Mon p'tit blabla : Tout d'abord merci pour vos reviews ! J'ai répondu à celles qui étaient loguées quand la review a été postée et pour les autres : un grand Merci même si je ne peux vous répondre individuellement. Si toutefois vous avez une question à poser ou quelque chose qui vous trouble j'y répondrai comme je le fais pour Eileen19.

Merci également à celles qui ont mis la fic en alerte ou en favori, j'en conclue que vous avez aimé.

Ensuite, eh bien voilà retour dans le passé à partir de ce chapitre, les suivants seront également dans le bon ordre chronologique, en gros seul le premier chapitre correspond à la fin de la fic, vous vous retrouverez donc à "son époque" quand viendra le dernier chapitre (jetez un œil ou J + …. En début de chapitre et comparez à celui du chapitre précédent si vous voulez avoir une idée d'où vous êtes). Bonne lecture.

Une dernière chose : Merci à Bibidibabidibou pour son temps. Et comme d'habitude JKR a inventé HP ce n'est pas moi blablabla. Et pour la fic qui est dans la catégorie "M" vous n'y arriverez pas avant de nombreux chapitres, je ne vais pas les faire se jeter l'un sur l'autre en deux minutes, de mon point de vue ça ne serait pas très en accord avec l'idée que je me fais des personnages.

Eileen19 tu as raison de penser que le chapitre commence par les pensées d'Hermione et se finit dans celles de Severus. En relisant une fois de plus mon chapitre après ton commentaire je me suis rendue compte qu'effectivement ce n'était peut-être pas très clair. Désolée et merci de me l'avoir signalé.

Résumé : Quand deux destins se mêlent, se déchirent, se découvrent au milieu des volutes de fumées cela donne Severus et Hermione. (AU car Severus a survécu à la guerre).


Chapitre 2 : Mise au point difficile

J + cinq mois et deux jours !

"Le soleil doit darder haut ses rayons à présent", songe Hermione Granger tandis qu'elle lance un énième récurvite sur un énième chaudron. Décidemment, cette association ne ressemble en rien à l'idée qu'elle s'en était faite. Elle ne voit que peu le jour dans cette partie souterraine du laboratoire et a manqué se perdre plus d'une fois dans le dédale de couloirs qui y mène, et ce à la plus grande hilarité de Snape... Si on considère que pour lui avoir le coin droit de sa lèvre supérieure agité de légers soubresauts est un signe d'hilarité. Bref ! Absolument tout son hale a disparu. Pas qu'elle y attache une grande importance en soi mais, à vrai dire, il lui arrive même de se demander si elle n'a pas également égaré sa pigmentation naturelle. Il lui faut bien l'admettre, elle n'aurait pas besoin d'user de beaucoup d'artifices afin de passer pour un vampire et n'aurait qu'à s'adjoindre un sort de pupilles rouges et de blanchissement capillaire pour que tout un chacun considère qu'ils sont là face à une albinos.

Ceci n'est pas une vie ! Voilà ce que sa fougue spontanée lui martèle. Le soleil lui manque, la pluie lui manque, le vent lui manque, la foule lui manque… Elle donnerait tout pour un quelconque signe de la civilisation extérieure. Elle éprouve la désagréable impression de vivre dans un monde parallèle... Un monde sombre, froid, humide qui s'attaque avec acharnement à sa chevelure déjà difficilement disciplinable. Dans cet espace clos les volutes dégagées par les multiples chaudrons peuvent être assimilées aux cavaliers de l'apocalypse pour toute arborescence capillaire. De plus, elle n'a plus le temps nécessaire pour s'occuper un tant soit peu d'elle-même, autrement dit elle ressemble à beaucoup de choses mais certainement pas à la jeune femme qu'elle était encore en arrivant le premier jour... Ce n'est pas comme ça qu'elle risque de trouver une malheureuse victime à présenter à sa mère, qui n'attend qu'une seule chose : que sa fille unique lui ramène un mâle géniteur. Cela dit elle-même ne s'en plaint nullement. Une relation amoureuse est loin d'être sa priorité actuelle. Soupirant, elle jette un nouveau coup d'œil désespéré vers les bocaux d'ailes de chauves-souris, de poudres de crânes de gorgones, de pousses d'Alihosty et autres.

