Chapitre 1 : Un accident est si vite arrivé

PdV d'Arya :

C'était fait, j'étais arrivée. J'allais avoir un nouveau lycée, de nouveaux amis, une nouvelle vie en somme. C'est ce que m'avait en tout cas promis le Docteur Anubis et ses collègues. Seulement, pouvais-je réellement oublier ce qui c'était passer ? Ce changement si bouleversant ? Comment oublier qu'on était une petite fille et qu'avant même que le jour ne se lève on se relevait dans la peau d'une adulte devant être responsable et parer à tous ses besoins ?

Après l'accident, j'étais donc arrivé à Little Sweet, une petite ville dans la métropole. Calme et paisible, elle pourrait peut-être me faire parvenir à oublier. J'avais emménagé dans un petit appartement au sixième étage sans ascenseur. Et c'était en colocation, même si je n'avais pas encore vu mon coloc'. Heureusement, je n'avais pas beaucoup de loyer à payer et les charges n'étaient pas très élevées. De plus, mon oncle et ma tante allaient m'envoyer 300euros par mois pour que je puisse subvenir à mes besoins. Mais je n'irais pas très loin avec cette somme, le mieux serait donc de chercher un petit boulot. Seulement, avec le bac en fin d'année, ça risquait de s'annoncer difficile.

J'avais décidé de sortir après avoir fini de ranger mes affaires pour visiter la ville, puis j'irais me présenter à mes voisins avant de chercher un boulot pour la fin de l'été. Je fini de sortir mes dernières affaires : mes chaussons de danse, mon micro avec son ampli et un cadre photo de mes parents. J'essuyais rageusement une larme du revers de ma manche, sortis mon IPod et enfilais de quoi courir, c'est-à-dire un jogging noir assorti à une tunique gris taupe lacé dans le dos. J'attachais mes longs cheveux bruns et je sortis.

La course à pied était un de mes passe-temps favori, après la danse et le chant. Sentir le vent fouetter notre visage, soulever nonchalamment nos cheveux, s'enrouler sensuellement autour de notre corps… Bercée par le rythme de la musique je fermais les yeux, tant pis, je ne repérerai rien mais c'est tellement bon.

Je me balance d'un pied sur l'autre, en rythme avec la musique quand j'entends que la circulation se densifie. Je rouvris alors les yeux pour éviter de me faire écraser. Je regarde également autour de moi, à ma droite se trouve le parc, un espace en plein air où le monde est là tout en étant dans sa bulle. A ma gauche un centre commerciale immense qui s'élevait

J'entendis soudain un crissement de pneu, une voiture accéléra. Je tournai la tête et me précipitai sur la chaussée, ne prenant pas garde aux voitures sur la route. Une petite fille était allongée les yeux fermé, ses cheveux noirs encerclant son visage. La voiture qui était partie à vive allure venait de la renversée. La blessée ne devait pas avoir plus de neuf ans.

Je cherchais quelqu'un de regard. Les passants continuaient leur route ainsi que les véhicules qui prenaient tout de même le soin de nous éviter. Personne ne l'accompagnait. J'essayai alors de la faire parler :

-Réveilles-toi s'il te plait, réveilles toi !

Elle gémit d'une petite voix.

-Est-ce que quelqu'un est avec toi ?

-Mon grand frère est dans le parc, souffle-t-elle.

- Comment est-il ?

-C'est Castiel, le garçon aux cheveux rouges, dit la malheureuse avant de refermé les yeux.

Je la pris dans mes bras et entra dans le parc en courant. Je vu son frère… entouré d'une horde de jeunes filles hystériques. Je posais la jeune fille sur un banc et m'approcha du groupe. Je jouais des coudes, n'hésitant pas à donner des coups et renversé des fans au passage pour arriver au centre du cercle où le rouquin interrompait son morceau de guitare pour me lancer un regard assassin.

-Tu fais comme tout le monde, tu attends ton …

-Castiel, c'est ta sœur. Dis-je d'une voix assurée. Elle s'est fait renversée par une voiture, il faut l'emmener à l'hôpital.

Ni un ni deux, il abandonna sa guitare et me suivit à travers le champ de colériques. Je l'amenais vers le banc et lui disais que je courais chercher ma voiture. Je revenais avec à peine cinq minutes après. Il sauta alors dans mon cabriolet bleu lagon et j'appuyai sur le champignon.

