Et voilà le deuxième chapitre ! Merci pour vos reviews !
Chapitre 2 : Manipulation et déduction
-Le virtuose du crime ?répéta Maigret,incrédule. C'est lui qui a tué M. Masayu ?
-Oui,je le crains,inspecteur Maigret. Bien que j'ignore encore comment...
Les inspecteurs de police étaient arrivés assez vite et Maigret,Takagi et Sato étaient tous trois là, ainsi que les experts, qui s'affairaient dans le bureau de la victime. Après avoir soupiré, Kogoro raconta tout aux inspecteurs : l'arrivée du nouveau client, la lettre, leur venue ici, la mystérieuse mort du patron du bureau et la découverte du message. Maigret le lut, ainsi que la lettre, et dit :
-Effectivement. Je commence à comprendre, Mouri... Et si j'ai bien compris ton histoire, ce « virtuose du crime » se trouverait parmi ces trois hommes ?
-Je le crains, inspecteur. Mais avant de s'occuper d'eux, il y a autre chose de plus important : comment a-t-il empoisonné M. Masayu, qui était seul dans son bureau ?
-A ce sujet...répondit l'un des experts. Nous avons trouvé quelques traces de poison...
-Quoi Où ça ?!
-Il y en avait sur le bureau, sur la chaise, sur le message retrouvé dans la poubelle et sur...
-Minute, coupa Kogoro. Il y en avait sur le message ? Alors tout s'explique ! Le coupable en a mis sur le message qu'il a posé sur le bureau. M. Masayu l'a pris pour le lire et s'est mis du poison sur les mains ! Ainsi, inutile de devoir être dans le bureau ! Tout s'explique !
-Euh, non,M. Mouri,dit Sato. Pourquoi aurait-il porté ses doigts à sa bouche ?
-Et surtout, reprit l'expert, que le poison retrouvé avait la forme des doigts. Donc c'est la victime elle-même qui l'a déposé. Tout comme sur la chaise, le bureau et divers objets, comme un stylo, qu'il a tenu avec les doigts recouverts de poison. Mais à propos de ce stylo...
-Il y a quelque chose de bizarre avec ce stylo ?demanda Takagi.
-Eh bien, pas avec le stylo lui-même, mais le capuchon...Était très abimé et mouillé par de la salive, alors je dirais qu'il a été...Mâchouillé, hésita l'expert.
-Ah,ça !dit Taoi. Il faisait souvent ça,il ne pouvait pas s'en empêcher !
-Hum ? Mais...M. Makusori, demanda Kogoro,ce stylo...C'était celui qu'il vous avait prêté ?
-Oui, c'est bien lui. Mais pourquoi...
-Alors vous êtes le meurtrier ! Vous avez mis du poison sur le capuchon du stylo que vous a prêté votre patron ! Vous le lui avez rendu et, quand il l'a mis dans sa bouche, il s'est empoisonné !
-Euh, non, non !s'écria Makusori. Ce n'est pas moi !
-Il a raison, M. Mouri. C'est une brillante théorie, mais c'est impossible, parce qu'il n'y avait pas de poison sur le capuchon : le réactif n'a rien fait apparaître. Et il n'y a pas de teinture d'iode ici,
Kogoro ouvrit grand la bouche en entendant l'expert...Et la referma. Il finit par réussir à articuler :
-Et...Il n'y avait donc aucun objet avec du poison n'ayant pas la forme des doigts ?
-Non, répondit l'expert. Absolument rien.
Un silence pesant s'installa dans la pièce. Takagi finit par dire, d'une voix blanche :
-Alors...Comment le coupable a-t-il pu empoisonner sa victime ? C'est impossible !
-Non,je ne crois pas. C'est très simple,dit Conan,à la stupeur générale.
-Que veux-tu dire, Conan ?dit Ran. Tu sais ce qui s'est passé ?
-Ben, je crois. Le coupable est bien l'un de ces trois hommes, non ?
-Certainement, et alors ?reprit Maigret.
-Eh bien, à la découverte du corps, ils se sont tous les trois approchés du bureau. Alors le coupable a très bien pu prendre l'objet où se trouvait le poison et le cacher dans la pièce principale alors qu'ils étaient partis téléphoner...
