Relativity
Note de l'auteur : Comme vous l'aurez sûrement remarqué, mes publications s'espacent. C'est dû au fait que je viens de retrouver un emploi, enfin. Je dois donc composer avec mes horaires et un chapitre par jour, ce n'est plus dans mes possibilités. Je pense publier, en moyenne, 2 fois par semaine. Parfois 3, parfois 1. Je ferais en fonction de mon emploi du temps.
Sinon, voilà le chapitre 2 de cette nouvelle aventure. J'espère que ça vous plaira. Bonne lecture et merci pour vos reviews!
« Pardon, mais, nous nous connaissons ? » Demandais-je, à tout hasard, même si leurs visages ne m'étaient pas familiers.
« Non. Nous savons simplement qui vous êtes. » Répondit l'homme dégingandé. « Par contre, pour vous, je ne suis pas sûr. Quel est votre nom ? » Ajouta-t-il, en s'adressant à Bones.
« Je suis le Docteur McCoy. » Se présenta mon ami.
« Le Docteur. » Répéta, étrangement, l'inconnu.
« Et vous ? » Le questionnais-je.
« Je viens de vous le dire. » M'assura-t-il.
« Absolument pas. » Le contredis-je, incrédule.
« Je suis le Docteur. Et voici Amelia et son mari, Rory. » Enchaîna-t-il, en tournant sur lui-même, de manière exagérément théâtrale, autour de ses deux amis.
« Docteur qui ? » L'interrogea Bones, déjà visiblement exaspéré.
« Juste le Docteur. J'ai envoyé un message, car nous sommes malheureusement coincés ici. Le TARDIS est bloqué et refuse de repartir, depuis qu'il nous a emmenés sur ce planétoïde. Votre présence explique mieux l'origine de la panne et pourquoi je n'arrivais pas à déterminer où nous sommes. Ceci n'est pas notre univers. »
Je me considérais comme quelqu'un de plutôt intelligent et j'avais l'habitude de décoder le jargon scientifique de Spock et Leonard. Mais là, j'avouais être complètement largué. Ce que disait cet homme n'avait aucun sens.
« Pardonnez mon ignorance, mais, qu'est-ce qu'un TARDIS ? » Demanda Spock, me rassurant. Je n'étais donc pas le seul à ne rien comprendre.
« Time And Relative Dimension In Space. C'est une machine à voyager dans le temps et l'espace. » Nous expliqua-t-il, fièrement, en continuant à remuer dans tous les sens.
Ce type me filait le tournis. Néanmoins, d'où qu'il vienne, ici les explorations temporelles, sans être impossibles, restaient extrêmement rares, compliquées et jamais sans conséquence. J'étais donc curieux de voir son vaisseau.
« Où se trouve-t-il ? Nous n'avons rien vu à extérieur. » M'étonnais-je.
« Il est par là. » Intervint la rouquine, en se précipitant au fond de la grotte, surexcitée. « Suivez-moi. »
Après un regard dubitatif de mon compagnon et un haussement d'épaule de Bones, j'emboîtais le pas à la jeune femme, ainsi que mes deux acolytes.
« Tadam ! » S'exclama-t-elle, avec un enthousiasme que je trouvais exagéré, à la vue de la grande boîte, en vieux bois d'un bleu quelque peu usé, d'à peine deux mètres de côté à vue d'œil et peut-être trois mètres de haut, qu'elle nous désignait fièrement. Sur la partie supérieure, on pouvait lire « Police Box » et « Public call », ce qui accentua ma perplexité. Vissé à la porte gauche, un petit panneau métallique indiquait que c'était un téléphone public qui déclencherait l'arrivée immédiate d'officiers de police, en cas d'urgence et qu'il fallait tirer pour ouvrir. Ce qui me parut absurde, puisqu'elle poussa pour entrer dans l'espace réduit, s'attendant visiblement à ce que nous fassions de même.
« Je ne suis pas sûr que nous y tenions à quatre. » Fis-je remarquer, en vain.
Quand elle se décala pour nous laisser passer, je pus enfin voir dedans. Et la vision qui apparut devant moi me laissa sans voix. L'intérieur était immense, gigantesque. Nous pénétrâmes dans une pièce circulaire, dont l'éclairage dans les tons orangés donnait une ambiance chaleureuse. De multiples escaliers métalliques donnaient sur un étage non-visible. En son centre, sur une plateforme en verre, trônait une console de commande arrondie, pleine de boutons, de leviers qui m'étaient totalement inconnus, au-dessus de laquelle une colonne transparente, dont l'utilité m'échappait pour le moment, s'élevait jusqu'au plafond. Je remarquais également deux fauteuils en cuir beige et d'autres marches qui, elles, menaient sous nos pieds, probablement au niveau des moteurs. Je fis plusieurs tours sur moi-même, imité par Spock et Bones, complètement ébahi, alors que le fameux Docteur et… Cory… Nory, je ne me rappelais plus son nom, nous rejoignaient.
