Argh, connard n'a pas eu raison de moi au final. o/

Désolé du retard, mais quand ça ne veut pas, ça ne veut pas.

Bonne lecture !


Iwaizumi regarda incrédule la scène face à lui. Ses yeux clignèrent à plusieurs reprises alors qu'un cri strident se faisait entendre. Stupéfait il resta droit lorsque la jeune fille passa près de lui en le fusillant du regard alors que le sien était perdu dans celui de son meilleur ami.

Oikawa passa sa main sur sa nuque avant d'offrir un sourire forcé à son meilleur ami qui sortit de sa transe, son poing s'élançant de lui-même en direction du plus grand qui ne l'esquiva pas. Il s'écrasa contre la joue du capitaine qui ne broncha pas, retenant au possible un gémissement de douleur voulant franchir la barrière de ses lèvres. Parce qu'il le méritait tout simplement. Iwaizumi attrapa son meilleur ami par son uniforme avant de le relâcher, las. Parce qu'Oikawa agissait régulièrement comme un connard et qu'il s'y était habitué. Parce qu'Oikawa avait agît comme un connard et parce que l'acte s'était retourné contre lui, pour la première fois. Il était ciblé, il ne pouvait en être autrement. Blessé beaucoup plus qu'il n'aurait pu l'imaginer Hajime tourna les talons et quitta le couloir laissant un Oikawa encore pantelant.

Aujourd'hui et pour la première fois, Iwaizumi sécha l'entraînement. Il n'avait pas envie, tout simplement. La scène se rejouait et dansait encore et encore devant ses yeux. Lui, son meilleur ami, et elle, sa petite amie. L'un sur l'autre. La bouche du garçon s'écrasant sans honte sur celle de la fille qui l'accueillait à chaque fois dans un gémissement à peine contenu. Les mains de celle-ci glissant sur le dos musclé du passeur, les mains de celle-ci passant sous la chemise du passeur. Le temps s'était comme arrêté face à cette scène d'horreur. Trop absorbé par l'action Iwaizumi n'avait pas vu le temps passer. Il avait sûrement été le plus surpris des trois lorsque la fille avait crié, ramenant chaque personne sur terre, de façon plus ou moins brutale. Rageusement l'as pressa le pas, son téléphone vibrant contre sa cuisse lui fit stopper sa marche rapide. Il n'avait pas besoin de regarder l'écran pour savoir qui pouvait l'appeler. C'était lui, son connard de meilleur ami. Il n'avait pas non plus besoin de décrocher pour savoir ce qu'il se passerait à l'autre bout du fil, l'idiot s'excuserait sûrement, probablement. C'était sans doute la meilleure chose à faire après avoir embrassé la copine de son meilleur ami de cette façon-là. Parce qu'Hajime ne se leurrait pas, si quelqu'un avait initié le baiser c'était forcément lui. Personne n'oserait embrasser le capitaine de l'équipe de volley sans son consentement. C'était lui qui prenait, pas le contraire. Et force est de constater que cette vérité s'appliquait même sur la petite-amie de son meilleur ami.

-Connard.

En soit, l'insulte n'était pas méchante. L'autre l'avait cherché, il en avait même sûrement fait exprès. Histoire de faire tout simplement chier l'être le « plus important » de sa vie. Parce qu'Oikawa était comme ça et que le plus petit ne parvenait tout simplement pas à lui en vouloir. Parce qu'il le connaissait, et qu'il l'avait accepté, toléré. Lui et ses multiples défauts. Mais cette fois ci c'était différent. Cela devait être différent. Parce que ça ne le laissait tout simplement pas indifférent. Quelque chose se passait au plus profond de son être, et ce quelque chose lui faisait mal même s'il ne parvenait pas à mettre un mot sur ce sentiment dérangeant qui l'étreignait.


Iwaizumi soupira en regardant son téléphone, c'était la vingt-deuxième fois qu'Oikawa l'appelait, cela accumulé aux soixante et onze sms qu'il avait envoyé. Et cela tout en étant à l'entraînement. Se dire que celui-ci se terminait sous peu lui tordit l'estomac. Son meilleur ami allait sûrement essayer de passer ici lorsqu'il aurait terminé. Et ça, Hajime n'en avait pas envie. Il aurait aimé éteindre son téléphone et se pelotonner sous sa couverture pour oublier ce qu'il avait vu. Mais ce n'était pas son genre non. Alors il restait là, assis à son bureau, crayon à la main face à un exercice compliqué de mathématique qui n'avançait pas, pas qu'il n'y arrivait pas non. Son cerveau était juste trop occupé à vaguer à des choses d'un tout autre intérêt. Parce qu'il était confus, partagé entre deux sentiments qu'il n'avait pas appris à gérer. Parce qu'il avait tout simplement envie de se défouler derrière un filet et de coller sa main dans le visage de cet ahuri qui troublait ses pensées.

