Bonjour et merci aux personnes qui ont prit la peine de me laisser des reviews, je suis vraiment ravie que le prologue vous ait plu.
J'ai prévu de poster toutes les deux semaines, dans la mesure du possible et surtout suivant mon inspiration, qui est plus qu'inconstante...
Néanmoins, étant donné que c'est Noël, je vous propose ce chapitre un peu plus tôt que prévu, en espérant qu'il vous plaise.
Bonne lecture !
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Chapitre I
RUNNING AWAY FROM HOME
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« Chez mon grand-père ?! s'exclama-t-elle en écarquillant les yeux. Tu n'es pas sérieux !
- Xiao, c'est le seul endroit où Kazuya n'ira pas nous chercher. Personne ne sait où vit ton grand-père, hormis Lars, Raven et toi !
- Je ne veux pas le mettre en danger !
- On n'a pas le choix ! Où veux-tu qu'on aille ? Tôkyô est sous contrôle total de la Tekken Forces !
- Lars peut peut-être nous trouver un endroit sûr…
- Lars est déjà trop occupé à sauver sa tête ! Crois-moi, mieux vaut qu'il détourne l'attention de Kazuya, le temps que l'on aille chez ton grand-père.
- Je ne sais pas…
- Écoute, il a sans doute des informations sur Kazama. Si Zafina est allée le voir, c'est bien pour une raison, non ?
- Ce n'était pas pareil, protesta-t-elle. Tu m'as dit que Kazuya n'est pas responsable de l'enlèvement de Jin, et Heihachi non plus. Ça pourrait être n'importe qui ! Comment mon grand-père pourrait-il savoir quoi que ce soit ?
- Il connaît bien les Mishima ! Il doit savoir s'ils ont des ennemis capables d'orchestrer un enlèvement de cette ampleur, non ?
Elle resta silencieuse et il jeta un bref coup d'œil à son portable pour regarder l'heure.
- Xiao, tu sais que je ne porte pas Kazama dans mon cœur. Mais j'ai du respect pour le sacrifice qu'il a voulu faire. Le moins que l'on puisse faire c'est essayer de le retrouver…
- D'accord, souffla-t-elle d'une petite voix.
- Parfait ! s'exclama-t-il en sortant un billet et en le posant sur la table. Il ne faut pas tarder ! On va passer chez toi prendre quelques affaires et ensuite on mettra les voiles !
Il se leva et entraîna Xiaoyu à l'extérieur, jusqu'à la bouche de métro la plus proche. Elle le suivit sans mot dire, un peu trop docilement au goût du jeune homme, qui se demandait à quoi elle pouvait bien penser.
- Si je ne te connaissais pas, commença-t-elle alors qu'ils montaient dans le métro, je dirais que tu as l'air heureux à l'idée d'être poursuivi par un fou furieux sanguinaire.
- Hahaha, oui, c'est pas faux, s'esclaffa-t-il. Ça me rappelle lorsque j'ai déserté l'armée et cette période de cavale intense qui a suivi ! Crois-moi, y'a pas mieux que l'adrénaline d'une course-poursuite avec les forces de l'ordre !
- Si tu le dis, soupira-t-elle… »
Le trajet se fit dans le silence, chacun étant perdu dans ses pensées. Néanmoins, Xiaoyu était aux aguets, depuis que le jeune homme lui avait dit Kazuya était sans doute à sa recherche. Elle ne pouvait empêcher la peur de faire battre son cœur un peu plus fort à chaque fois qu'elle voyait un homme de la carrure du père de Jin monter dans leur rame de métro.
Jin…
Comment avait-elle pu croire qu'il était mort ? Elle s'en voulait d'avoir accepté si vite sa disparition, de ne même pas avoir tenté de le chercher…
« On y est, murmura Hwoarang à son oreille, la faisant sursauter.
Elle le suivit à travers les couloirs du métro pour atteindre la sortie. Sa présence la rassurait. Elle savait qu'il ne l'abandonnerait pas.
Ils atteignirent son immeuble au bout de quelques minutes de marche et s'engouffrèrent à l'intérieur. Le jeune homme monta en premier, suivi de son amie. Lorsqu'ils arrivèrent à l'étage où se trouvait son appartement, ils se figèrent en voyant qu'un homme les attendait devant la porte, appuyé contre le mur.