D'ailleurs, réfléchissant à cette fameuse entrée dans l'univers Snapien, elle ne peut empêcher son regard hargneux de dévier de la trentaine de chaudrons immondes qui l'attendent encore pour se poser sur l'abject personnage qui l'utilise comme esclave. C'est toujours à ce moment précis, où elle s'apprête à l'incendier, le pourfendre de quelques sorts et finalement lui donner sa démission avant de quitter ce lieu en claquant la porte comme il se doit, au risque de l'arracher de ses gonds, que son cerveau capte d'une pupille avide les autres chaudrons... Ceux dans lesquels bouillonnent quelques rarissimes potions, ou quelques nouveaux breuvages sortis tout droit de l'esprit génial et subtil de son mentor.

Elle le hait ! Oui elle le hait réellement. En comparaison à ce qu'elle éprouve actuellement on peut considérer sans mal Harry Potter comme follement épris de son ancien professeur. Elle ne tiendra plus longtemps à ce rythme. Seule sa soif de connaissances la retient. Il y a ici une véritable mine d'informations. Dans un premier temps elle serait prête à se passer de celles contenues dans la tête de mule acariâtre qui lui tourne le dos, pour se contenter de celles abritées dans la bibliothèque personnelle du dit sagouin, mais manque de chance elle a interdiction formelle d'y mettre ne serait-ce qu'un orteil !

Elle a essayé cela va sans dire : résultat rien. Impossible de forcer le sortilège qui protège la porte elle y avait simplement gagné une sorte de tatouage vivant et, Merlin en soit loué, temporaire. Elle faillit d'ailleurs s'étouffer lorsque le matin venu elle s'était regardée d'un oeil hagard dans le miroir. Toute fatigue s'était envolée à la vue, sur son visage, d'un serpent immense pourchassant et écrasant un Gryffondor risible avant de se tourner face à la glace et de lui tirer la langue. Soudainement elle avait bien mieux compris la remarque enjouée de Snape sur son "sublime teint". Outre le fait qu'en revenant au laboratoire après sa tentative infructueuse de dompteuse de porte ensorcelée, elle avait manqué de peu se tuer en chutant sur la dernière marche de l'escalier face au rictus de l'homme qui devait être, selon elle, un sourire... Argh les dents jaunâtres sont une abomination ! Il suffirait pourtant d'une simple potion pour qu'elles reprennent une couleur plus proche de la normale. Bref outre cela, il lui avait fallu admettre que, comme une gourde, passée la surprise elle s'était enorgueillie d'être flattée... Le vil crétin !

Ce jour-là, elle avait découvert un côté plus enfantin de sa personnalité, qu'elle n'aurait jamais deviné existante chez Severus Snape. Toutefois il ne fallait pas compter sur elle pour se laisser attendrir. Seulement, deux trois répliques narquoises plus loin et avec en tête la promesse de pouvoir enfin approcher les ingrédients et les chaudrons pour autre chose que les récurer, elle avait rendu les armes. Là encore elle s'était faite avoir d'ailleurs. C'est certain, elle réalise maintenant quelques potions... Celles que l'on apprend à faire en première année à Poudlard.

C'est donc toute ronchonnante qu'elle travaille en fixant avidement les mains aériennes de son comparse dans le vain espoir de glaner quelques informations. Ceci dit, alors qu'elle repousse une mèche de cheveux luisante de transpiration et d'humidité de son front, elle laisse à nouveau son esprit s'égarer jusqu'au maudit jour de son arrivée ici. Elle se souvient comme si c'était hier s'être dit qu'il était un homme surprenant... Ou peut-être qu'il était surprenant qu'il soit un homme.

