Rebonjour tout le monde !
Je poste directement le chapitre 1 car je sais que c'est chiant de n'avoir que le prologue d'une fiction donc voila voila...
Lâchez vous dans les reviews !
Bonne lecture !
Chapitre 1 : Cassie & Alan
Les élèves avaient les yeux fixés sur la petite aiguille de la drôle d'horloge en forme de hiboux du professeur Nicolson, un homme approchant la retraite et enseignant les Sciences de la Vie et de la Terre. Inutile de préciser que les étudiants ne s'intéressaient pas vraiment à la reproduction des escargots ou à l'évolution humaine dans le temps. Non, car dans 30 secondes, la sonnerie annonçant la fin des cours allait retentir. Et les adolescents seraient en vacances.
Certains avaient la jambe qui tressautait d'impatience, d'autres étaient affalés sur leur table, la chaleur de la salle et l'accumulation des mois de cours les assommants pour de bon. Parmi les chaises et les bureaux, on comptait quelques places vides. Seuls les plus courageux ou ceux qui ont étés forcés de venir sont en cours, pour le dernier jour de l'année scolaire et dernière fois qu'ils sont au collège.
La sonnerie stridente fut recouverte par le bruit des chaises raclant le sol et les cries de joie des jeunes étudiants. La rapidité à ranger leurs affaires dans leur sac atteignait des sommets pour certains, afin de pouvoir s'échapper le plus rapidement de l'établissement. D'autres traînaient un peu, sortant de leur sommeil ou voulant prendre leur temps, n'ayant pas spécialement hâte de partir du grand bâtiment où était né des amitiés, des rivalités, de bons et de mauvais souvenirs.
« Cassie, sous ton bureau. »
L'interpellée jeta un coup d'œil sous la petite table, apercevant qu'elle avait effectivement oublié deux cahiers et ses crayons de couleurs. Elle soupira à l'idée de rouvrir son sac pour essayer de loger ses affaires dans le bazar sans nom habitant son cartable. Cassie essaya tant bien que mal de faire rentrer les fardeaux mais ne réussit qu'à mettre la petite trousse. Elle abandonna et jeta ses cahiers dans la poubelle de son professeur.
« C'est effectivement une solution. Il faudrait quand même que tu perdes cette habitude de laisser des choses sous ton bureau.
- Pourquoi ? Tu es toujours là pour me rappeler toutes les choses que j'oublie. »
La réplique sembla amuser l'interlocuteur de la jeune fille car il afficha un sourire discret. Alan Woods, jeune américain arrivé dans la petite région de Surrey il y a quatre ans, était perché sur son mètre quatre-vingt-dix. Un corps musclé par le rugby, des épaules larges et carrés pour des hanches étroites. De longues jambes fuselées et des bras costauds, une peau halée se confondant avec ses cheveux blonds foncés, faisant ressortir ses yeux bleus. Les traits fins de son visage et son nez droit adoucissaient l'apparence robuste et solide du jeune homme. A peine quinze ans et Alan était ce que l'on pouvait appeler quelqu'un de bien charpenté.
« C'est sûr, sans moi, que ferais-tu ? »
Cassie lui montra un visage boudeur, imitant un petit enfant fâché avant d'éclater de rire. Elle attrapa son sac et sortit de la salle surchauffée, le blond à ses cotés. Alors que les couloirs se vidaient, ils entreprirent de se promener dans le collège, se rappelant les bons moments passés à certains endroits.
Lorsqu'il fut temps de passer le portail blanc pour sortir de l'établissement, un silence maussade s'installa entre eux. Les deux jeunes gens marchèrent lentement, n'osant pas briser le calme entre eux. Alan en profita pour détailler Cassie. Ses longs cheveux chocolat ondulés étaient parsemés de mèches lisses, un grand mystère car elles étaient naturelles. La chevelure contrastait avec la peau incroyablement diaphane que certains qualifieraient de morbide. Un corps élancé avec de fines et longues jambes, des hanches légèrement développées et une taille marquée. Un ventre plat, une poitrine apparente. De frêles épaules supportant un long coup gracile. Des lèvres pleines et pâle, un petit nez fin et des pommettes arrondies. De grands yeux clairs, entre l'argent et l'or blanc, entourés par de longs cils bruns. Le visage de l'adolescente gardait quelques traits enfantins, au grand damne de la jeune fille car son mètre soixante deux accentuait l'aspect frêle de la brune.