Un nouveau silence s'installa, mais celui-ci fut rapidement rompu par l'éclat de Maigret :
-Mais bien sûr ! Ça ne peut être que ça ! Messieurs les experts, venez ! Il faut chercher cet objet !
Au pas de course, ils allèrent dans la pièce principale, où attendaient déjà les trois suspects.
-Vous avez trouvé un indice ?s'écria aussitôt Makusori.
-Pas encore, mais ça ne va pas tarder...répondit Kogoro.
Puis, sous le regard ahuri des trois musiciens, toutes les personnes présentes ( à l'exception de Conan et Ran ) commencèrent une fouille méthodique de la pièce. Au bout d'un moment, alors qu'il cherchait, Takagi s'arrêta devant la maquette et demanda, intrigué :
-Qu'est-ce que c'est ?
-C'est la maquette du nouveau bureau du patron, répondit Joisa. Là où il allait aller après...
-Après nous avoir virés, acheva Taoi. Eh, vous ! Attention...
Trop tard ! En s'approchant pour examiner la maquette, Maigret s'était cogné contre la chaise et était tombé en avant, pile sur la maquette, qui bougea dangereusement. Joisa se précipita :
-Oh, non ! Pas encore ! Ah, ouf ! Elle n'est pas tombé et aucune pièce n'a bougé,souffla-t-il.
-Excusez-moi, dit Maigret en se relevant. Mais...Pourquoi « encore » ?
-Parce que moi aussi, je suis tombé tout à l'heure, expliqua Kogoro.
-Bon,plus de peur que de mal, dit Sato. Nous reprenons la fouille ?
Aussitôt dit, aussitôt fait. Mais, après 20 minutes de recherches infructueuses, toujours rien.
-Zut ! Nous n'avons rien trouvé, dut reconnaître Maigret, dépité. Pourquoi ça ?
-Peut-être que le coupable a toujours l'objet avec le poison sur lui ?proposa Conan.
-Bonne idée ! Takagi, fouille-les ! Et, tant qu'on y est, interroge-les séparément !
Takagi se retira avec les trois suspects tandis que Conan, l'air pensif, entra dans le bureau où la victime avait trouvé la mort. Il jeta un coup d'oeil circulaire à la pièce et dit pour lui-même :
-Je sens que la clé de ce meurtre se trouve ici. Dans ce bureau. Réfléchissons...L'objet qu'a utilisé le coupable doit être un objet habituel, sinon sa présence aurait étonné M. Masayu. Qu'est-ce que ça peut-être ? Je ne vois rien qui manque sur ce bureau. Donc j'ai tort ? A moins que... Et si...Et si il ne manquait rien ? Et si le coupable avait échangé l'objet qu'il a utilisé par un objet identique, et que c'est cet objet qu'il a caché quelque part ? Mais dans ce cas...Ce que les trois suspects ont emprunté à M. Masayu...Un stylo, un crayon et une colle...Serait-ce ça la clé du mystère ?
-Une colle ? A propos de ça, il y a un détail étrange...dit un expert qui était dans la pièce.
-Quel détail étrange ?demanda Conan, surpris.
-Eh bien, répondit l'expert, il y avait un bâton de colle sur le bureau, qui était presque vide. Mais quelqu'un l'a utilisé jusqu'au bout, car on a pris ce qui restait avec je ne sais quoi de petit et fin...
-Un crayon, sûrement, dit l'inspecteur Sato qui se tenait contre la porte.
-Hum ? Pourquoi dites-vous ça, inspecteur Sato ?demanda Conan.
-C'est ce que m'a dit Takagi. Apparemment, les trois suspects ont tous raconté que la victime était tellement avare que lorsqu'elle finissait un bâton de colle, avec un crayon, elle prenait ce qui restait et l'utilisait. Et c'était embêtant car le crayon était tout collant après ça...
-Ah,je comprends maintenant pourquoi il y avait le papier, dit l'expert. Il y avait le croquis d'instrument à l'envers sur le bureau, et une colle rebouchée à côté. Comme il y avait de la colle dessus, j'imagine qu'il allait coller ce croquis, mais que la mort l'a emportée avant...
