Chapitre 1 :
Voici le premier chapitre dans lequel les tortues font leur apparition, bien qu'elles n'aient pas encore le rôle principal... Je vous laisse le découvrir.
Bonne lecture
Décidément, sortir ce soir n'avait vraiment pas été une bonne idée.
Ça lui apprendrait à vouloir soulager un peu le poids de la responsabilité qui pesait sur les épaules de ses fils en participant à l'une de leurs patrouilles de surveillance nocturne. En récompense, le ninja se retrouvait à présent encerclé par un groupe d'une vingtaine d'opposants, armés jusqu'aux dents d'objets en tous genres allant de la simple batte jusqu'au pistolet, en passant par tout un assortiment de lourde chaîne et autres barres en métal. Ils n'avaient pas l'air de combattants entraînés, malgré tout ils étaient clairement organisés et la colère comme la peur pouvait également être de très bons stimulants.
Il en avait déjà mis une bonne dizaine à terre mais en recevant un troisième coup plus douloureux que les précédents au niveau des côtes, le rat géant au pelage brun parsemé de poils gris vêtu d'un kimono noir élimé songea qu'il devenait trop vieux pour ce genre de fantaisie.
Comme pour confirmer ses sombres pensées, il fut rapidement submergé par le nombre de combattant et se retrouva à terre à son tour, incapable de résister plus longtemps à la violence de ceux qu'il affrontait…
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Le ciel noir de nuage ainsi que l'air lourd ne présageaient rien de bon.
Il va pleuvoir, c'est sûr, songea la jeune fille qui resserra d'une main les pans de son sweet-shirt à capuche contre elle, l'autre tenant fermement la béquille avec laquelle elle marchait. La nuit n'était pas très avancée, néanmoins cela ne l'empêchait pas d'avoir froid et de jeter autour d'elle des coups d'œil méfiants. Plus vite elle serait chez elle, mieux elle se sentirait.
C'est toutefois en traversant une ruelle apparemment déserte qu'elle assista à une scène horriblement violente et malheureusement terriblement commune dans les environs.
Un groupe de malfrat étaient en train de s'acharner sur une silhouette immobilisée au sol qu'elle eut d'abord du mal à discerner. Ce qui était sûr, c'était que la pauvre victime s'était vaillamment défendue à voir le nombre d'assaillants qui se tenait en retrait, courbés par la douleur et soutenu par leurs collègues. Seulement à présent, son corps ne réagissait plus aux coups de ses agresseurs. Elle était probablement inconsciente.
La gorge serrée, prise d'une soudaine angoisse à l'idée d'être aperçue, Rila se stoppa à l'angle du mur qui la séparait encore de la voie où se déroulaient les terribles événements. Le cœur battant à tout rompre, elle resta là un moment, n'osant pas bouger pour ne pas attirer l'attention, espérant de tout son être que les criminels ne la verrait pas.
Après quelques interminables et atroces minutes durant lesquelles elle se maudit de son impuissance, les bruits de coups cessèrent enfin et le groupe déserta les lieux en partant par l'autre côté de la ruelle, la laissant hors de danger. Elle attendit encore un peu avant de quitter sa cachette de fortune.
En passant devant la petite allée sombre, elle ne put s'empêcher de jeter un coup d'œil.
Le mieux aurait été de s'éloigner d'abord puis de lancer un appel anonyme pour prévenir la police. Cependant, en avisant la forme étendue sur le bitume poisseux entre les quelques poubelles entassées au milieu du passage, une impulsion la poussa soudainement à vouloir s'assurer de l'état de la victime. Elle ne pourrait sans doute pas faire grand-chose avant l'arrivée des secours mais être présente lui permettrait de ne pas culpabiliser par la suite et éventuellement de retarder un autre incident.
Prenant son courage à deux mains pour se prémunir du choc qui serait surement de mise à la vue du corps mutilé, elle avança prudemment en serrant d'avantage sa béquille dans l'espoir de se rassurer un peu et d'avoir quelque chose sous la main, au cas où… Cependant, le choc qu'elle reçut effectivement en s'approchant de la silhouette immobile ne fut pas celui auquel elle s'attendait. Ce ne fut pas le fait de le voir blessé qui chamboula tant la jeune fille, mais plutôt de constater que la forme qui gisait dans son propre sang n'avait rien d'humain.