Hajime s'apprêtait à envoyer un message lorsqu'un appel apparût. Il se saisit du téléphone et attendit que l'appel cesse pour envoyer un bref message à son ami, Je ne veux pas te voir. Et t'entendre crut-il bon de rajouter à voix haute. Non, il ne voulait pas le voir. Pourquoi ? La question germa dans son esprit. Il n'en savait rien. L'acte l'avait blessé, c'était un fait, son meilleur ami l'avait comme trahi après tout. Etait-il seulement en colère ? Ou étais-ce autre chose ? Iwaizumi aurait aimé répondre que c'était de la colère, il aurait aimé n'avoir qu'à se défouler pour faire passer le morceau. Mais il savait que c'était différent des autres fois. Car cette fois-ci, il était jaloux. Cela devait être cela, c'était le seul sentiment logique à ressentir dans ce cas-là en plus de la colère qui l'avait étrangement fuis après quelques minutes.

Epuisé d'avoir tant réfléchis Iwaizumi se coucha sans même avoir mangé, enfin, c'est ce qu'il aurait aimé faire. Après s'être glissé sous la couette sa mère l'appela pour souper. Hajime essayer de marchander mais le tyran de femme qui lui servait de mère le força à s'installer à table, à quelques centimètres à peine d'Oikawa.

-Qu'est-ce qu'il fait la ?

Sa mère haussa un sourcil puis soupira, habituée aux sauts d'humeur de son fils. Surtout en présence de son meilleur ami.

-Il dort là ce soir, ses parents ont un imprévus et il est partit sans ses clefs.

Iwaizumi ne put s'empêcher d'adresser un regard blasé au garçon avant de lui adresser un « sérieusement ? » auquel l'autre ne répondit que par un sourire stupide.

Il n'avait pas oublié ses clefs. Ou alors il était encore plus stupide que tout ce qu'avait pu imaginer Hajime. Quoique. Connaissant l'autre… Il soupira à son tour et picora dans son assiette. Il ne fallait pas qu'il lui montre encore plus que ça l'avait affecté. Il l'avait suffisamment fait en manquant l'entraînement aujourd'hui.

Le regard du capitaine se posa sur l'as qui détourna les yeux. Et dire qu'il ne voulait pas le voir. Il n'était pas encore sur, il doutait. Et l'autre le remarquerait forcément, et il n'en avait pas envie.

-Je suis fatigué, je vais me coucher.

Sa mère soupira une nouvelle fois et lui demanda de rester à table mais le vice capitaine n'en fit rien, il se changea rapidement et se glissa sous sa couette. Ça lui faisait mal, ça lui tordait les tripes et lui humidifiait les yeux. Parce qu'il était jaloux et qu'il ne comprenait pas pourquoi. Parce qu'il jalousait les lèvres de sa petite amie sur celles de son meilleur ami. Inconsciemment les poings et la mâchoire d'Iwaizumi se serrèrent, c'était impossible, improbable, inenvisageable. Les minutes passèrent sans que l'ace ne trouve le sommeil, il tourna et se retourna dans son lit avant de prendre sa tête entre ses mains. Parfois il regrettait de ne pas être comme Hanamaki ou Matsukawa. Eux n'auraient pas été affectés par ça, auraient-ils au moins levé un sourcil face à la scène ? Probablement pas.

Des pas dans l'escalier se firent entendre. Pour ne pas être dérangé le brun se tourna face au mur et ferma les yeux. Peut-être que l'autre ne l'approcherait pas dans cette position, peut être seulement.

-Iwachan ?

C'était sûrement mal le connaître. Les poings de l'ace se serrèrent d'eux même et son corps entier se tendit lorsqu'un poids abaissa son matelas. Le capitaine ne bougea pas, puis sa main vint se poser sur l'épaule d'Iwaizumi qui tressaillit au toucher. Avant qu'il n'ait eu le temps de réagir Oikawa l'avait plaqué dos au matelas, sa bouche écrasant la sienne. Les yeux d'Hajime s'écarquillèrent alors que son cœur battait dangereusement dans sa poitrine. D'un geste brusque il repoussa le plus grand avant de s'asseoir, ses yeux lançant des éclairs par milliers.