Sans rien dire, Conan sortit du bureau, l'esprit à ébullition. Il pensait :
-Un stylo, une colle et un crayon...Tous ces objets empruntés par les suspects peuvent avoir joué un rôle dans ce meurtre. Et j'ai bien une petite idée sur la méthode, mais rien de certain... Et de toute façon, je ne sais pas où le coupable a caché l'arme du crime, et je n'ai aucune preuve, sans parler du fait qu'il me manque un élément pour connaître la méthode. Bon, pas le choix...
Conan se dirigea vers les suspects, qui étaient interrogés par Maigret, Takagi et Kogoro. Il glissa :
-Excusez-moi ? Est-ce que je peux leur poser des questions ?
La réplique cinglante de Kogoro fut étouffé par l'approbation des deux inspecteurs, et Conan dit :
-M. Makusori, est-ce que par hasard, M. Masayu aurait perdu un stylo, une colle ou un crayon ?
-Euh, eh bien, oui. Hier, il se plaignait de ne pas retrouver un stylo. Pourquoi...
-M. Joisa, coupa Conan, M. Masayu avait parlé de votre « fourbi ». De quoi s'agit-il exactement ?
-Ah,ça ? C'est un étui dans lequel je range des stylos, des crayons... C'est plus pratique qu'une grosse trousse, et ça me dépanne bien quand j'en ai besoin,expliqua le pianiste, en sortant ledit étui d'une poche de son ample veste.
-Eh bien, vous vous en servez beaucoup !remarqua Takagi. L'un des endroit où vous les glissez s'est cassé !
-Oh, je l'utilise très souvent. Autre chose, mon gar...
-Oui, pour M. Taoi. Outre le tic du stylo et son avarice, M. Masayu n'avait pas un caractère particulier ?
-Excepté le fait que c'était un gros abruti égoïste, insensible et lâche, non, répondit ironiquement le violoniste.
Un concert de protestations émises par les deux autres musiciens s'éleva suite à cette insulte déguisée, et Conan en profita pour s'esquiver. Il regarda alors attentivement la pièce.
-Où ? Où a-t-il caché ce dont il s'est servi pour le crime ? Ça ne sert à rien que je connaisse son identité si je ne sais pas où est l'arme du crime. Sans parler des preuves...
Il se tut et réfléchit intensément. Au bout de deux minutes, il s'écria à mi-voix :
-Mais...J'y pense...Tout à l'heure...II y a eu...Alors qu'avant... Mais oui ! C'est là que le coupable a caché son matériel ! Aucun doute ! Reste les preuves... Mais il est malin, et il a tout prévu... Comme le prouve la lettre envoyé à la victime et le message qu'il lui a laissé...Il a pris un gros risque, preuve de sa confiance en lui et de sa prétention...Ce qui perd les assassins...N'a-t-il vraiment rien oublié ?
Conan se balada dans la pièce tout en réfléchissant à nouveau.
-N'y a-t-il aucun détail qu'il aurait omis ? Voyons... Tout à l'heure, la victime a dit...Et cet homme a aussi dit...Est-ce que par hasard...Si mon raisonnement est bon, il a s'est aussi servi de ses dons musicaux pour commettre son crime. Mais dans ce cas...Vu l'endroit qu'il a choisi...Peut-être que...Oui...C'est ça !
Conan eut alors un petit rire. Il regarda alors les suspects et pensa :
-Le meurtrier, c'est lui...Il s'est habilement servi de manies, de ses dons artistiques et de cette pièce pour tuer le directeur... Mais il ignore que la preuve de son crime se trouve encore sur lui...Et que, alors que la victime était seule et qu'il l'a bien dirigée tel un chef d'orchestre et qu'il a réussi à masquer la preuve de son crime, il ignore que c'est sa propre intelligence qui va le conduire à sa perte... Oui...C'est bien ça...Le virtuose du crime a joué son dernier concerto... J'ai trouvé !
Mais qui est le virtuose du crime ? Et comment a-t-il empoisonné sa victime ? La réponse au prochain et dernier chapitre ! Vous pouvez laisser des hypothèses ! Et merci pour vos reviews !
PS : comme ça ressemble à une affaire du tome 15, j'ai fait exprès de parler de la teinture d'iode. Rassurez-vous, il n'y a aucun rapport.
