Je me réveillais dans le lit avec une espèce de torchon sur mon front. Je m'étais redressée avant de constater que je n'étais pas seule. Il c'était assis à mon chevet l'air ennuyé. Je posais le torchon sur la table de chevet avant de me tourner vers lui
- Qui êtes-vous ? Demandai-je intrigué
- Je suis le professeur Rogue, maître des potions à l'école de sorcellerie de Poudlard, dit-il d'un ton neutre
- Sorcellerie ? Ecole ? Redemandai-je perdu
- Il s'avère que vous êtes une jeune sorcière dont ses pouvoirs se sont réveillés bien plus tôt que prévu, dit-il en me regardant de haut
- Une sorcière ? Vous vous foutez de moi, c'est ça ? Demandai-je en le fusillant du regard
- Non ! Répondit-il toujours aussi calme
- Bien ! Dis-je en me levant, rendez-moi mes affaires que je puisse partir
- Je n'ai d'ordre à recevoir de personne et encore moins d'une gamine insignifiante, dit-il en se levant. Le directeur de l'école voulant régler cette histoire ma gentiment demandé de vous héberger et même si cela m'ennui, je n'ai guère le choix
- Quoi ? Demandai-je avec un grand sourire, vous êtes son petit toutou, que c'est triste, rajoutai-je en me foutant de sa gueule
- Je vous suggère de changer d'attitude Evans ou votre séjour en ses lieux risque d'être cauchemardesque ! Menaça-t-il avec une expression à faire pâlir un mort
Je n'eus pas le temps de riposter qu'il sortit. Je donnais un coup de pied dans le lit, je savais que ce n'était qu'un lit mais j'avais besoin de ça pour essayer de me calmer les nerfs. Je ne remarquais pas qu'en faisant les cents pas je bousculais un petit être.
Je l'aidais à se relever avant de m'assurer qu'il allait bien
- Je … je suis désolée, je ne vous avais pas vu, dis-je gênée
- Wonka va bien ! Wonka est venu prévenir mademoiselle que maitre Rogue lui demande se préparer et de venir manger ! Dit-il en ne m'adressant pas un regard
- …, je le regardais bizarrement ne sachant pas trop répondre
- Maitre Rogue a ajouté que si mademoiselle n'est pas en bas dans 5 minutes, maitre Rogue allait octroyer à mademoiselle une monumental fessée, dit-il toujours sans m'adresser un regard
- Parce qu'il croit vraiment que j'ai peur de lui ? Demandai-je avec un sourire assez sinistre
- Maitre Rogue n'aime pas qu'on lui désobéisse, informa-t-il, je sentais sa voix aller en vrille en disant sa dernière phrase
- Je descends, si cela vous tient à cœur, dis-je en boitant jusqu'à la porte
Je descendais les escaliers assez difficilement, ma cheville avait doublée volume et le fait que je m'appuyais dessus n'aidait pas. Elle me lançait par moment mais rien de bien méchant, pensai-je.
En arrivant la cuisine, le professeur Rogue me fixait bizarrement, j'avais envie de lui demander ce qu'il regardait mais je ne voulais pas déclencher la 3ème guerre mondiale. Je restais planté devant lui comme une potiche ne sachant pas trop quoi faire.
- Au lieu de me fixer comme un troll, asseyez-vous ! Dit-il en m'adressant un regard assez jouissif
Si j'avais un révolver à la place des yeux, il serait mort sur le coup. Je m'étais à peine assise que les assiettes volèrent jusqu'à nous. Je vis Wonka à l'autre bout de la pièce qui me jeta un vif coup d'œil avant de partir.
Le repas se passa dans un silence quasi religieux. Il termina avant moi et disparut avant même que je ne termine. J'avais la forte impression que ma présence n'était pas la bienvenue et personnellement j'aurais préféré me trouver dans un asile que d'être ici. Alors que je pris une dernière bouchée, Wonka apparut et débarrassa la table
- Je … je pourrais vous aider, si vous voulez ! Proposai-je en le regardant avec un regard angélique
- Wonka remercie mademoiselle mais Wonka s'en sort, Wonka n'a pas besoin d'aide, dit-il en empilant les assiettes
- Sûr ? Demandai-je en me saisissant de mon assiette que je déposais dans l'évier
- Wonka est sûr ! Mademoiselle devrait aller se reposer car la cheville de mademoiselle la fait souffrir, dit-il en regardant ma cheville
- Oh ! Ça ! Dis-je en regardant ma cheville, ce n'est rien, juste une égratignure de rien du tout
- Wonka n'a pas besoin d'aide, Wonka peut s'en charger seul, dit-il encore une fois avant de disparaitre
Je n'insistais pas, même si je le voulais je ne pourrais pas. Je quittais la cuisine avant de remonter là d'où je venais. Je parvins douloureusement en haut, ma cheville me lançait terriblement. La douleur était à peine supportable, en faites, c'était tellement douloureux que j'en pleurais
Je voulus la masser un peu mais je l'avais à peine effleuré que je voulus hurler à la mort. Sur ce coup, j'avais agis stupidement. Je sautillais jusqu'à la salle de bain, je trouvais des bandages que je mouillais avec de l'eau froide avant de la poser délicatement sur ma cheville. J'étais presque certaine que je m'étais froissée un muscle, il n'y avait que moi pour faire ce genre de chose.
