Donc, voilà le premier chapitre de cette fic. Je tiens à remercier le premier lecteur qui m'a laissé une review. J'espère que la suite te plaira. Bonne lecture.
Chapitre I
De l'importance de regarder où l'on va
Cela faisait deux semaines que la vie avait maintenant repris à Poudlard. Les élèves étaient pour la plupart heureux de retrouver ou de découvrir cet endroit. La majorité du temps, quand on passait dans un couloir, c'était pour voir les premières années, le nez en l'air (ils finissaient d'ailleurs en général par se payer un mur), à contempler tout ce qu'ils pouvaient, notamment les tableaux dont les personnages étaient en mouvement et surtout le fameux plafond de la Grande Salle. Il fut un temps où j'avais été pareil au même âge et quand bien même je venais d'une famille de sorciers, Poudlard m'avait toujours fait forte impression, bien que je ne l'aie jamais montré. Aujourd'hui, Poudlard n'a plus le même effet sur moi. Pour tout dire, il me tarde de partir de l'école pour pouvoir commencer à vivre sans être inquiété du fait que l'on puisse découvrir mon petit secret. Normalement, j'aurais dû me contenter de finir ma septième année à Poudlard sans le moindre problème, mais je me suis cependant vite rendu compte que la théorie était bien différente de la pratique.
Il y avait à peine une semaine que j'étais à Poudlard, que j'entrais déjà en collision avec le professeur McGonagall au détour d'un couloir. Je m'étais bien sûr platement excusé pour ma maladresse et m'apprêtais à continuer mon chemin quand le professeur m'avait interpellé. S'en suivi un discours mémorable entre Will Murray (oui je parle parfois de moi à la troisième personne et non je ne suis pas fou, enfin… disons que pour l'instant personne n'a réussi à le prouver) et le professeur Minerva McGonagall.
- Dites moi jeune homme, vous êtes nouveau à Poudlard, il ne me semble pas vous avoir déjà vu.
- Professeur, cela fera sept ans cette année que j'étudie à Poudlard.
- Vraiment ? Mais dans quelle maison êtes-vous ?
- Et bien,… Gryffondor, professeur.
Jamais le professeur McGonagall ne s'était auparavant senti aussi gênée. Elle ne se souvenait même pas d'un élève de sa propre maison qui avait passé toute sa scolarité à Poudlard. J'avais eu pitié pour elle sur le coup et avais tenté de la rassurer.
- Ne vous en faites pas, cela m'arrive tout le temps, je fais tellement partie du paysage que l'on m'ignore la plupart du temps.
- Je suis navrée, mais il est vrai que vous avez l'air de quelqu'un de… enfin de plutôt…
- Discret ? tentais-je.
- Oui, c'est ça, approuva le professeur.
La discussion avait pris fin ici. Nous étions repartis chacun de notre côté et j'espérais plus que tout que le professeur oublierait bien rapidement cette rencontre fortuite.
Sauf qu'aujourd'hui, les évènements prennent une toute autre tournure et que je me retrouve assit dans le bureau du professeur en sa compagnie. Je n'ai absolument pas la moindre idée de pourquoi je suis là et jusqu'à présent je me suis contenté d'accepter la tasse de thé et les gâteaux que le professeur m'a proposé. Cette dernière s'assoie enfin à son bureau et pose son regard sur la personne qui lui fait face, c'est-à-dire moi-même personnellement en chair et en os. Le silence est pesant, trop pesant pour moi et je décide de le briser avant que l'on commence à entendre les mouches voler.
- Aurais-je fait une entorse au règlement professeur ? demandais-je en toute innocence, sachant pertinemment que je n'ai rien fait.
- Bien sûr que non. Je n'ai encore jamais vu d'élève aussi enclin à le respecter, vous êtes un miracle de discipline.
- Merci du compliment.
- J'ai eu beau parler de vous à mes collègues, aucun d'eux ne se souvient vous avoir retiré des points ou mit une retenue. En fait, aucun d'eux ne se souvient de vous pour ne pas vous mentir.
- Ça par contre, je ne suis pas sûr que s'en était un.
- Désolée. Mais je vais vous prouver que votre attachement au règlement peut vous être bénéfique. Il se trouve que cette année, Miss Granger a été désignée Préfète en Chef. Or, chaque maison doit compter au moins deux Préfets et de ce fait, il ne reste plus que Mr Weasley pour défendre les intérêts gryffondoriens et je doute franchement qu'il soit aussi partisan du respect du règlement que vous.
