L'amour est bien cruel
Note : Hey hey hey ! Hey voilà le second chapitre donc; aimablement et brillamment corrigé par Toumies. Selon son bon conseil, je préfère prévenir que ce chapitre n'a rien de marrant. Il est même limite glauque. C'est voulut bien sûr, ça va pas s'arranger, enfin pas tout de suite quoi. Je suis pas super motivé pour la suite, alors ça ne tient qu'à vous. En tous cas, ça risque d'être très L-E-N-T. Je m'en excuse.
Remarquez l'élégance du titre de ce chapitre. Je suis vraiment un poète. Ha ha ha.
Donc Avertissement : drogues, alcool, vocabulaire fleuri, sexe plutôt violent, absence remarqué de bon sentiments;
Bonne lecture !
Tes yeux, mes mains, ta queue
Naruto fut réveillé en un sursaut déplaisant par la sonnerie stridente de son réveil affichant fièrement 7h45 en lettre clignotante. Il l'éteignit paresseusement, l'esprit encore embrumé par le sommeil, et puisa un long moment dans son plafond, la force de s'extirper des draps en vrac. Il était fatigué, sa tête était lourde, sa bouche pâteuse. Il détestait le lundi matin plus encore que tous les autres matins. Parce qu'il sortait la plupart du temps le vendredi soir, le samedi soir, parfois même le jeudi soir pour les tonus étudiants et que la journée du dimanche, pour récupérer et pour faire ses devoirs en retard, ce n'était pas assez. Finalement, son réveil le rappela à l'ordre – bénit soit la fonction « je re-sonne au bout de dix minutes si tu n'appuies pas sur six boutons en même temps » – et il dut se lever.
Après s'être habillé mollement, le blond empoigna son sac – une sacoche en bandoulière à l'effigie des Doors – et rallia la cuisine d'un pas trainant. S'il pouvait rester dans son lit une journée supplémentaire, il le ferait chaque semaine, et plutôt deux fois qu'une. Mais, avec toutes les heures de libre qu'on pouvait avoir à la fac, il avait fallu qu'on lui colle un emploi du temps préconisant les cours le lundi matin et dès neuf heures. Tant qu'à les faire travailler le lundi, ne pourraient-ils pas avoir au moins la gentillesse de leur laisser la matinée ? Il savait que ces raisonnements étaient vains : si ses cours commençaient à 13 heures le lundi, il sortirait aussi le dimanche, fatigué ou non. En un sens, c'était mieux ainsi. Il fallait bien qu'il y ait des limites quelque part. Et il était hors de question qu'il sèche les cours tous les lundis. Il avait envie de réussir, quand même.
Après un petit déjeuner consistant (tartines de nutella et bol de céréale), il quitta finalement la tiédeur chaleureuse de son appartement pour aller affronter les quatre étages de marches qui le mèneraient au froid mordant de cette matinée d'octobre. Il délaissait délibérément l'ascenseur au profit de la marche active, déjà parce que tous les moyens étaient bon pour satisfaire son hyperactivité et aussi parce que qu'il abhorrait les ascenseurs au plus haut point. Le quatrième étage, c'était parfait. Ni trop haut ni trop bas, l'altitude idéale, selon lui. Il adorait cet appartement. Il l'avait choisi lui-même, son tuteur se contentant de signer en bas de la page et d'allonger le premier chèque de loyer et de caution. D'ailleurs, il ne l'avait pas revu depuis.
C'était il y a deux ans et quelques.
Il fallait sans doute une certaine force morale pour pouvoir supporter de prendre le tramway tous les matins et tous les soirs de la semaine, ou peu s'en faut. Et encore, lui avait la chance de pouvoir rejoindre son école sans avoir à changer de ligne, ce qui était inespéré. De toute façon, il n'aurait pas supporté de devoir affronter plus d'un transport en commun par trajet chaque jour. Il avait profondément horreur du tram. La foule le mettait horriblement mal à l'aise et dans un espace aussi confiné, cela devenait invivable. Malheureusement, la voiture n'était sans doute pas le moyen de transport idéal en ville et marcher jusque là-bas était exclue, bien trop loin, cela lui aurait fait se lever à 6 heures du matin, et encore. Il prenait donc le tram, la ligne 2, de son quartier d'Hôtel Dieu à la faculté de philosophie. Il le faisait malgré tout avec le sourire car peu de chose, il faut l'avouer, était en mesure d'assombrir son humeur canaille et rayonnante. Il n'était pas spécialement heureux mais il était toujours content, ce qui n'est pas exactement la même chose. Il était donc rare de voir le visage de Naruto sans un sourire, qu'il soit sincère ou non.