Il s'agissait d'un animal étrangement anthropomorphe couvert d'une fourrure en pagaille avec de grandes oreilles, des pattes aux doigts griffus, une queue couleur chair à l'aspect rêche et un fin museau entrouvert d'où dépassaient deux longues dents. Il était clairement de la famille des rongeurs, même si sa taille était impressionnante, l'habit qui le couvrait ainsi que sa coupe de… cheveux ? … lui donnait un aspect civilisé.
Rila balaya tout de suite l'idée qu'il puisse s'agir d'un costume en raison du sang et des plaies qui couvraient ses membres, ce qui la plongea dans une réelle stupeur face à cette découverte.
Elle ne pouvait certainement pas appeler les secours.
Cette pensée la traversa et s'encra dans sa tête comme une certitude. Si elle demandait de l'aide à quiconque pour s'occuper de cette chose, elle risquait soit de lui attirer des ennuis, soit de passer elle-même pour quelqu'un de complètement dérangée. Hors aucune de ces deux solutions n'étaient envisageable.
Heureusement, ou malheureusement pour elle, la jeune fille n'était pas dotée d'un esprit très rationnel. Une fois le choc passé, la panique l'assaillait encore de toute part et elle se mit à envisager les possibilités qui s'offraient à elle.
Fuir aurait été une bonne chose mais comment l'assumer ? Rester plantée là pour tenter de trouver des réponses inaccessibles au flot de question qui lui tourmentait l'esprit ne servait à rien. Elle avait déjà tiré un trait sur l'intervention des secours. Abandonné la victime à son sort ?
Ce fut cette idée qui la tira de ses tourments, lui faisant réaliser qu'en effet, elle était face à une victime. Et quelle que soit sa nature, cette dernière avait besoin d'aide.
Forte de ce raisonnement simple, elle prit sa décision avec assurance malgré l'incongruité de la situation. Son appartement n'était pas très loin et à cette heure-ci il n'y avait personne dans les rues alentour. Elle coinça donc sa béquille dans la hanse de son sac à dos et pris appuis sur sa jambe fragile pour se rendre compte qu'elle était capable, pour le moment, de supporter son poids. Elle se rapprocha ensuite davantage du… de la… chose allongée par terre, qu'elle décida d'appelé « le rat » étant donné que c'était l'espèce la plus proche de celle à laquelle il semblait appartenir. Une fois qu'elle ne fut plus qu'à quelques centimètres, elle se pencha pour être à sa hauteur et tendis une main hésitante.
Il ne réagit aucunement à son contacte, en revanche elle put constater qu'il respirait encore. Le bouger n'allait pas être la meilleure chose à faire pour améliorer son état mais elle n'avait pas le choix. Elle ne pouvait pas le laisser là.
Prenant une inspiration, elle s'attela à la tâche en soulevant la créature par le bras pour la faire passer dans son dos, par-dessus son sac et ainsi répartir son poids de manière à pouvoir le porter plus aisément. Du moins c'est ce qu'elle se dit avant de constater que ce rat, malgré sa taille restant dans les normes humaines, était plus grand qu'il n'y paraissait et pesait donc bien plus lourd que ce à quoi elle s'était attendue !
Elle mit plus d'une demi-heure à le traîner jusque chez elle clopin-clopant, le plus difficile étant le passage des escaliers qu'il lui fallut gravir pour parvenir jusqu'à l'étage de son appartement. Elle préféra d'ailleurs emprunter les échelles de services pour risquer de ne croiser personne. Les passerelles étant assez larges, elle n'eut pas de problème pour s'y maintenir en équilibre. Malgré tout, il lui fallut un gros effort pour hisser le poids du corps qu'elle portait avec elle.
Heureusement, la fenêtre de secours qui donnait sur le balcon en ferraille branlant était celle de sa chambre. Elle put donc allonger rapidement la créature sur son tapis après l'avoir traîné à l'intérieur. Elle s'interrogea ensuite sur la marche à suivre.
Avoir une espèce d'animal mutant poilu et inconscient dans la pièce qui constituait son espace de vie privé n'était pas dans ses habitudes. Elle prit donc le parti d'agir comme elle l'aurait fait pour un être vivant normal, à l'exception près que la situation n'avait rien d'ordinaire.
En plus de la trousse de secours, elle ramena également avec elle un ustensile pouvant lui servir à se défendre au cas où la créature viendrait à se réveiller et se montrer hostile. Un couteau lui avait paru trop agressif, un torchon peu pratique et une tapette à mouche totalement inutile. Elle avait donc opté pour une poêle de taille et d'épaisseur respectable qu'elle posa près d'elle tout en ayant fermé les rideaux pour éviter que les voisins d'en face ne puissent voir ce qui se passait. Après avoir disposé autour d'elle le peu de matériel médical qu'elle avait en sa possession, elle se mit au travail.
