Souviens-toi du passé :

Prologue :

Août 1998, trois heures du matin, Hermione se réveilla une nouvelle fois en sueur, venant de rêver pour la énième fois de sa « séance » de torture par Bellatrix. Elle resta un moment allongée de tout son long sur le lit, les yeux grand ouverts, se disant que tout cela n'était qu'un mauvais rêve. Pourtant, elle avait bien la preuve que tout cela n'était pas qu'un rêve. Elle leva son bras et contempla les lettres qu'avait gravé Bellatrix et qui formaient le mot « mudblood ». Cela avait été le pire moment de sa vie et elle avait cru que sa vie se terminerait ainsi.

« ... Je repose la question ! Où avez-vous eu cette épée ? Où ? Demanda Bellatrix.

- Nous l'avons trouvée... nous l'avons trouvée... S'IL VOUS PLAIT ! Hurla Hermione.

- Tu mens, immonde petite Sang-de-Bourbe, et je le sais ! Vous avez pénétré dans ma chambre forte, à Gringotts ! Dis-moi la vérité, dis-moi la vérité... Comment êtes-vous entrés dans ma chambre forte ? s'exclama Bellatrix. Est-ce que le sale petit gobelin enfermé dans la cave vous a aidé ?

- On l'a vu pour la première fois ce soir ! Sanglota Hermione. Nous ne sommes jamais allés dans votre chambre forte... Ce n'est pas la vraie épée ! C'est une copie, une simple copie !

- Une copie ? Hurla Bellatrix d'un ton perçant. Comme c'est vraisemblable... »

Mais de toute façon, même si ce rêve lui rappelait d'horribles souvenirs, il fallait qu'elle se dise que tout cela était terminé, que rien de ce qu'elle avait vécu ne se reproduirait, et ce grâce à lui, Harry Potter, il avait terrassé le plus grand mage noir de tout les temps, Lord Voldemort. Cela s'était passé il y a de cela trois mois :

« La baguette que vous tenez dans votre main sait-elle que son dernier maître a subi un sortilège de Désarmement ? Si c'est le cas... je suis le vrai maître de la Baguette du Sureau. Dit Harry. »

Une lueur rouge et or jaillit soudain au-dessus d'eux, dans le ciel ensorcelé, en même temps qu'un soleil éclatant dessinait ses premiers contours à la fenêtre la plus proche. La lumière éclaira leurs visages au même instant et Voldemort se transforma brusquement en une tache flamboyante. Harry entendit la voix suraiguë lancer un hurlement au moment où lui-même criait son espoir vers les cieux, en brandissant la baguette de Drago.

- Avada Kedra !

- Expelliarmus !

La détonation retentit comme un coup de canon et les flammes dorées qui explosèrent entre eux, au centre précis du cercle qu'ils avaient dessiné de leurs pas, marquèrent le point où les deux sortilèges se frappèrent de plein fouet. Harry vit le jet de lumière verte de Voldemort heurter son propre sort, il vit la Baguette de Sureau s'envoler très haut, sombre dans le soleil levant, tournoyant sous le plafond enchanté telle la tête de Nagini, virevoltant dans les airs en direction du maître qu'elle ne voulait pas tuer, celui qui avait fini par prendre pleinement possession d'elle. De sa main libre, Harry, avec l'habileté infaillible de l'attrapeur, saisit la baguette au vol, tandis que Voldemort basculait en arrière, les bras en croix, les pupilles fendues de ses yeux écarlates se révulsant. Tom Jedusor s'abattit sur le sol dans une fin triviale, le corps faible, ratatiné, les mains blanches et vides, son visage de serpent dépourvu d'expression, inconscient. Voldemort était mort, tué par son propre maléfice qui avait rebondi sur lui. Harry, les deux baguettes à la main, regarda la dépouille de son ennemi.