Il arriva finalement avec quelques minutes d'avance à l'amphithéâtre de son premier cours. « Histoire de la philosophie contemporaine », rien que ça. Il n'aimait pas particulièrement l'histoire, enfin, disons que ce n'était pas ce qui le passionnait. Lui, c'est la philo en elle-même qui le branchait. Connaître tous les cons qui s'étaient creusés la cervelle avant lui, il s'en foutait un peu.
« Tiens, Naruto, ça va bien ?
– Ça va, et toi ?
– La forme. »
Ce genre d'échange rituel est la base de toutes les relations ; que ce soit les amis, les connaissances ou les conquêtes, la vie civilisée obéit à ces règles : bonjour, comment allez-vous, bien et vous-même, si ça ne va pas, de même. C'est une convention.
« Mais non, tu parles que ça va, je me suis fait courser par les keufs la nuit dernière, je suis crevé... »
Heureusement, certaine personne dans son entourage échappaient à cette sinistre conformité. Shikamaru était exactement comme Naruto, en plus extrême : il était plus que brillant mais il se foutait de tout, de tout le monde et était d'une flemmardise inconcevable. Son niveau moyen s'expliquait par le fait qu'il réduisait ses efforts au stricte minimum : s'il avait été aussi travailleur que Tenten, la major de leur promotion, il l'aurait supplanté et de très loin. Mais le jeune homme brun n'avait que faire de ce gaspillage : il n'aspirait à rien dans la vie, rien de plus que ce qui venait à lui. Naruto était conçu sur le même modèle : j'ai des capacités mais je n'ai ni l'envie ni la motivation de les exploiter. C'est d'ailleurs pour cela qu'il avait choisi la fac, où personne n'était là pour lui dire de bosser. En cas d'échec, il ne s'en prendrait qu'à lui-même.
« Qu'est-ce que t'avais fait ?
– Je crois que le vrai déclencheur a été de me faire griller par les vigiles en train de frauder au Black Jack »
Le seul vice de Shikamaru, à part son penchant pour la sieste intempestive, était les jeux d'argent. Naruto l'avait d'ailleurs avancé plus d'une fois, avec des taux d'intérêts vertigineux, pour le sauver des trous financiers qui peuplaient son livre de compte. Naruto était chanceux aux jeux mais ne jouait jamais, n'y voyant pas le moindre intérêt alors que Shikamaru avait une poisse totale mais ne pouvait pas s'empêcher de retenter sa chance encore et encore, jusqu'à la ruine s'il le fallait. Heureusement, le petit génie pouvait compenser sa malchance avec sa ruse, plus productive mais également plus risquée, comme le prouvait l'incident de cette nuit.
« Et toi alors, ce week-end ?
– Comme d'hab...
– Hm je vois, t'as encore été trainé dans ce bar miteux. Je t'ai déjà prévenu, un jour tu te feras droguer par un psychopathe et on te reverra plus jamais.
– Et bien soit. Je te lègue mon ordi.
– C'est vrai ? »
Parler matériel était la seule façon de détourner son ami d'une conversation déplaisante. D'une manière générale, tous ce qui concernait l'argent était à même de susciter son attention. Le début du cours les coupa dans leur marchandage post-mortem. Leur testament attendrait. Naruto aimait les cours comme il aimait le sexe : avec modération. Et en le pimentant un peu.
XxX
« Naruto !
– Ah, salut Ino, ça va ?
– Très bien et toi ?
– Pareil... »
Il ricana intérieurement de la stupidité décidément avéré de cette entrée en matière typique à toutes les conversations. N'y en avait-il pas un pour être un peu original ?