Elle se rappelle également avoir été frappée par sa fragrance masculine et sensuelle ainsi que par son physique, qui sans être celui d'un Adonis, loin de là, révélait tout de même quelques trésors jusqu'alors cachés à ses yeux par les robes dont elle l'avait toujours vu paré : de longues jambes aux cuisses que l'on devine relativement musclées, des fesses fermes et non pas pendouillantes et flasques comme l'avait toujours suggéré Ron durant leur scolarité, une taille fine, ce qui n'a rien d'étonnant vu qu'il n'a jamais été bien épais, un ventre plat sans trace d'embonpoint, un torse et des épaules qui, sans être impressionnantes, restent suffisamment larges pour lui donner une carrure agréable et sans nul doute masculine. Ses mains n'ont pas changées avec les années, toujours fines et élégantes mais néanmoins puissantes, un visage aux traits marqués rendu plus humain par un teint plus sain. Évidemment maintenant qu'il la réduite en esclavage il passe un peu moins de temps enfermé ne peut-elle s'empêcher de songer avec une pointe d'énervement. Pour finir son regard s'attarde sur ses cheveux qu'il noue par praticité... Ce qui lui donne un petit elle ne sait quoi. Cependant elle ne l'a toujours pas revu évoluant librement, bras nus, au milieu de ses potions quand il n'existe pas de risque de projections.

A la pensée qu'elle ait pu le trouver presque agréable au regard elle s'acharne de plus belle sur la crasse qui l'entoure. Soudainement, une exclamation tonitruante la fait sursauter vivement, elle s'en serait presque mise la baguette dans l'oeil.

- DIANTRE ! Par tous les scrouts à pétards et les Nundu j'en verrai la fin ! Foi de Severus Snape ce n'est pas une vulgaire potion, aussi instable soit elle qui aura le dessus sur moi… Alors ce n'est pas l'ajout de Bandimon, ni celui de chrisopes ou de queue de rats... Peut-être que si je mettais de l'armoise lors de la seizième étape en brassant vers la gauche et qu...

Le reste se perdit dans un marmonnement inaudible pour des oreilles humaines. La surprise passée, Hermione ressent une joie indicible de le savoir en difficulté, lui le grand Severus Snape Maître en potions, détenteur d'un Doctorat de la plus prestigieuse des Universités magiques et blablabla. Oui, il est tenu en échec et cela provoque une telle bouffée de bonheur en elle qu'Hermione ne peut réprimer un frisson accompagné d'un sourire monumental... Heureusement que l'objet de sa moquerie lui tourne le dos, sans quoi elle n'a nul doute qu'il lui ferait avaler ses dents à coups de magie.

Des années plus tard, très précisément trois ans deux mois et deux jours après cet évènement, elle se souviendra de ce mardi comme étant le jour où leur relation a basculé lentement mais irréversiblement.

Cinq bonnes heures qu'il s'est exclamé, cinq bonnes heures qu'il s'acharne sur la potion sans parvenir à la stabiliser... Cinq bonnes heures qu'elle guette le moment propice en faisant mine de travailler alors que ses pensées sont concentrées sur un unique but : réussir là où il échoue ! Ou plutôt réussir avant lui, le prendre de vitesse. Pour cela elle s'est efforcée, discrètement, de comprendre le but du breuvage, les ingrédients utilisés, les effets de ceux-ci et la manière dont il les mélange.

Finalement, c'est une convocation de Minerva McGonagall qui lui offre sa chance. Il est en effet obligé de délaisser quelques temps son chaudron pour gagner Poudlard et résoudre ce qui semblerait être un accident de potion dont l'actuel professeur ne parvient à rectifier les néfastes conséquences. Hermione doit bien admettre que Edvilmon Batonmou est un enseignant compétent en ce qui concerne l'apprentissage du programme scolaire officiel à l'ensemble des élèves, qu'ils soient de première ou de septième années, mais qu'il manque, malheureusement, singulièrement d'imagination. Il n'est pas suffisamment habile ou intuitif pour savoir résoudre chaque problème pouvant subvenir dans une classe peuplée d'étudiants. Lesquels ne sont pas toujours très attentifs et dont les mixtures provoquent parfois d'étranges effets jusqu'alors inconnus. En ce cas-là, c'est à Severus que la Directrice fait appel et, par ce qui semble être de l'amitié tout autant que par envie de railler les compétences de son remplaçant, il se rend à chaque fois sur son ancien lieu de travail.