Il était grand et bien bâti, et avait d'épais cheveux noirs. Il portait une veste bleue par-dessus un tee-shirt rouge et un jean de couleur noire. Les bras croisés, il les regardait avec curiosité.
Hwoarang se plaça instinctivement devant Xiaoyu.
« N'ayez pas l'air si effrayés, dit alors l'homme en souriant. Je ne vais pas vous manger.
- Qui êtes-vous ? demanda le jeune homme sans bouger.
- Mon nom est Saeba Ryô. Et il semblerait que nous ayons un ami commun, poursuivit l'homme sans se départir de son sourire.
- Un ami commun ? répéta Xiaoyu.
- Un certain ninja, à la peau aussi sombre que son nom…
- Quoi, c'est Raven qui vous a contacté ?
- Lui et Lars n'ont pas pu venir, mais il m'a demandé de vous aider à quitter la ville.
- Vous connaissez Lars ? s'étonna la jeune femme. Vous êtes dans la résistance, vous aussi ?
- Pas vraiment…Disons que nous nous entre-aidons.
- Qu'est-ce qu'ils leur est arrivé ? demanda Hwoarang.
- Il semblerait que Kazuya Mishima soit à leurs trousses. Ainsi qu'aux vôtres. Alors ils m'ont demandé de sécuriser votre appartement avant votre arrivée.
- Comment ça, sécuriser mon appartement ?
- Eh bien, un comité d'accueil de la Tekken Forces vous attendait. Mais je m'en suis débarrassé.
- Vous les avez tué ! s'horrifia Xiaoyu en portant une main à sa bouche.
- Non, ne vous en faites pas, je les ai juste assommés et enfermés. Par contre, reprit-il avec un regard qui se fit aiguisé, nous avons du pain sur la planche et nous n'avons pas de temps à perdre. Si vous voulez quitter la ville avant la nuit, il faudra faire ce que je vous dis, d'accord ? »
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« Non, non et non !
- Hwoarang, s'il te plaît !
- Hors de question !
- Mais enfin…
- Le premier qui s'approche de mes cheveux, je lui pète les deux genoux, c'est clair ? Et c'est valable pour toi aussi, Xiao !
- Ça suffit ! s'exclama Ryô d'une voix puissante. Tu es trop repérable avec tes cheveux roux ! On va juste les teindre en noir !
- Merde mais pourquoi moi ! gémit le jeune homme avec un grognement de colère.
- Allez, arrête un peu, lui dit Xiaoyu.
Il grommela en se dirigeant vers la salle de bain, armé d'une boîte de coloration. Ryô, qui était en pleine recherche sur son ordinateur, se tourna pour lui faire face.
- Le prochain train pour Akita est à dix-sept heures vingt, dit-il. Vous arriverez là-bas à vingt-et-une heures. Est-ce que ça ira pour rejoindre la maison de ton grand-père ?
- Oui, ça ne posera pas de problèmes.
- Très bien, je dois sortir récupérer quelques affaires, mais je n'en ai pas pour longtemps. Ferme bien la porte et n'ouvre à personne.
Elle acquiesça et referma la porte derrière lui à double tour, avant de rejoindre Hworang dans la salle de bain.
- Tu t'en sors ?
- Fait chier, grommela-t-il. Combien de temps je dois laisser poser ce machin ?
- Environ vingt minutes.
- Il est partit où, Ryô ?
- Chercher des affaires. Il faut qu'on prenne le train de dix-sept heures vingt, pour y être pour vingt-et-une heures.
Il jeta un coup d'œil à son portable et hocha la tête. Puis il la regarda avec attention et remarqua sa pâleur et sa nervosité.
- Est-ce que tout va bien ?
- Je suis terrifiée, avoua-t-elle avec un rire nerveux. En moins d'une heure, tu m'annonces que Jin est vivant, que Kazuya est à nos trousses, qu'on doit quitter la ville… Ça fait beaucoup d'un seul coup.
- Je suis désolé, Xiao.
- Ce n'est pas ta faute, soupira-t-elle. J'ai juste du mal à réaliser, je crois. Et j'ai peur de ce qui pourrait nous arriver.