« Au fait, on se retrouve chez Sakura après-demain soir avec les autres et des amis de son école. »
Elle se rapprocha de lui et pris une expression complice.
« Y'aura ce fameux mec là, celui qu'on devait rencontrer Samedi... »
Elle fit un bond en arrière comme si elle avait révélé un secret d'état et lui fit un grand sourire faussement innocent. Il la connaissait suffisamment pour savoir qu'elle était une vraie prédatrice et excessivement tenace. Il plaignait ce pauvre garçon qui devrait se la coltiner toute la soirée mais il ne serait pas là pour le voir.
« Désolé, je peux pas, je suis déjà pris.
– Ah ! Un rendez-vous mystère ? Je le connais ? »
Il avait beau trouver Ino insupportable les trois quart du temps, Naruto l'appréciait tout de même (un peu) pour son franc parlé et la manière qu'elle avait de se moquer de toutes les conventions, quelles qu'elles soient. Il n'y avait qu'à voir la façon dont elle s'habillait : sa superposition de fringues multicolores ne s'apparentait à aucun style vestimentaire connu. Ainsi, elle était une des rares personnes à traiter sincèrement son homosexualité comme une des choses les plus banales qui soient : même ceux qui l'acceptaient ouvertement avait souvent du mal à faire avec. Il sourit de nouveau pour lui-même : c'était également un mystère pour lui. Mais il ne faisait aucun doute que le beau brun du week-end précédent serait au rendez-vous ; Naruto avait délibérément laissé entendre le jour où il retournerait au club pour attirer à lui le jeune mâle qui semblait si désireux de le mettre dans son lit. Le sexe oui mais si on ne joue pas, ce n'est pas drôle.
« Tu as encore un sourire de psychopathe Naruto. Tu devrais arrêter de provoquer les mecs comme ça. Un jour, ça va te retomber dessus. »
Ino et Naruto était somme toute assez semblable ; ils étaient tous les deux têtes brulées, optimistes au-delà du raisonnable et difficiles à cerner, au final. Ils se connaissaient depuis le jour où, en primaire, Naruto, nouvellement débarqué dans son école, se serait fait tabasser ouvertement si la jeune fille n'avait pas joué les jeunes filles geignardes et feint d'appeler à l'aide un surveillant. Elle s'était avéré être une excellente comédienne, ce qui lui avait permis de sauver son ami fraichement acquis. Le lycée les avait séparés mais ils s'étaient retrouvés non sans surprise le jour de leur rentrée en fac. Entre temps, Ino avait rencontré Sakura et elles étaient sans nul doute faites l'une pour l'autre : elles s'étaient immédiatement adoré et détesté cordialement, ce qui ne les empêcha pas de développer un lien très fort, presque fraternel. Cette amitié expliquait entre autre ce qu'avait à voir entre eux deux groupes d'amis venant de deux écoles différentes : celui de Sakura à Polytech' Nantes et celui d'Ino à la fac de philo.
« Bon, viens au moins manger au kebab avec nous ce midi.
– Je te suis ! »
C'est ainsi qu'ils se retrouvèrent attablé dans un boui-boui minuscule situé à quelques rues de leur lieu d'étude, en compagnie donc des deux autres amis qui formait le groupe qu'ils avaient composé au début de leur enseignement supérieur : Shikamaru et un garçon, d'un an leur cadet, qui ne parlait pratiquement jamais et se teignait les cheveux an rouge, répondant au nom de Gaara. Ils étaient tous les quatre et ils ne savaient pas exactement pourquoi. Ils partageaient une de ces amitiés qui se crée un peu par dépit et pourtant ils s'aimaient, assurément. Naruto aimait se retrouver avec eux. Pas trop souvent. Mais il aimait cela, parfois. Par contre, il avait beaucoup plus de mal à supporter Sakura et les amis de cette dernière. Sans doute par pur esprit de contradiction, parce que le jour où il les avait rencontré, Ino lui avait lâché d'un air menaçant : « Je te préviens, t'as pas intérêt à faire ton chieur ». Eux semblaient par contre l'adorer, surtout Sakura, qui lui prouvait son affection de manière très musclée et qu'il ne pouvait pas voir. D'une manière générale, la notion d'ami lui était assez abstraite.