« C'est plus grand à l'intérieur. » Constata Leonard, m'enlevant les mots de la bouche.
Sa remarque parut beaucoup amuser nos mystérieux rescapés, puisqu'ils se tapèrent les mains en riant.
« J'adore quand ils disent ça. » Chuchota le Docteur.
« C'est fascinant. » Commenta mon compagnon, à juste titre.
« Oh mon Dieu. Il a dit que c'était fascinant. » Pinailla Amelia, en sautillant sur place, de nouveau.
« Bon sang ! Pourquoi vous comportez-vous comme une groupie, à la fin ? » S'exclama Leonard, apparemment sur les nerfs.
« Elle est fan de Star Trek. » Nous informa son mari qui prenait la parole pour la première fois, comme cela expliquait tout. Mais je ne voyais pas vraiment le rapport avec le fait qu'elle aimait les voyages dans les étoiles.
Ce que je m'empressais de préciser. Le jeune homme nous raconta alors, une histoire aberrante. Qu'ils venaient d'un monde où l'entièreté de notre univers constituait la trame d'une ancienne série télévisée, ainsi qu'un certain nombre de films. C'était d'autant plus difficile à croire vu que, toujours d'après lui, le tournage aurait eu lieu au courant du XXe siècle. Cela me semblait improbable.
« Dîtes-moi quelque chose que je suis le seul à savoir, dans ce cas. » Exigeais-je, méfiant.
La jeune femme sembla réfléchir un court instant, avant de me répondre.
« Votre frère, George Samuel Kirk. Vous étiez le seul à l'appeler Sam. » Dit-elle, très sérieusement.
Les deux seules autres personnes à connaître cette anecdote se trouvaient à côté de moi. C'était le genre de détails qu'on ne trouvait pas dans un dossier, aussi complet soit-il et cela me laissa muet de stupeur. Ces gens semblaient dire la vérité, finalement. Je décidais de laisser de côté, pour le moment, cette histoire et de me concentrer sur la manière dont ils étaient arrivés là et comment les renvoyer chez eux.
« Je vous propose, en premier lieu, de monter à bord de l'Enterprise. » Repris-je. « Si vous cessez de glousser comme une dinde, dès que je prononce le nom d'un lieu ou d'une personne de ma connaissance. » Ajoutais-je, en montrant Amelia d'un doigt accusateur.
Elle se calma instantanément, me promettant de se tenir tranquille, si je lui donnais l'autorisation de monter sur la passerelle. J'acceptais, de bonne grâce, en me remémorant dans quel état d'esprit je me trouvais, en visitant le 221B Baker Street. L'excitation, l'émerveillement. Si ce qu'ils prétendaient était réel, alors elle semblait vraiment passionnée par nos aventures. Je choisis d'en être flatté, avant de contacter le vaisseau, pour qu'on nous téléporte à bord, ainsi que le TARDIS.
…
Comme promis, je fis faire le tour du propriétaire à nos invités. Et si le Docteur sympathisa assez rapidement avec Spock, avec lequel il se lança dans des débats animés, sur des questions d'ordre scientifique Bones trouva un nouveau camarade en la personne de Rory, un confrère, en réalité, puisqu'il était infirmier. Amy, de son côté, voguait entre Nyota et moi, cette dernière nous ayant rejoints après notre passage sur le pont, en essayant, sans grand succès, de contenir son enthousiasme. Quant à Scotty et Andrea, depuis notre retour, ils avaient tout bonnement disparu dans le hangar n°2, où nous avions entreposé la cabine de police, avec la bénédiction de son propriétaire, et ce, malgré nos avertissements à propos de leur engouement pour les technologies inconnues.
Nous décidâmes, l'heure du déjeuner étant largement passée, d'enfin nous restaurer au mess et d'en profiter pour faire le point sur la situation. L'ambiance avait beau être au copinage, il n'empêche que nous avions trois personnes venant d'un univers parallèle sur les bras, qui étaient en possession d'informations sur des évènements futurs. Sans compter la merveilleuse machine qui leur servait de transport. Entre de mauvaises mains, elle pourrait provoquer de véritables cataclysmes. Nous devions absolument trouver un moyen de les reconduire chez eux, tout en gardant leur existence secrète, d'ici là.
« Pour l'instant, nous naviguons dans une zone déserte. Mais cela pourrait ne pas durer. » Commençais-je, en entamant mon plat.
Nous étions tous attablés, Spock à ma droite, Bones et Nyota à ma gauche et nos hôtes en face de nous.
« Pourquoi ne pas simplement nous immobiliser, en attendant de réparer le TARDIS ? » Demanda Amélia.