- Il ne nous arrivera rien, affirma son ami avec un ton décidé. Nous ne sommes pas seuls dans cette histoire. Lars, Raven, et même Ryô sont là pour nous aider.
- Comment ça se fait que tu sois en contact avec Lars, d'ailleurs ?
Hwoarang eut l'air gêné et se passa une main sur le visage.
- Il a apprit pour ta tentative de suicide et il m'a fait promettre de garder un œil sur toi. Il se sentait coupable...
Xiaoyu parut gênée à son tour.
Sa tentative de suicide était un sujet tabou, que ni l'un ni l'autre ne souhaitait évoquer. Lorsqu'elle s'était réveillée à l'hôpital, Hwoarang se tenait auprès d'elle, le visage pâle et défait. Elle avait mit quelques minutes à comprendre où elle se trouvait et avait été tirée de ses pensées par une gifle cuisante qui lui avait coupé le souffle. Honteuse face à l'expression bouleversée du jeune homme, elle s'était mise à pleurer et il l'avait réconfortée de son mieux. Ils n'avaient jamais évoqué cet épisode par la suite.
Un silence inconfortable s'installa entre eux durant ce qui sembla une éternité, jusqu'à ce que trois coups à la porte ne les fassent sursauter.
- C'est Ryô ! fit la voix de leur garde du corps derrière la porte, et la jeune femme s'empressa de lui ouvrir.
Il déposa un sac à dos noir sur la table et entreprit de le vider.
- Lars a contacté toutes les personnes susceptibles de vous aider et il a constitué de quoi voyager tranquillement. Voilà déjà vos nouveaux passeports.
- Quoi ?! s'exclama Hwoarang. Comment vous avez fait pour en obtenir ? Et surtout aussi vite !
- Disons que nous connaissons les bonnes personnes, sourit Ryô en tendant à chacun un passeport japonais rouge.
- Kawazu Hinata, lut Xiaoyu.
- Et moi, Matsuyama Keisuke. Pourquoi ne pas m'avoir fait un passeport coréen ? Je parle japonais, mais pas assez bien pour en être un.
- Pour te fondre plus facilement dans la masse. D'ailleurs, voici votre certificat de mariage, ajouta-t-il en leur tendant un papier plastifié.
Un ange passa. Puis…
- QUOI ?!
- C'est un faux ! Il vous faudra semblant si on vous interroge !
- Pourquoi diable veux-tu qu'on se fasse passer pour un couple marié ?
- Parce que ce sera plus simple pour vous si vous êtes amenés à voyager plus longtemps que prévu. Et ça vous permettra de rester ensemble quoi qu'il arrive. Un couple marié suscite moins de questions qu'un couple d'amis des deux sexes. Certaines régions sont encore assez conservatrices sur la question. Tenez, ajouta-t-il en leur tendant deux anneaux, vos alliances.
Xiaoyu jeta un regard à Hwoarang, qui avait l'air horrifié et faillit éclater de rire. Elle prit la bague et la passa à son doigt tandis que son ami faisait de même, avec une répugnance visible.
- Tiens, Hwoarang ! De quoi te changer.
Le jeune homme prit les vêtements que lui tendait Ryô et s'enferma dans la salle de bain.
- Xiaoyu, voilà pour toi.
La robe bleue qu'il lui tendait était superbe et le gilet gris était très doux. Elle prit les vêtements et se dirigea dans sa chambre pour se changer. Elle enfila tout de même une paire de leggings noire pour se protéger du froid ainsi que des bottines plates. Ils avaient beau être au moi de mars, il faisait tout de même encore frais. Elle enroula une écharpe noire autour de son cou et attrapa un bonnet et des gants de même couleur.
Elle rejoignit Ryô et se figea en voyant Hwoarang. Ses cheveux désormais noirs lui donnaient un air plus mature, plus viril. Il portait un jean bleu sombre, un pull gris à col V par-dessus une chemise bleue. Il avait l'air totalement différent et elle ne put s'empêcher de remarquer, avec un trouble étrange, qu'il était vraiment très beau.
- J'ai l'air d'un clown ! pesta son ami en tirant sur son pull.
- Pas du tout, vous avez l'air d'un couple tout à fait banal et c'est exactement le but de la manœuvre ! On ne doit pas vous remarquer. Et maintenant, écoutez-moi bien tous les deux.
