il serait mobilisé. Non pas pour une petite guerre comme il y en avait eu au Mali, mais pour quelque chose de plus grand, de planétaire. La chose qu'il n'avait pas prévu, c'est que ce jour-là, il serait accompagné. À cause de sa fonction, Zayn pensait qu'il resterait seul à jamais, mais il avait trouvé l'amour en la personne de Niall. Alors il savait que la séparation serait dure, mais il n'imaginait pas à quel point.
Quand il avait appris sa mobilisation, il avait tout d'abord essayé de la cacher à Niall, pour ne pas lui faire de peine. Mais le blond l'apprit rapidement, et quand il sut que Zayn était obligé de partir se battre, il avait essayé par tous les moyens de l'empêcher de partir, mais Zayn ne pouvait désobéir à un ordre de l'armée. C'était impossible.
Alors, il avait rejoint l'aéroport, Niall à ses côtés. Autour de lui, il pouvait voir plusieurs de ses frères d'armes entourés de leurs familles dans des adieux déchirants. Mais il avait déjà à faire avec ses propres adieux. Zayn pouvait voir que Niall retenait ses larmes, et pour essayer de le rassurer, même si c'était impossible, il serra Niall du plus fort qu'il pouvait dans ses bras. Zayn aurait pu le garder des heures, voir des jours entiers dans cette position, mais un premier appel résonna dans tout le bâtiment, intimant aux soldats de se diriger vers leurs avions. Zayn était obligé d'y aller, alors il se sépara de Niall, et prit son sac sur ses épaules. Avant qu'il ait pu faire un pas, Niall l'avait attrapé par le bras.
"Tu me promets de rester en vie.
- Niall... souffla Zayn, sachant qu'une telle promesse était difficile à tenir.
- Promets !
- Je te le promets."
Zayn scella ses lèvres à celles de son compagnon une dernière fois avant de partir. Il pouvait sentir sur lui le poids du regard de Niall, mais il s'interdisait de se retourner. S'il le faisait et le voyait, il savait qu'il ne rejoindrait pas son avion, et serait considéré comme un déserteur. Il voyait autour de lui des maris et des femmes décidés mais malheureux à l'idée de laisser les leurs seuls dans cette ville. Leurs pensées résonnaient avec les siennes. Tristesse, abandon et détermination, mais surtout, de la peur. Tous ces sentiments se mélangeaient en eux. Une file de soldat était devant Zayn, et entrait dans l'avion. Avant d'entrer, le basané se retourna et fit un dernier salut de main à son amour, puis laissa la porte de l'oiseau de fer se clore derrière lui. Il était dans un nouveau monde, et il devait faire une croix sur l'ancien. C'est ce qu'il se disait, mais il savait aussi que jamais il ne pourrait le faire. Niall était trop ancré en lui pour faire une croix sur cette vie qu'il lui avait apportée.
Zayn se dirigea vers sa place, à côté du soldat William Johnson, et Eleanor Calder. Tous deux laissaient au moins un conjoint derrière eux. Leur sergent leur disait quelque chose, mais Zayn entendait au son de sa voix, que même lui ne croyait pas à ce qu'il racontait, alors il finit par se taire lorsque l'avion mit les moteurs en route. Le départ fût un peu chaotique, mais ils décollèrent sans encombre.
Une heure passa durant laquelle personne ne parla, puis finalement, les conversations reprirent bon train. La route jusqu'en Allemagne était longue. L'avion survola des territoires dévastés par la guerre. L'absence de nuage permettait de voir les terres calcinées, et les explosions. La France avait été un des premiers pays à déclarer la guerre, et c'était aussi le pays le plus atteint par la guerre jusqu'à présent. Les populations qui 'avaient pas été touchées par les bombes avaient fuis jusqu'en Amérique, loin de la guerre.
Le camp était en Allemagne. Là-bas, chaque soldat était affilié à un front. Quand l'avion atterrit et que les soldats purent sortir de la boite de métal, Zayn pu voir un nouveau monde s'offrir à lui. Des cohortes d'hommes et de femmes courraient en rangs, des avions décollaient pendant que d'autres atterrissaient, les généraux criaient par-dessus tout le bruit, de la fumée noire due aux explosions cachaient les casernes, et les engins de guerre. À leur arrivée, le général Peggy Sue les attendait. En quelques mots, ils furent mis au courant de tout ce qu'ils avaient à savoir, soit, le terrain d'entraînement était au fond du camp, ils recevraient leur ordre d'assignation dans la soirée et décolleraient la semaine prochaine. Sue les conduisit jusque dans leur caserne. Une bonne partie des hommes restèrent dans la caserne à se familiariser avec leur environnement, mais Zayn avait toujours été un homme d'action. C'était pour cette raison qu'il s'était engagé, alors il partit directement au terrain d'entraînement. Un petit groupe de personne se battait là-bas. Certains portaient des armures entières, avec des bras mécaniques, et des procédés pour augmenter leur force alors que d'autres avaient des tenues plus traditionnelles. Quelques hommes portaient des treillis kaki, mais la plupart avaient une tenue souple faite de matériaux particulièrement résistants ayant la particularité de pouvoir changer de couleur selon l'endroit où se battait le soldat.
Zayn chercha du regard un endroit où se changer, et trouva un local. À l'intérieur, il y avait toutes les tenues possibles. Une blanche attira l'attention du basané. Zayn avait déjà entendu parler de ce genre de tenue. Elles fabriquaient automatiquement des hologrammes, brouillant l'homme qui portait la tenue. L'inconvénient de ces tenues-là, c'est qu'elles supportaient mal la vitesse. On pouvait retirer les hologrammes, mais la tenue blanche était facilement visible, heureusement que ça se salissait vite. Zayn se changea entièrement, et posa ses affaires dans un casier sans nom, puis il sortit du local et alla sur le terrain d'entraînement. Plusieurs personnes avaient des armes en mains : des pistolets classiques aux mitrailleuses sophistiquées, il y avait de toutes les sortes d'armes à feu. D'autres encore avait des armes blanches, améliorées pour le besoin de la guerre. Elles étaient réservées aux combattants aguerris ayant un léger penchant suicidaire, beaucoup de couille et aimant particulièrement le corps à corps. Bien sûr, ce n'était que l'avis de Zayn, qui lui, préférait improviser. Rien n'est plus imprévisible qu'un homme qui improvise.