A peine a-t-il disparu qu'Hermione se précipite sur chaudron et ingrédients. Une allégresse ineffable s'empare d'elle tandis que monte son taux d'adrénaline. Si par malheur il revient avant qu'elle n'ait terminée et la surprend en pleine action elle est finie... Si elle échoue elle est également condamnée à la fois aux moqueries et aux bas travaux ad vitam eternam... A moins qu'elle ne soit tout bonnement renvoyée ce qui, quelque part, serait peut-être une bonne chose.

Elle s'active en tous sens, ne prêtant guère attention à sa chevelure désordonnée, à la sueur qui inonde ses vêtements ou aux éclaboussures diverses et variées qui s'attaquent à son tablier protecteur de dernière génération... On n'est jamais trop prudent. Après s'être empressée de répartir la potion déjà existante dans différents chaudrons, afin de pouvoir pratiquer plusieurs tests sans avoir à reprendre tout à zéro après chaque tentative infructueuse, la voici qui coupe, malaxe, écrase, brasse dans un sens puis dans l'autre à qui mieux mieux depuis déjà plus de deux heures et est sur le point de fondre en larmes de frustration tandis qu'elle sait que le temps lui est compté. Il est déjà rare qu'il soit retenu aussi longtemps à l'extérieur. Brusquement, oh miracle qu'elle n'espérait plus, dans l'un des petits chaudrons, le treizième, la potion prend une jolie teinte argent, émet un sifflement strident qui lui vrille les tympans et... Se stabilise enfin. Elle a réussi ! Si le choc ne la chevillait pas au sol, elle en entamerait une petite danse.

Quelques minutes plus tard, un flot ininterrompu d'informations parvient enfin à passer au travers des brumes de son cerveau ce qui déclenche de sa part tout un tas d'actions précipitées.

Premièrement ranger un peu le désordre qu'elle a mis, deuxièmement tâcher de se rendre plus présentable afin de savourer pleinement sa victoire en constatant le visage défait et humilié de son collègue, troisièmement... Il n'y a plus le temps, des pas approchent, vite prendre une pose détachée. A peine a-t-elle le temps de repousser une mèche de cheveux derrière son oreille que la porte du laboratoire s'ouvre sur un Severus Snape qui n'est pas de la meilleure humeur et à qui la scène visible ne semble pas convenir.

- Miss Granger puis-je savoir pour quelle raison vous n'êtes pas derrière votre paillasse à nettoyer mon matériel ou préparer quelques potions de réchauffement pour l'infirmerie de Poudlard ?

Sa voix bien que doucereuse est on ne plus menaçante. Hermione sent nettement un frisson la parcourir mais, songeant à son succès, prend son courage à deux mains avant de lui rétorquer :

- Bien entendu Monsieur.

Le sourire qu'elle arbore ne lui plait absolument pas, de même il lui semble que son chaudron a particulièrement rétréci… Il va sans dire qu'il espère grandement que ce n'est là qu'une vue de son esprit embrumé par la fatigue. Il vient de passer pas loin de trois heures à chercher un antidote après avoir compris comment, avec les ingrédients nécessaires à la réalisation de la potion d'amnésie, un élève avait pu inverser à peu près tout ce qu'il était imaginable sur son corps, allant même jusqu'à parler à l'envers tout en intervertissant syllabes et mots confondus ce qui rendait particulièrement peu aisé toute communication. Pour résumer il n'est vraiment pas d'humeur à se lancer dans une quelconque joute verbale avec cette écervelée butée qui refuse de démissionner... Ce n'est pourtant pas faute d'essayer de la pousser à bout.

- J'ai délaissé mes "travaux" afin de me consacrer aux vôtres... Inachevés et...

Elle n'a pas le temps d'ajouter ne serait-ce qu'une syllabe supplémentaire qu'il se précipite mugissant vers SON chaudron et SES travaux !