Son ton sérieux acheva d'angoisser la jeune femme.
- Vous êtes recherchés par un homme qui dispose de moyens colossaux pour y parvenir. Vous allez devoir être extrêmement prudents. Tout d'abord, vous allez me laisser vos portables et vos cartes de crédit…
- Quoi !
- C'est le moyen le plus simple de vous faire tracer. Un seul retrait, un seul appel, où que vous soyez, et Kazuya pourra vous retrouver en un rien de temps.
Xiaoyu déglutit et tendit son portable et sa carte de crédit à Ryô. Hwoarang fit de même sans mot dire.
- Vous pouvez avoir confiance en moi, leur assura leur garde du corps, je vous les rendrai dès que cette histoire sera terminée.
Si elle se termine un jour, songea la jeune femme avec amertume.
- En attendant, vous utiliserez ces deux portables. Ils sont cryptés pour qu'on ne puisse pas tracer vos appels. Vous avez le numéro de Lars à l'intérieur.
Il leur tendit deux iPhones et Xiaoyu poussa un cri de joie, tandis que Hwoarang faisait la moue.
- Peuh, Apple ça ne vaut pas Samsung !
- Depuis quand tu es aussi chauvin ? le taquina son amie et il se renfrogna.
- Autre chose, voici une carte de crédit pour payer vos déplacements. Le code est 9478. Le compte est au nom de Monsieur et Madame Matsuyama. N'oubliez pas que c'est votre nouvelle identité. Essayez de voyager léger et achetez ce dont vous avez besoin au fur et à mesure. Lars a placé une certaine somme d'argent sur ce compte, vous devriez pouvoir vous en sortir.
- C'est super ça ! lança Hwoarang avec un grand sourire.
- Je te vois venir, l'avertit Ryô, c'est Xiaoyu qui gardera la carte. Voici d'ailleurs un portefeuille avec un peu de liquide. Garde-le précieusement.
- Ryô, comment doit-on faire si on a un problème ?
- De quel genre ?
- Imagine que Kazuya, ou même Heihachi réussissent à nous trouver et que l'on doive s'enfuir à l'étranger, par exemple.
- Lars a des contacts un peu partout au Japon et dans le monde. Vos téléphones fonctionneront partout, il vous suffira de l'appeler si vous avez le moindre souci…
- Il faut y aller, les coupa Hwoarang en leur désignant la pendule.
Ryô acquiesça et Xiaoyu se précipita dans sa chambre pour prendre un sac à dos de sa penderie dans lequel elle fourra quelques affaires de rechange. Ses yeux tombèrent sur la photo prise par Panda des années auparavant, où Jin et elle se souriaient, et elle hésita avant de la sortir de son cadre et de la fourrer dans son sac.
Ils attrapèrent leurs affaires, sortirent de l'appartement et elle referma la porte avec une boule au ventre, en se demandant si elle reviendrait un jour.
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La gare de Ueno n'était pas très remplie, aussi n'eurent-ils aucun mal à acheter deux billets pour Akita et à trouver leur train. La présence de Ryô et Hwoarang avait un effet apaisant sur Xiaoyu, et leur escapade à venir réveilla son côté aventurière.
Ils montèrent déposer leurs affaires dans le train avant de rejoindre leur ami sur le quai.
« Ryô, écoute, j'ai une amie qui s'appelle Panda, lui dit Xiaoyu, c'est un panda géant femelle.
L'air effaré qui se peignit sur son visage la fit sourire.
- Elle me servait de garde du corps lors des précédents tournois et… Bref, mon amie, Hirano Miharu la gardait aujourd'hui. Peux-tu faire en sorte qu'il ne leur arrive rien ? Je m'en voudrais de savoir qu'à cause de moi…
Elle s'interrompit, les yeux brillants, et Ryô lui adressa un sourire rassurant.
- Ne t'en fais pas, je m'en occupe.
- Merci beaucoup, dit-elle en s'inclinant profondément et en lui tendant un bout de papier, voici son numéro et son adresse.
Une voix automatique annonça que le train allait partir dans cinq minutes.
- Merci beaucoup pour ton aide, le remercia Hwoarang en lui serrant la main. J'espère qu'on se reverra.
