La chaleur fait danser les cases de l'échiquier. Le temps est rythmé par les crépitements du bois, et les flammes semblent ne jamais vouloir s'éteindre. En cet instant, j'ai l'impression que leur foyer se trouve au plus profond de mon être. Ça en est presque douloureux.
Je garde les yeux rivés sur les carreaux froids, noirs et blancs. C'est tellement plus simple. De sa main d'albâtre, fine et musclée, il fait glisser son cavalier. Dans son chemin incandescent, il piétine chaque parcelle de ma chair. Mon cœur résonne si fort que j'ai peur qu'il l'entende. S'il savait à quel point je suis folle de lui.
J'ai l'impression, qu'il est à l'affût de la moindre réaction de ma part. mes lèvres on tremblé, il l'a sentit. Il plante ses yeux d'or dans les miens. Un craquement sourd, mon souffle s'arrête. Même le reflet des flammes semble paralysé. Arrête de me regarder, ton regard me transperce. Je n'arrive plus à m'en détacher. Un sourire vient décorer ton visage et la danse pourpre reprend. Elle me monte à la tête, une mélodie entêtante. Je baisse les yeux, reprend mon souffle, mais je ne fais qu'alimenter la fièvre. Mon cœur bat contre mes temps. Il est brûlant, j'ai mal, mais je veux garder encore un peu de cette chaleur.
Fébrilement, je déplace mon fou. Il m'a eu, je le sens. Il me capture comme un faucon fond sur sa proie.
- Echec et mat.
Le ton vainqueur est sans appel. Il se recul dans son fauteuil, un sourire carnassier sur les lèvres.
