Disclaimer : les persos ne m'appartiennent pas

Genre : UA, OOC, Romance

Ndla : … jamais deux sans trois ;p

Merci pour vos reviews !


Question existentielle

Université de Sanc – temps : … ensoleillé… petits zozios qui sifflotent

Nombre de jours après les partiels : jours J + 5

Les examens terminés, l'ambiance s'était nettement détendue au sein du corps estudiantin.

Les conversations qui, auparavant ne cessaient de tourner autour des cours, avaient laissé la place aux projets de vacances, de petits boulots d'été ou aux envies de farniente.

Les rires et les discussions allaient donc bon train dans le grand parc qui entourait la belle université de Sanc.

Assis dans l'herbe, le dos appuyé contre un arbre, Heero semblait vouloir faire bande à part. Seul, les écouteurs de son mp3 dans les oreilles, il paressait pendant sa pause de midi, attendant patiemment que son premier cours de l'après-midi commence.

La tension, qui accompagnait irrémédiablement la période des révisions, était enfin tombée. C'était une bonne chose en soit mais cela entraînait automatiquement du temps libre. Et si Heero avait pu occulter « l'incident de la bibliothèque » jusqu'à la fin des examens, il en allait autrement à présent.

Depuis quelques jours, la scène ne cessait de passer en boucle dans sa tête.

La sensation des lèvres de Duo sur les siennes, les étranges réactions que son corps avait eues, tout cela était comme gravé dans sa chair. Il lui suffisait de fermer les yeux pour les ressentir avec une précision effrayante, voir dérangeante.

Heero ne se voilait pas la face. Il avait accepté le fait que ses goûts pouvaient parfois se porter sur les hommes. Mais de là à imaginer une relation avec Duo… c'était tout bonnement impossible !!!

Ils se connaissaient depuis toujours.

C'était chez lui que Heero était venu se réfugier lorsque son hamster Caramel était mort (il avait alors six ans… Heero pas Caramel). Ou lorsqu'il s'était engueulé tellement fort avec son père qu'il avait cru que ce dernier allait lever la main sur lui.

C'était avec Duo qu'il avait fumé sa première cigarette, puis son premier pétard et qu'il s'était saoulé après son premier chagrin d'amour.

Il était son meilleur ami presque un frère sur lequel il avait toujours pu compter. Il l'avait accepté avec ses défauts et ses qualités. Il connaissait ses aspirations les plus secrètes, ses rêves et ses peurs.

Imaginer Duo autrement que comme un ami, revenait à changer tout ça. A remettre leur relation en question et à envisager de le perdre si les choses n'évoluaient de manière adéquate.

C'était peut-être égoïste… c'était même totalement égoïste de sa part mais il refuser de prendre ce risque.

Le tout était de faire comprendre ça à Duo, chose plutôt difficile puisque Heero mettait un soin tout particulier à l'éviter depuis trois semaines.

Ils s'étaient naturellement croisés mais ça avait été soit dans les couloirs bondés de la fac, soit lorsqu'ils étaient avec leur bande de potes. Duo avait bien essayé de le prendre à part pour avoir une discussion « sérieuse » avec lui, mais Heero s'était éclipsé à chaque fois qu'il l'avait vu tenter une approche de ce genre.

Et donc, ce qui devait arriver … arriva.

Duo avait arrêté de lui courir après.

Il le saluait mais sans plus.

Leurs amis avaient fini par remarquer le malaise qui régnait entre eux. Trowa avait même tenté de comprendre ce qui se passait en entamant une approche « tout en finesse » avec Heero :

« Tu fais la gueule à Duo ? », demande l'étudiant en lettres en finissant sa deuxième bière dans leur pub habituel.

« Ca te regarde pas. »

« Ca va durer longtemps ? »

Regard noir de la part de Heero.