- Je n'en doute pas, répondit Ryô en lui souriant. Et ne vous inquiétez pas, tout ira bien. Lars et moi-même sommes derrière vous. Allez-y maintenant, et bon courage ! »
Ils allèrent s'installer à leurs places et adressèrent un signe de la main à leur ami avant que le train ne se mette en branle et que ce dernier ne disparaisse.
Xiaoyu soupira profondément et appuya sa tête contre la fenêtre.
« Hey, tout va bien ? s'inquiéta Hwoarang.
- Oui, ne t'en fais pas. C'est juste la pression qui retombe.
- Essaye de dormir un peu.
- Et toi, qu'est-ce que tu vas faire ?
- Tenter de comprendre comment fonctionne ce bidule, dit-il en lui montrant son iPhone.
Elle pouffa de rire et ferma les yeux en posant sa tête sur l'épaule de son désormais mari, se laissant bercer par sa respiration et le bruit du train jusqu'à ce qu'elle s'endorme.
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Les deux années qui suivirent la fin du troisième tournoi furent les plus longues que Xiaoyu ait jamais vécues.
La disparition soudaine de Jin l'avait atteinte en plein cœur et, malgré le fait que Heihachi lui ait promit de faire tout ce qui était en son pouvoir pour le retrouver, elle se laissa peu à peu enfermer dans une morne routine.
Elle se plongea à corps perdu dans le travail scolaire et les entraînements, avec une rigueur et une volonté qui surprirent le patriarche Mishima et Miharu. Cette dernière faisait son possible pour lui remonter le moral, bien qu'elle ne comprenne pas non plus les raisons de la disparition de leur ami.
Xiaoyu avait pensé, puisque le tournoi était terminé et qu'elle n'avait pas gagné, que son mentor voudrait qu'elle rentre en Chine. Mais il avait catégoriquement refusé, arguant qu'elle devait continuer de s'entraîner et que ses études étaient importantes.
Elle en avait été secrètement soulagée. Le Japon était sa nouvelle demeure et, même si Jin était introuvable, retourner en Chiner aurait été comme si elle l'abandonnait.
Ces deux années s'écoulèrent ainsi, chaque jour ressemblant au précédent, jusqu'à ce soir de juillet où elle avait reçu ce mail, envoyé anonymement :
"Heihachi Mishima n'est pas celui qu'il paraît être. Éloigne-toi avant qu'il ne soit trop tard..."
Hébétée, elle était restée un bon quart d'heure à lire et relire ce message. Elle espérait qu'il avait été envoyé par Jin, mais elle ne comprenait pas pourquoi il lui disait de se méfier de Heihachi. Elle lui avait répondu en lui demandant qui il était et la raison d'un tel avertissement. Malheureusement, cet expéditeur anonyme ne lui avait pas répondu.
Elle avait pourtant reprit confiance, se persuadant que Jin était en vie, et retrouva progressivement sa joie de vivre et son enthousiasme.
Lorsque Heihachi la convoqua pour lui annoncer qu'il organisait un quatrième tournoi, les avertissements lui revinrent en mémoire et elle décida de participer au tournoi dans l'espoir de revoir Jin, mais aussi de découvrir ce que Heihachi avait derrière la tête...
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Hwoarang la réveilla en douceur quelques heures plus tard. Elle se redressa en bâillant et constata qu'il faisait nuit noire et que le train était arrêté.
« Nous sommes arrivés, l'avertit le jeune homme alors que les passagers autour d'eux quittaient peu à peu le véhicule.
Les paupières lourdes, elle se leva et le suivit hors du train. La fraîcheur du soir et le vent qui soufflait achevèrent de la réveiller et elle resserra son écharpe autour de son cou avant de faire signe à Hwoarang pour qu'il la suive.
Ils quittèrent le centre-ville pour s'enfoncer dans la forêt qui surplombait Akita et, au bout de vingt minutes de marche, Xiaoyu retrouva le sentier qui menait jusque chez son grand-père. Il faisait sombre et les bois agités par le vent étaient effrayants, mais la jeune femme se sentait en sécurité avec son ami.
« Comment il est, ton grand-père ? demanda soudain Hwoarang.
- Tu ne l'as jamais vu ?
- Comment veux-tu que l'aie déjà rencontré ?
- Il a participé au cinquième tournoi.