Je slalomais entre les voitures de sorte à ce que j'arrive le plus rapidement possible à l'hôpital. La vie de la fillette est en jeu. Je ne pipai pas un mot, trop concentrée sur mon but. D'ailleurs, le gars à côté de moi n'avait pas ouvert la bouche depuis la nouvelle.

Nous atteignîmes enfin l'hôpital. Il semblait si étranger à la ville. Toutes les couleurs et les courbes étaient abandonnés au profil d'un bâtiment gris, austère et extrêmement cubique. Je me précipitais sur le parking des urgences, sautais de ma voiture et pris la jeune sœur dans mes bras. Son frère me lança un regard interloqué avant de me suivre dans le service.

Je me sentais extrêmement concerné par cette affaire, même si je ne connaissais pas les protagonistes. Après m'être battu pendant plusieurs minutes avec la dame à l'accueille, une vielle femme aux lunettes rondes et aux cheveux grisonnant rassembler en chignon, pour obtenir la visite d'un médecin le plus rapidement possible, je laissa la patiente aux mains des infirmières et je me laissa tomber dans un fauteuil dans la salle d'attente.

- Castiel et ma sœur c'est Angel, dit une voix.

Je relevai la tête, le rouquin venait de s'affalé juste à côté de moi.

- Arya.

- Tu es nouvelle ? Je ne t'ai jamais vu ici, pourtant je connais bien des filles, dit-il avec un petit sourire pervers, sans doute pour évacuer la pression.

- Je pense avoir vu ça, dis-je crispé, incapable de me détendre moi aussi. Oui, je suis arrivée il y a deux jours.

- C'est peu. Tu vas au lycée ?

- Malheureusement, oui, j'ai loupé un an.

-Si mes calculs sont bons, tu as alors 18 ans c'est ça ?

Mais qu'avait-il à me poser des questions, ne s'inquiétait-il donc pas de sa sœur ? Je répondis par l'affirmative et pris un magazine histoire d'avoir la paix. Je n'étais asociale, mais il y avait des limites en ce moment-là.

Plusieurs heures s'écoulaient. Après avoir écumée tous les magazines à ma portée, je fixai le plafond.

- Tu sais tu peux partir, proposa Castiel.

-Il faut bien que je te ramène, tu ne vas pas rentrer à pieds avec ta sœur.

Il acquiesça et nous repartîmes pour deux heures de silence quand un médecin sortit enfin de la chambre d'Angel, laissant la porte ouverte. Je me précipitai vers lui, dépassant d'une tête le grand frère de l'alitée.

-Comment va-t-elle ? Son pronostic de vie est-il mit en danger ? Dit moi que vous allez pouvoir la sauver !

-Tout va bien mademoiselle, elle n'a qu'une fracture à la jambe droite. Rien de grave.

Je soufflai, un instant j'avais cru… Mais je le connais lui ! C'est le docteur Anubis ! Mais que fait-il avec cette énorme seringue près du lit d'Angel ? Non, il ne va pas faire comme pour mes parents ? Non, il ne faut surtout pas !

Flash-Back

- J'ai une solution, mais il vaut mieux aller dans mon bureau, dit une voix derrière moi.

Je séchais mes larmes et suivit un jeune homme, de dix ans mon ainé surement. Des yeux clairs et des cheveux châtains encadrait son visage tandis que d'une voix rassurante il me dit :

-Je crois qu'on ne peut plus rien pour vos parents, malgré tout ce que dise les médecins, ils souffrent beaucoup et cela va empirer.

Je le regardais avec des yeux incrédules.

- La solution que je veux vous proposer n'est pas légale, mais elle abrègera leurs souffrances.

Je venais de comprendre. La presse en avait beaucoup parlé. Accepterais-je de faire ce pas, était quelque chose… quelque chose qui ne se prenait pas à la légère.

Il me regarda droit dans les yeux et ajouta :

-Tu n'as pas beaucoup de temps, c'est la seule solution.

