Un mois passa encore avant que Sara, de plus en plus poussée par Lincoln, ne décide de parler à Michael. Elle l'attendit donc sur le canapé jusqu'à ce qu'il rentre du boulot. Il était 22h30. Michael fut surpris de la trouver là, car depuis quelques temps Sara était si fatiguée qu'elle n'attendait plus son retour pour se coucher. En même temps il ne pouvait l'en blâmer, il supportait lui-même assez mal sa propre présence. Il eut un sourire en la voyant. Sara ne méritait vraiment pas ça, et il s'en voulait de ne pas arriver à lui montrer à quel point il l'aimait. Seulement depuis quelques temps il réfléchissait à T-Bag, toujours en fuite, et avait finit par prendre une décision.
Michael : Salut.
Il réalisa qu'ils ne s'étaient pas vus depuis trois jours déjà. Il lui déposa un léger baiser sur la bouche et s'assit à côté d'elle. Sara se dit qu'elle avait bien choisi son jour car visiblement Michael semblait d'humeur moins morose, et enclin à discuter. C'était rare, il fallait bien le reconnaître.
Michael : Ta journée c'est bien passée ?
Sara : En faite, j'ai dû écourter mon temps de travail.
Michael : Pourquoi ?
Sara : J'ai fait un malaise à l'hôpital.
Sara avait retrouvé un emploi dans un hôpital, chose qu'elle n'avait pas crû possible un an auparavant.
Michael : Rien de grave ?
Sara : Non…Enfin… Il faut que je te parle Michael
Michael la coupa.
Michael : Il faut que je te parle aussi.
Sara : Mais…
Michael : Je dois le retrouver Sara.
Sara le regarda sans comprendre.
Sara : Qui ?
Michael : T-Bag…
Elle n'en crut pas ses oreilles, elle en oublia presque ce qu'elle avait à lui dire. Elle fronça les sourcils.
Sara : Mais… Comment ? Quand ?
Michael : Je vais partir au Panama et tenter de le retrouver. Dés que possible.
Elle le suivit du regard quand il se leva, hésitant entre incompréhension et colère
Sara : Mais enfin Michael, la police est sur ses traces et ne le trouve pas. Tu crois vraiment pouvoir le retrouver ?
Michael : Oui. Parce que j'ai une longueur d'avance sur la police : Je suis un ancien fugitif, je sais comment il réagit.
Sara : Michael. Tu te rends compte de…
Michael : Il faut que je le fasse Sara. Je n'arriverai pas à faire taire ma conscience, tant que je ne l'aurai pas remis en taule.
Elle ouvrit la bouche pour dire quelque chose mais la referma en voyant le visage déterminé de Michael. Il y eut un long silence avant que Sara ne reprenne la parole, la tête baissée.
Sara : Combien de temps ça prendra ?
Michael : Je n'en sais rien. Jusqu'à ce que je le retrouve
Sara : Et nous ?
Elle avait relevé les yeux pour croiser ceux de l'homme qu'elle aimait mais Michael fixait le sol. Sara sentit les larmes lui monter aux yeux. Il y eut de nouveau un silence puis Michael ferma brièvement les yeux avant de regarder sa compagne.
Michael : Je ne suis plus l'homme que tu as connu. Et je ne le redeviendrai pas tant que je n'aurai pas fait justice pour Sucre.
Une larme coula le long de la joue de la jeune femme. Elle finit par hocher la tête en signe positif et se leva.
Sara : Très bien Michael, si c'est ce dont tu as besoin alors… vas-y
Il sembla surpris qu'elle lui donne son accord.
Sara : Je vais aller chercher quelques affaires.
Michael : Pourquoi ?
Sara : Parce que je ne peux pas rester ici avec toi en attendant que tu partes. Et… et je ne peux pas attendre que tu aies remis de l'ordre dans ton esprit. Il vaut mieux que je m'en aille maintenant avant de te supplier de rester.
Il ferma les yeux en voyant la douleur sur le visage de celle qu'il aimait si fort malgré la décision qu'il venait de prendre. Elle monta et prit quelques affaires, le visage couvert de larmes. Elle l'entendit monter et essuya ses yeux tout en se dépêchant de finir.
Michael : Sara…
Elle ferma son sac, le mit sur son épaule et se tourna vers lui. Elle s'approcha et caressa lentement sa joue.
Sara : Prends soin de toi Michael.
Il avait les yeux baissés. Elle le regarda un instant puis s'en alla lentement. Elle sortit et quand il entendit la porte se refermer, il laissa cette larme qu'il retenait, glisser le long de sa joue.
Il était minuit quand Lincoln fut tiré de son réveil par la sonnette de la porte d'entrée. Il regarda son réveil et à la vue de l'heure il poussa un long soupir. Il se leva et se dirigea vers la porte en traînant des pieds tandis qu'un autre coup de sonnette finissait de le mettre de mauvaise humeur. Il ouvrit brutalement la porte et se retrouva face à une Sara visiblement très embêtée de le réveiller. Quand il vit qu'elle avait les yeux rouges et qu'elle portait un sac de voyage sur l'épaule, son visage se radoucit.