C'était les souvenirs que leur avait fait partagé Harry après sa victoire face à celui qu'il appelait Tom Jedusor depuis ce jour. Elle se redressa et s'assit en tailleur sur son lit, en réfléchissant. Maintenant, l'heure en était venue au deuil et aux souvenirs. Et elle savait bien que la tâche allait être difficile pour certains. Pour la famille Weasley, la mort de Fred a provoqué une douleur immense au sein de la fratrie, Georges avait vendu sa boutique de farces et attrapes et commencerait une formation pour travailler au côté de son père au Ministère de la Magie, quand il aurait passé ses ASPIC en tant que candidat libre, Ginny avait déclaré que même si Fred était mort et que cela était très douloureux pour elle, elle avait décidé que la vie continuait malgré tout et est partie s'installer avec Harry au Square Grimault. Quant à Ron, il alla dans la même direction que Ginny et vint voir Hermione un soir, pour lui déclarer sa flamme. Mais comme Hermione n'éprouvait rien d'autre que de l'amitié pour lui et qu'elle n'avait pas envie de le faire souffrir encore plus à cause d'une histoire d'amour raté d'avance, elle lui dit qu'elle préférait rester amie avec lui et qu'elle l'aidera à surmonter la mort de son frère. Mais Hermione, dans tout cela, qu'avait-elle fait depuis la fin de la guerre ? Les premières semaines, elle retourna dans la maison de ses parents et y resta enfermée jusqu'à ce que Kingsley lui envoie un patronus, lui disant qu'elle avait rendez-vous dans son bureau, le lendemain à 10h.

Quand Hermione entra dans le bureau du nouveau ministre de la Magie, elle y fut accueillie chaleureusement et Kingsley l'invita à s'asseoir, ce qu'elle fit.

« Hermione, je t'ai convoqué aujourd'hui car il faut que je te remette quelque chose que tu as reçue en héritage.

- Un héritage ? Mais de qui ? Demanda Hermione.

- De Severus Rogue.

- Mais... c'est impossible...

- Difficile à croire en effet, j'ai été moi même surpris quand j'ai découvert son testament. Mais je pense toutefois que ce qu'il t'a légué pourra t'être utile. Il te lègue la dernière potion qu'il a créé avant de mourir, une potion servant à faire retrouver la mémoire à ceux qui l'auraient perdue...

- Une potion contre la perte de mémoire ? ... Pour mes parents. Vous savez ce que cela signifie Kingsley ? Que je vais pouvoir guérir mes parents du sortilège d'amnésie !

- Et bien, je vois que Severus a pensé à tout ! Fit Kingsley.

- Merci professeur Rogue, merci pour tout ! Murmura-t-elle en regardant la potion qu'elle tenait dans sa main. »

Malgré qu'elle l'ait toujours considéré comme un professeur odieux avec elle, Hermione devait bien reconnaître qu'il était très bon dans son domaine, et aujourd'hui, elle le considérait comme un héros, son héros, car Severus Rogue lui avait permit de retrouver ses parents comme au bon vieux temps :

Il faisait déjà nuit quand Hermione entra dans l'allée où la maison dans laquelle habitait ses parents désormais se trouvait et quand elle toqua à la porte, elle sentit son cœur se serrer. La porte s'ouvrit sur une grande femme brune, et qui était très belle.

« Madame Granger ? Fit Hermione.

- Oui, qui êtes-vous ? Demanda sa mère.

- Je... je suis une touriste qui vient juste d'arriver en Australie et malheureusement, je n'ai pas de logement pour pouvoir dormir. Accepteriez-vous, si cela ne vous dérange pas, que je puisse passer une seule nuit dans votre demeure et que je puisse repartir au petit matin ? »

C'était très risqué mais elle ne pouvait pas leur annoncer qu'elle était sa fille, alors que sa mère ne se souvenait pas qu'elle ait eu des enfants.

« Oui, vous pouvez entrer, mon mari et moi accueillons souvent des personnes sans logement. »

Hermione entra dans la maison de ses parents, et elle était très joliment décorée, presque semblable à la maison qu'ils avaient en Angleterre. Mais la seule différence, c'est qu'il n'y avait pas de photos d'elle en leur compagnie au quatre coins des murs. Elle se présenta à son père qui lui demanda si elle voulait boire quelque chose, ce qu'elle accepta. Son père remplit les trois verres de jus de fruit et partit dans la cuisine chercher des amuse-gueules tandis que sa mère finissait de préparer la chambre d'Hermione. Pendant ce temps-là, elle versa le contenu de la potion dans les verres de ses parents. Quand ils revinrent, ils burent le jus de fruit et leurs yeux s'écarquillèrent soudain et petit à petit Hermione réapparaissait sur toutes les photos accrochées aux murs et ses parents semblaient maintenant la reconnaître.