Zayn entra sur le terrain, et fût automatiquement détecté. Des lames sorties de nulle part surgirent de sous ses pieds, et il ne les esquiva que de justesse. Au loin, il pouvait voir une base de retranchement, protégée par des tas de terre et de sac. Il lui fallait rejoindre cet endroit vivant. Zayn se courba légèrement, et fit son pas plus léger. Une position de chasseur. Ses bras pendaient le long de son corps, et sa vue était aux aguets, tout comme son ouïe. Un sifflement se fit entendre derrière lui, et il sauta en avant, terminant sa chute par une roulade maîtrisée. Se relevant directement, Zayn fit quelques pas en courant, et vit un coutelas en exposition sur un muret. Il piqua un sprint jusque-là bas, et sauta par-dessus le mur pour se cacher l'espace de quelques instants, son couteau en main. Bien, il pouvait observer son environnement avec presque tranquillité. Sur sa droite, il y avait des pics qui sortaient du sol. À sa gauche, les bébêtes électroniques que les chinois inventaient, et devant lui, en direction du camp, un précipice de plusieurs mètres. Zayn réfléchit un instant aux possibilités qui s'offraient à lui, munit de son simple coutelas. Il finit par opter par la gauche, et donc, contourner le précipice.
Zayn se releva d'un bond et couru le plus rapidement possible. Il était maintenant dans la zone dangereuse. Les chinois avaient eu la bonne idée de s'inspirer des Mimics dans "Edge of Tomorrow" pour la forme de leurs bestioles. Elles pouvaient venir de n'importe où, et étaient complètement imprévisibles, ce qui faisait toute leur dangerosité. Zayn ferma les yeux un instant pour se concentrer. Si quelqu'un l'avait vu à ce moment-là, il aurait pensé qu'il était fou. Quand il rouvrit les yeux, Zayn était prêt. Il prit mieux son couteau en main, de sorte à avoir la lame vers le bas, et se mit à courir. Il n'avait pas fait cinq pas qu'une queue de Lispect lui barra le passage, manquant de l'écraser. Zayn fit un bond en arrière, et contourna la bête, avant de se retrouver face à une nouvelle bestiole, beaucoup plus petite, mais plus rapide aussi. Le terrain était fait de boue, et Zayn se laissa glisser entre les jambes de la nouvelle bestiole, tout en lui ouvrant l'abdomen de son couteau avant de continuer sa route en courant. Il avait fait quelques mètres lorsqu'un nouveau Lispect sortit du sol. Celui-ci avait des tentacules un peu partout, et était un des pires. Zayn se stoppa net dans sa couse et réfléchit un instant. Il ne pouvait pas l'attaquer de front, ni l'esquiver. Son regard balaya son environnement, avant de trouver un muret. Il pouvait sauter sur la bête de là. Zayn courut jusqu'au muret d'où il sauta jusque sur le Lispect. La bête s'affaissa légèrement sous le poids de Zayn, mais cela suffit au basané pour descendre. Il n'était qu'à dix mètres de la base, et rien ne vint s'interposer entre lui, et le refuge.
Il souffla enfin lorsqu'il se retrouva à l'abri des murs de terre. D'autres personnes étaient là. Certaines étaient trempées, d'autres pleines de sables, mais seul Zayn était barbouillé de boue.
"Tu es passé par les Lispects ? lui demanda un gars d'une vingtaine d'année.
- Ouais, pourquoi ?
- Putain... Les mecs ! Venez voir ça ! On un a survivor ! cria l'homme, ameutant une dizaine de personne."
Zayn se retrouva entouré, et tous le regardaient comme s'il venait d'accomplir un exploit. Tout le monde lui demandait comme il avait fait, et le basané ne savait que répondre. Un sergent finit par être attiré par le bruit, et la troupe s'écarta légèrement.
"Soldat ! Votre nom !
- Malik, Zayn, monsieur. 6e régiment d'infanterie, monsieur ! fit Zayn au garde à vous.
- Vous êtes nouveau, Malik ?
- Oui, monsieur !
- Par où êtes-vous passez, soldat Malik ?
- Par les Lispects, monsieur."
Le sergent eut l'air pensif un instant, avant de demander à Zayn si il serait capable de réitérer la chose, ce à quoi Zayn répondit que oui. Il put lire un éclair d'admiration passer dans les yeux de son supérieur vite remplacé par de la tristesse.
"Je suis navré, Malik."
Zayn ne comprit pas ce que voulait dire le sergent. En quoi était-il désolé ? Avait-il fait quelque chose de mal ? Zayn chercha le regard d'un autre soldat, pour essayer de comprendre ce qu'il avait mal fait ? Mais dans le regard des autres, il n'y trouva que de la peine, comme dans les yeux du sergent... Que se passait-il ? Zayn resta planté là, avant de se bouger et de faire le chemin inverse, cette fois-ci en passant par la falaise. Une rivière s'écoulait au fond, mais où était le piège. C'est quand Zayn se retrouva dans l'eau jusqu'aux mollets qu'il comprit. Des obus étaient lancés de partout. Ce camp d'entraînement était une véritable machine à tuer. Bien sûr, des systèmes de sécurité étaient en place à chaque endroit, prêt à se déployer. Mais le but n'était pas de se blesser, mais justement de survivre à cet entraînement qui était aussi réel que possible.
Zayn se mit à courir, plongeant dans l'eau de temps à autre quand un obus explosait trop près de lui. Il finit par se retrouver de l'autre côté de la rivière, face à un mur de roche de plusieurs mètres de haut. En regardant autour de lui, Zayn ne trouva rien qui pourrait l'aider à grimper sans trop se fatiguer. Cinquante mètres, ce n'était pas de tout repos. En temps normal, sans pression, c'était facilement abordable par Zayn, mais avec des balles qui crachaient autour de lui, et des obus qui explosaient, alors ça devenait tout de suite beaucoup plus compliqué. Zayn souffla un bon coup, et se déchaussa. Il y avait toujours un risque qu'il se blesse par cette brèche causée dans son armure, mais il ne pouvait pas grimper la paroi avec ses rangers. Ses chaussures étaient nouées à sa taille, et Zayn grimpait. Il grimpait le plus vite possible, en essayant de ne pas se faire toucher par les balles, qui frappaient à quelques centimètres de lui.
Zayn finit par arriver en haut de la falaise, il avait les bras endoloris d'avoir escaladé, mais au moins, il était encore vivant, et la sortie était devant lui. Il y avait tout un attroupement de soldat devant l'entrée, et Zayn ne comprenait pas vraiment ce qu'ils faisaient là, mais il était trop épuisé pour essayer de comprendre. À cet endroit-là du camp, il n'y avait plus de danger, alors Zayn se permit de marcher, toujours pieds nus dans la boue qui constituait le terrain. Il était noir de crasse, trempé et en sueur, mais au moins, il se sentait bien, et avait oublié que Niall n'était pas à ses côtés. Il avait totalement retrouvé son souffle lorsqu'il se retrouva devant la troupe de soldat, qui visiblement, n'attendait que lui.
Le général qui les avait accueillis était devant lui.
"Faites vos bagages, soldat Malik. Vous partez pour la Chine."
