Ce sont des secousses interminables et des grognements distincts qui la ramenèrent à la réalité. Une migraine insupportable lui tiraillant le crâne, elle releva lentement la têt,e ouvrant ses grand yeux marrons teintés d'ambre. Ses poings étaient menottés. Elle gisait sur le flanc droit et avait froid. Elle remarque alors qu'elle était en pyjama... Elle grogna, comprenant pourquoi elle avait froid. Les grognements cessèrent. Elle tenta de se relever mais on lui saisit soudain ses main liées pour la soulever avec une facilité effarante. Ses pieds touchant à peine le sol, elle croisa le regard de celui qui l'avait soulevée. Il avait des yeux d'un bleu profond, clair et pourtant brillant d'une sombre lueur...

- T'es qui toi, lança-t-il.

Elle fronça des sourcils, le trouvant impoli et surtout trop direct. Elle lança un regard à ce qui les entourait, surprise de voir des murs d'aciers qui remuaient légèrement. Le sol sur lequel elle s'était réveillée aussi était sujet à quelques secousses... Ils étaient sûrement dans un train ou un véhicule en marche. Elle se concentra sur son interlocuteur. Il portait une veste verte, avait des cheveux sombre et décoiffés. Il portait une chemise blanche, un pantalon de fonction noir... Il travaillait sûrement pour le système vue l'arme qu'il avait dans son autre main. Une sorte de pistolet très large au canon rectangulaire émettant une petite lueur bleu.

- Je suis étudiante en dernière année, répondit-elle. Comment suis-je arrivée ici ?

- J'en sais rien. Quand je me suis réveillé t'étais là, grogna l'homme en la lâchant. Elle fixa les restes de menottes plus loin, remarqua les poignets rougis de l'inconnu et lança :

- Pourquoi ne pas m'avoir libérée ?

- Ton psycho pass est d'une clarté peu commune vu la situation. Je me méfiais, lança-t-il en glissant son arme dans sa ceinture.

Elle sourcilla. Trop clair ? Pourquoi serait-il sombre ?

- J'ai toujours eut un psycho pass clair. Vous ne voulez pas me libérer ? Je ne suis pas sure de vous maîtriser même si je le voulais.

Il posa sur elle son regard si perçant et finit par l'aider à se débarrasser de ses menottes. Elle le remercia en se frottant les poignets, incapable de se souvenir comment elle était arrivée ici...

- Bon, il semblerait que le métro ralentit enfin. Toi, la citoyenne, tu vas éviter de te perdre et faire ce que je dis. On sortira peut être vivants de ce merdier, lança soudain l'homme dont le regard était fixé sur l'obscurité face à eux, de l'autre côté du pare brise.

- Pardon ? Je ne sais même pas qui vous êtes et vous m'ordonnez de vous suivre, fit-elle avec une moue agacée.

- Exécuteur des Bureaux de Sécurité Publique,Shinya Kogami. Essayez de ne pas me ralentir, l'étudiante, fit-il d'une voix tranchante.

- Enchantée, je suis Akane Tsunemori, fit-elle sans prêter attention à ces derniers mots, habituée aux bourrades des étudiants se croyant supérieurs à tous.

Le véhicule stoppa sa course. L'exécuteur ouvrit la porte d'un geste brusque. Il lança un regard à droite. Un autre à gauche. Il lui fit signe de le suivre et fonça vers un couloir quittant les voies. Elle le suivit malgré ses pieds nus.

- En fait, comment un exécuteur de la SP s'est retrouvé dans un métro , demanda-t-elle alors qu'ils couraient à travers un long couloir en tube.

- Mission. Un étudiant déviait les rames et créait des accidents. Il a fuit les dortoirs quand on a essayé de l'appréhender et on l'a retrouvé dans les métros où il préparait un nouveau coups. Son psycho pass a dépassé le taux autorisé. Il est un dormant.

- Pourquoi êtes-vous seul alors ?

- Ce gamin m'a assommé avec une bouteille de neige carbonique avant de me balancer dans un wagon. A mon réveil, le wagon et tous ceux qui suivaient avançait. J'ai avancé vers la locomotive et je t'ai trouvée à pioncer.

- J'espère que ce malade ne m'a rien fait, commenta Akane.

- J'espère aussi, lui fit écho l'exécuteur.

Ils arrivèrent à une cage d'escalier. L'étudiante tremblait de froid. L'agent de la SP finit par lui donner sa veste, se disant que son shorty et son top ne l'aidaient sûrement pas dans ces souterrains.

Soudain, son bracelet s'illumina, bipant de façon répétitive. Il eut un sourire narquois et appuya. Un visage apparut. Un homme à lunettes, sourcils froncés, hurlant :

- Kogami ! Tu étais où bon sang !

- Ravi de te revoir aussi, inspecteur, railla l'exécuteur. Localises nous qu'on sorte de ces foutus tunnels.

- Nous ? Quel malade se balade...

- Une otage qu'il a emmené des dortoirs en profitant de la panique. Elle est peut être blessée et son psycho pass pourrait s'assombrir si on ne sort pas en vitesse..

- Un citoyen impliqué... Rah ! Bref, Shion a trouvé un passage. Prends l'escalier à ta droite, grimpes jusqu'au bout. Il y aura une porte, on sera derrière.

- Vous avez eut la cible ?