En quatre ans, Cassie n'avait pas particulièrement grandit, mais il était certain qu'elle devenait peu à peu une femme.
« Tu me regardes. »
Ce n'était pas une question, une simple affirmation et l'adolescent ne fut pas surpris de s'être fait prendre. Alan enfonça ses mains dans ses poches et haussa les épaules. Il n'était pas du genre bavard et préférait observer chaque choses autour de lui. Un caractère que son amie devait bien apprécier car elle ne lui avait jamais posé de questions sur son attitude taciturne.
« A quoi pensais-tu ? »
Le silence lourd avait finit par agacer Cassie. Bien qu'elle aimait le calme, la brune voulait balayer l'ambiance morose installée entre eux. Commencer les vacances ainsi était vraiment dommage.
« Au fait que tu n'as pas grandit. Tu es vraiment petite. »
Le ton moqueur du garçon amusa la jeune fille. Elle emboîta son coude à celui de son ami. Évidemment, à côté d'un géant comme le blond, elle semblait minuscule. Pourtant, elle était plus grande que certaines de ses camarades ne dépassant pas les soixante.
« Je vous signale, mon cher, que je fais maintenant un mètre soixante-quatre et demi ! Vous ne racontez que des inepties ! Je ne dois en aucun cas être blâmée parce que vous êtes trop grand !
- Pardonnez moi princesse, je ne voulais en aucun cas vous offenser ! Il est sûr que deux centimètres de plus chez vous, cela se remarque ! Et je vous demande pardon de mon impudence à être si grand, je devrais être pendu pour cela.
- Deux centimètres et demi ! »
Ils rigolèrent, leur cœur s'allégeant et la pression retombant.
« A quoi pensais-tu ? »
Cassie ne fut nullement étonnée de la question. A vrai dire, elle en profita même pour aborder le fameux sujet fâcheux.
« A ce qui t'inquiète tant. »
Le visage du blond se ferma aussitôt. Ses sourcils fournis se froncèrent et sa mâchoire se contracta. Cassie en fût étonnée, était-ce si important pour lui ?
« Tu sais, nous serons dans le même lycée. Ce n'est pas comme si il y en avait beaucoup à Little Whinging ! Et nous avons pris les mêmes options, nous serons dans la même classe. Nous serons ensembles. Je ne vais pas m'écarter de toi. Promis. »
Alan ne répondit pas mais son amie savait qu'il était ému. Quand l'américain était arrivé pour sa première année de collège, il ne connaissait personne. Il venait fraîchement d'arriver des USA et ne connaissait absolument personne. Déjà, il avait un corps athlétique et plusieurs filles s'étaient présentées à lui. Beaucoup de garçons avaient tenté de prendre contact avec lui. D'un naturel discret et introverti, les enfants autour de lui avaient commencé à le trouver trop... silencieux. Bizarre. Seule Cassie était restée. Elle avait moins de problèmes à communiquer avec les autres, mais à ce temps là, elle était timide. Maintenant, elle s'était affirmée et Alan avait peur.
Et Cassie le savait bien, elle faisait tout pour rassurer son ami. La brune décida néanmoins de changer de sujet, ils discutèrent de leurs projets pour les vacances puis, Alan laissa la brune devant chez elle.
Celle-ci ouvrit la porte en bois et se déchaussa. Elle laissa son sac sous le porte-manteau et annonça à forte voix sa présence. Seul un bruit d'eau lui répondit. Elle ne s'en offusqua pas et se dirigea dans la cuisine. Cassie y trouva une petit plateau avec des toasts, du miel d'oranger et une tasse de thé au jasmin encore chaud. Décidément, sa tante Melinda était un ange. Qu'aurait-elle fit s'il y a 15 ans, sa tutrice n'aurait pas voulu d'elle ? Melinda Lawford n'était pas vraiment sa tante à proprement parler. Tout ce que savait Cassie, c'est que quelques heures après sa naissance, une femme blonde habillée d'une lourde robe de velours vert et d'une cape noire l'avait déposé dans les bras de la jeune Lawford.