XxX
Ah, les hommes et l'alcool. Pas les hommes en tant que genre, les humains en général, et d'ailleurs, pas seulement l'alcool, mais la drogue aussi, et, dans une certaine mesure, le sexe, les trois étant souvent lié. Observé l'homme ainsi réduit, par quelques substances légales ou non, à ses plus bas instincts le distrayait énormément. Il se rappelait ainsi que malgré tous les artifices que pouvaient déployer les gens qui l'entouraient, ils étaient tous les même, guère différents des clodos qui trainaient dans cet endroit lugubre : des animaux qui pensent et qui parlent. Lui avait cessé définitivement de croire en l'homme au même moment où ses parents mourraient dans l'incendie de leur maison de vacances. Il avait regardé des gens, qu'il ne connaissait pas, aller et venir avec de faux airs compatissant sur les restes de sa vie. Il était trop jeune pour se souvenir du visage de ses parents, et pourtant, il se souvenait avec une netteté assez effrayante de celui de l'homme qui l'avait éloigné des ruines pour le déposer au commissariat en attendant que son sort soit décidé et qui s'était penché vers lui, un sourire de circonstance sur ses lèvres gercées, pour lui souffler :
« Désolé mon petit, mais t'as plus de parents. »
C'était un bourrin, sans aucun doute. Un gros péquenaud qui pensait que les arabes étaient des puits à merde et que les gonzesses étaient tout juste bonne à servir la bière. Et Naruto, tout juste sortit des couches-culottes, avait compris que, non content de se retrouver seul et sans toit, il allait en plus devoir se taire, suivre le mouvement, faire ce qu'on lui dirait de faire. Lui, qui jusque-là, n'avait obéi qu'à sa mère et à son père quand il se montrait vraiment persuasif – ou menaçant – s'était retrouvé confié à un oncle excentrique, obsédé sexuel et en voyage dix mois sur douze. C'était d'ailleurs de ce personnage qu'il tenait ses convictions profondes sur les rapports homme/femme : le sexe au milieu, et le reste pour enrober un peu tout ça.
Il voulut esquisser un sourire mais grimaça. Pas facile de sourire avec la lèvre fendue ; il pouvait toujours se consoler en se disant qu'au moins, l'autre type, il faudrait qu'il se réveille avant de pouvoir sourire à nouveau. Il ne pensait jamais à son passé, à part quand il avait bu. C'est aussi dans ces moments-là qu'il réfléchissait à la valeur de sa vie puis, naturellement, il glissait sur les moyens originaux de mettre fin à ses jours. Ça, c'était devenu plus un passe-temps qu'autre chose, au fil du temps. Curieusement, ça lui permettait de ne pas sombrer dans la folie, de garder une certaine distance, un recul salvateur avec le bordel incroyable que s'appliquait chaque jour à devenir sa vie. Surtout que ce n'était pas près de s'arranger.
Il avait vu juste, évidemment : le brun de la dernière fois était au rendez-vous, tellement prévisible que cela le fit grimacer. Il sentait confusément qu'il aurait dû se méfier du garçon qui le dévorait d'un regard avide et tout sauf prude, mais il n'avait pas envie de s'en soucier. Il ne savait pas qui avait roulé le pétard qu'il venait de s'enfiler mais le type n'y était pas allé avec le dos de la cuillère. Il se sentait ramollir comme du papier mâché et le sol, les murs et les gens décrivaient des arabesques harmonieuses tout autour de lui. C'est ce qu'on appelle planer.
