Un autre chapitre finalisé = un nouveau chapitre posté.
Bonne lecture. (Et merci pour les reviews très encourageantes :].)
De retour à son bureau, avançant au rythme des claquements de sa canne sur le sol, il pointa du doigt chacun de ses employés.
« Vous, vous, vous ! »
Temps d'arrêt.
« Et vous puisqu'on vous a donné les mêmes droits qu'aux blancs. dit-il en désignant Foreman. Cuddy veut que vous alliez faire un truc qui s'appelle consultation.
_ C'est elle ou simplement vous qui souhaitez vous décharger de cette tâche ? le chambra t-il.
_ Je viens de lui demander ce que c'était mais elle ne m'a pas répondu. Donc fatalement, je ne peux pas y aller.
_ Vous vous foutez de nous ? .se risqua Taub
_ Bien vu Cyrano ! avoua t-il. Mon Dieu, mais qu'est-ce que cet Australien fait vautré sur la table. Ce ne sont pas des manières. » dévia t-il soudainement.
Le concerné releva la tête, l'air indigné, jetant par la même occasion un regard foudroyant à son patron.
« Comme il est mignon, vous êtes si attendrissant quand vous me regardez avec vos yeux de chien battu.
_ Attendrissant ? Vous connaissez ce mot ? se décida Chase à répliquer.
_ Mais c'est qu'il parle en plus ! le ridiculisa t-il encore un peu plus. Mais non, désolé, je ne joue pas à ce jeu avec vous.
_ Quel jeu ? demande Thirteen, l'air perdue.
_ Hum, rien, laissez tomber.
_ Traduction : je n'ai pas envie de vous en dire plus, parce qu'il s'agit encore très certainement d'un défi avec ma patronne. Défi qui soit dit en passant, je vais devoir absolument gagner si je ne veux pas repartir la queue entre les pattes. déblatéra Chase sans hésiter.
_ Vous, fermez là. grogna House. Sinon je vous refile tous les touchers rectaux que je trouverai à faire.
_ Toujours pareille. marmonna t-il entre ses moustaches.
_ Dans le mile ! beugla Taub.
_ Le monsieur au grand nez ne semble quant à lui n'avoir aucun problème avec les touchers rectaux. Allez, hors de ma vue.
_ Non ! s'opposa t-il.
_ Vous savez, ici, c'est comme la chaîne alimentaire. Les plus forts dominent, font leur loi, alors que les plus faibles n'ont qu'à se soumettre à leurs désirs et envies Et pour survivre, ils doivent se cacher, juste histoire de ne pas se faire dévorer. lâcha t-il, l'air menaçant.
_ Humpf ... s'avoua t-il vaincu avant de sortir
_ Faites quand même attention à ne pas vous aussi vous faire attaquer par plus costaud que vous. se moqua Chase.
_ Chase, quel cœur charitable ! C'est vraiment très gentil à vous d'aller vous occuper des incontinents. Ils seront vraiment ravis de voir qu'un petit jeunot craquant comme vous vienne changer leurs draps plein d'excréments et autres substances tout aussi appétissantes.
_ Pff. souffla t-il avant de sortir à son tour.
_ D'autres volontaires ? » demanda t-il aux survivants.
Silence.
« Génial. Alors allez en consultation. Si vous me cherchez, je suis dans la salle d'examen numéro 2 en train de me détendre. » déclara t-il avant de se lever.
Thirteen laissa fuir un long soupir qui n'échappa pas à House.
« Allez, montrez donc un peu plus d'enthousiasme, c'est cool de détecter des rhumes et des MST ! » ironisa t-il.
Elle ne releva même, se levant l'air exaspérée, déterminée à quitter cette pièce pour ne plus avoir à subir les élucubrations de son patron.
« Oula, certainement un mauvais coup au lit cette nuit ... il se retourna vers Foreman. Oh pardon vous êtes là !
_ Mais quel con. fulmina instinctivement le neurologue avant de sortir.
_ Bon bah ça c'est fait. » clôtura House.
Il pensa alors, de manière assez brusque, que ce blondinet vénitien n'avait pas nécessairement tort sur toute la ligne. Il se leva, canne en main, un appui sur la table.
« Yeah ... » laissa t-il échapper sans même s'en apercevoir.
Direction le bureau de Cuddy. L'air de rien, ce jeu plus que divertissant, allait certainement être sujet à quelques débordements plus rapidement que ce qu'avait imaginé House.