Zayn acquiesça, et partit en trottinant chercher son sac. Il avait appris depuis longtemps à ne pas discuter quand un ordre était donné, même s'il se questionnait. Pourquoi était-il le seul à partir ? Pourquoi avait-il reçu son ordre de mobilisation maintenant, et pas ce soir comme il était prévu ? Pourquoi allait-il en Chine ? Non... Il savait pourquoi il allait en Chine, mais il ne pensait pas qu'il y serait envoyé. Il ne voulait pas y aller. C'était les meilleurs soldats qui partaient là-bas, et si ça avait quelque chose de gratifiant, c'était aussi terriblement effrayant, puisque 90% de l'effectif envoyé là-bas n'en revenait pas. Les Chinois étaient les pires dans l'armement. Les Russes étaient les plus impitoyables, et le reste pouvait passer pour des gentils face à ces deux-là. Mais la Chine était vraiment le pire des endroits pour partir.
Cela ne faisait qu'un jour que Zayn était parti de chez lui, et il sentait qu'il n'était pas près de revenir. Le basané prit la direction de l'aéroport. On lui indiqua son avion, et il entra à nouveau dans un avion de métal pour la seconde fois de la journée. Il ne connaissait personne dans cet avion, mais bientôt ils se connaîtraient tous plus intimement qu'il ne connaît sa propre famille. La guerre tissait des liens indélébiles. L'avion décolla dans un fracas assourdissant et Zayn regarda le sol disparaître pour laisser place aux nuages. Il avait encore plusieurs heures d'avion devant lui, et à nouveau, personne n'avait envie de parler. On les envoyait à la mort et ils le savaient bien. La Chine faisait déjà la une des journaux, alors que la guerre n'avait commencé que depuis une semaine. Zayn profita du vol pour dormir. Bientôt, il ne pourrait plus le faire tranquillement. Il rêva de Niall, de ses yeux et de son rire. C'était un bon rêve, mais il se réveilla encore plus déprimé que quand il s'était endormi. Pour essayer de se changer les idées, il regarda la terre, par un des rares hublots de l'avion. Ce n'était que carnage et désolation. La terre était brûlée, et plus aucune ville ne couvrait la surface. Seule de la fumée noire se faisait voir. L'avion atterrit quelques heures plus tard, sur ce qui devait être un champ autrefois.
Tous les soldats sortirent au pas de course, et allèrent se réfugier dans la base. Ils furent accueillis par un soldat, qui semblait fatigué.
"Je vous fait visiter. Y'a rien de bien compliqué ici. On se bat, avec de la chance, on revient ici le soir pour manger, sinon, on reste dehors. On se démerde comme on peut pour survivre. C'est clair ?
- Oui, chef !
- Parfait."
La visite du bâtiment fut vite réalisée. C'était une caserne où se trouvaient juste des lits, des tables, et une cuisine microscopique qui servait juste à stocker les plats tout faits. Les nouvelles recrues seraient envoyées sur le front dès le lendemain. Zayn discuta un peu avec les autres, mais rapidement, ils allèrent se coucher pour être en forme le lendemain.
Ils furent réveillés par une alarme qui résonnait dans toute la caserne. En quelques secondes, tout le monde était sur pied, et se dirigeait vers l'armurerie. Zayn prit une armure blanche, comme il l'avait fait sur le camp d'entraînement, et désactiva les hologrammes. Il avait besoin de courir. Il prit un katana rétractable, et l'arme de feu de base, le FAMAS, un fusil d'assaut semi-automatique muni d'une baïonnette. C'était encore ce qu'il y avait de plus pratique à ce jour, mais pas ce qu'il y a de plus puissant. Zayn suivit le mouvement de foule, et il se retrouva embarqué dans un fourgon blindé qui les menait à la guerre. On pouvait entendre son bruit, des bruits, des sifflements, des cris... Dans le fourgon, personne ne parlait, ni même, personne ne bougeait. C'était le calme avant la tempête. Quand le véhicule se stoppa, les soldats sortirent en trombe du vaisseau. Les balles ricochaient à côté de leur tête, et certains étaient déjà morts. Zayn courut le plus vite possible se mettre à l'abri, et chercha à repérer l'endroit d'où venait des tirs. Il y en avait beaucoup trop. Comment faire ? Un obus explosa à côté de Zayn, et il se recroquevilla légèrement.
Quelques soldats avançaient rapidement, et Zayn décida de faire de même. Il courut le plus vide qu'il pouvait, les balles l'évitaient comme par magie, de même que les éclats d'obus. Un petit groupe se forma, mais il était désordonné, et par conséquent, peu puissant.
Le véritable massacre débuta quand les Lispects entrèrent dans la partie. Tout ne devint qu'un fatras de morts, et de cris. Ceux qui se battaient toujours ne le devaient qu'à leur instinct animal. Zayn était effrayé, et pourtant, il savait qu'il devait tenir encore et encore. Pour Niall.
Les jours s'enchaînèrent avec la même rengaine, et la même peur. Les Lispects et les bombes s'alliaient pour créer des armes de destructions massives. Certains mouraient par les balles, d'autres par les bombes biochimiques et devaient quitter le front en urgence, mais le plus grand nombre mouraient des griffes des Lispects. Chaque jour, des centaines d'hommes périssaient, et ceux qui restaient se demandaient ce qu'ils faisaient encore là.
Zayn faisait partie de ceux-là. Il était là depuis le début. Un an, en tout et pour tout, et rien ne changeait. Pas d'espoir, pas de failles, juste des morts. Il se questionnait sur le but fondé de cette guerre. Cela avait-il un sens ? Et si jamais ils ne gagnaient pas? Si jamais cette guerre ne se terminait jamais ? Zayn était terrifié. Chaque jour qui passait ressemblait au précédent. Ils ne prenaient pas une miette de terrain. C'était un véritable sur place qui s'accomplissait. Et ils n'avaient aucune nouvelle de l'extérieur. Leurs informateurs ne trouvaient jamais l'entrée des steppes, et ceux qui devaient donner le courrier aux familles n'en trouvaient jamais la sortie. Ils étaient coincés ici depuis un an, et la deuxième année s'annonçait pareille.
C'est en 2028 que les choses commencèrent à changer. On leur donna espoir avec de nouvelles tactiques de destruction des Lispects. La plus efficace de toutes les tactiques était celle de la Tortue Armée. Les hommes qui portaient des exosquelettes se plaçaient à l'avant, entourant les hommes simplement armés, mais plus rapides. Cette technique ne fit son effet que pendant un temps. Au bout de six mois, les Lispects avaient été mis au point de sorte qu'ils ne se laissaient plus prendre au piège par cette technique. Six mois plus tard, les armures H faisaient leur apparition, elles aussi arrivèrent en tant que formules miracles contre les bombes biochimiques, mais les Chinois améliorèrent à nouveau leurs bombes de sortes que les soldats se retrouvèrent au point de départ, avec leurs espoirs réduis en miette. Rien ne se passait comme il le fallait.