- Sérieux ? Je n'ai pas eu l'occasion de le voir ! Il est arrivé loin ?
- Je crois qu'il s'est arrêté en quarts de finale. De toute façon il n'était pas venu pour gagner.
- Pourquoi alors ? Pour surveiller sa petite fifille chérie ?
- Idiot ! Il était ami avec Jinpachi Mishima, l'arrière grand-père de Jin, et c'est lui qui l'a contacté pour participer au tournoi.
- Qu'est-ce qu'il est devenu ?
- Jinpachi ? Il est mort à la fin du tournoi et c'est pour ça que… Oh, on est arrivés ! s'exclama-t-elle en lui désignant la fumée qui s'élevait au-dessus des arbres.
Ils finirent par atteindre la petite maison de bois et Xiaoyu frappa à la porte.
- Qui est là ? demanda une voix sèche.
- C'est Xiaoyu grand-père, laisse-moi entrer !
La porte s'entrouvrit et l'œil méfiant de Jinrei la dévisagea avant qu'il ne la reconnaisse et n'ouvre bien vite la porte.
- Xiao ! Mais que fais-tu ici ? Et à une heure aussi tardive !
- Je sais grand-père, je suis désolée, mais nous avons des ennuis et…
- Comment ça « nous » ?
Tout à son inquiétude, il n'avait pas vu Hwoarang, qui s'avança et s'inclina respectueusement.
- Maître Wang, nous sommes désolés de nous présenter de cette manière, mais nous avons besoin d'un endroit pour la nuit.
- Tu es le disciple de Maître Doo San ?
- Oui, je suis Hwoarang.
- Entrez, entrez vite, vous allez tout m'expliquer, leur dit-il en s'effaçant pour les laisser passer, avant de refermer la porte.
Ils ôtèrent leurs chaussures et déposèrent leurs sacs avant de s'installer sur les coussins dans le petit salon. Un bon feu brûlait dans le poêle, éclairant la pièce et, bientôt, ils furent tout à fait réchauffés. Jinrei réapparut avec un plateau contenant un plat de curry de légumes et du riz, qu'il déposa sur une petite table basse.
- Mangez, leur ordonna-t-il, vous avez l'air affamés.
Ils ne se le firent pas répéter et se jetèrent sur la nourriture, tandis que le vieil homme leur servait du thé chaud. Lorsqu'ils furent rassasiés, il prit la parole.
- Eh bien, expliquez-moi tout.
- Jin est vivant, Maître, commença Hwoarang. Raven nous l'a apprit, à Lars et moi cet après-midi. Mais il a été enlevé après que son corps ait été découvert. Il ne s'agit ni de Kazuya, ni de Heihachi. Savez-vous qui pourrait l'avoir enlevé ?
Le vieil homme resta silencieux un moment, réfléchissant profondément, puis secoua la tête.
- Le monde entier crie vengeance envers Jin Kazama, dit-il, cependant, je ne vois pas qui pourrait souhaiter plus sa mort que Kazuya ou Heihachi. Mais tout ceci n'explique pas pourquoi vous êtes venus me voir.
- Il semblerait que Kazuya soit à notre recherche, répondit Xiaoyu. Il a envoyé des soldats à mon appartement.
Le visage ridé de son grand-père se plissa davantage sous l'inquiétude.
- Ne t'en fais pas, le rassura la jeune femme, Raven a envoyé un de ses contacts pour nous aider. Nous avons pu quitter la ville sans soucis et, comme je ne savais pas trop où aller, Hwoarang a suggéré que vous venions te voir, car personne ne sait où tu te caches.
Jinrei hocha la tête et la regarda fixement pendant quelques instants, ce qui mit Xiaoyu mal à l'aise car elle avait l'impression qu'il cherchait à lire en elle.
- Tu as changé, finit-il par dire en fronçant les sourcils.
- Comment ça ?
- Je ne sais pas. Ton regard est différent. Est-ce qu'il t'est arrivé quelque chose ?
Elle le maudit silencieusement d'être aussi clairvoyant. Il n'avait jamais su qu'elle avait tenté de suicider et elle ne souhaitait surtout pas qu'il l'apprenne. Pour le détourner de son interrogatoire, elle se força à sourire et ôta son bonnet, dévoilant ses cheveux courts, lui arrachant une exclamation surprise.