Il entra, sans avoir pris la peine de frapper, un regard amusé déjà posé sur la personne de la doyenne. Elle releva la tête, avec une mine largement connue par le diagnosticien, une mine qui mêlait à la fois lassitude, apréhension et exaspération face à ce que ce dernier avait à lui dire.
« Ca c'est une tête à faire débander rapidement. Que me vaut l'honneur ?
_ Vous n'avez pas de cas, vous n'allez pas en consultation donc vos propos ne seront pas d'ordre médical. Ce qui annonce une conversation mouvementée, des remarques déplacées, des moments de longue solitude pour moi, de la jubilation pour vous et pourquoi pas quelques remarques très obscènes pour pimenter le tout. débita t-elle sans s'arrêter une seule fois.
_ Quoi ? Je suis si prévisible que ça ? s'amusa t-il en simulant un certain outrage.
_ Vous n'imaginez même pas ! dit-elle, tel un long soupir.
_ Rabat-joie !
_ Emmerdeur !
_ Je suis outré ! fit-il en adoptant un air indigné.
_ Cela inclut-il que vous preniez la porte ?
_ Si je prends ça au sens littéral, j'ai envie de vous répondre que je n'ai pas les outils nécessaires pour la démonter. brima t-il, l'air de rien.
_ Abruti ! l'insulta t-elle.
_ Ce mot me dit quelque chose ! Je crois me souvenir qu'il franchit un peu trop souvent votre bouche, pourtant si innocente, pour me porter atteinte. Excès d'hormones ? Frustration ? »
Silence.
« Non je sais ! Excitation ! » s'égosilla t-il.
Soupir longuet.
« Préjugés, House, préjugés. Vous connaissez à coup sûr, non ? l'interpella t-elle dans un léger ricanement.
_ Éclairement, Cuddy. Éclairez ma lanterne qui manque un peu de lumière.
_ Innocente, c'est ce mot qui me dérange.
_ Il est pourtant bien approprié pour votre cas ! il fit mine de réfléchir. Proportionnellement au mien tout du moins !
_ Ce n'est pas un adjectif satisfaisant pour celui de ma bouche. s'amusa t-elle.
_ Vous admettez enfin qu'elle a traîné là où il ne fallait pas.
_ Passons. Vous étiez venu pour quoi ? dévia t-elle.
_ Défi ! cria t-il.
_ Oui et bien quoi ?
_ Merveilleux vous connaissez ! la charria t-il. Vous n'êtes donc pas sans savoir qu'il devrait y avoir un enjeu.
_ Et vous pensez à quoi exactement ? s'inquiéta t-elle.
_ Le premier qui succombe à l'autre; puisque nous savons tous les deux que la fin de ce jeu est annoncée ainsi; devra montrer les bienfaits de sa bouche et de sa contenance. »
Hoquet de surprise.
« C'est une blague ? s'alarma t-elle.
_ Blague ? Je viens malencontreusement d'en oublier la signification.
_ Vous m'en faites à longueur de journée. lui rappela t-elle.
_ Raaah vous cassez tout ! Il fallait juste répondre "Oui Docteur House, je me plierai à votre volonté."
_ Désolée Docteur House, mais l'intérêt que je porte à votre volonté n'a d'égal que celui que j'accorde à l'utilisation de votre bouche. C'est à dire aucun. tenta t-elle de le calmer.
_ Docteur Cuddy, vous mentez comme vous respirez. C'est à dire très mal si j'en juge par la difficulté que vos poumons semblent avoir à se satisfaire de l'air que vous leur envoyez. » réprima t-il en se rapprochant dangereusement.
Profonde inspiration, récupération de ce souffle vital. Longue expiration, fuite de cette tentation beaucoup trop oppressante.
« Mes poumons vont très bien, merci. Cependant, mes craintes sont toutes dévouées à la capacité qu'ont les vôtres à ne pas devenir soudainement défaillant. » répliqua t-elle, sans même y réfléchir.
Levé majestueux.
« Vous rigolez, je suis frais comme ... »
Coup de genou impérial.
« Outch ! » se plaint-il.
Jugement impartial, sentence sans attente.
Suffocation.
« Vous semblez manquer de fraîcheur. La date limite pour vous consommer serait-elle arrivée à expiration ? » poursuivit-elle en le regardant se tordre de douleur.
_ Sadisme ? parvint-il à souffler entre deux respirations saccadées.
_ A utiliser sans ménagement avec quelqu'un comme vous.
_ Traiterie ! clama t-il en se redressant.