-Putain qu'est-ce que tu fous ?!

Le passeur haussa les épaules et posa son regard sur le cadre photo accroché au mur.

-Ça ne t'a pas suffis cet après-midi peut être ? Tu es si en manque que ça ?

Le manque de colère dans la voix de son ami fit retourner le capitaine qui essaya de plonger son regard dans celui du plus petit qui lui fit de son mieux pour le fuir, allant même jusqu'à tourner la tête vers le mur. D'une petite voix le passeur demanda à Iwaizumi s'il lui en voulait. Celui-ci resta silencieux il ne lui en voulait étrangement pas, le sentiment était plus vicieux. Et il s'en était fallu de peu pour que l'autre s'en rende compte. Ses mains étaient si près de son cœur, il aurait pu le sentir. Et là, il aurait été fichu. Pas que l'autre l'aurait renié pour son attirance non, mais cela aurait flatté son égo à un point… L'ace secoua la tête pour faire sortir cette horrible pensée.

-Pourquoi tu as fait ça ? Tu as toutes les filles que tu veux mais non toi tu as préféré sauter sur ma copine.

-J'étais jaloux, Iwachan est à moi.

Une veine pulsa contre le front du vice capitaine qui ne put refréner les couleurs qui lui montaient aux joues. D'un coup sec la tranche de sa main s'écrasa sur le crâne de son ami qui ne put contenir une plainte douloureuse.

-Je t'aime.

La bouche d'Hajime s'ouvrit avant de se refermer. Son cœur se mit à battre un peu plus rapidement. Il l'aimait, évidemment, c'était son meilleur ami. Pas plus, de toute façon lui-même n'était pas certain des sentiments naissants à son égard. Iwaizumi ferma les yeux quelques instant pour reprendre contenance puis les rouvrit pour les ancrer dans deux du capitaine.

-Je sais, je suis ton meilleur ami, Iwaizumi soupira, mais tu as de drôles de façon de me le prouver.

Le plus grand pouffa discrètement avant de se mettre à califourchon au-dessus de son ami, bloquant tout mouvement de celui-ci à l'aide de ses bras. Le temps d'un instant il ferma les yeux, l'instant suivant une de ses mains glissait sur la joue de l'ace. Iwaizumi était comme pétrifié sur son lit, Oikawa était tellement proche qu'il pouvait sentir son souffle sur ses lèvres. Sa main sur sa joue la caressait presque tendrement alors qu'il se rapprochait de plus en plus, quasiment imperceptiblement. Les rougeurs du plus petit s'accentuèrent quelque peu plus avant que ses lèvres ne se fassent à nouveau écraser par celles du capitaine. Capitaine qui, après s'être reculé le temps d'un instant entama un nouveau baisé.

-Tu ne m'as pas compris. Je t'aime, Iwachan.

Les paupières du dit Iwachan clignèrent à plusieurs reprises avant que les paroles n'atteignent son cerveau. Le feu lui monta aux joues, il détourna le regard et les lèvres de son ami effleurèrent les siennes. Son organe vitale se mit à battre si vite et si fort qu'il en devint presque douloureux. Oikawa recommença une fois, puis deux, et le baiser se fit plus poussé. Une langue glissa entre ses lèvres alors qu'une main se posait sur sa poitrine. Le baiser fut rompu par le passeur.

-Et il semble que toi aussi, murmura-t-il.

Le feu aux joues Iwaizumi baissa la tête et souffla. Il n'en savait rien. C'était probable, mais inenvisageable. Quoique, avec la confession de l'autre cette possibilité pouvait s'envisager.

-Je ne sais pas, marmonna l'ace en relevant la tête, son regard croisant celui du plus grand.

-Hajime.

Les pupilles de l'ace se dilatèrent alors que ses joues rougissaient un peu plus si cela était possible. Le cœur battant à tout rompre il se jeta sur Oikawa les faisant tous les deux tomber du lit dans un vacarme montres et l'embrassa. Juste pour en avoir le cœur net pensa sa conscience, juste pour en avoir le cœur net.


Merci d'avoir lu et n'hésitez pas à laisser une review, ça fait toujours plaisir ! Oh, dites moi aussi si vous croisez des fautes, passages incompréhensibles etc etc, histoire de le corriger. (:

Bon maintenant il ne reste plus qu'à trouver le thème du troisième chapitre.

Merci mama de me relire et de m'encourager cry