Le professeur marque une pause et observe ma réaction. Je comprends enfin où elle veut en venir et je repose lentement la tasse de thé vide sur le bureau.
- Je doute de pouvoir faire l'affaire professeur, je ne suis pas quelqu'un qui aime être mis en avant de la sorte.
- Je l'avais remarqué. Cependant, je me dois d'insister, cette expérience ne pourra être que bénéfique pour vous et puis, ce n'est que pour une année. Cela vous poussera à aller vers les autres et à progresser en matière de sociabilité. Parce que, je dois vous avouer que j'ai bien peur que si vous continuez à vous renfermer sur vous-même de la sorte, vous finissiez comme notre cher professeur de potions.
- C'est peut-être un peu extrême comme comparaison professeur.
- Oui, je l'avoue, mais au moins ça a eu le mérite de vous faire réagir. Alors, qu'en pensez-vous ?
Je ne sais trop quoi dire, la proposition du professeur me prend de court, c'est une chose qui n'est pas prévue au programme et j'ai une sainte horreur du changement. Maudit soit le jour où je l'ai embouti dans ce couloir ! Soudain, une pensée me vient à l'esprit : les Préfets peuvent avoir une chambre et une salle de bain personnelles et ça, ça me plais beaucoup. Je regarde le professeur et souris.
- Je crois que nous allons pouvoir nous entendre. J'accepte à deux conditions.
- À la bonne heure ! Et quelles sont-elles ces conditions ?
- Premièrement, je veux pouvoir bénéficier des avantages des Préfets concernant la chambre et la salle de bain individuelles.
- Il y a un problème avec les autres garçons du dortoir ? s'inquiète le professeur.
- Pas du tout, mais tant qu'à être Préfet, autant profiter de tous les avantages que cela comporte.
- Profiteur hein ? Vous êtes sûr que vous n'auriez pas été mieux à Serpentard ? me demande le professeur avec le sourire.
Je fais comme si cette remarque ne m'avait pas atteint. Mes parents étaient à Serpentard et on ne peut pas vraiment dire que cela leur ait été bénéfique. Ma mâchoire se crispe, je serre mes mains l'une contre l'autre un peu plus fort que je ne dois. Reprend-toi, elle ne doit pas voir ton trouble.
- Deuxième condition, continuais-je comme si de rien n'était, par pitié ne comparez plus jamais mon caractère avec celui du professeur Snape.
- C'est d'accord, promet McGonagall en essayant de dissimuler le sourire qui semblait vouloir se dessiner sur ses lèvres.
Trois tasses de thé, cinq biscuits et une demi-heure de conversation plus tard, je sors enfin du bureau du professeur, mon tout nouvel insigne de Préfet épinglé au revers de ma cape. Comme tous les dimanches, les couloirs du château sont désespérément déserts. Les élèves sont tous dehors à vouloir profiter des derniers maigres rayons de soleil avant l'arrivée de l'hiver. Cependant, pour moi, qui n'aimais pas particulièrement passer du temps en compagnie d'élèves s'agitant dans tous les sens au milieu du parc en plein soleil (Severus Snape sort de ce corps !!!), ce n'était pas une journée dehors qui m'attendais. Direction la bibliothèque (avec un léger détour par les toilettes parce que le thé c'est fou ce que ça peut donner envie de pisser). Je salue en entrant Mme Pince qui répond à cette marque de civilité. Et oui ! Je suis peut-être bien la seule personne avec laquelle la très aimable bibliothécaire est polie. En même temps, à force de venir ici, je fais presque partie des meubles, dans pas longtemps, on me prendra pour l'assistant de l'archiviste. Ron Weasley avait bien sûr trouvé une autre explication au fait que j'étais la seule personne avec qui elle semblait presque sympathique.
- Elle est peut-être amoureuse de toi, avait-il suggéré dans toute sa subtilité (ou stupidité).
Ce gars était vraiment d'un bouléisme tel qu'on en avait encore rarement vu. Et… hou là ! Ennui en approche droit devant.
Le professeur Snape se dirige droit vers moi. Je réfléchis à toute allure (mon pauvre petit cerveau, il n'est pas habitué à ce genre de chose). Si je le salue, il va me coller une retenue pour lui avoir adressé la parole et si je ne le fais pas, il va m'en mettre une pour irrespect envers un professeur. Je choisis une troisième solution. Je me colle à une étagère, saisis un livre au hasard et fais mine d'être absorbé par son contenu, sans remarquer que je tiens le grimoire susmentionné à l'envers. Ma feinte a l'air de fonctionner car le professeur passe dans mon dos sans me faire de remarque.