XxX
Il fallut un très long moment pour que les formes psychédéliques et colorées ne cessent leur farandole derrière les paupières closes de Naruto. Quand il s'extirpa finalement de son rêve éveillé – trip – il ne put rien faire d'autre que constater les faits, encore trop abruti pour penser correctement : un, il était menotté sur un lit miteux. Et deux, il était à moitié nu. Malgré ces constatations alarmantes, il ne put pourtant pas démêler le brouillard filandreux qui engloutissait son cerveau dans une bouillie visqueuse. Il ne comprenait pas ce qu'il foutait là, ne savait d'ailleurs même pas où il était, même s'il lui semblait malheureusement reconnaître une des chambre du Rainbowz mise officieusement à la disposition de la clientèle pour les affaires de ce genre – dans certaines chambre, les menottes restaient même de manière permanente accrochées aux montants du lit. Naruto soupira tragiquement.
« P'tin, dans quelle merde je me suis encore foutu moi...
– Ça t'étonnera peut-être mais à la base, ce n'était même pas mon idée. »
Surpris par la voix qui s'était élevée depuis le coin de la pièce, Naruto se tordit le cou pour apercevoir son interlocuteur, même s'il se doutait de son identité. Il constata effectivement que le brun, qui l'avait ouvertement dragué la dernière fois, était appuyé contre le chambranle de la porte, bras croisés et visiblement en train de se demander ce qu'il allait bien pouvoir faire du garçon menotté sur le matelas.
« Et c'est une idée de qui, alors ?
– Du barman. »
Naruto se renfonça dans les coussins en jurant. Ça ne l'étonnait absolument pas de Kakashi, il avait toujours su que celui-ci était un pervers aux fantasmes douteux. Il ne doutait pas d'ailleurs que le propriétaire du bâtiment soit caché quelque part derrière un des murs en train de mater allègrement la scène dont il était le personnage principal.
« Et toi, on t'a dit tiens, et si on menottait machin à un lit, et t'as répondu pourquoi pas, j'ai que ça à faire !, reprit Naruto, sarcastique.
– A peu de chose près. C'était plutôt Machin est raide déchiré, je vais l'installer dans un coin, et puis après tu fais ce que tu veux hein...
– T'as quand même dit d'accord.
– J'ai quand même dit d'accord. »
À les attendre converser d'un ton si badin, on aurait pu douter que l'un était torse-nu et prisonnier d'un plumard dans un état déplorable et que l'autre constatait cet état sans rien faire.
« Bon bah on va pas rester comme ça toute la nuit. Tu vas me détacher bien sûr.
– Non. »
Bien sûr, il s'y était un peu attendu.
« Bon, on fait quoi alors ? On se regarde dans le blanc des yeux jusqu'à ce que je me dessèche et que tu puisses me momifier et m'exposer dans ton salon ?
– Non.
– Bon bah quoi alors ? »
Naruto commençait sérieusement à en avoir plein le dos. Ce type était détestable et vraiment pas sympa. Il soupira d'exaspération.
« J'ai au moins le droit de connaître ton nom ?
– Sasuke. Sasuke Uchiwa.
– Et bien Sasuke, tu me les brises, sérieux. »
Le brun ne répondit pas, se contentant de le fixer droit dans les yeux. Puis lentement, très lentement, il fit glisser son regard sur le torse nu du blond qui se tortilla, agacé par le sourire pervers qui ornait à présent le visage de son geôlier.
« Oh. Arrête ça. »
Sasuke continua son inspection visuelle, alléché par ce qu'il voyait et plus encore par ce que ses yeux ne pouvaient atteindre.
« Arrête ça, putain. T'es lourd. Détache-moi.
– Tu rêves.
– Détache-moi espèce de con !
– Sinon quoi ? »
Sinon quoi ? Sinon rien. Naruto était piégé comme une biche devant le fusil d'un chasseur. Il chassa cette pensée désagréable. Il n'était pas une biche. Par contre, il était bel et bien coincé et la suite s'annonçait plutôt mauvaise pour lui.
En effet, le brun changea brusquement d'attitude. En quelques secondes, il fut sur lui, progressant à quatre pattes au-dessus de son corps sans défense.
« On dirait que tu es... à ma merci. »
Cette affirmation sembla provoquer un certain plaisir au brun. Naruto, en réponse, lui asséna un coup de pied énergique dans les parties qui fit se plier en deux le brun, surpris. Naruto ricana.
« Ne prends pas tes désirs pour des réalités, je ne suis pas une pucelle sans défense.