- Espèce d'idiote ! Vous n'avez vraiment pas changé, toujours une vulgaire miss je sais tout ! Avez-vous la moindre idée du but de mes recherches, de l'importance de celles-ci, de la délicatesse et du savoir-faire qu'elles requièrent ? Cette fois c'est la porte Miss Granger et croyez-moi avec la réputation que je vais vous faire vous n'êtes pas prête de retrouver un emploi dans les...

Coupant net sa tirade, il fixe incrédule le breuvage frémissant, argenté et... Stable. Jubilant littéralement Hermione décide d'enfoncer le balai, tout en s'approchant de lui jusqu'à se positionner à sa gauche elle regarde son œuvre et reprend d'une voix calme et posée :

- Il s'agit là des préliminaires à la réalisation d'une potion qui serait à même de freiner ou guérir le cancer sorcier. Il s'agit donc en effet d'un travail d'une grande importance qui nécessite... Une grande délicatesse et un grand savoir-faire. Il semblerait d'ailleurs que j'ai réussi là où vous étiez tenu en échec. L'armoise était une bonne idée mais la solution venait de dards de Billywig combinés à six cuillères de goutte du mort-vivant ainsi que trois feuilles broyées d'ellébore de manière à en récolter l'extrait… Je n'ai bien entendu nul besoin de vous en expliquer les raisons car vous en connaissez parfaitement les propriétés… N'est-ce pas ?

Dire que Severus Snape est abasourdi serait en deçà de la réalité cependant rapidement c'est la colère qui prédomine. Il est furieux contre les stupides écoliers de Poudlard, le tout aussi crétin Professeur Batonmou, Minerva qui ne trouve rien de mieux à faire que de le déranger aujourd'hui, miss je sais tout Granger qui, encore une fois, a profité de la moindre occasion pour tenter de l'impressionner… Ou le ridiculiser au choix. Mais surtout il est furieux contre lui-même. Il aurait dû y penser, il aurait dû savoir que l'emploi d'ellébore serait primordial à ce stade. Il est parfaitement conscient que ses propres conclusions l'auraient tôt ou tard menées au résultat obtenu par son impertinente collègue toutefois il ne se pardonne pas de s'être fait aussi bêtement doubler, aussi décide-t-il de la congédier quand son regard est attiré par de minuscules traces et particules sur la paillasse de travail.

- Bien Miss Granger au moins ma demeure n'a pas explosée.

- Quoi ? Non mais vous vous foutez de moi là ! Je ne suis plus l'une de vos élèves, j'ai autant de compétences que vous et je viens d'ailleurs de vous le prouver donc...

- Donc cessez de vous comporter comme si nous étions encore à Poudlard et épargnez-moi votre vulgarité ! Vous venez d'enfreindre toutes les règles de sécurité afin de me démontrer que vous valez quelque chose… En quoi est-ce faire montre d'intelligence ?

- Mais je…

- Mais rien du tout ! Vous avez approximativement rangé le plan de travail avant mon retour certes, néanmoins vous oubliez que je ne suis pas un débutant. Croyez-vous réellement que je n'ai pas remarqué les restes de peau de serpent du cap ou encore le bocal à présent au trois quart vide de vers marins ? Sans parler des restes de cornes de cornelongue roumain. Or au vu de vos "connaissances" vous n'ignorez pas la valeur de cet ingrédient. Et bien évidemment vous avez pleinement conscience que si le moindre fragment de vers marins était entré en contact avec l'armoise que j'ai utilisé juste avant mon départ et dont je note encore des parcelles ICI vous seriez morte bougre d'idiote !

Chaque mot la frappe aussi durement qu'une gifle. Elle pâlit au fur et à mesure qu'elle réalise l'ampleur du désastre qui aurait pu se produire si elle n'avait pas eu autant de chance et brusquement sent une rougeur cuisante lui envahir les joues. Elle refuse toutefois de baisser les yeux. Elle n'est plus une enfant et fort heureusement rien de dramatique n'est survenu. De plus, malgré sa précipitation, elle a bel et bien trouvé le moyen de stabiliser le breuvage et s'accroche à cette réalité avec l'énergie du désespoir.