« Tous nos déplacements sont consignés dans le journal de bord. Nous devons justifier chacune de nos actions. Nous avons déjà enfreint le règlement, en omettant de vous mentionner. Et puisque officiellement, nous n'avons rien trouvé sur ce planétoïde, nous nous devons de continuer à chercher d'où vient votre message de détresse. Au moins durant 72 heures, avant de repartir en exploration, en cas d'échec. » Expliquais-je, patiemment.
« Vous ne savez jamais vraiment sur quoi vous allez tomber. » Compléta le Docteur.
« Exactement. »
« Et puisque vous êtes un aimant à problème… » Ajouta la rouquine, l'air de rien, avant d'en rire avec son mari.
Mon air indigné ne fit qu'accentuer leur hilarité, alors que Leonard baissait la tête sur son assiette, pour cacher son sourire.
« Avez-vous une idée de ce qui s'est passé ? » Demandais-je au Docteur, pour en revenir à notre principale préoccupation.
« Nous étions en route vers la Terre, le TARDIS a subit une panne, nous propulsant en dehors du vortex temporel, avant de passer à travers le void. Le vaisseau s'est alors retrouvé inutilisable et nous sommes restés bloqués ici depuis. » Nous résuma-t-il.
« Le void ? » Intervint Spock, me devançant une fois de plus.
« Le vide entre les dimensions. On ne peut y survivre normalement, c'est juste le néant. Mais le TARDIS nous a protégés. Ce qui l'a complètement déchargé. J'ai déjà vécu un cas similaire, par le passé, mais cette fois, nous sommes allés beaucoup plus loin. »
« Que voulez-vous dire ? » M'interrogeais-je.
« La dernière fois, Rose, mon amie de l'époque, et moi, avions atterri dans un univers très proche du notre. Les différences n'étaient pas nombreuses. Ici, nous sommes transportés dans un monde qui, chez nous, est une œuvre de science-fiction. Malgré tout ce que j'ai pu voir, en plus de 900 ans de voyage à travers l'espace, j'aurais eu du mal à croire que c'était possible. »
« Vous avez 900 ans ! » S'exclama Nyota. « Vous n'êtes donc pas humain. »
« Je suis un Seigneur du Temps. De la planète Gallifrey. » Nous apprit-il, entre deux bouchées. « Nous sommes presque immortels. Quand nous mourons, nous nous régénérons. Nouveau corps, nouveau visage, nouvelle personnalité, tout en conservant les souvenirs des vies précédentes. »
« C'est remarquable, une telle longévité. » Commenta Spock.
« Cela comporte certains inconvénients. Je suis le dernier de mon espèce et ma planète n'existe plus. » Murmura-t-il, soudainement sérieux.
Sa remarque plongea la tablée dans un silence attristé. Je n'osais imaginer sa solitude. Une de mes mains se posa sur le genou de Spock. Je percevais qu'il ne pouvait s'empêcher de penser à la destruction de Vulcain. Même si nous avions modifié le cours du temps, la douleur restait vivace dans sa mémoire. Ce jour-là, il avait tout perdu, lui aussi. Ses doigts caressèrent les miens, reconnaissants. Nous échangeâmes un long regard. En totale omission du monde extérieur.
« Ça ne s'est jamais produit, tu le sais. Nous les avons tous sauvés. » Pensais-je, en resserrant ma prise sur sa jambe.
Il hocha simplement la tête, sans me lâcher des yeux. Quelqu'un se racla la gorge. Sûrement Bones. Nous ramenant à la réalité.
« Ne faites pas attention. » Dit-il, à l'attention de nos invités, devant leurs airs intrigués. « Quand ils sont dans leur monde, le commun des mortels n'existe plus. » Railla-t-il.
« Vous êtes… » Commença Amelia.
« ...en couple, oui. » Complétais-je.
« Je le savais ! » S'écria-t-elle, attirant les regards des tables alentour. « Tu as perdu ton pari. » Dit-elle, à Rory, visiblement très contente d'elle.
« Ce n'est jamais montré clairement dans la série ou les films. Mais, disons qu'une communauté de fans est persuadée que c'est le cas. Je ne peux que m'incliner devant les faits. » Nous expliqua l'infirmier, face à nos expressions dubitatives.
« Il existe un groupe d'admirateurs de notre couple ? » M'étonnais-je.
« Des millions. » Précisa la jeune femme.
Cela me donna le vertige. J'avais vraiment du mal à me figurer un monde où des gens passaient du bon temps, en nous regardant vivres nos aventures, bonnes ou mauvaises. Où l'on pouvait trouver nos visages sur des affiches, des figurines à notre effigie, des tribbles en peluche ou encore de multiples reproductions miniatures de l'Enterprise, d'après eux. Notre vie n'avait rien d'un divertissement et cela me préoccupa tout le reste du repas.
