Merci à Cris, Anon5, AmbreOnyx et Ryhn de leurs commentaires


Un quartier résidentiel de Los Angeles

- Alors, qu'est-ce qu'on a ?

Don posait la question devenue quasi-rituelle à Colby, arrivé un bon quart d'heure avant lui sur les lieux.

- La police nous a appelé pour une explosion chez la famille Carpenter.

- Des victimes ?

- Quatre blessés sérieux, sept personnes commotionnées par le souffle. Et Lyle Carpenter, le propriétaire des lieux était à l'intérieur lors de l'explosion. Aucune chance de le retrouver en vie.

- On est sûr qu'il était là ?

- Oui, un voisin l'a vu rentrer moins de cinq minutes avant la déflagration.

- Il vivait seul ?

- Non, il était marié et avait trois enfants de cinq à douze ans.

- Où est la famille ?

- On l'ignore. D'après le voisin, il est possible que la femme ait aussi été à l'intérieur.

- Et les gosses ?

- A l'école sans doute vu l'heure !

- Malheureux gamins ! J'espère que leur mère n'était pas là sinon… »

A ce moment-là, un hurlement retentit derrière eux. Ils se retournèrent et virent une femme d'une soixantaine d'année qui se débattait contre un agent qui tentait de l'empêcher de passer.

- C'est la maison de ma fille ! Je veux savoir ce qui s'est passé ! Où est-elle ? Où sont les enfants ? Et Lyle ? Oh mon Dieu !

Don se dirigea vers la femme et fit signe à l'agent de la laisser passer. Elle se précipita et il l'arrêta lorsqu'elle fut à sa hauteur.

- Bonjour madame, je suis l'agent spécial Don Eppes, du F.B.I. Je suis désolé de ce qui vous arrive. Pensez-vous pouvoir répondre à quelques questions ?

Elle leva sur lui un regard où il ne lut qu'une souffrance infinie, qui lui serra le cœur.

- Je vous en prie, dites-moi si ma fille et mon gendre vont bien. Dites-moi que mes petits enfants vont bien. C'est juste un accident idiot. Une maison, ça se reconstruit n'est-ce pas ? Et puis ils sont bien assurés. Mais… ils n'étaient pas là, hein ? Dites-moi qu'ils n'y étaient pas !

- C'est justement ce que nous tentons de déterminer madame…

- Garson. Amanda Garson. Je suis la mère de Laura Carpenter. Elle m'avait demandé de passer pour garder les enfants. Lyle et elle devaient sortir ce soir. J'ai décidé de venir un peu plus tôt pour passer un peu de temps avec elle. Nous adorons papoter pendant des heures, de tout et de rien. Vous comprenez, depuis que mon mari est mort, je n'ai plus qu'elle et les petits. Et Lyle est le gendre idéal !

- Votre fille était donc chez elle ?

- Oui… Non, non ! C'est impossible ! A cette heure-ci, le plus souvent…. Oh mon Dieu ! »

Don n'eut que le temps de recevoir la femme évanouie dans ses bras : la tension avait été trop forte pour elle.

- Un médecin vite !

Il s'agenouilla près de la malheureuse et s'aperçut alors qu'elle n'avait plus de pouls.

- Bon sang ! Elle nous fait une attaque ! Envoyez-moi un médecin !

Il commença sans tarder un massage cardiaque bientôt relayé par les ambulanciers venus à la rescousse. Mais le mal était fait.

- Et bien voilà, on a au moins une victime de plus ! constata Colby alors que les infirmiers abandonnaient la lutte après plus de trente minutes de réanimation infructueuse.

- C'est ma faute ! s'accusa Don bouleversé. J'aurais dû me rendre compte que la pression était trop forte pour elle ! Plutôt que de l'interroger, j'aurais dû, dès le départ, demander à ce qu'elle soit examinée : à son âge, elle ne pouvait pas supporter cette horreur !

- Arrête de culpabiliser ! Tu n'as rien fait d'autre que ce que n'importe qui aurait fait ! Elle paraissait bien, même si elle était bouleversée…

- Elle était à peine cohérente, j'aurais dû…

- Tu aurais dû… tu aurais dû… Tu veux que je te dise ? Ca ne te mènera nulle part les « j'aurais dû ». Tu ne pouvais pas deviner. Par contre, maintenant, tu dois te secouer et venger cette femme, son gendre et qui sait ? sa fille. Gémir ne les ramènera pas et ne fera pas avancer notre enquête ! »

Galvanisé par le ton et les mots de son collègue, Don comprit qu'en effet son attitude n'était pas constructive et qu'elle ne pourrait que le mener à une impasse. Il devait être en pleine possession de ses moyens s'il voulait être efficace, et la fausse culpabilité n'était pas le meilleur moyen d'y parvenir.

« Tu as raison. Avant tout, il nous faut déterminer si, oui ou non, la femme se trouvait aussi dans la maison.

- Et retrouver les gosses avant qu'ils ne reviennent et découvrent cette horreur !

- C'est vrai. Il faut à tout prix leur épargner ça. Bon, toi et les autres vous me faites une enquête de voisinage pour savoir si quelqu'un sait où ils sont, et par la même occasion, si quelqu'un en voulait à cette famille. »

Colby soupira de soulagement : il retrouvait son chef, froid, méthodique, organisé, efficace. C'était comme ça qu'il l'aimait, comme ça qu'il savait que tout irait bien et qu'ils réussiraient, une fois encore à parvenir à leur but.

Au bout d'une vingtaine de minutes d'enquête, les agents parvinrent à la conclusion que, vraisemblablement, Laura Carpenter devait, elle aussi, se trouver dans la maison lors de l'explosion. Il était en effet 16 H 00 et, à cette heure-là, selon ses voisins, elle avait l'habitude de préparer le goûter en attendant le retour des enfants. Et les enfants ?

Les spécialistes parvinrent très vite à la conclusion qu'il ne s'agissait pas d'un accident mais d'un acte criminel : une bombe de forte puissance était la cause des dégâts. C'est aux alentours de vingt heures seulement qu'atterrés, les enquêteurs comprirent que les enfants aussi étaient présent lors de l'explosion. Ce jour-là, les deux plus jeunes étaient souffrants et le collège où allait l'aîné faisait relâche justement cet après-midi pour organiser les prochaines rencontres parents professeurs. C'était donc toute une famille qui avait péri et dont il ne restait absolument aucune trace.

Don se fit le serment que l'auteur de ce forfait ne resterait pas impuni, et quiconque le connaissait pouvait être sûr que, de ce moment, les jours de liberté du malfrat étaient comptés.

(à suivre)