Malgré tout, durant les temps où ces nouvelles techniques ont fonctionné, les soldats ont commencé à grappiller du terrain. Terrain qu'ils conservaient au péril de leurs vies. Zayn, qui était là depuis le début, et qui était un des rares survivants, fût prit à part, et devint le modèle de chacun. Il semblait si fort, si sûr de ce qu'il faisait que les gens ont commencé à l'appelé "Héros". Les journaux chinois eurent vent de ce héros, et commencèrent à miser tout sur l'élimination de cet homme qui apportait l'espoir aux troupes de l'Union. Les attaques redoublèrent d'intensité, et les avions prirent part au combat qui était jusqu'à présent, principalement terrestre. L'ennemi venait de partout. Des terres, des airs, et des sous-sols par les Lispects. Les soldats partaient plus vite qu'ils n'arrivaient, et les effectifs baissaient au fur et à mesure que les conditions de vie s'amenuisaient.
Le soldat qui les avait accueilli n'avait pas menti quand il disait que c'était avec de la chance que l'on dormait à la caserne le soir. Depuis que Zayn était là, il n'avait dû, en tout et pour tout, dormir que trois fois à la caserne. La première fois, le jour de son arrivée, et les deux autres fois, alors qu'il était touché par une des maladies balancées dans les bombes. Heureusement pour lui, une bonne étoile semblait veiller sur sa tête, et il s'en sortit sans dommage. Il dormait dehors, dans le vent, le froid, la pluie et la boue. Les bonnes nuits étaient celles où ils arrivaient à récupérer des tréteaux pour poser des planches de bois, les mauvaises étant celles où ils dormaient à même le sol. Mais les soldats faisaient rarement des nuits complètes. Déjà, parce que des tours de garde étaient mis en place, mais surtout parce que les Lispects et les bombes surgissaient à n'importe quelle heure du jour où de la nuit. Il était là le danger. Il était donc normal de voir les habitués, c'est-à-dire, ceux qui étaient là depuis plus d'une semaine, aborder des cernes plus grandes que des valises. Les nouveaux étaient repérés comme ça. Ils avaient le teint encore frais, et le regard pétillant de santé, au contraire des autres, qui étaient blafards avec le regard en alerte, et paniqué.
La fin de la guerre commença à se sentir quand les attaques de Lispects se calmèrent. Les chinois n'avaient plus le temps et les moyens de réparer ceux qui étaient endommagés. Les soldats pouvaient dormir un peu plus longtemps, et reprenaient espoir. Puis les obus cessèrent de tomber. Les fantassins furent les derniers à abandonner la bataille. Tout se termina le 30 Octobre 2030 à 23h. Pour la première fois depuis de longues années, un silence de mort régnait sur le champ de bataille. Quelques instants auparavant, les gens couraient, tiraient et hurlaient, mais en l'espace d'une seule seconde, tout s'arrêta.
Zayn papillonna des paupières, le souffle encore erratique de sa course. Ce silence en devenait assourdissant. Il fallait du bruit, et vite, sinon, il allait devenir fou. Comme si tout le monde avait eu la même idée que lui, toutes les armes tombèrent au sol, dans un doux fracas. Les hommes marchèrent droit devant eux sans même s'en rendre compte. Des années à essayer d'obtenir ce qu'il y avait derrière, et maintenant, tout était à leur portée. L'Union et l'Indépendance se croisèrent en silence, et chacun marcha vers les tranchées de l'autre.
Zayn marchait comme les autres, le regard dans le vide, sans même comprendre ce qu'il se passait, ce qui lui arrivait. Ils avaient gagné ? Mais comment ? Que s'était-il passé ? Que faisaient-ils maintenant ? Qu'allait-il se passer ? Il ne comprenait pas ce qu'il se passait autour de lui, et n'enregistrait plus rien. La fatigue qu'il ressentait commençait à se faire ressentir. L'adrénaline et la peur s'étaient arrêtées, et il n'y avait plus rien pour le faire tenir debout. Plus rien que l'idée de revoir Niall, de le serrer dans ses bras, de sentir son odeur, et d'être enfin chez lui. Devant lui se dressait son appartement. Il se voyait prendre les escaliers qui le mèneraient chez lui. Il ouvre la porte, entre, et voit les chaussures de Niall rangées dans l'entrée. Zayn s'imagine marcher jusque dans leur chambre, ouvrir la porte et voir Niall, allongé sur le lit, entrain de dormir profondément. Zayn se déshabille rapidement, et s'allonge sur le lit, et dort profondément pour la première fois depuis cinq ans.
Quand Zayn se réveilla le lendemain, il était allongé dans la boue. En se relevant, il constata que plusieurs autres de ses frères d'armes s'étaient effondrés sur le sol. Zayn était dans le camp chinois. Son casque était tombé au sol, mais il n'en avait plus besoin désormais. Autour de lui, le silence s'était apaisé, et on pouvait entendre les gens ranger leurs affaires. Quelques appels venant des généraux se faisaient entendre demandant à se faire rapatrier. Zayn sentit la fatigue tomber sur ses épaules, et il termina se relever avec difficulté. Son corps le faisait souffrir le martyr. Il retira ses chaussures et laissa ses pieds s'enfoncer dans la boue avec plaisir. Elle était gelée, mais au moins, il se sentait vivant. Il ressentait le sol, et la vie qu'il y avait dedans. Dans un besoin de voir le monde qui l'entourait, Zayn sortit de la tranchée. La poussière était soulevée, et l'on ne voyait pas grand-chose, mais toujours plus que quand le sang giclaient, et que les balles se perdaient dans l'air. Zayn regarda le ciel, et ne vit qu'un énorme nuage de poussière noire... Il comprit alors que les appels ne servaient à rien. Jamais ils ne seraient repérés dans toute cette fumée. Les avions ne pourraient pas les voir, et les radars étaient brouillés par toutes les bombes qui avaient été lancées. Ils devraient rentrer par leurs propres moyens.
Zayn marcha. Quand il croisait un mort, il le ramenait du côté qui était le sien, pour qu'il soit brûlé plus tard. Quand le mort avait encore sa plaque, il la récupérait, et en faisait un tas autour de son poignet. Parmi les morts de l'Union qu'il ramenait, Zayn trouva plusieurs de ses amis. Les larmes auraient dû couler sur ses joues, mais rien. Son cœur était-il devenu aussi sec que la pierre ? Il se refusait à penser ça, mais pourtant, la guerre avait peut-être eu raison de lui.