- J'admets ne pas avoir suffisamment réfléchie avant d'agir et cela aurait pu avoir des conséquences… fâcheuses mais…

- Fâcheuses ? Vous faites montre là d'un doux euphémisme miss.

- MAIS, comme je le disais avant votre interruption, malgré mon empressement j'ai solutionné le problème qui vous empêchait d'aller plus avant dans la conception de cette potion ce qui démontre mes compétences !

- On en revient toujours au même point n'est-ce pas ? Vous en êtes encore à vouloir prouver à la communauté que vous avez votre place dans le monde magique.

Hermione vacille un instant, elle ne s'attendait pas à ce que quiconque ait vu aussi loin en elle… Heureusement qu'il ne semble pas avoir compris que c'est avant tout à lui, qui ne l'a jamais complimenté, qu'elle veut démontrer cela.

- Je ne… Il ne s'agit pas de ça.

- Vraiment ?

- Vous nous éloignez du réel problème. Je vaux plus que d'astiquer vos chaudrons ! Comme vous l'avez dit nous ne sommes plus à Poudlard !

Faisant fi de sa dernière remarque, il poursuit sur son idée première.

- Donc si je vous suis ce que vous vouliez c'était me prouver, à moi, vos talents ? Vous vouliez m'impressionner ? Avoir mon approbation ? Que je vous donne une tape sur la tête et une image animée peut-être ?

Elle se mord l'intérieur de la joue et se garde bien de répondre, il est tellement proche de la réalité que… Qu'elle se voit obligée d'admettre le ridicule de son comportement.

- Si nous ne sommes plus à Poudlard alors n'agissez plus comme si j'étais encore votre professeur. Vous n'avez pas à me démontrer quoi que ce soit en ce qui concerne vos capacités. Je vous ai engagé en connaissances de cause Miss ! Toutefois au vu de la dangerosité du travail que vous serez éventuellement amené à faire en ma compagnie, je tenais à m'assurer que vous n'étiez plus aussi bornée et fonceuse que lorsque vous étiez enfant… Visiblement c'est raté. Comment voulez-vous que je vous fasse suffisamment confiance pour accepter que vous œuvriez à des potions délicates et expérimentales à moins d'un mètre de ma personne tant que je ne suis pas certain que vous ne vous lancerez pas stupidement dans une course contre la montre pour vous prouver à vous-même que vous êtes ma collègue et non plus mon élève au risque de transgresser les règles de sécurité de bases. Ma vie ne vaut peut-être pas grand-chose à vos yeux mais figurez-vous que j'y tiens !

Hermione en est arrivé à un stade où elle se maudit copieusement en silence. Obnubilée par son désir de briller elle en a oublié toute précaution… En s'attaquant tête baissée à ce breuvage elle a fait montre d'autant de stupidité que de génie. Elle n'est plus une gamine et vient pourtant d'agir comme tel. Tout cela simplement parce que cet homme est le seul qui lui a, jusqu'à présent, refusé tout éloge sur son travail. Il a raison, elle en est encore à quêter son approbation alors qu'aujourd'hui elle devrait se considérer comme son égal ou presque. C'est pathétique, elle a tout intérêt à remédier à cela, et vite, si elle veut pouvoir conserver ce poste.

- Je ne m'excuserai pas pour mon travail. Il est vrai que j'ai manqué de recul, et croyez bien que cela ne se reproduira plus, cependant j'ai adoré chercher une solution au problème posé par la potion. Il s'agit là de ma passion ! Toute petite j'avais une véritable collection de casse-tête dans ma chambre… Et quelle meilleure triture méninge que la recherche ?