– Tant mieux, j'adore les rapports musclés. »
Naruto pouvait faire son malin, il était en très mauvaise posture et il le savait. Parce que l'autre pouvait bien faire de lui ce qu'il voulait : que pourrait-il y faire ? Et qui viendrait l'aider ? Rien. Personne. Fuck.
Sasuke enleva tranquillement son haut avant de s'asseoir à califourchon sur les hanches de sa proie. Il l'observa un instant, tête penchée sur le côté, comme dans une concentration extrême.
« Je pensais pas que t'avais besoin d'en arriver là pour pouvoir t'envoyer en l'air. »
Le blond n'avait plus que la provocation et l'autre l'énervait, c'en était physique. Mais là encore, il savait que ça resterait sans effet. Comme pour lui donner raison, le brun sourit de plus belle :
« Tu n'avais qu'à pas me narguer autant... et puis... tu ne trouves pas ça excitant, ma belle ? »
Naruto grogna, mécontent. Et il se foutait de sa gueule en plus. Il ne valait mieux pas qu'il réponde à ça. Parce qu'effectivement, ce type à moitié nu, pile son genre, le regard lubrique et ses menaces à peine voilées l'excitaient bel et bien, et plus qu'il n'aurait voulu l'admettre. Ce n'était pas une raison pour laisser l'autre agir à sa guise.
« Tu fais chier sérieux. Je suis pas ta pute. Dégage.
– Je vais être obligé de te punir si tu continues à être aussi grossier. »
Le brun exultait. Il prenait plaisir à l'humilier. Naruto sentait la rage pulser dans ses veines, il avait envie de faire ravaler à la gravure de mode son sourire suffisant, son sourire de dominateur. Mais il ne pouvait rien faire. Ça l'enrageait encore plus.
Sasuke fourra brusquement une main dans son pantalon.
Surpris, le blond se redressa – ou tenta de le faire – d'un coup, ce qui faillit désarçonner son bourreau. Celui-ci, contrarié mais les mains prises, ne trouva aucun autre moyen pour le faire se rallonger que d'écraser sa bouche contre celle du blond, en profitant pour le mordre violemment. Naruto jura. L'autre sourit.
« Tu as de beaux yeux. J'aime bien tes yeux.
– Je t'emmerde
– Nan, sérieusement.
– T'aime bien ma queue aussi on dirait. »
Et il s'appliquait à le lui montrer. Sasuke avait entreprit de dénuder complètement son nouveau jouet et l'air renfrogné que celui-ci essayait de maintenir sur son visage, malgré le traitement de ses mains, l'amusait grandement.
« Toi, c'est mes mains qui ont l'air de te plaire... »
Le brun appuya ses dires en faisant jouer lesdites mains sur le corps de sa victime qui retint un gémissement.
« Arrête ça.
– Allons, sois plus convaincant. »
Naruto profita que le brun se soit reculé – il maudit sa situation ; dans un autre contexte il aurait laissé Sasuke faire ce qu'il avait en tête, à savoir une bonne petite fellation – pour lui asséner de nouveau un coup de pied bien plus violent que le premier, puis un autre et encore un autre. Son répit fut de courte durée. Quand il croisa de nouveau le regard du brun, il frissonna : Sasuke aurait voulu le foudroyer des yeux qu'il ne s'y serait pas pris autrement.
« Ça, enfoiré, tu vas me le payer. »
En quelques secondes, le brun fut sur lui ; un coup de tête barbare lui fit voir trente-six chandelles pendant quelques temps, le temps nécessaire au brun pour sortir deux autres paires de menottes d'un coin de la pièce, qui lui servit à s'assurer que les pieds de sa victime ne seraient plus un problème. « Oh, merde » fut tout ce que Naruto put répondre à ce nouveau paramètre.
« Et maintenant, tu vas crier. »
Sasuke prit tout son temps pour finir de se déshabiller, de réveiller définitivement son érection déjà stimulée, avant de soulever le bassin de Naruto et de le poser sur ses genoux.
« C'est encore le moment de me supplier la blonde. Je serais peut-être clément.