La journée se passa dans le silence. Chacun veillait ses morts, comme le voulait la coutume. Quelle ironie que la guerre se soit terminée un 30 Octobre, non ? La vieille du jour des morts. Ce jour n'avait jamais eu autant de sens que maintenant. Les morts s'alignaient sur plusieurs kilomètres, et l'on n'en voyait pas le bout. Le soir, plus aucun cadavre n'était dans le No Man's Land. Non, il était tous dans le feu qui trônait entre les deux camps. Union et Indépendance. Ces mots n'avaient plus de sens maintenant. Gagnants ou perdants, ils n'étaient finalement que des hommes. Il était temps qu'ils le comprennent, et que les vieilles querelles soient définitivement rangées au placard. Assez de sang avait coulé pour des actes idiots. Peut-être que les hommes comprendront la leçon cette fois ci. Zayn l'espérait sincèrement, alors qu'il buvait dans la coupe d'un chinois nommé Ling. En discutant un peu avec lui, il comprit que quelque soit leur camp, la plupart des gens pensaient la même chose, mais personne n'osait imposer ses idées à moins d'avoir un nom important.
Les jours suivants, les soldats comprirent que personne ne viendrait les chercher. Alors ils cherchèrent une solution, et la plus logique fut de marcher jusqu'à trouver une ville alliée. Chacun fit alors ses bagages, emportant les maigres affaires qu'ils avaient, et gardant leurs tenues militaires.
Zayn n'avait que le sac qu'il avait laissé à la caserne, des photos de Niall, des lettres qui n'étaient jamais parties, et ce qu'il portait sur lui. Son sac fût vite fait, et il suivit la troupe qui partait déjà vers l'Est. Il était seul parmi tous les soldats, mais ils étaient tous seuls. Plus personne ne pouvait les comprendre. Les nouveaux avaient été plongés dans la guerre comme dans un bain d'huile, et en étaient marqué, mais ces marques pouvaient disparaître. Zayn, lui, était imbibé de la guerre jusque dans les os. A jamais son âme serait marquée par cette guerre, et une partie de lui serait toujours ici, avec les morts.
Quelques petits groupes parlaient doucement, mais le plus grand nombre gardait le silence, plongé dans leurs pensées.
Les jours passèrent, puis les mois. Ils marchaient, encore et encore, mettant un pied devant l'autre sans penser au lendemain. Ils étaient devenus des robots. Juste marcher, encore et encore. Les pensées de Zayn se tournaient tout de même vers Niall. Si ce n'était quand il marchait, il le voyait dans ses rêves. Sa chevelure blonde, la mèche qui lui tombait sur les yeux, et son rire, encore et toujours son rire. Ce rire qui caressait ses blessures, les faisant cicatriser avec la lenteur que seul le temps pouvait avoir. Une année passa, sans qu'ils croisent de villes pouvant les ramener chez eux. C'était des hameaux, ou des villages. Quitter les steppes était plus dur que ce qu'on pouvait penser. Certaines villes étaient munies d'un aéroport, mais il était loin d'être militaire, et ne pouvait les ramener chez eux.
Finalement, pas loin d'un an plus tard, ils tombèrent sur une ville d'Hongrie, qui pouvait les ramener chez eux. Des milliers d'hommes qui étaient partis, seul quelques centaines subsistaient. Les hommes venant du front avaient survécus aux Lispects, aux balles et aux bombes, pour mourir d'épuisement à des milliers de kilomètres de chez eux. Morts loin de leurs familles, de leurs amis. Zayn ne pouvait plus penser à ces gens sans s'imaginer à leur place. Et si jamais lui-même mourait ? Et s'il laissait Niall seul ? S'il brisait leur promesse ? Niall y survivrait-il ? Lui pardonnerait-il ? Jamais il ne se pardonnerait de le laisser seul... Et c'était ce qui avait porté chacun de ses pas depuis un an.
La caserne militaire qu'ils trouvèrent les accueillit en héros. Ils avaient tous pensé qu'il ne restait plus personne du front chinois, et de voir cette centaine d'homme revenir avait quelque chose tenant du miracle. Mais personne ne fit attention à comme ils furent accueillis. La plupart s'effondrèrent d'épuisement dans la cours. Ils avaient tant marché que leurs vêtements tombaient en lambeaux, leurs chaussures étaient détruites, et leurs pieds brûlés. Ils voulaient rentrer chez eux à présent.
Zayn était épuisé, mais dès qu'il s'arrêtait, il pensait, et il ne voulait pas penser. Niall, la guerre, les morts, les balles et les obus. Tout se ressassait encore et encore dans son esprit, le hantant. Il ne pouvait s'arrêter, sinon, il perdrait l'esprit. L'épuisement le portait, et le porterait jusqu'à ce qu'il rentre chez lui. Tel un automate, il se dirigea vers le camp d'entraînement. Les gens se tournaient sur son passage, ébahi. Il avait le teint blafard, des cernes qui lui mangeaient la moitié du visage, des cicatrices lui barraient le corps. Ses pieds étaient en sang, les vêtements déchirés aux bras, jambes, et des trous se formaient dans son dos, où son sac avait frotté durant un an, mais son pas était déterminé, mais empli de désespoir. Zayn arriva devant le camp. Il déposa ses affaires dans un coin, mais garda près de lui la photo de Niall. Elle était marquée par les pliures, les bords étaient cornés, la couleur disparue et le sang la tachait, mais pour rien au monde, Zayn se séparerait de cette photo qui l'avait accompagné durant les moments les plus durs.
Ses pieds foulaient la boue glacée, mais il ne la sentait plus, comme il ne sentait plus rien depuis longtemps. Regardant autour de lui, Zayn remarqua que le parcours avait changé. On était revenu dans quelque chose de plus ancien : parcours du combattant. Zayn avait toujours aimé ces parcours. On n'avait pas besoin de réfléchir. Il l'emprunta donc, et le fit sans même se souvenir des mouvements qu'il accomplissait. C'était des automatismes. Rouler, sauter, ramper, sans le danger des explosions, tout ça était du facilité déconcertante. Zayn arriva à la fin du parcours où il y avait un lieu de repos. Sitôt passé les portes de la caserne, il s'effondra de fatigue.
Il ne se réveilla que plusieurs heures plus tard, sur un lit de camp. Des hommes chuchotaient autour de lui, et il resta quelques instants à les écouter, les yeux fermés. Quand il rouvrit les yeux, un homme était assis à côté de lui, un carnet en main.
"D'où viens-tu mon garçon ? demanda l'homme qui semblait avoir la soixantaine.
- Londres, monsieur.
- Je suppose que tu voudrais rentrer chez toi.
- Je ne souhaite que ça.