- Je crois juste que j'ai grandit, répondit-elle. Je ne pouvais pas rester éternellement une gamine à couettes ! Tu devrais être content, toi qui t'es toujours plaint de mon manque de sérieux !
Un éclair retentit, les faisant sursauter, puis la pluie se mit à tomber.
- Maître, commença Hwoarang, vous connaissez les Mishima depuis des années. Je crois que nous avons pas mal de questions à vous poser.
Le vieil homme ferma les yeux en poussant un profond soupir, puis il se releva péniblement.
- Dormez, nous parlerons demain. »
Il leur indiqua la petite mezzanine au-dessus de leurs têtes et leur souhaita une bonne nuit avant de disparaître dans ce qui devait être sa chambre. Xiaoyu se leva et indiqua à son ami un escabeau de bois. Il comprit et alla le chercher pour pouvoir accéder à l'étage.
L'espace était très petit, avec un plafond incliné, mais suffisamment grand pour qu'ils puissent dormir tous les deux. Une petite fenêtre dévoilait le ciel d'un noir d'encre et les arbres de la forêt, agités par la pluie et le vent. D'un petit placard, elle sortit deux futons qu'elle déroula et elle ajouta deux couvertures et deux oreillers avant de s'affaler sans aucune grâce sur son lit. Le jeune homme en fit de même et ils restèrent silencieux, écoutant le bruit de la pluie sur la toiture ainsi que le crépitement du feu dans le poêle.
« Xiao, murmura Hwoarang. Je ne sais pas si c'était une bonne idée de venir ici. Ton grand-père n'a pas l'air ravi de nous voir.
- Il est inquiet, répondit-elle d'une voix ensommeillée. Il sait beaucoup de choses et Kazuya se débarrasserait de lui avec plaisir s'il savait où il se trouvait. Nous verrons demain si Lars peut nous trouver un autre endroit…
- Tu crois qu'il a réussit à se cacher ?
- Oh, je ne me fais pas trop de souci pour lui... On devrait plutôt s'inquiéter pour nous.
- Ne vous en faites pas, Madame Matsuyama, tout ira bien... »
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Le tonnerre gronda avec fracas et Xiaoyu se réveilla en sursaut, avant de s'apaiser. La maison était silencieuse, hormis les ronflements occasionnels de Hwoarang, mais le froid qui y régnait la surprit. Elle se tourna et constata que la petite fenêtre était entrouverte, alors qu'elle se rappelait parfaitement qu'elle était fermée lorsqu'ils étaient montés.
En temps normal, elle n'aurait pas cherché à comprendre le pourquoi du comment et se serait rendormie aussitôt.
Cependant, sa cavale forcée l'avait rendue plus méfiante, aussi se redressa-t-elle, malgré sa fatigue, pour aller inspecter le salon. Elle vit du coin de l'œil une ombre surgir de derrière le placard mais n'eut pas le temps de faire quoi que ce soit avant qu'un bras ne s'enroule autour de sa gorge et qu'une main de fer ne s'abatte sur sa bouche. Elle tenta de se débattre et de ruer mais son adversaire était inflexible.
« Cesse de gigoter, petite idiote ! Je ne suis pas là pour te tuer, bien que l'envie ne m'en manque pas ! fit une voix qu'elle reconnut aussitôt et qui provoqua en elle une violente bouffée de haine.
- Kazuya sait que tu es ici ! poursuivit la voix avant de la relâcher. Si tu ne déguerpis pas sur-le-champ, tu vas passer un mauvais quart d'heure !
Xiaoyu se tourna pour faire face à Nina, toute de noir vêtue. Elle avait l'envie presque irrépressible de lui sauter à la gorge et d'y planter ses dents, mais ce qu'elle venait de lui dire lui avait fait l'effet d'un coup de poing en plein visage.
- Comment le sait-il ?
- Vos téléphones ne sont pas aussi intraçables que vous le pensez, répondit-elle d'une voix méprisante, exacerbant la rage de Xiaoyu. Ils seront là dans moins de dix minutes, tu devrais t'activer, ajouta-t-elle en lui lançant un petit objet qu'elle rattrapa au vol. C'est un brouilleur de signal, ça vous évitera de vous faire bêtement repérer.