Elle batailla longtemps pour parvenir a effectué des soins à peu près corrects, remerciant ses études actuelles pour les connaissances théorique de soin qu'elle avait apprises. Puis elle nettoya et rangea son matériel pour ensuite s'éclipser dans la seconde pièce de son minuscule logement. Là elle s'affala sur le petit canapé, éreintée, et fixa son regard sur un point invisible en se disant qu'en fin de compte, ce qu'elle venait de vivre confirmait ce que certaines personnes de son entourage disaient dans son dos avant son départ : à savoir que depuis l'accident, elle était certainement devenue folle.
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Lorsque Splinter ouvrit les yeux, il ne reconnut pas l'endroit où il se trouvait. L'espace était beaucoup plus restreint que là où il avait perdu connaissance, moins humide, et la lumière y était plus chaleureuse.
La douleur se rappela alors à lui et il tenta de se redresser en étouffant un gémissement pour constater les dégâts. À sa grande surprise, il n'était pas couvert de sang et son pelage avait été nettoyé, ses plaies désinfectées et ses articulations endommagées avaient été soigneusement bandées. Ce n'était certainement pas là l'œuvre de ses fils. D'autant plus que s'il s'était trouvé au repère il s'en serait rendu compte. Hors, la pièce qui l'entourait était meublée différemment. De façon spartiate et fonctionnelle certes, mais également pourvu d'une touche d'intimité qu'il trouva des plus singulières. Lui qui s'était attendu à se retrouvé battu et enchainé. Enfermé quelque part en vue qu'on lui fasse passer un moment des plus désagréables. Ou bien encore allongé parmi les déchets dans cette même ruelle sale où il s'était évanoui. Il se réveillait à présent dans une chambre simple et confortable, le corps pensé et allongé sur la surface moelleuse d'un tapis rehaussé de plusieurs couches de serviettes spongieuses.
Désireux de ne pas s'attarder, il hésita malgré tout entre pousser plus loin les investigations ou profiter de la solitude pour s'éclipser rapidement par la fenêtre. Il n'eut cependant pas le temps de se décider car un mouvement attira subitement son attention vers la porte d'entrée de la pièce.
Sur le palier se tenait une jeune fille assez petite, bien en chair et vêtue sobrement, avec des yeux kakis écarquillés d'effarement. Elle brandissant dans ses mains une poêle à frire en fonte clairement assez lourde pour assommer un homme, ou un rat.
Un moment de silence pesant dura quelques secondes. Aucun des deux n'esquissa le moindre geste, se contentant de dévisager l'autre avec stupéfaction en attendant inconsciemment une réaction.
Enfin le vieux rat pris la décision d'agir pour tâcher de ne pas effrayer davantage celle qui, de toute évidence, était sa bienfaitrice. Il effectua un mouvement de rotation volontairement lent, sans brusquerie, pour se retrouver sur les genoux en position assise. Il prit conscience durant la manœuvre que l'une de ses pattes antérieurs était sans doute tordue mais il n'en tint pas compte. Après avoir adopté une posture plus convenable, il s'éclaircit la gorge pour pouvoir parler distinctement d'une voix qui se voulait sincère et apaisante :
« Mademoiselle, merci de m'avoir amené ici et de m'avoir soigné. Sachez que vous n'avez rien à craindre de moi, je vous le promets. »
Au son de sa voix, les yeux déjà écarquillés de la jeune fille s'agrandirent encore davantage. Elle se tortilla, déconcertée, puis tenta plus ou moins de reprendre contenance avant de s'exprimer avec incertitude. Peinant à formuler sa pensée de façon cohérente.
« Ha… Je… heu… de rien ? Enfin… je veux dire… heu… »
La rat se montra patient, sachant pertinemment à quel point son apparence aussi bien que son existence pouvaient se montrer déstabilisantes pour toute personne y étant directement confronté. Finalement, son attitude maîtrisée fini par payer car la jeune humaine ne sembla pas vouloir prendre la fuite ni se mettre à hurler. Elle tenta plutôt, de façon surprenante, d'engager la conversation.