« Je dis juste ça parce que lorsque vous êtes en froids tu deviens imbuvable. Je voudrais juste me préparer si c'est le cas. »

« Et qu'est-ce que tu entends par te préparer ? »

« Et bien… prévoir suffisamment d'alcool pour te saouler et t'enfermer dans un placard quand tu deviendras trop chiant. »

« J'apprécie de plus en plus notre amitié. »

« Mais moi aussi Yuy, moi aussi. »

Fin de la conversation « tout en finesse » made in Barton.

Trowa avait été le seul à tenter ce genre d'approche avec lui. Les autres étaient restés bien en retrait en espérant que l'orage passe rapidement. Et Heero devait avouer qu'il l'espérait lui aussi.

Il n'aimait pas se disputer avec Duo.

Heero en était là dans ses réflexions lorsqu'une main passa devant ses yeux.

Interpellé, il leva son regard sur la personne qui semblait vouloir le faire sortir de sa torpeur.

De longs cheveux châtains…

Des yeux clairs…

Et un physique indéniablement féminin.

« Salut Réléna. », dit-il en ôtant ses écouteurs.

« Salut Heero. Je peux m'asseoir ? »

L'étudiant acquiesça et la jeune femme s'installa à ses côtés.

« Je tenais à te remercier. Grâce à tes explications, je pense avoir réussi mes partiels haut la main. »

« C'est une bonne chose. Je n'aurais pas voulu perdre ma voisine de table pour les cours de l'année prochaine. Mon taille-crayon ne s'en serait jamais remis. »

« Je n'avais pas vu les choses sous cet angle là. », répondit Réléna en riant. « Et dis-moi… tu as prévu quelque chose pour les vacances ? »

« Non. Je vais pouvoir profiter d'un été tout ce qu'il y a de plus reposant. Mes parents vont partir trois semaines en amoureux. Une sorte de deuxième lune de miel. »

« C'est plutôt romantique comme idée. »

« Je suppose. »

Réléna ne put s'empêcher de sourire face à cette réponse si… yuyesque.

Et tandis que Heero retombait dans son mutisme habituel, la jeune femme laissa sa tête reposer sur le tronc de l'arbre, offrant ainsi son visage aux doux rayons du soleil.

Heero et elle suivaient les même cours depuis deux ans maintenant et ils leur arrivaient régulièrement de passer leur pause déjeuner ensemble.

Au début, Réléna s'était sentie obligée de remplir les vides dans leur conversation. Mais au fil des mois, elle s'était rendue compte que cette démarche était totalement inutile. Heero n'aimait simplement pas parler pour ne rien dire et elle devait avouer que ce trait de caractère était plutôt reposant.

Elle admettait même volontiers que leurs petits rendez-vous implicites lui plaisaient de plus en plus.

Ce fut donc le plus naturellement du monde qu'elle se mit à lézarder en toute tranquillité, profitant de l'instant présent tandis que Heero observait, sans réellement les voir, les allées et venues de ses congénères.

Comme à l'accoutumée, les beaux jours faisaient apparaître un nombre toujours croissant de couples. A croire qu'ils se multipliaient à la vitesse de la lumière.

Certains se tenaient la main, d'autres se bécotaient gentiment … tandis que certains… feraient mieux de trouver une chambre d'hôtel, pensa-t-il en apercevant Quatre se vautrer littéralement sur une jeune femme blonde, leurs bouches scellées avec autant de vigueur que deux sangsues qui s'accouplent.

Heero détourna automatiquement le regard, préférant éviter d'avoir ce genre d'images dans la tête.

« Mauvaise idée. » lui souffla une petite voix lorsque ses yeux tombèrent sur une silhouette familière.

Un corps élancé moulé dans un jeans un peu usé et un marcel noir, une queue de cheval qui tombe lâchement sur une épaule bronzée tandis que l'autre supporte un sac de cours nettement moins chargé en cette fin d'année scolaire, le tout complété par des mains dans les poches et une sucette dans le bec.

Heero aurait pu, à ce moment précis, détourner le regard. Faire comme s'il ne l'avait pas vu… comme si ses mains n'étaient pas devenues soudainement moites.