- Je n'ai que faire de votre…

- NE M'INTERROMPEZ PAS ! Cela fait cinq mois que je ronge mon frein à l'arrière du laboratoire tandis je vous vois pratiquer diverses expériences. La recherche me manque ! Je n'ai même pas accès à un seul livre de votre bibliothèque qui recèle pourtant d'ouvrages d'une rareté inimaginable. Nous nous ressemblons que vous le vouliez ou non alors remettez-vous également un peu en question ! Cinq mois que je suis là, CINQ MOIS !

Les deux protagonistes restent là, au milieu du laboratoire, le chaudron de la discorde les séparant de son large ventre rebondi, ils se défient du regard. Des vérités ont été dites de chaque côté et à présent ils sont dans une impasse. Ni Hermione ni Severus ne veulent reconnaître à haute voix l'ensemble de leurs torts aussi finalement lorsque, d'une voix glaciale, il la congédie elle ne cherche pas à se battre. Elle est lasse de tout ça. Il ne l'a même pas remercié ou félicité pour sa découverte mais bizarrement elle s'en moque. Elle sait ce qu'elle vaut et maintenant qu'elle a pris conscience de son problème cela lui suffit. C'est pour cette simple raison que c'est, sans rancune, qu'en quittant la salle elle lui donne un dernier conseil.

- Je pense que vous devriez vous pencher sur l'utilisation d'œufs de Doxy.

Comme elle s'y attendait, il ne lui répond pas, c'est donc sur le silence qu'elle referme la porte. Hermione partie Severus se questionne un moment : reviendra-t-elle demain ou a-t-il enfin réussi à la pousser à la démission ? Souhaite-t-il réellement qu'elle jette le gnome ? Ennuyé de se sentir coupable il secoue la tête, ôte sa cape, noue ses cheveux, s'approche du chaudron toujours frémissant et prend quelques notes. Moins d'une heure plus tard, il se saisit du bocal d'œufs de Doxy et en ajoute onze au breuvage sur lequel il œuvre déjà depuis plusieurs semaines. A sa grande satisfaction la potion réagit exactement de la manière qu'il avait prévu, il est sur la bonne voie… Et bien que sa réflexion ne fût pas poussée à terme elle avait raison.


Mon p'tit blabla de fin : Et oui j'ai fait une description de Severus relativement avantageuse mais je ne la pense pas hors caractère. Après tout il est grand… donc ses jambes aussi, je pense que personne ne peut l'imaginer avec de l'embonpoint donc il a un ventre plat et une taille plutôt fine autrement dit sans poignées d'amour, pour ses mains… bon bah elles ont toujours été qualifiées d'élégantes je ne vois pas pourquoi cela changerait avec ma fic, ensuite son teint… comme l'a dit Hermione la guerre est finie et il vit un peu moins cloitré cela va donc forcément vers l'amélioration (de toute façon ça ne pouvait pas tellement être pire) et les fesses… Severus a été espion pendant très très longtemps, de mon point de vue cela implique qu'il avait une certaine hygiène de vie dans le sens où il était obligé de s'entretenir un minimum. En effet il a beau être un sorcier puissant (il est forcément très puissant pour avoir pu tenir ce rôle aussi longtemps et rester en vie, mentir à Voldemort, faire face à des attaques de mangemorts ou de sorciers côté Ordre du Phénix. Au vue du contexte il s'est fait beaucoup d'ennemis et certains ont dû tenter de l'éliminer qu'il y est ou pas des ordres en ce sens) bref même si c'est sorcier puissant une bonne condition physique est forcément un avantage non négligeable dans une bataille, rajoutez à cela qu'il est de demi-sang il a donc pu tout à fait être initié à différents arts du combat moldu (au vue de son enfance et son adolescence je ne pense pas qu'il serait étonnant qu'il ait cherché à devenir plus fort et quoi de mieux qu'un type de combat ou de défense peu connu des sorciers ?) Bref voilà pourquoi je l'ai décrit ainsi d'une manière qui est certes avantageuse mais pas incongrue, enfin je pense. Ceci dit ne vous attendez pas à ce que je transforme Hermione en "bombe" ou Severus en parfait adonis profil surfeur. Après toute personne peut être belle dans le regard de l'autre…

A vos claviers et à très vite pour la suite.