J'espérais juste qu'après quelques heures la douleur s'évanouisse et le gonflement aussi. Je dus renouveler à plusieurs reprises l'expérience dans le but de l'apaiser. Alors que je venais à peine de m'installer, Wonka me prévint que son cher maitre voulait me voir. Je dus faire un effort incommensurable pour ne pas céder face à la douleur.
J'essayais de m'appuyer le moins possible sur ma cheville, je crus rouler de l'œil quand j'arrivais face à l'escalier que je descendais en catastrophe. Je suivis Wonka jusqu'au salon, le même salon qui m'avait coûté cher
Il me fit signe de m'asseoir, ça ! Il ne fallait pas me le demander deux fois, j'avais tellement mal que je peinais à rester debout.
- Montrez-moi votre cheville, dit-il en s'avançant
- Ma cheville va très bien ! Dis-je refusant son aide
- Mais bien sûr, dit-il en relevant le bas de mon pantalon
Il me saisit la jambe qu'il mit en hauteur avant de retirer le bandage que j'avais imprégné d'eau fraîche. Lorsqu'il la toucha, je dégageais ma jambe, elle me faisait suffisamment souffrir sans qu'il n'en rajoute. Il remit mon pied en hauteur avant de verser quelques choses de froid dessus.
- D'ici une heure, elle aura dégonflé, dit-il en posant la mini bouteille sur le côté
- Merci, dis-je en sentant les effets agir assez vite
- Avant que vous ne partiez, sachez qu'ici c'est ma maison et que je ne saurais tolérer un tel manque de respect, dit-il d'une façon qui ne me plaisait pas vraiment.
- …, je le regardais ne disant rien
- Pour commencer, vous ne touchez à rien, vous ne sortez pas sans mon autorisation car si je dois en plus vous courir après ! Rajouta-t-il sévèrement
- Bien votre altesse ! Dis-je en m'inclinant devant lui, vos désirs sont des ordres
En une fraction de seconde, je me retrouvais la tête en bas et les fesses pointant dans les airs.
- Lâchez-moi pauvre abruti ! Ordonnai-je avec une boule qui se formait au creux de mon estomac, vous n'avez pas le droit !
- Croyez-moi lorsque je dis que j'ai tous les droits, dit-il en abattant sa main sur ma fesse droite
Le premier coup était plus un coup à couper le souffle. J'essayais de me dégager mais il me tenait trop fermement, après une dizaine bien placé, il me releva. J'avais les fesses qui me faisaient super mal, des larmes coulaient sur mon visage alors que je le regardais dangereusement.
- J'espère que maintenant vous saurez vous tenir à carreau, petite imbécile, maintenant disparaissez de ma vue ! Ordonna-t-il
Je sortis de la pièce montant à l'étage le plus vite possible. Je le détestais de tout mon cœur et je me détestais d'être aussi faible. Je me demandais réellement ce que l'on attendait de moi, apprendre que je suis une sorcière et m'ignorer comme une vieille chaussette, la classe !
Je passais le reste de l'après-midi dans la chambre, comme prévu au bout d'une heure ma cheville avait bien dégonflé et j'arrivais à m'appuyer dessus désormais. Elle était moins douloureuse mais je préférais ne pas tenter le diable. J'admirais le paysage, même si j'avais envie de partir et tailler la route je devais avouer que cela faisait plutôt du bien de se reposer.
Je portais ma main à mon collier avant de le serrer très fort. C'était le seul et unique souvenir qu'il me restait de mes parents, il était très cher à mes yeux. Le reste de l'après-midi passa à une telle vitesse, Wonka m'apporta des vêtements.
Je pris une douche et je descendis pour manger. Il était présent, je m'assieds sans lui adresser une parole, ni même un regard. Le repas se passa dans un silence quasi-religieux et franchement, cela ne me déplaisait pas.
La seule chose qu'il dit, fut de m'informer que je devais l'accompagner pour acheter des vêtements avant de disparaitre. Je ne tardais pas à faire pareil, je m'étais levée laissant à Wonka la liberté de débarrasser la table.
J'avais une magnifique vue sur les étoiles et je devais dire que cela m'apaiser. C'était mon moment préféré de la journée, j'avais l'impression de me rapprocher de mes parents de cette façon. J'aurais tant aimé les connaitre mais le destin en a voulu autrement.
A la place, j'avais hérité d'une tante sévère qui me haïssait car j'étais une sorcière. Je poussais un soupir qui en disait long sur mon état actuellement. Je profitais de ce moment paisible pour réfléchir.