- Masaoka et Yayoï l'ont neutralisé après que tu aies volé dans ce wagon fou, commenta le gars à lunettes.

- Nickel. On se voit en haut, inspecteur.

La communication fut coupée. Akane, surprise de cet échange peu formel entre un supérieur et son subordonné fixait l'exécuteur en silence. Il lui adressa un coups d'œil, demandant :

- Trop fatiguée pour grimper ?

Elle se reprit aussitôt, cessant de le fixer comme une imbécile et dit :

- Non non, ça va. Je réfléchissais juste...

- Une fois dehors, tu sauras si oui ou non ce bâtard t'a fait quelque chose, te tracasses pas, fit-il en commençant à grimper l'escalier.

Elle le suivit, tentant de garder un bon rythme. Ses plantes de pied commençaient à manifester leur désaccord. L'étudiante ne voulait pas être un poids alors qu'ils étaient si poche du but. Elle serra les dents, avançant sans montrer sa fatigue et sa douleur.

En haut des marches, une grande et épaisse porte d'acier sans poignet les séparait de l'extérieur. L'exécuteur patienta quelques secondes que ses équipiers daignent ouvrir. Il pesta à mi-voix, perdant patience alors que Akane se laissait tomber sur les marches, ses plantes de pieds écorchées. Elle se faisait un bandage de fortune avec des morceau de son pyjama lorsque l'exécuteur perdit toute sa patience. Il saisit son arme de sa ceinture, la pointa vers la porte et tira. Une lumière bleu aveuglante frappa l'acier, le transperçant, laissant un immense trou face au duo.

Akane, debout derrière lui fit un petit : « Oh ! » admiratif. On pesta, on rit, de l'autre côté du trou. Une voix qu'elle associa au type à lunette brailla :

- Kogami ! Pourquoi avoir détruit la porte ! Shion allait trouver une solution !

- Ta solution, tu te la gardes, inspecteur. On a des priorités, grogna en réponse l'exécuteur en soulevant l'étudiante pour passer par le trou.

La lumière du jour les aveugla un instant. Akane entendit pester, elle cilla plusieurs fois dans la direction de la voix.

- Kogami, poses la, ordonna l'inspecteur.

- Que...

- Poses la, je suis obligé de vérifier son Psycho pass avant de la laisser aux mains des médecins.

- Tu ne vas pas pointer ça sur elle ! Pas après le trou fait par le Dominateur ! S'exclama l'exécuteur, sourcils froncés.

- Obéis à ton inspecteur et poses la, siffla le type à lunettes.

Akane assistait l'échange sans oser intervenir. Et si sa teinte s'était assombrie ? Après tout, elle avait peur qu'on ne lui ait fait du mal alors qu'elle était inconsciente...

- Je t'ai à l'oeil, inspecteur.

Ne prêtant pas attention à cette remarque, l'inspecteur à lunettes dressa son Dominateur, cette arme étrange que Kogami avait. Comptait-il l'abattre ? Akane eut un mouvement de recul. Il pouvait très bien la paralyser, là, maintenant...

Après quelques secondes d'inertie, l'arme fut baissée. L'inspecteur annonça, comme pour se le convaincre :

- 28,2 , elle est tout à fait claire. Elle a besoin de soins.

Une fille à la longue queue haute noire s'approcha, elle dit en lui tendant la main pour la guider :

- Salut. Je suis Yayoï, collègue du rustre que tu as supporté dans les souterrains. Je vais t'emmener voir un médecin.

- Je t'accompagne, chantonna un roux qui sautillait près d'elles.

- Beau boulot, je veux un rapport de ce qu'il s'est passé là dessous demain sur mon bureau, Kogami, lança l'inspecteur à lunettes, faisant grogner l'interpellé.

Akana, se souvenant de son impolitesse, se hâta sur ses pas, disant en s'inclinant légèrement devant l'exécuteur aux yeux bleu :

- Merci de m'avoir sortie de là.

- C'est normal, fit-il, mal-à-l'aise en détournant du regard.

Un homme âgé, balafré, éclata de rire en frappant l'épaule de Kogami alors que dans l'ambulance, plus loin, on menait des examens sur la jeune étudiante. Les résultats furent rassurant pour la jeune fille. On ne lui avait rien fait pendant son inconscience. Cet étudiant inconnu ne l'avait pas touchée. On lui donna un baume pour ses pieds qu'on banda tout comme ses poignets endommagés.

Les deux exécuteurs qui l'avaient accompagnée la saluèrent en partant. Fumant près de l'ambulance, Kogami les attendait.

- Alors cet examen ?

- Fallait venir si t'étais inquiet, le charia le roux.

- Elle n'a rien subi, heureusement. Avec un Psycho pass assombri elle aurait eut du mal à achever ses études, fit Yayoï alors qu'ils rejoignaient leur véhicule.

- C'est une bonne nouvelle... Je crois qu'elle est comme Saiga.

- Le professeur ? Pourquoi, s'étonna Yayoï.

- Même si elle a failli sombrer dans les souterrains, elle a gardé la tête froide et son Psycho pass impec. Elle ferait un bon inspecteur.

- Comme si nos bureaux attiraient des jeunes diplômés avec la tronche que tire Ginoza tous les jours, s'amusa le roux.

- Je t'ai entendu, Kagari ! Lança la voix sévère de l'inspecteur, faisant rire les exécuteurs...