« Je… j'ai vu ces type vous agressé et… et… quand je vous ait vu, après qu'ils soient parti, j'ai… je n'ai pas voulu appeler la police. » Expliqua-t-elle en balbutiant maladroitement avant de parvenir à fixer son esprit sur ce qui, pour le moment, lui semblait la seule chose susceptible de soulager son trouble. « Pardon mais, vous… vous êtes quoi, au juste ? »
« Disons simplement, que je suis un mutant. » répondit celui-ci sans se vexer. « Et que je voue ma vie à la protection de cette merveilleuse cité qu'est New-York. Même s'il semblerait que, comme vous avez pu le voir, aujourd'hui n'ait pas été l'un de mes meilleurs soirs. »
Rila hocha automatiquement la tête, le temps d'assimiler et de digérer l'information. Étrangement, cela lui permis de recouvrer en partie son calme et un peu de sa lucidité irrationnelle. Elle se détendit et abaissa enfin son arme de fortune, décidant de lui accorder le bénéfice du doute.
« Donc, vous êtes une espèce de rat géant doué de conscience et vous agissez pour la sécurité en vous battant contre des criminels. » Résuma-t-elle.
« Et moi je suis en train de m'adresser à un rongeur qui parle, et que j'ai soigné et ramener chez moi ! ». pensa-t-elle ensuite, comme pour mettre en évidence l'absurdité de la situation.
À ces mots, le mutant passa une main dans sa… moustache, qui pendait de chaque côté de son museau et lui donnait l'air d'un sage en pleine méditation.
« C'est en effet, une façon de voir les choses. » Répondit-il, songeur.
Le silence revint et la jeune fille en profita pour laisser la curiosité l'emporter sur la peur et la raison. Elle entra dans la pièce pour venir s'asseoir à son tour en tailleur devant cette créature aussi étrange que fascinante. Posant sa poêle près d'elle en guise d'acte de paix.
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À plusieurs kilomètres de là, sur le toit d'une des plus hautes tours de New-York, quatre imposantes silhouettes aussi discrètes que des ombres dans la nuit* se tenaient perchées. Attentives, face à un amas de bâtiments impressionnants qui s'étalait à perte de vue, illuminé par les phares de la ville.
« Il devrait être de retour depuis plus d'une heure. » Lança l'une d'entre elles sur un ton légèrement préoccupé à l'attention des trois autres. « Je ne capte toujours aucun signal à proximité. »
« Il est peut-être déjà rentré au repère. » Rétorqua une autre voix nettement plus grave sur un ton plutôt désinvolte.
« Il nous avait donné rendez-vous. » Statua un troisième avec assurance.
« Ouais, mais on est arrivé en retard. Il nous a p't'être pas attendu. » Répliqua une fois de plus la voix grave appartenant à la forme la plus imposante des quatre.
« Si y faut, il lui est peut-être arrivé quelque chose… » supposa le quatrième, et le plus jeune, d'un ton à la fois inquiet et plein de sous-entendus.
Cette remarque suscita un grondement de dépit de la part de celui qui avait la voix grave.
« Qu'est-ce que tu voudrais qu'il lui arrive ? » Répondit la troisième silhouette qui semblait être la plus calme. « Maître Splinter n'est pas du genre à s'attirer des ennuis. »
« Ni à arriver en retard. » Fit remarquer celui qui avait parlé en premier tout à l'heure.
Cette fois, ce fut à son interlocuteur de pousser un soupir résigné avant de demander sérieusement :
« Et qu'est-ce que tu voudrais qu'on fasse ? »
« C'est toi le chef. À toi de me le dire. » Répliqua l'autre.
« Je vous l'ai déjà dit. » Trancha la voix calme avec une pointe d'autorité. « On attend ici jusqu'à ce qu'il revienne. Il ne devrait plus tarder maintenant. »
Même lui n'en était pas convaincu, mais que pouvaient-ils faire d'autre de toute façon ? Partir à la recherche de leur maître serait comme se lancer à la poursuite d'une aiguille dans une botte de foin.
« Léo. Il vaudrait peut-être mieux rentrer pour voir si Raph a raison et s'il n'est pas déjà retourné au repère sans nous attendre. » Lança néanmoins la voix de la raison.
Le mutant au bandeau bleu sorti brusquement de l'ombre d'une antenne pour se rapprocher de ses frères, tous rassemblés au bord du toit, observant d'un œil distrait l'activité éloignée qui régnait en contre-bas.