- C'est bien, mon garçon. Il y a un avion qui part dans l'heure pour l'Angleterre. De là, des navettes font route pour toutes les villes où il y a des soldats. Vous êtes les derniers à rentrer chez vous, alors ça devrait aller assez vite. L'homme lui tapa l'épaule. Courage mon garçon. C'est presque fini."
Zayn acquiesça, et attendit que l'homme soit parti pour se relever avec difficulté. En regardant à côté de lui, il vit son sac, et la photo de Niall posée sur le dessus. Une soudaine envie de pleurer le prit. Pour la première fois, il voyait la fin de cette guerre. Avec difficulté, il retint ses larmes, et se releva, emportant son sac avec lui. Dehors, des files se créaient, et les gens repartaient avec un bout de papier. Zayn regarda celui que l'homme lui avait donné tout à l'heure.
"Soldat Malik Zayn, 12e régiment d'infanterie, Chine.
Angleterre, Londres "
Observant autour de lui, Zayn remarqua que les avions étaient numérotés de un à vingt. Il se dirigea vers son avion, et donna son bout de papier avant d'entrer dans l'avion. À l'intérieur, il retrouva quelques un des soldats avec qui il avait combattu. Il s'assit auprès d'un, Gary Rickey et entama la conversation. Gary était aussi de Londres, et ils étaient amenés à faire un bout de chemin ensemble. Après quelques heures d'avion, les anglais étaient arrivés dans le Cambridgeshire. Dans un jour, ils seraient chez eux. Zayn demanda la date à un des aviateurs. Il avait perdu le compte des jours et des mois depuis trop longtemps. On lui répondit que l'on était le 12 Septembre. La veille de l'anniversaire de Niall. Zayn comprit qu'il était vraiment temps qu'il revienne. Il ne pouvait pas le laisser passer un nouvel anniversaire seul, dans leur appartement. Il en avait pour un jour de route, avec le car. En espérant ne pas tomber sur des bouchons, il devrait arriver juste à temps.
Après plusieurs heures de route, avion et car inclus, Zayn était arrivé à Londres. En regardant autour de lui, il comprit qu'il n'avait plus grand chose à faire dans cette ville, mis à part Niall. Niall était la seule chose qui le rattachait à cet endroit. Demandant l'heure à un passant, il apprit qu'il était 18h. Il avait encore le temps d'aller chercher des cupcakes, et de... Zayn venait de passer devant une bijouterie, et un anneau retint son attention. En entrant de la boutique, Zayn demanda des informations sur cet anneau blanc, qu'il avait vu en vitrine. Le vendeur lui expliqua tous les détails avec un ton condescendant à la vue de Zayn. Il fallait dire qu'il ne s'était pas changé, et avait toujours sa tenue boueuse, trouée et sans chaussure. Pour les gars de la ville, il ressemblait à un sans-abri. Une idée folle traversa l'esprit de Zayn : demander Niall en mariage. Il ignorait comment il allait être reçu. Peut-être avait-il maintenant un autre homme dans sa vie, et qu'il l'avait oublié. Peut-être avait-il déménagé, mais Zayn se dit qu'il pouvait tenter le coup. Et puis, la bague était remboursable si jamais elle ne plaisait pas, la taille ne correspondait pas... Zayn espérait que tout se passerait bien. Le vendeur devint tout de suite plus aimable quand Zayn dépensa les 549£ nécessaires à l'achat de la bague, et la garda au fond de sa poche. Trouvant une friperie, il prit une paire de rangers, et une tenue militaire datant de plusieurs années. Il garda ses anciens vêtements et les mis dans son sac. Puis une fois correctement habillé, et à peu près lavé grâce aux toilettes publiques, il alla acheter des cupcakes. C'était le 13 septembre, et 13 septembre rimait avec cupcakes. Zayn alla donc dans sa boulangerie préférée, celle de Styles'n'Co. Harry, le boulanger, était un ami d'enfance de Zayn, et il était toujours prêt à se rendre serviable pour son meilleur ami.
Zayn passa dans la boulangerie de son ami, et celui-ci lui sauta dans les bras dès que Zayn franchit la porte.
"Zayn ! Tu es rentré ! Depuis quand ? Ça va ? Comment va Niall ? C'est pour des cupcakes ?
- Harry. Stop, demanda Zayn qui sentait poindre une migraine. Je vais bien, et oui, c'est pour des cupcakes.
- Tu veux quoi ? Fraise, chocolat, vanille, menthe, et des bi-goûts ?
- Ouais, ce serait super. Tu aurais moyen de me mettre ça dans un des bi-goûts ? fit Zayn en lui tendant la bague.
- Tu comptes faire ta demande à Niall ? Super ! dit Harry, enthousiaste.
- Ouais, mais je ne sais pas comment il va le prendre.
- Arrête, ça fait vingt ans que vous êtes ensembles. Et puis, tu es rentré depuis un an, donc c'est bon. D'ailleurs, pourquoi t'es pas venu me voir plus tôt.
- Attend... Quoi ? l'arrête Zayn, ébahi.
- Euh...
- Je suis rentré depuis un an ?!
- Ouais, enfin, je sais pas, fit Harry d'une petite voix. C'est juste que tout le monde est rentré depuis tout ce temps, donc je me disais que toi aussi...
- Je viens juste d'arriver. "
Harry le regarda un instant, perdu, mais il ne fit aucune remarque. Il garda le silence un instant, le temps d'assimiler ce qu'il venait d'apprendre, et de mettre la bague dans le cupcake avant de refaire le glaçage sur le dessus pour cacher le trou qu'il avait fait.
"C'est pour ça que tu as une barbe.
- Ouais, entre autre."
Zayn resta parler avec Harry jusqu'assez tard, ne voyant pas le temps passer. Harry avait lui aussi été à la guerre, mais juste sur la fin, la dernière année, et il s'en était sorti sans trop de dommages. Zayn arrivait donc à parler avec lui sans trop de problème de ce qu'il avait vu. Se confier un tout petit peu lui fit du bien. Quand il quitta la boutique, il était 22h, et Zayn jugea qu'il était plus que temps qu'il rentre chez lui.
Il prit la direction de l'appartement, et entra les clés dans la serrure. Les clés de l'avaient jamais quitté. Il ouvrit la porte, et posa la boite de cupcakes sur la table. Niall vivait toujours là, et sans personne dans sa vie puisque des photos d'eux trônait encore sur le buffet. En regardant autour de lui, Zayn trouva que tout ça était trop confortable. Après six ans passé dans la terre, à dormir à même le sol, la vue d'un canapé lui semblait à la fois le paradis et l'enfer à cause de son confort. Niall n'était généralement pas un couche-tôt, alors il fut surpris de ne pas le voir devant la télé, affalé avec un paquet de chips. Il se dirigea vers la chambre. Il n'y avait personne non plus. Pourtant, il entendait un souffle très discret. Zayn s'allongea sur le lit, et se pencha vers l'avant, pour regarder dessous. Il y allait doucement. Comme tous les enfants, il avait eu peur de ce qui se cachait sous son matelas, et il n'avait jamais vraiment réussi à se débarrasser de sa peur. Progressivement, il put regarder ce qu'il y avait sous le lit. Deux yeux bleus le regardaient. Niall. Zayn eut un soulagement en le voyant.