- Pourquoi est-ce que tu m'aides ?
- Ne te fais pas d'illusions, tu restes une nuisance à mes yeux…
- Trop aimable, grinça la jeune femme en serrant les poings.
- … cependant, Jin ne partageait pas ce point de vue.
Qu'elle parle de Jin acheva de rendre la jeune femme furieuse et elle se jeta sur elle. Nina se décala rapidement sur le côté et Xiaoyu atterrit sur Hwoarang, qui se réveilla en poussant un cri.
- Tu l'as laissé mourir ! s'écria-t-elle avec des larme de rage dans les yeux.
- Merde mais qu'est-ce qui se passe ! pesta le jeune homme en se dépêtrant dans sa couverture.
- Il y a énormément de choses qui t'échappent, gamine, rétorqua Nina avec un horripilant rictus. Mais je n'ai pas de temps à perdre avec toi. Tu les découvriras par toi-même. Enfin, si tu restes en vie…
Et elle s'échappa par la petite fenêtre en un clin d'œil.
- Xiao ! Qu'est-ce qui se passe ? fit la voix de son grand-père en contrebas.
- Ils nous ont retrouvés ! s'exclama Xiaoyu descendant rapidement l'escabeau. Hwoarang ! Vite ! Il faut qu'on parte !
Elle courut enfiler ses chaussures alors que le jeune homme jurait. Au loin, le bruit d'un hélicoptère acheva de la terrifier et elle sentit ses mains trembler malgré elle. Jinrei la rejoignit, le visage marqué par l'inquiétude et lui tendit un carnet noir, fermé par un cordon rouge.
- Tiens, prends-le et cache-le !
Elle ne posa pas de questions et obéit, tandis que son ami s'activait à mettre ses chaussures. Le bruit de l'hélicoptère se fit plus proche et elle sentait que son cœur tambourinait comme jamais dans sa poitrine.
- Grand-père, vite ! Il faut s'enfuir !
Mais le vieil homme secoua la tête. Xiaoyu le fixa sans savoir comment réagir, puis elle comprit et son cœur déjà malmené se serra.
- Non !
- Xiao...
- Non, je refuse, tu entends ?
- C'est inévitable, Xiaoyu. Partez vite !
- NON ! s'écria-t-elle en sentant les larmes lui monter aux yeux.
- Hwoarang… murmura Jinrei en fermant les yeux.
Xiaoyu se sentie soulevée de terre et elle protesta en voyant que Hwoarang l'avait plaquée par-dessus son épaule comme un vulgaire paquet. Le sentiment de trahison qui la frappa la rendit furieuse. Elle tenta de se défaire de sa prise, mais elle constata avec désespoir qu'elle n'avait plus sa force et son agilité d'antan.
- Repose-moi ! hurla-t-elle en se débattant. Hwoarang ! Je te jure que si tu ne me reposes pas…
- Vite, par ici ! s'exclama le vieil homme en ouvrant la porte de derrière qui menait à la forêt.
- NON ! Non, grand-père, je t'en prie…
- Allez à Ōsaka ! Trouvez Junichi Kazama !
- Grand-père ! sanglota-t-elle, alors que la pluie et les larmes l'aveuglaient et qu'Hwoarang courait aussi vite que possible pour se réfugier dans la forêt.
- Tout ira bien, Xiaoyu ! »
Pour la seconde fois de sa vie, elle ressentit cette même douleur qui l'avait frappée lorsque Jin était mort sous ses yeux et elle tendit les bras en direction de son grand-père, en un dérisoire dernier geste d'espoir, alors que l'hélicoptère surgissait dans un affreux vrombissement.
La dernière chose qu'elle vit fut le sourire rassurant de Jinrei, avant qu'une roquette ne fasse exploser la petite maison de bois et ne le fasse disparaître dans les flammes…
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Comme à mon habitude, j'aime prendre le temps de poser les situations et les personnages durant les premiers chapitres, avant d'entrer dans le vif du sujet. Que les fans d'action se rassurent donc, elle arrivera bien assez tôt.
En attendant le prochain chapitre, faites-moi part de vos impressions, c'est grâce à cela que je peux m'améliorer.
Je vous souhaite d'excellentes fêtes et vous dis à bientôt pour la suite !