– Va crever. »
Ils restèrent un instant à se défier du regard. Sasuke était incertain. D'ailleurs, si sa victime le lui avait demandé, les yeux humides et la voix tremblante, il l'aurait sans aucun doute détachée pour faire cesser ce jeu stupide. Mais le blond était loin de le supplier. Au contraire. Il semblait le mettre au défi de continuer, de faire ce qu'il avait prévu.
« T'a peur de me faire mal, fillette ? Tu crois pas que j'en ai déjà vu et des plus grosses que la tienne ?
– Sans préparation ni lubrifiant ?
– J'aime avoir mal. »
Et son sourire était si venimeux, si narquois que Sasuke le crut sur parole. Tant pis pour cet imbécile. Si c'est ce qu'il voulait, il allait être servit.
« Alors elle est branché SM, la blonde ?
– C'est celui qui m'a menotté au lit qui dit ça ? »
Ce furent les dernières paroles qu'ils échangèrent. Sasuke pénétra d'un coup sec le blond, qui, bien évidemment et malgré ses dires, donna raison à son bourreau en hurlant de douleur. Cela excita le brun plus qu'il ne l'aurait cru.
« Si tu me supplie, j'arrête.
– Ah... Je prends mon pied... Connard ! »
Naruto haletait, crispé, en subissant les assauts de l'autre homme. Il finit pourtant, comme toujours, par y prendre goût, et quand ce fut de plaisir qu'il commença à s'époumoner, Sasuke en oublia toute retenue, ils oublièrent qu'à la base le brun était parti pour le prendre de force et ils oublièrent cette situation absurde pour se contenter de baiser comme des animaux. Parce que c'était bon.
XxX
Sasuke contempla un moment le blond, toujours menotté et entièrement nu, qui fixait lui-même le plafond de la chambre comme si c'était une œuvre d'art particulièrement réussite. Sasuke s'était rhabillé, et, accroupi dans un coin de la pièce, essayait de comprendre comment ils avaient bien pu en arriver là et les conséquences que cela aurait par la suite.
« Au pire, si tu sais pas quoi faire, tu peux toujours me détacher. »
Le jour commençait tout juste à se lever derrière la vitre crasseuse de la chambre et Naruto brisait le silence pour la première fois depuis qu'ils avaient jouit dans un bel ensemble désordonné quelques temps plus tôt.
« Désolé, j'ai pas envie que tu me sautes dessus et que tu m'achèves à coup de griffe. Je me barre. »
Naruto crut sincèrement qu'il plaisantait. Mais quand il apparut comme évident que non, le brun n'avait pas l'intention de revenir, resté seul et attaché au lit, le blond grimaça. Il n'y était vraiment pas allé de main morte, ce con. Il repensa à la mise en garde d'Ino la veille : « Tu devrais arrêter de provoquer les mecs comme ça. Un jour, ça va te retomber dessus. » Elle lui avait porté la poisse cette gourde. Comme il n'avait rien de mieux à faire et qu'il ne pouvait de toute façon pas faire grand-chose et avec tout le relativisme dont il était capable de faire preuve même dans ce genre de situation, Naruto s'endormit.
À suivre.
Et ouais, on se marre. Non ?
Bon bah voilà la fin du deuxième chapitre. On dirait pas comme ça, mais ca finira bien hein. À peu près. Je pense. Dans une dizaine de chapitres environ. Jusque là, ils se foutent sur la gueule nos deux p'tits cocos. J'avoue, j'adore leur faire du mal. Du moment que ça s'arrange (à un moment ou un autre) je leur fait ce que je veux, na. Avoue, tu es fier de toi. J'avoue. J'adore écrire, vraiment. Peu importe que ça plaise ou non, que ce soit réaliste ou non, agréable ou non, je ne compte pas m'en privé. Je te rappelle que dans une semaines tu reprends les cours et que ça va devenir franchement pas drôle. M'en fout !
Bonne rentrée à tous ! (je me déteste de dire ça...). Et aux veinards qui ne commencent que dans une semaine, voir deux, ou même plus... Vous faites chier ! Mais vous pouvez laisser une review quand même.
A plus !