Sara : Je suis désolée de te faire ça Lincoln mais je ne savais absolument pas où aller à cette heure-là. J'ai bien pensé à Maricruz, mais elle a déjà assez de mal à dormir avec le bébé qui la réveille toutes les trois heures.
Il ouvrit la porte un peu plus largement.
Lincoln : C'est bon, entre.
Elle entra en tirant nerveusement sur les manches de son gilet. Lincoln referma la porte en se frottant les yeux pour se réveiller. Il attrapa le sac de Sara et le déposa par terre. Elle le remercia d'un léger sourire.
Lincoln : Tu veux qu'on parle maintenant ou tu préfères te coucher ?
Sara : Je… Je n'en sais rien.
Il comprit qu'elle avait besoin de parler.
Lincoln : Viens.
Il passa devant elle et alla dans le salon où elle le suivit. Il lui indiqua de s'asseoir sur le canapé et alla dans la cuisine chercher un verre d'eau. Il revint quelques minutes plus tard et s'assit à côté d'elle tout en enfilant un t-shirt.
Lincoln : C'est Michael ?
Elle hocha la tête tout en portant le verre à ses lèvres. Après une gorgée, elle le posa sur la table.
Sara : Qui d'autre arrive à me faire tant de mal ?
Lincoln : Qu'est-ce qu'il a fait cette fois ?
Sara : Il part.
Lincoln : Où ?
Sara : Chercher T-bag…
Lincoln écarquilla grand les yeux.
Lincoln : Mais il est fou !
Sara : Oui… c'est justement pour ça qu'il pense qu'il doit le retrouver.
Lincoln hocha la tête en signe de déni, puis il regarda la jeune femme.
Lincoln : Est-ce que tu lui as dit Sara ?
Elle baissa les yeux.
Sara : Non.
Lincoln : Pourquoi ? Je suis sûre qu'il resterait s'il savait.
Elle le regarda.
Sara : Mais tu ne comprends pas Lincoln. Je ne veux pas qu'il reste par obligation. Je veux qu'il reste par amour, parce qu'il est bien avec moi. Mais tu sais aussi bien que moi que Michael n'est plus capable d'être heureux.
Lincoln : C'est faux ! S'il y a bien une personne qui peut le rendre heureux c'est toi. Je vais aller le secouer cet abruti !
Sara : Non. Je ne veux pas.
Il la regarda et sentit un pincement au cœur en voyant une larme couler le long de la joue de la jeune femme.
Sara : J'ai compris que s'il était l'homme que j'aime, il ne serait jamais l'homme avec qui je peux mener cette vie dont je rêve. Mais malgré le mal qu'il m'a fait, malgré la douleur que je ressens maintenant que je l'ai perdu, je ne veux pas qu'il souffre encore plus. Il va déjà assez mal comme ça.
Lincoln : Ca ne peut pas se passer ainsi Sara.
Tout à coup, alors qu'il ne s'y attendait pas, il vit Sara éclater en sanglots. Il resta à la regarder sans savoir que faire. Il aimait beaucoup Sara, il trouvait que c'était une fille adorable, mais il n'avait jamais vraiment su comme s'y prendre avec elle. Lincoln n'était pas le genre d'homme à être ami avec une femme. Et pourtant, la bienséance voulait qu'il ne puisse être rien de plus qu'un ami pour Sara. Il posa alors juste une main dans son dos pour lui montrer qu'il était là. La jeune femme sembla apprécier ce geste, et au bout de quelques minutes, elle sécha ses larmes d'un revers de la main.
Sara : Je crois qu'on devrait aller se coucher.
Il se leva, content qu'elle mette fin à cette situation qui le rendait mal à l'aise.
Lincoln : Tu vas prendre mon lit, je vais dormir sur le canapé.
Elle le regarda.
Sara : Oh non Linc', je ne veux pas te prendre ton lit, je vais prendre le canapé, ça m'ira très…
Il la coupa.
Lincoln : Je ne suis pas expert en bonnes manières, mais je sais que laisser le canapé à une femme, surtout à celle de son frère, est vraiment très grossier.
Elle sourit et se leva.
Sara : C'est gentil. Mais je ne suis pas la femme de ton frère.
Il baissa les yeux en entendant cette affirmation.
Lincoln : Peut-être, mais tu es quand même une femme. Prends mon lit Sara s'il te plait.
Elle le regarda un instant, touchée par le fait que Lincoln souffre pour elle. Elle esquissa un bref sourire, le remercia et alla vers la chambre de Lincoln. Celui-ci resta un instant à regarder la porte que Sara venait de fermer et finit par prendre des couvertures dans le placard et par s'allonger sur le canapé.