"C'est pas possible... murmura le blond. Non, non, non. Ce n'est pas possible... Tu dois être mort... Pourquoi t'es pas mort ?"
Zayn fut blessé d'entendre ces mots. Il pensait qu'il était mort... Pourquoi ? Enfin, c'était normal. En six ans, il avait eu le temps de penser qu'il était mort. Mais il avait si peu confiance en lui pour croire qu'il était mort ?
Zayn descendit du lit et alla se placer à côté de Niall.
"Joyeux anniversaire, mon amour.
- C'est pas possible... Tu es mort... Tu es mort ! "
Niall roula hors du lit, et s'éloigna de Zayn qui resta seul avant de rejoindre son amant. Il sentait qu'il allait être difficile de le convaincre qu'il était bien vivant. Niall courut, mais Zayn allait plus vite, et le rattrapa avant qu'il ne soit arrivé à la porte. Il le plaqua contre le mur en essayant de ne pas être trop brusque.
"Pourquoi t'es encore là ? Tu es mort ! Tu dois être mort ! dit Niall assez fort.
- Tu veux tant que ça ma mort ?"
Les paroles du blond lui faisaient vraiment mal. Plus que n'importe quel obus, ou balle reçu. Il croisa le regard de Niall. Celui-ci était perdu. Complètement désarçonné et ne savait plus comment réagir. Zayn voyait bien le trouble dans les yeux de son amant, et il s'en voulait de tout ça. Il s'en voulait d'avoir été absent, de ne pas avoir donné de nouvelles pendant tout ce temps, de lui avoir fait perdre espoir. Il imaginait à quel point ça avait dû être dur pour Niall, aussi dur que ça l'avait été pour lui, mais il n'avait pu rien faire. Il n'avait pas eu le choix.
"Mais tu étais où ?
- Quoi ? demanda Zayn, qui n'avait pas entendu.
- T'étais où ?! cria Niall. Putain ! Ça fait six ans ! Six putains d'années que j'attends ! Une lettre, un coup de téléphone, un bonjour donné de loin, quelque chose putain ! Comment je fais pour savoir si tu es vivant ou pas ? Hein ? Expliques moi ?! criait Niall, le visage ravagé par les larmes tout en frappant le torse de Zayn de ses poings. J'ai tout essayé pour te retrouver ! J'ai demandé au général, j'ai demandé des listes ! Mais putain, y'avait rien du tout ! Même pas un disparu ! T'étais un putain de fantôme !"
Les doigts de Niall étaient accrochés au haut de Zayn, et celui-ci pouvait voir toute la peur de Niall là-dedans. Il s'en voulait terriblement d'avoir fait ça, de l'avoir laissé seul. Mais il était trop tard pour faire machine arrière. Le temps seul pouvait réparer les blessures qu'il avait causées, et Zayn ne voyait pas comment faire pour rassurer Niall, pour essayer de le calmer. Ses propres sentiments faisaient écho aux siens, et il ressentait maintenant toutes les émotions qu'il avait bridées pendant des années.
Niall se laissa tomber au sol, et Zayn le suivit dans le mouvement. Il ne savait pas comment faire pour le réconforter. Naturellement, il le prit dans ses bras, et le serra comme il put malgré leur position inconfortable. Niall était au début tendu, mais progressivement, il se détendit. Zayn se sentait bien. Il pouvait toucher Niall, le sentir. Il était près de lui, et n'allait pas disparaître comme un rêve au matin. Non, il était vraiment là.
"Je suis désolé. Vraiment désolé, chuchota Zayn. Je ne voulais pas... Mais j'avais pas le choix. Je suis désolé... "
Zayn le serra dans ses bras encore plus fort, jusqu'à ce que Niall se décale. Aussitôt, Zayn sentit son cœur se serrer, mais il fit comme si de rien n'était. Niall était sûrement plus blessé que lui, au vu des larmes qui coulaient sur ses joues. Zayn ne comprit pas ce qu'il se passait, quand le visage de Niall se ferma. Il se détourna, et Zayn suivit ses mouvements du regard. Le blond revint avec deux bières, et le regard déterminé, et le visage fermé à toutes expressions.
"Très bien. Expliques."
Zayn prit la bière que Niall lui tendait. Devait-il vraiment lui dire ? Lui expliquer tout ce qu'il avait vu ? Au regard que lui lançait le blond, il comprit qu'il n'avait pas le choix, alors il se résigna à revivre le cauchemar. Zayn expliqua tout ce qu'il s'était passé, et au fur et à mesure qu'il parlait, il revoyait ses amis mourir sous ses yeux. John, déchiqueté par un Lispect, Chris qui marcha sur une mine, Jeremy tué par une des bombes biochimiques. Le cauchemar se répétait sous ses yeux. Les bombes hurlaient dans sa tête et les cris de ses amis le hantaient. La guerre avait repris vie. Quand s'arrêterait-elle ? Quand ce massacre prendra-t-il fin ?
Perdu dans la brume de ses pensées, Zayn ne sentit pas Niall le prendre dans ses bras, ni le tirer jusque dans la salle de bain pour le déshabiller, pas plus qu'il ne sentit l'eau chaude courir sur sa peau. Et puis doucement, il sentit la chaleur entrer en lui. Le chaud l'entourait. Il sentit au loin, une bouche se poser contre sa peau, puis la quitter. La chaleur s'éloigna un instant avant de revenir. Le souvenir de la guerre s'éloignait, et Zayn commença à revoir Niall devant lui. Il était vraiment là ? Ce n'était pas encore un rêve ? Il n'allait pas partir ?
Pour vérifier que tout ceci était vrai, Zayn attira Niall à lui, et l'embrassa. Il toucha du bout de la langue les lèvres de son blondinet, jusqu'à ce que Niall accepte que le contacte soit un peu plus intense. Zayn ravagea la bouche du blond de sa langue et goûta à nouveau au goût de Niall. Il avait besoin de plus. D'être vraiment sûr. Naturellement, ses mains se déplacèrent jusqu'à se poser sur les fesses nues de son compagnon pour l'attirer encore plus à lui. Il était collé à Niall, et sa chaleur l'entourait entièrement. Il sentait deux bras autour de lui, et il continua de manger ces lèvres roses qui l'avaient fait rêver. L'eau chaude coulait toujours sur leurs deux corps, et Zayn sentait de la chaleur s'infiltrait en lui, remplaçant le froid qui l'englobait depuis six ans.