Je pensais faire comme une Robinson Crusoé, m'exiler et disparaitre de la vie de tout le monde mais au lieu de ça, je devais rester dans une superbe maison avec un homme qui avait énormément de ressentiment pour moi.
Je ne l'en voulais pas, franchement, on lui imposa ma présence alors qu'il n'avait rien demandé et moi j'agissais ingratement.
Je me demandais ce qu'il voulait dire par « régler cette histoire ». Je le découvrirais bien assez tôt, enfin je crois. En regardant plus attentivement le ciel, il commençait à se couvrir et les gouttes qui annonçaient la pluie ne tardaient pas à tomber. Je passais une main à l'extérieur, je voulais toucher cette pluie.
C'était bizarre mais j'aurais tant aimé être les gouttes de pluie qui tombent des nuages. Je me suis souvent demandé si j'étais la pluie aurais-je le pouvoir de toucher le cœur de quelqu'un comme la pluie qui arrive pourtant à relier le ciel et la terre pourtant éternellement distant.
Un jour peut-être que moi aussi je serais heureuse et que j'arrêterai de chercher la réponse à mon histoire.
Il commençait à se faire assez tard, j'entendis frapper à la porte. Wonka venait me prévenir que son cher maitre allait vérifier si je dormais. Comme si moi j'avais une tête à dormir, je le remerciais de sa gentillesse avant de lui souhaiter bonne nuit.
Malgré cette information je n'avais pas bougé d'un pouce, au contraire je me foutais complétement qu'il vérifie ou pas. Au contraire quand je vis la porte s'ouvrir, je sortis mon plus beau sourire.
- Toujours debout Evans ? Demanda-t-il avec un sourire machiavélique
- Comme vous pouvez le constater professeur, répondis-je toujours avec un sourire qui se voulait aussi machiavélique que le sien
- Etes-vous arrogante au point de me désobéir ou assez stupide pour être incapable de suivre de simple ordre ? Demanda-t-il en crachant son venin
- …, je le fusillais du regard, s'il avait été plus prêt, je l'aurais balancé par la fenêtre
- Apparemment, je ne suis pas assez claire puisque vous vous obstinez à me regarder stupidement, au lit, dit-il en se retournant. Si vous n'êtes pas profondément endormie dans 5 minutes les claques de tout à l'heure seront de douce caresse à celle que je vous réserverais !
Je me mettais au lit sans rien de dire de plus. Le sommeil vint très rapidement, je passais une autre nuit paisible. Le lendemain, on frappait tellement fort à la porte que je crus que c'était le nouvel an chinois.
Le vieux fou avait décidé de me réveiller à l'aurore pour que je me prépare. Il ne me fallait que dix minutes avant d'être prête, j'étais descendue pour le petit déjeuner puis nous prîmes la route. Il m'emmena dans un magasin qui était assez sinistre, en entrant un homme assez sinistre nous aborda.
Je reculais et je me heurtais au professeur qui me lança un regard sévère.
- Bonjour professeur, que me vaut votre visite ? Demanda l'homme qui me dévisageait
- Je suis ici pour elle, je voudrais quelques vêtements, le temps de régler une histoire, dit-il avec amusement
- Bien montez-sur l'estrade, demanda-t-il en me regardant par-dessus ses lunettes
- « Montez sur l'estrade », répétai-je d'un air moqueur
- Qu'avez-vous dit ? Demanda sévèrement le professeur
- Que c'était un joli magasin, répondis-je en lui souriant brièvement
Lorsque l'homme disparut à l'arrière-boutique, il fondit sur moi telle une ombre, avant de me menacer de me punir ici et devant le propriétaire des lieux. Je serrais les dents pour éviter de lui dire d'aller se faire foutre.
L'homme revint, il avait en main plusieurs vêtements qui avaient l'air assez cher. Il me tendit une robe jaune pâle et me demanda de l'essayer. Je filais en cabine pour ne pas à supporter la présence du professeur. Une chose me frappa, c'était qu'il parlait de moi.
- On m'a chargé de surveiller la gamine, le temps de Dumbledore s'occupe d'une affaire, informa le professeur
- Il en faut du courage pour s'encombrer d'une gamine insignifiante, dit-il avec un air décontracté
Insignifiante ? Moi ? Comment osait-il me juger sans me connaitre ? Je sortais avec la robe sur le dos, je ne fis même pas un mètre que je me changeais. Ils me regardèrent tous deux comme si j'avais tué leurs animales de compagnies.
Après une séance d'essayage interminable, nous allions manger. J'avais l'estomac dans les talons, au restaurant, il commanda pour nous deux. Je pris l'assiette et je le remerciais quand même. Après deux bouchées, je fixais l'extérieur abordant un sourire, je voyais les gens passé et les enfants qui jouaient insouciant des problèmes des adultes.
Je fus surprise de ne pas l'entendre pendant le repas. Une fois terminé il passa dans plusieurs boutiques avant de rentrer. Comme j'avais porté mes paquets, je montais les ranger dans l'armoire. La journée se termina sans encombre pour une fois, pas de sarcasme ou de crise de colère.