« Hermione ? S'exclamèrent-ils. »

Et Hermione et ses parents finirent la soirée par rattraper le temps qu'ils avaient perdu pendant la guerre conte Voldemort.

C'était sur ses pensées heureuses qu'elle se rendormit aussitôt, trop fatiguée pour réfléchir à autre chose. Le lendemain, elle se leva et alla faire sa toilette dans la salle de bain qui se trouvait à côté de sa chambre. Lorsqu'elle revint, elle trouva la chouette de Ron, Coq, avec une lettre dans son bec et qui sautillait d'excitation à l'idée de recevoir sa récompense pour le travail accompli. Hermione lui donna une petite coupe d'eau et de la nourriture pour chouette et lu la lettre, elle était d'Harry :

Cher Hermione,

J'espère que tu vas bien ? Je t'écris car je suis au Square Grimault avec Ron, sa famille et quelques amis et je voulais savoir si ça te disais de revenir jusqu'à la fin des vacances scolaires pour que l'on puisse passer du temps, car l'isolement n'est jamais très bon pour le moral, surtout après ce que l'on a vécu. J'attends ta réponse très impatiemment.

Avec toute mon affection,

Harry.

Elle descendit des escaliers pour dire bonjour à ses parents, et alla prendre son petit-déjeuner avec eux. Ses parents étaient toujours d'excellente humeur depuis qu'ils avaient retrouvé leur mémoire et comptait profiter de chaque instant avec leur fille. Hermione ne savait pas comment aborder le sujet de la lettre d'Harry et préféra attendre le soir pour leur en parler. De toute façon, elle n'avait pas eu le temps de leur parler le reste de la journée vu l'emploi du temps qu'elle avait eu : Accompagner sa mère pour faire les courses, faire la cuisine pour son père qui travaillait toute la matinée. L'après-midi, sa mère a voulu l'emmener faire du shopping avec elle, ce qui avait prit toute l'après-midi et ensuite, elles attendirent leur père avec qui elles partirent faire du bowling. Ce n'est que lorsque la famille Granger ne furent au restaurant qu'Hermione se décida à prendre la parole :

« Papa, maman, je voulais vous parler de quelque chose, mais étant donné que je souhaitais que vous soyez présents tout les deux, je n'ai pas pu le faire jusqu'à maintenant.

- Nous t'écoutons ma chérie. Fit sa mère.

- Et bien voilà, ce matin, j'ai reçu une lettre d'Harry me demandant si je voulais bien me joindre à lui, ainsi qu'à quelques uns de mes autres amis au Square Grimault, afin que nous puissions remettre de l'ordre dans nos pensées, après ce qui s'est passé...

- Oui, bien sûr que tu le peux, tu es majeure, et puis nous te comprenons, tu as du voir tant d'horreur au cour de cette guerre. Répondit son père.

- Oui, mais comme vous le savez, je veux faire ma septième année à Poudlard, et Harry voudrait que je reste chez lui jusqu'à la rentrée, ce qui signifie que l'on ne se reverra plus jusqu'au mois... de juillet de l'année prochaine.

- C'est vrai que c'est un peu long comme absence auprès de nous, mais Hermione, comme ton père vient de te le dire, tu es majeure et nous pensons que tu as la maturité suffisante pour que nous te permettons de voler de tes propres ailes, qu'en penses-tu Georges ? Dit la mère d'Hermione.

- J'en pense que tu as raison Jean, même si c'est toujours difficile de voir partir son unique enfant de la maison. Fit son père en souriant. »

Hermione lui rendit le sourire. Ils avaient raison, elle n'était plus une petite fille et elle était persuadée qu'elle avait suffisamment montré ses preuves au cour de la guerre contre Voldemort. C'est sur ces pensées agréables qu'Hermione finit sa soirée en compagnie de ses parents.