Ce jour-là, Melinda et son frère Stephen, âgés respectivement de 22 et 25 ans, s'étaient retrouvés à la charge d'un bébé emmitouflé dans un châle blanc et ornant un collier autour du cou. Deux ans plus tard, Stephen emménageait avec sa petite-amie, dans un appartement d'une ville voisine, acheté grâce à une partie de son héritage venant de leurs parents. Depuis, chaque mois, Cassie recevait une lettre de celui qu'elle considérait comme son oncle. Melinda Lawford, ayant elle aussi reçut un certain pactole, s'était avec plaisir occupé d'un enfant. Elle n'avait jamais caché à Cassie la vérité, et elle lui en fut reconnaissante.
Alors que la brune mettait sa vaisselle dans le lavabo, une femme mince aux cheveux, d'un violet pâle, courts se jeta sur elle pour lui claquer une bise sur la joue. Aux cheveux... Violets ?
« Tu as fait une nouvelle couleur ?
- Bonjour ! Moi aussi je vais bien, et je suis aussi contente d'être en vacances ! »
Rigola Melinda, se moquant clairement de la surprise de sa petite protégée. Elle avait profité de l'absence de Cassie pour se refaire une beauté pour l'été et pour se prendre des vacances, afin de profiter de l'adolescente.
« Ça me va bien ?
- Mieux que le vert, sourit la jeune fille.
- Laisse moi la vaisselle et le repas ! A la place, ma petite Cassie, je vais te charger d'une mission ! J'ai gagné un paquet de croquette en allant au supermarché, et vu que l'on a pas de chat, tu pourrais l'apporter chez Madame Figgs à Wisteria Walk. Tu sais, en face du 4, Privet Drive, la maison des Dursley. »
Cassie voyait très bien de qui parlait sa tante. Arabella Figgs, souvent appelée « La folle aux chats » vivait toute seule avec ses multiples félins. C'était une femme très mystérieuse et qui avait la réputation, auprès des gamins du quartier, d'être une sorcière. Quant à la famille Dursley, elle les connaissait bien pour avoir été dans les mêmes écoles que le môme Dudley. Le père était un gros lard vaniteux, la mère une petite bonniche folle furieuse et le fils... Un sale gosse pleurnichard, une vrai tête à claque. Cassie s'était toujours tenue à l'écart de ce genre de personnes. Tout ce qu'elle savait, c'est que Dudley s'amusait à raconter qu'il avait un cousin, un « vrai monstre » , qu'il adorait chasser. Autrement dit, ce gamin était un vrai psychopathe aux yeux de la brune.
Cassie attrapa le sac de croquette, et avant de partir, elle entendit sa tante lui parler.
« Tu sais ce que j'étais en train de me dire ?
- Non mais à chaque fois que tu dis ça, je finis toujours par le savoir, que je le veuille ou non !
- A force de t'appeler par ton diminutif, tout le monde va oublier ton prénom ! Ce serait bête !
- Ce n'est pas de ma faute si j'ai un prénom trop long ! Cassie, c'est court et simple. Très pratique ! »
Le sachet de croquette à la main, Cassie toqua à la porte. Celle-ci devait être mal fermée car elle s'ouvrit doucement, sans que la poignée ne soit tournée. Interloquée, l'adolescente entra dans la petite maison. Au sol, jonchaient d'innombrables nuages de poils d'animaux de toutes les couleurs. Une odeur de choux pourri emplissait les narines de Cassie, elle pouvait apercevoir la poussière voler, les toiles d'araignées recouvrant les poutres du plafond et des piles de vieux journaux. Quelqu'un vivait vraiment ici ? Ce n'était pas la première fois qu'elle allait chez Madame Figg, mais elle ne se rappelait pas que l'endroit était aussi sale ! Des panières pour chats encombraient la porte menant à la cuisine, des bols renversés traînaient à côté d'une grande flaque blanche. Des boules de laine étaient à moitié déroulée dans toute la pièce.