Faire comme si…

Faire comme si…

Au lieu de cela, ses yeux se fixèrent sur un point bien précis de la physionomie de son ami. Là où le jeans et le haut sombre de Duo étaient censés se rejoindre mais qui, par un vicieux stratagème du sac en bandoulière, laissaient entrevoir un petit peu de peau.

A chaque pas, le vêtement remontait légèrement et faisait apparaître un bout de hanche et une partie de son ventre. Puis, ils disparaissaient sous le tissu pour réapparaître à l'enjambée suivante.

Perdu dans une étrange contemplation, Heero eut la fugace envie de glisser sa main sous le vêtement sombre, juste pour sentir les muscles abdominaux réagir sous ses doigts. Ses yeux remontèrent lentement, comme l'aurait fait sa main, effleurant un torse qu'il savait imberbe, s'égarant doucement jusqu'aux pectoraux bien dessinés, se perdant sur une épaule solide pour terminer sa course sur la nuque partiellement dévoilée.

Un bras passa dans son champ de vision, celui de Duo qui venait de lever sa main pour attraper le petit bout de plastique blanc dépassant de ses lèvres.

Les yeux de Heero suivirent le geste, puis remontèrent un petit peu plus haut pour croiser son regard qui, de tout évidence, n'avait rien loupé de son déshabillage en règle.

Les deux hommes s'observèrent ainsi durant quelques instants, Heero toujours assis contre l'arbre et Duo immobile au bord du chemin qui menait à la fac.

Puis, l'expression de l'étudiant en psychologie changea.

Elle devint plus joueuse.

Ses doigts firent tourner le fin bâton blanc avant de laisser sortir la sucrerie. Elle fut tout de suite imitée par un petit bout de langue qui vint discrètement humecter ses lèvres.

Heero suivait chaque geste sans même en avoir réellement conscience.

Ce ne fut que lorsqu'un sourire amusé, voir même limite moqueur, apparut sur le visage de son meilleur ami que le jeune homme revint sur terre.

Après un petit clin d'œil à son intention, Duo reprit son chemin comme si de rien n'était.

Comment expliquer de manière suffisamment imagée, le sentiment de malaise que cette confrontation avait fait naître en Heero ?

Il faut bien avouer que les mots ne semblaient pas assez forts pour cela.

Peut-être que si l'on disait que Heero se serait volontiers frappé la tête contre le tronc d'arbre jusqu'à ce que mort s'en suive, cela nous permettrait de nous faire une petite idée.

Bref… il venait de se prendre la honte de sa vie.

Et il le fit savoir de la manière la plus simple qui soit.

« Shit ! »

Intriguée par cette soudaine exclamation de la part de son ami, Réléna abandonna durant quelques instants son activité estivale favorite afin de reporter son attention sur Heero.

« Qu'est-ce qu'il t'arrive ? »

« Rien. », marmonna le jeune homme. « Je viens juste de constater à quel point je peux me rendre ridicule. »

« … »

« … »

« Je veux pas paraître indiscrète mais je comprends pas vraiment de quoi tu parles ? »

« T'inquiète pas… c'est pas important. »

Mais Réléna ne sembla pas convaincue. C'était probablement dû au fait que Heero paraissait soudain tirer une tête de trois pieds de long.

« Tu es sûr que ça va ? », insista-t-elle. « Si tu as un problème je peux peut-être t'aider ? »

« Non… je t'assure que ça va… tu ne dois pas… », commença-t-il avant de s'arrêter net.

Son esprit se mit alors à fonctionner à vitesse grand V avant de faire naître un petit sourire en coin sur son visage.

« En fait oui. », dit-il. « Tu peux peut-être m'aider. »

« Vas-y je t'écoute. »

« … »

« … »

« Ca te dirait de sortir avec moi ? », demanda Heero avec son sourire le plus charmeur.


A suivre…