« Bon très bien. » Céda-t-il au bout de quelques secondes de réflexion. « On va faire ça. Mais si Raph à tort et qu'il n'est pas encore rentré, on devra tenter de le localiser autrement. Donnie, tu pourras t'en charger ? »
« Pas s'il a évité les caméras de surveillance. À moins qu'il n'ait emporté avec lui un quelconque émetteur que j'ai fabriqué pour le genre de mission où on se sépare. Sinon je pourrais toujours retracer son parcours potentiel en prenant en compte ses préférences et sa façon d'agir en situation d'extérieur… »
« Bien. Ça ira. » L'interrompit le leader avant que son cadet ne commence à déblatérer tout un panel d'explications scientifiques sur la façon dont il allait s'y prendre pour accomplir cet exploit.
Puis il se pencha par-dessus le rebord en parpaing afin d'analyser leur prochaine action.
« À mon signal, on y va ! »
Il se précipita alors d'un bond vertigineux dans le vide, aussitôt suivi par les trois autres tortues masquées. Effectuant une série de pirouettes agiles et de sauts périlleux impressionnants, ils regagnèrent le bas de l'immeuble avant de s'enfoncer dans un labyrinthe de rues transversales dont la disposition n'avait plus le moindre secret pour eux. Après plusieurs minutes de courses folle à bondir dans les airs pour passer de toit en toit et traversé la masse géométrique de bâtiment qui les séparaient de leur destination, ils plongèrent finalement dans un ensemble parfaitement coordonné par les années de pratique dans la bouche d'égout la plus proche. Regagnant enfin la sécurité des sous-sols, ils laissèrent s'exprimer leur énergie dans un ballet maîtrisé de pirouettes ninja qui les conduisit jusqu'à la porte du repère.
Ils pénétrèrent dans l'antre qui leur servait de foyer, regagnant le confort relatif de l'espace qu'ils avaient aménagé et occupé depuis l'année précédente. Tandis que trois d'entre eux prenaient le temps de se poser un peu après ce retour de mission nocturne, Léonardo ne perdit pas une seconde et se lança à la recherche de son mentor.
L'endroit s'avéra rapidement vide d'une autre présence que la leur. Comme il l'avait craint avant de décider de revenir au point de départ, leur père n'était pas là. Ce qui ne pouvait signifier que deux choses : soit il avait lui aussi pris un peu de retard et il n'allait pas tarder à faire son apparition soit il lui était véritablement arrivé quelques chose, auquel cas il fallait absolument découvrir le fin mot de l'histoire.
D'un pas impérieux, il rejoignit son frère au bandeau mauve déjà penché sur ses écrans pour lui ordonner de lancer les recherches. Le génie s'exécuta sous les regards à la fois attentifs et inquiets des trois autres mutants.
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Pendant que ses fils s'affairaient à retrouver sa trace, le vieux rat bavardait de façons sereine avec l'humaine insolite qui lui faisait face et qui l'assaillent d'un flot intarissable de questions, sans paraître se formaliser de son aspect ni de l'étrangeté de ce qu'il lui racontait.
Après tout, se dit-il, elle avait bien dû assister à l'attaque extraterrestre qui avait eu lieu quelques semaines auparavant. Cela avait sans doute remis en question sa perception de la « normalité ». Elle semblait très réceptive à la situation pourtant peu commune qu'elle traversait, ce qui devait être rare pour une personne banale. Le mutant mesurait donc sa chance d'être tombé sur quelqu'un d'aussi ouvert à ce qui pouvait pourtant paraître contre-nature.
Au bout de plusieurs minutes de discussion, Rila se perdait dans un flot de réponses à ses interrogations tandis que le monde semblait soudainement s'éclairer autour d'elle. Cela lui permettait à présent de mieux cerner tous ces faits incompréhensibles qui avaient eu lieu et que personne n'avait su expliquer autrement que par des théories farfelues, sans parvenir à trouver la moindre parcelle de vérité cohérente. Au fur et à mesure que le sage rat lui apportait les éclairements dont elle avait besoin, elle se prit à vouloir en apprendre encore d'avantage sur cet univers qui l'entourait et qu'elle redécouvrait soudain de façon stupéfiante.
J'espère que ce premier chapitre vous a plu. Surtout n'hésitez pas à commenter :)
(Pour ceux qui aurait déjà lu mon OS, vous l'aurez sans doute reconnu ! J'espère que ce qui arrive ensuite saura vous satisfaire.)
Je vous dis à bientôt pour la suite !