Fin du Flash-Back

Il allait la tuer, comme il l'avait fait avec mes parents. Je me précipitais vers lui, bousculant au passage les gens se trouvant sur mon trajet. Je lui sautais sur le dos et me mis à le harceler de coup de poing en criant :

-Ce n'est pas la peine de la tuer elle ! Vous avez déjà tué mes parents, ça ne vous suffit pas ?!

Je sentis une paire de bras m'empoigner et mes yeux brouillés de larmes aperçurent une tignasse rouge qui m'emporta dehors sur un banc. Il se posa à côté de moi et je laissais aller ma tête sur son épaule pleurant toujours plus.

PdV de Castiel :

Pourquoi est-ce que j'étais là ? Je devrais pourtant être avec ma sœur. Seulement, impossible d'oublier les paroles d'Arya. Qu'avait-il voulu injecté à Angel ? Que ce saurait-il passé si elle n'avait pas été là pour le distraire et se faire fuir ?

Quoi qu'il en soit, je lui devais une fière chandelle. Je n'avais pas su être là lors de l'accident de ma sœur et c'était elle qui avait pris les choses en mains. Pourtant nous ne nous connaissions que de noms et ce après avoir passé plusieurs heures passées ensemble.

Et maintenant, elle était là à pleurer sur mon épaule. Une fille comme ça n'aurait pas accroché mon regard plus d'une demi-seconde, elle ne l'accrochait d'ailleurs pas, mais elle avait sauvé ma sœur à deux reprises et cela lui apportait ma reconnaissance éternelle. Ma sœur était la prunelle de mes yeux.

Il fallait quand même que je sache, comment le médecin avait-il tué ses parents ? Fallait-il que je reste sur mes gardes, je pense que oui.

-Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Je veux dire avec tes parents ?

Elle releva la tête de mon épaule, me fixa droit dans les yeux et me tourna le dos.

-Tu peux me dire non, commençais-je à m'énerver, si ma sœur craint quelque chose, tu dois me dire quoi !

- Va te faire… Je rentre ! dit-elle en se levant d'un bond.

En effet elle se dirigeait belle et bien vers le parking. Elle n'oserait pas tout de même ? Malgré l'affreuse situation dans laquelle je me trouvais, je n'oubliais pas mon charme irrésistible auprès des filles, mais elle semblait il être insensible, comme une entouré barrière impénétrable.

Alors que je courais derrière elle je m'arrêta brusquement. Moi Castiel, courir après une fille, avais-je de la fièvre ? Et d'ailleurs, pourquoi la retenir, Lysandre pourrait très bien venir nous chercher.

Je me redirigeai vers la chambre de ma sœur et le médecin (celui qui nous avait annoncé que tout n'allait bien, pas le psychopathe) nous dit que nous pouvions sortir. Je sortis mon téléphone de façon à pouvoir joindre Lysandre :

- Tu peux venir nous chercher ?

- Bonjour Castiel oui je vais bien, merci de le demander. Mais quand apprendras-tu la politesse ? Soupira le jeune homme.

-Pas tout de suite, pour l'instant j'ai besoin que tu me ramènes.

- Où est-ce que tu es encore, tu n'aurais pas pu choisir d'aller à moto chez ta conquête d'aujourd'hui.

-Je pense qu'à trois on n'aurait pas tenu sur ma bécane.

-A trois ! Castiel tu es encore plus fou que je ne le pensais !dit-il exaspérer.

-Que veux-tu, une nana à trouver Angel sous les roues d'une voiture et nous as conduit en vitesse à l'hosto.

-C'est vrai ? Rien de grave j'espère, je passe vous chercher tout de suite.

Nous attendîmes Lysandre et quand il arriva nous montâmes dans sa voiture.

-Elle est comment ?

-Qui ? demandais-je.

-La fille, tu vas la mettre dans ton lit ?

-Chut, il y a Angel !

-Non, elle dort. Alors ?

- Non, elle a sauvé Angel, je ne peux pas la rabaissé comme ça. Et puis, je ne la trouve pas particulièrement jolie.

Quoi que, pensais-je, mais était-ce elle, cette fille que j'avais détruite des années plus tôt tout en me détruisant moi-même ? Elle devait arriver bientôt, et la photo que j'avais vue d'elle lui ressemblait beaucoup.

J'allais devoir me rapprocher d'elle au plus près pour savoir, mais quel serait la suite de mes ordres ?