_ Ne soyez pas si mauvais joueur. Il ne s'agit ni plus ni moins que de mesquinerie, arme fatale comme vous pouvez en juger par vous même. » s'amusa t-elle.
Nouvelle approche.
« Vous ne vous en tirerez pas à si bon compte ! assura t-il.
_ Je n'y comptais pas. »
Supplications de son cœur, éreinté par des battements au nombre grandissant. Inspiration, expiration.
« Vous ne tenez visiblement pas à vos bijoux de famille.
_ Ils sont pourtant mon bien le plus précieux ! » déclara t-il en plongeant ses yeux dans les siens.
Plongeon incertain dans cet océan bleu azur. Submersion. Noyée dans ces eaux profondes, attirée par ce fond aux bienfaits envoutant.
Claquement de langue contre son palet. Remontée fulgurante, la surface de nouveau apparente.
« Et maintenant ? susurra t-il.
_ Maintenant ... » répéta t-elle, frôlant de ses lèvres le poil hérissé de sa barbe.
Éloignement. Elle se rassoit, son visage marqué par un large sourire de satisfaction. Il reste là, hébété par l'audace et la tenue parfaite de sa supérieure, la gratifiant d'une moue outrancière.
« Seulement dans vos rêves les plus fous. railla t-elle.
_ Les rêves deviennent parfois réalité !
_ Certains sont presque inexhaustibles. répondit-elle, tac au tac.
_ Votre bouche a vu pire ! proclama t-il haut et fort.
_ Je me demandais justement si c'était le cas ...dit-elle exagérément.
_ Quand on étudie les surfaces humaines sur lesquelles elle s'est promenée, je peux vous assurer que ce n'est pas le cas.
_ Vie privée, vous connaissez ? demanda t-elle, d'un ton las.
_ J'ai l'intelligence de ne pas en avoir et la votre est clairement exposée aux yeux du monde. Donc non, je ne connais pas. narra t-il sans hésiter.
_ Exposée à VOS yeux avides d'en découvrir la plus infime partie.
_ Même pas vrai !
_ Dé-ni-gre-ment. s'appliqua t-elle à prononcer distinctement en détachant chaque syllabe.
_ Vé-ra-ci-té. l'imita t-elle.
_ Récréation terminée ! Merci d'être passé.
_ Pause prolongée, un élève récalcitrant retient la maîtresse en otage. se joua t-il d'elle.
_ C'est habituel. Toujours le même, ça en devient vraiment lassant. le rabaissa t-elle.
_ Il est plus dangereux qu'il en a l'air ...
_ En apparence seulement. En réalité, il se cache sous une épaisse carapace pour se protéger des désagréments du monde extérieur. Et par désagréments j'entends tout contact humain qui pourrait lui apporter ne serait-ce qu'une petite parcelle de bonheur et l'aider à avancer dans sa vie plate comme une conversation entre deux écureuils. se risqua t-elle.
_ Vous avez quoi contre les écureuils ? se moqua t-il.
_ Déviation ... sortit t-elle comme un mouchoir de poche.
_ J'connais ! Je suis passé maître dans cet art. dit-il en commençant à se rapprocher de la porte.
_ ... Et fuite ! conclut t-elle.
_ Vous devriez faire un club avec Wilson et écrire un bouquin ensemble. J'ai même un titre à vous proposer : "Ennui profond; ou comment essayer de psychanalyser le grand Docteur Grégory House."
_ Moi je voyais plutôt quelque chose du genre "Solutions rapides et efficaces pour forcer le Docteur House à prendre ses jambes à son cou". le corrigea t-elle.
_ A part ça c'est moi l'enfoiré ! s'offusqua t-il.
_ Méthode extrême pour les cas désespérés lorsque la méthode douce et éthique ne fonctionne pas.
_ Vous êtes le diable en personne ! Vade retro Satanas ! s'écria t-il en simulant une certaine peur.
_ Je me demande dans ce cas comment j'ai pu faire pour vous accepter dans mon royaume.
_ Ah ! Là j'ai une réponse claire, nette et précise à vous apporter. s'empressa t-il d'ajouter.
_ Qui est ? s'enquit t-elle de demander, peu convaincue.
_ Vous ne pouvez pas vous passer de moi !
_ Je ... »
Trop tard, il venait de faire une sortie magistrale, refermant pour une fois la porte d'un geste peu violent. Elle tapa son poing contre son bureau; elle avait mené toute cette danse, bougeant son corps au rythme de leurs pics, et c'est pourtant lui qui concluait la valse d'une simple révérence. Rageant ...
TBC...