"Tu ne penses pas qu'on serait mieux dans un lit ? chuchota Niall contre les lèvres de Zayn.
- Tu as peut-être raison."
Ils terminèrent leur douche, avant d'aller dans la chambre, une serviette autour des hanches.
Zayn poussa Niall sur le lit. Un des soldats de sa garnison avait eu la même position avant de mourir. Le premier jour de guerre, Aaron Oldman, un des gars venant du même camp que Zayn s'était battu contre un Lispect devant les yeux de Zayn. Il avait demandé, avant de partir au front, de lui laisser le premier Lispect qui viendrait sur eux. Tout le monde lui avait laissé l'honneur de se battre. Il avait esquivé chacun des coups que lui portait la bête, avant de glisser à cause du terrain qui n'était pas en bon état. Il était à la merci de la chose, mais il avait tout de même réussi à s'en dépatouiller. Et puis sans que personne ne s'en rende compte, un obus éclata à quelques mètres d'eux. Le souffle de l'explosion les expulsa, mais Aaron n'avait pas eu cette chance. Étant allongé, il n'avait pas pu s'écarter, et quand Zayn pu se remettre debout, il vit Aaron, un éclat d'obus planté dans le ventre. C'était le premier mort de cette guerre qu'il voyait, et c'était aussi la mort la plus horrible qu'il ait vu. Aaron avait souffert pendant de longues minutes, de longues heures avant que la mort ne l'emporte.
Zayn sentit deux mains puis une voix le ramener au présent.
"Hey, tu es avec moi. Zayn, dit Niall. C'est fini, tu n'es plus là-bas."
Le soldat posa son regard sur l'homme qui avait guidé ses pas. Il sentait les larmes piquer ses yeux, et s'en voulait de se montrer aussi faible, mais il n'arrivait plus à lutter. Zayn se sentit tomber en avant, et comprit que c'était Niall qui le tirait, vu le sourire malicieux qu'il abordait. Progressivement, Zayn fut ramené au présent, grâce au pouvoir magique des baisers de Niall. Baisers qu'il rendait. Finalement, Zayn ne tint plus et embrassa Niall avec volupté. Il sentit Niall s'accrocher à lui avec ses jambes. Son mouvement entraîna un frottement entre leurs deux membres à moitié érigés. Niall continua le mouvement en se frottant encore plus contre Zayn. Les deux serviettes tombèrent et leurs membres se trouvèrent réellement en contact, leur arrachant un gémissement. Une des mains de Niall lâcha le dos de Zayn pour venir se glisser entre ses jambes pour aller prendre la virilité du basané en main. Niall savait y faire et rapidement, Zayn se retrouva dur. À son tour, il voulut donner du plaisir à son amant. Il embrassa Niall et glissa sa main jusqu'à tenir dans sa main la future érection de Niall. Il sentit son blond sourire dans le baiser, avant de remarquer que Niall avalait sa langue comme s'il s'agissait d'un bonbon. Quand ils furent dur tous les deux, Zayn sentit le poids des jambes de Niall se retirer du bas de son dos. Zayn regarda Niall se détourner pour prendre la bouteille de lubrifiant et les préservatifs. Niall les avaient remplacé ? Visiblement non, vu que Niall semblait hésiter.
"J'ai rien choppé là-bas. Ils ont beau être cons l'Indépendance, ils ne le sont pas au point de créer des bombes avec des MST."
Zayn remarqua que Niall était rassuré, mais il l'embrassa tout de même. Ses doigts caressaient ses joues, et pour plus de confort dans le baiser, ils lui ordonnèrent de tourner la tête pour que leurs nez ne se gênent pas lors que l'étreinte de leurs deux langues. Zayn lui dévorait la bouche, laissant sa langue glisser le long des dents ou du palais du blond. Dans l'idée d'une suite, les doigts de Zayn se dirigèrent vers la bouche de Niall, remplaçant progressivement la langue du basané. Zayn sentit ses doigts se faire aspirer dans la bouche du blond. C'en était presque indécent, mais Zayn aimait ça. Il aimait imaginer que ça pouvait être son membre à sa place. Son regard quittait ses doigts pour plonger dans celui de Niall. C'était leur point d'attache. L'autre était là, et à cet instant, c'était tout ce qui comptait. Zayn fut ramené au présent quand il sentit le froid sur ses doigts. Niall les avait libérés. Il était temps de passer à la suite.
Zayn écarta les fesses du blond, avant de glisser lentement un doigt en lui. Il sentait que Niall n'avait pas eu de rapport depuis longtemps à la façon dont il était serré autour de lui, mais il avait gardé le réflexe, et il se détendit rapidement. La main qui flattait doucement l'érection du blond devait aussi l'aider à se détendre. Assez vite, Zayn pu faire passer trois doigts dans l'intimité du blond. Doigts qui devinrent rapidement insuffisant. Zayn retira ses doigts, et cracha dans sa main pour lubrifier son membre, puis il le présenta devant l'entrée de son amant. D'un coup de rein maîtrisé, il se retrouva en Niall de tout son long. Il pouvait sentir ses bourses frotter contre les fesses de Niall. Zayn ne bougeait pas, et commença à se mouvoir en Niall que lorsque celui-ci entama le premier mouvement, alors il donna de puissant coup de reins. La jouissance les frappa rapidement tous les deux.
Zayn était aussi essoufflé que s'il avait couru des kilomètres, mais il était mille fois plus heureux. Quand il eut retrouvé son souffle, il se leva, Niall sur les talons. Ils se nettoyèrent rapidement avant de s'habiller et d'aller dans le salon. Il pensa aux cupcakes, qu'il avait laissé sur la table, et espérait que le glaçage avait tenu. Zayn observait avec attention la réaction de Niall, et elle ne se fit pas attendre. Quand il vit ce qu'il y avait dans la boite, les larmes lui montèrent aux yeux. Le basané eut un pincement au cœur en voyant ça et il sentit sa main se faire broyer par Niall d'émotion.
Ils mangèrent ensuite les cupcakes. Zayn sentit l'angoisse monter quand il vit que Niall avait pris le cupcake avec la bague. Est-ce que c'était une bonne idée ? Allait-il dire oui ? Quand le blond eut recraché la bague, Zayn se mit à genoux, et prit la main du blond entre les siennes. C'était le moment décisif.
"Niall James Horan, veux-tu m'épouser ? "
Zayn eut le bonheur d'entendre Niall répondre oui. L'information arriva à son cerveau lorsqu'il sentit les lèvres de Niall posées sur les siennes. Avec force, Zayn répondit au baiser. Il savait que maintenant, la guerre serait chassée loin, et que le bonheur lui tendait les mains car il était enfin rentré à la maison.
L'alliance : .