Je soupire de soulagement. Je regarde le livre que je tiens dans la main et qui vient momentanément de me sauver la vie. « La vie de Hörkh le Barbare et sa croisade dans la guerre des gobelins », le titre a l'air disons… prometteur. Comme je n'ai rien d'autre à faire, je décide de m'asseoir et de lire, de toute façon, ça ou autre chose. Au bout de dix minutes, j'en suis toujours à la troisième phrase et essaie vainement de la comprendre, au bout de vingt, je commence à piquer du nez sur le grimoire et au bout de trente, je m'endors tout à fait. Le comble pour quelqu'un qui a toujours eu de sacrées insomnies.
C'est Mme Pince qui me réveille, en me disant que si je veux manger, j'ai intérêt à descendre rapidement dans la Grande Salle. Avant de partir, j'emprunte le récit de la vie passionnante de Hörkh. Avec un peu de chance, cela sera une arme contre mes problèmes de sommeil. L'agitation qui règne dans la Grande Salle faillit me coller un mal de tête carabiné. La raison de tout ça est que Dumbledore vient juste d'annoncer qu'un bal aurait lieu pour Halloween, encore une de ses lubies. Et bien sûr, à peine la nouvelle emmagasinée par les élèves, les filles s'étaient tout de suite mises à parler robes, tandis que les garçons tentaient déjà de savoir laquelle d'entre elles serait sa cavalière. Au bout d'un quart d'heure de ce babillage incessant et inintéressant, je bats en retraite et préfère descendre directement aux cuisines pour manger. Mais même là, je ne suis pas tranquille. Les elfes de maisons ne cessent pas de me tourner autour en me proposant tous les plats possibles et imaginables pour me satisfaire. Finalement, je pus repartir sans encombre des cuisines, avec néanmoins les bras chargés de gâteaux (on ne sait jamais, j'aurais peut-être envie d'une part de tarte à la crème vers deux ou trois heures du matin).
J'arrive enfin devant ma nouvelle chambre. J'y entre et en ressors aussitôt. Maintenant que la chambre « sait » que je suis son nouveau propriétaire, il me faut trouver un mot de passe pour que moi seul puisse aller et venir à ma guise dans cette pièce. Je réfléchis longtemps, c'est stupide mais j'ai envie de trouver quelque chose de spécial. Je me dis que je dois vraiment avoir l'air fin, planté quasiment au milieu du couloir, à regarder une porte avec attention et les bras chargés de pâtisseries. Enfin je trouve, je m'approche du bois de la porte et murmure mon mot de passe : Linnansa vanki (1). Un reflet blanc, tel une lame de couleur, passe sur le bois, signifiant ainsi que la pièce est protégée. Si quelqu'un s'amuse à chercher le code d'entrée dans ma chambre, il va pouvoir s'occuper pendant un moment. Je rentre cette fois pour de bon dans la pièce et dépose les victuailles sur le bureau. Pendant l'heure qui suit, je cherche à modifier la décoration de mon nouveau chez moi selon mes propres goûts.
Après avoir finis cette tâche, je m'installe dans mon lit, dont je faillis presque ressortir aussitôt tellement les draps sont glacés. Je ferme les yeux et repense à la journée pourrie que je viens d'avoir. J'ai été dans l'ordre : élu Préfet, comparé à Snape, presque confronté au professeur en question, contraint de sympathiser avec Hörkh le Barbare, traumatisé par l'annonce d'un bal, harcelé par des elfes de maisons et enfin, avait faillit mourir frigorifié dans mon propre lit. Tout ça parce que j'ai eu le malheur de foncer dans le professeur McGonagall. Comme quoi cela peut coûter cher de bousculer quelqu'un. Je n'ose même pas imaginer ce qui se serait passé si c'était le professeur Snape dans qui j'avais foncé. Là, je serai probablement déjà mort, ou en train de récurer des fonds de chaudrons. En plus, une longue nuit d'insomnie m'attends, pendant laquelle je ne dormirai que deux heures tout au plus. Je ne sais pas de quoi demain sera fait, mais une chose est sûre, cela ne pourra forcément pas être pire. Mais ça, c'est encore une foutue théorie.
(1) Linnansa vanki est du finnois (du finlandais si vous préférez). Cela se traduit par "le château prison". C'est aussi une chanson du groupe Indica que je vous conseille d'aller écouter.
Fin de ce premier chapitre. Alors, qu'en pensez-vous? Cela vous a-t-il plu? Dites toujours... paraitrait que les reviews c'est gratuit, alors n'en soyez pas avares... ;).