Cassie resta septique un bon moment. Madame Figg avait toujours veillé à la propreté, au rangement de sa maison pour le bien de sa dizaine de chats et d'elle même. Alors comment se faisait-il que la maison soit dans cet était ? Et si il était arrivé quelque chose à la pauvre femme ? Inquiète, la jeune fille se fraya un chemin parmi les ordures et ouvrit la porte menant à la cuisine. D'une voix forte, l'adolescente appela la vieille femme et, n'ayant pas de réponses, posa le sac de croquettes afin de la chercher. Cassie n'eut pas à chercher bien loin. Assise dans un rocking-chair, Madame Figg semblait hypnotisée par le paysage à travers sa fenêtre. Pourtant, lorsque la jeune fille s'approcha, elle put voir que les yeux fatigués de la femme étaient brillants de larmes. Une boule se formant dans sa gorge, Cassie s'éclaircit la voix :
« Madame Figg... Je... J'apporte des croquettes que nous avons gagné... Je les ai posées dans la cuisine. »
La vieille femme ne réagit nullement aux paroles de la futur lycéenne. Celle-ci se demandait même si elle avait entendu. Regardant autour d'elle Cassie put s'apercevoir que le bazars ne s'était pas installé que dans l'entrée de la petite maison. Des bocaux, des vêtements et autres bricoles semblaient vouloir prendre possession du salon. Cassie s'agenouilla devant la propriétaire et posa sa main sur celle de Madame Figg, geste qui sembla la faire réagir.
« Madame Figg... Tout va bien ? Vous ne semblez pas dans votre assiette...
- Pompom...
- Pardon ?
- Pompom a disparu. »
Cassie savait très bien qui était Pompom. C'était le chat préféré de Madame Figg. Un chat a l'apparence très spéciale car il était doté de très grandes oreilles et d'une queue... Qui semblait celle d'un lion... Le chat roux traînait souvent chez les Dursley, quand il n'était pas perché sur l'une des étagères de sa maîtresse.
« Vous savez comment sont les chats, ils peuvent disparaître pendant des jours et revenir en bonne santé !
- Pompom n'est jamais parti comme ça. Pompom n'aurait jamais... Il ne serait jamais parti. »
L'adolescente était particulièrement gênée. Que pouvait-elle répondre ? Que pouvait-elle dire de rassurant ? A court de mots, Cassie se releva et frotta ses mains contre son jean, ne sachant que faire.
« Si jamais je le vois, je vous le ramène tout de suite, d'accord ? Ici, tout le monde connais Pompom et je suis sûr que quelqu'un le trouvera... Demain, j'irais frapper aux portes des voisins. Vous... Vous semblez fatigué. Vous devriez aller vous coucher. »
Sans plus attendre, la jeune fille se dirigea vers la porte de sortie. Derrière elle, elle entendit Madame Figg se lever.
« Merci pour les croquettes. »
Cette phrase fit sourire la plus jeune qui sortit de la maison. A peine fût-elle sur le trottoir que quelqu'un la bouscula et elle atterrie sur son flanc. Cassie releva la tête, grimaçant de douleur, et vit un jeune garçon, accroupit à côté d'elle.
« Pardon ! Je suis vraiment désolé ! Excusez-moi ! Je courrais, et vous êtes sortie de nulle part... »
Cassie, ennuyée par la montagne d'excuses du jeune homme, s'arrêta sur son visage. Deux grands yeux verts, un petit nez droit, des lèvres fines et un amas de cheveux bruns. Ce qui attira le plus l'attention de l'adolescente fût la cicatrice en forme d'éclair sur le front de son interlocuteur. Celui-ci lui tendit la main, l'aidant à se relever. Cassie ne se rappelait nullement avoir déjà vu ce garçon et pourtant, la ville n'était pas bien grande. De plus, il devait avoir son âge, et elle ne l'avait jamais croisé. Il semblait particulièrement pressé et ne cessait de regarder autour de lui.
« Ce n'est pas grave, je vais bien.
- Tant mieux ! Je suis désolé, je dois partir ! »
Et il s'enfuit aussi vite qu'il était venu, ce qui amusa beaucoup la brune qui partit à l'opposé du garçon. Cassie, dans un geste habituel, porta sa main à son collier en or. Le pendentif ornant une pierre précieuse verte, un péridot, avait quelque inscriptions gravées au dos.
Cassiopeia
27 .08.1979