Le lendemain, Lincoln se leva en même temps que le soleil. Il n'arrivait pas à dormir, hanté par la souffrance de Sara. Au bout de deux longues heures à réfléchir, il attrapa sa veste et sortit. Il savait qu'il avait promis à Sara de ne pas le faire, mais il fallait qu'il parle à son frère. Il tambourina contre la porte de son appartement et attendit quelques minutes que Michael vienne ouvrir. Il sembla surpris de trouver son frère debout à 8 heures du matin.
Michael : Salut Linc.
Il l'invita à entrer et Lincoln constata que Michael était en train de faire ses valises.
Lincoln : Alors c'est vrai ? Tu pars ?
Michael le regarda, sachant désormais où Sara avait passé la nuit.
Michael : Elle va bien ?
Lincoln : Parce que ça t'intéresse ?
Michael : Linc…
Lincoln : Pourquoi tu fais ça Michael ? Tu sais que tu es en train de détruire ta vie et celle de Sara ?
Michael qui avait repris la préparation de sa valise s'arrêta et regarda son frère.
Michael : Je fais justement tout ça pour elle. Pour qu'elle retrouve cet homme qu'elle aimait, pour lui offrir la vie qu'elle mérite.
Lincoln : Et pour ça tu es obligé de l'abandonner et de partir à la recherche de ce cinglé ?
Michael : Oui.
Lincoln le regarda, ne suivant pas tout à fait le raisonnement de son frère. Si être un génie signifiait avoir l'esprit aussi tordu, il se félicitait de ne pas en être un.
Lincoln : Tu as conscience qu'elle ne sera pas forcément là à ton retour ?
Ce point là, Michael ne semblait pas vraiment l'avoir envisagé car un léger doute passa dans son regard. Il y eut un moment de flottement, puis il reprit ce qu'il était en train de faire.
Michael : Je prends le risque. Quoiqu'il se passe en mon absence, la seule chose qui m'importe, c'est son bonheur.
Lincoln sembla excédé d'entendre ça.
Lincoln : Putain Mike, si c'est vraiment le cas, reste là avec elle ! Tu n'as pas compris qu'elle est dingue de toi et que pour la rendre heureuse, il suffirait juste de faire un peu plus attention à elle !
Michael se retourna vers lui, en colère.
Michael : Je ne peux pas Linc ! Pas tant que tout ça me trotte dans la tête !
Lincoln baissa les yeux tout comme Michael qui s'en voulut d'avoir hurler ainsi.
Michael : Je veux que tu prennes soin d'elle jusqu'à mon retour. Ca prendra peut-être moins longtemps qu'on ne le pense.
Lincoln releva les yeux pour croiser le regard de son frère. Il voulait lui dire ce qu'il savait, mais il avait promis à Sara de ne pas le faire.
Lincoln : Tu ne t'imagines pas tout ce que tu es en train de perdre en faisant ça. Mais si c'est ce que tu veux très bien. Je m'occuperai d'elle.
Michael : Merci.
Lincoln s'approcha de la valise de son frère.
Lincoln : Tu as besoin d'un coup de main ?
Michael : En faite, mon avion part dans une heure, je voudrais que tu m'emmènes à l'aéroport.
Lincoln : Bien.
Il l'emmena alors à l'aéroport. Sur le chemin, il ne cessa de se demander s'il ne devait pas dire tout ce qu'il savait à son frère pour le retenir parce que, pour ça ou par pur égoïsme, il voulait que Michael reste. Mais il n'en fit rien et regarda simplement son frère embarquer avec un pincement au cœur.
Lorsque Lincoln rentra chez lui une demi-heure plus tard et que Sara croisa son regard, elle comprit immédiatement qu'il avait été voir Michael. Il semblait triste, et sur un type comme Lincoln, qui ne laissait jamais paraître ses sentiments, c'était une chose étrange. Il s'assit face à Sara qui était attablée devant un bol de café. Elle le dévisagea un instant.
Sara : Tu es allé le voir, n'est-ce pas ?
Il hocha la tête lentement pour dire oui.
Sara : Et ?
Il releva les yeux et la regarda.
Lincoln : Il est parti…
Il vit les yeux de la douce jeune femme se remplir de larmes. Elle savait qu'il devait partir mais apprendre qu'il s'éloignait d'elle de minutes en minutes, était devenu une réalité très douloureuse. Elle s'effondra en pleurs sous le regard impuissant de Lincoln. Au bout d'un certain temps, il se leva et fit le tour de la table pour la serrer dans ses bras. Elle se laissa aller à cette étreinte fraternelle et pleura de plus belle. Il déposa un baiser sur son front et lui murmura des mots rassurants.
Lincoln : Je suis là Sara…
Ils restèrent ainsi un long moment, les larmes de la jeune femme ne s'asséchant que difficilement.
