Chapitre 2 : John déprime...
Cela faisait maintenant 2 jours que Sherlock n'était pas rentré au 221B Baker Street, et son colocataire commençait à déprimer. John se demandait si Holmes reviendrait un jour, après tout il serait parfaitement capable de disparaître à jamais sans laisser de traces. Mais il préférait éviter de penser à cette possibilité, elle était bien trop douloureuse pour lui. Avant il n'aurait sûrement pas réagit, il avait l'habitude de perdre des personnes qu'il appréciait. Au bout d'un certain temps il avait même prit la résolution de vivre dans la solitude et de ne plus s'attacher à personne. Mais voila, Sherlock était intervenu et au lieu de se transformer en ermite John avait retrouvé l'adrénaline qui le faisait avancer. Et il avait finit par s'attacher au détective, beaucoup trop d'ailleurs. Le simple fait que Holmes ait disparu le lendemain de leur première relation charnelle faisait déjà beaucoup souffrir le soldat, sans qu'il ait besoin de se dire qu'il venait à nouveau d'être abandonné. Le soir de ce deuxième jour, John appela Lestrade et lui demanda s'il n'avait pas confié une affaire à son détective, mais ce n'était pas le cas. Sherlock n'était donc pas partit pour une enquête, Watson en déduit donc qu'il avait bel et bien fuit. Mme Hudson rentra de chez son fils ce jour là également et passa le voir pour prendre des nouvelles.
« Bonjour John, comment allez vous ? »
« Bien, et vous Mme Hudson ? Votre séjour chez votre fils c'est bien passé ? »
« Oh oui, je ne supporte toujours pas sa petite amie mais malheureusement je ne peux rien y faire. Vous êtes tout seul, Sherlock est sorti ? »
John tenta de ne pas montrer le mal que cette simple question innocente lui causait. Oui c'est ça, il était simplement sorti.
« Oui, je ne sais pas où il est, mais je suppose qu'il devrait rentrer d'ici peu. Il doit encore être je ne sais où, en train d'enquêter sur je ne sais quoi. »
« Eh bien, cela faisait longtemps qu'il n'était pas parti seul pour une enquête. Enfin, je repasserais le voir plus tard. Passez une bonne soirée. »
« Merci, vous aussi. »
Mais au lieu de s'en aller elle sembla remarquer quelque chose sur John et s'approcha.
« Vous avez une marque rouge dans le cou, qu'est-ce que... »
Après s'être suffisamment approché elle n'avait plus besoin de poser la question. Elle avait bien reconnu la marque comme étant un suçon. Elle ajouta alors :
« On dirai que vous avez trouvé une petite amie, j'espère que vous comptez me la présenter ? »
Watson rougit légèrement, il avait oublié la marque qu'il portait. Il répondit en souriant, et en sachant que ce serait totalement impossible.
« Oui, mais pour le moment ce n'est pas encore assez stable pour que je la ramène ici. Je préfère attendre. »
« Bon d'accord, mais n'attendait pas trop non plus, je suis curieuse de la voir. »
Et sur ces mots elle quitta l'appartement. Watson garda son sourire jusqu'à ce que la porte se referme et qu'il entende Mme Hudson rentrer chez elle. Dés que ce fut le cas son sourire disparut et il sentit une larme couler sur sa joue. Il s'empressa de l'essuyer et se répéta intérieurement que Sherlock était sur une affaire quelque part, et qu'il allait bientôt revenir. Oui forcément il allait revenir, il ne pouvait pas disparaître comme ça.
Le 4ème jour le brun commençait à s'inquiéter sérieusement, au point qu'il alla voir Mycroft. Il prit soin d'enfiler une écharpe afin de dissimuler la marque que lui avait laissé le détective, et qui ne pouvait qu'éveiller des soupçons de la part de son frère. Lorsqu'il entra dans son bureau ce dernier le salua avec un grand sourire.
« Bonjour Watson, que venez-vous me raconter aujourd'hui ? »
John, qui n'était plus du tout sûr du bienfait de sa prochaine question, répondit :
« Rien. En fait j'ai une question à vous poser... »
Le plus âgé des Holmes leva un sourcil interrogateur.
« Je vous écoute. »
« Eh bien, je voudrais savoir si vous avez eu des nouvelles de Sherlock ces quatre derniers jours. »
« Comment voulez-vous que j'ai des nouvelles de lui ? C'est vous qui m'apprenez tout ce que je sais sur les agissements de mon frère. Si vous ne savez pas où il se trouve, je ne vois pas comment je pourrais le savoir. »
John prit un air dépité. Il était conscient que venir voir Mycroft était stupide, et dangereux, mais il avait malgré tout eu l'espoir de trouver une réponse ici. S'il avait été dans son état normal il aurait pensé au fait qu'il n'était certainement pas le seul informateur dont disposait l'homme, mais comme ce n'était pas le cas cette idée ne lui effleura même pas l'esprit.
« C'est vrai. Désolé de vous avoir dérangé. »
Il repartit en direction de la porte, mais Mycroft, qui n'était pas le frère de Sherlock pour rien, le retint.
« Attendez, maintenant que vous êtes là asseyez-vous. Et dîtes moi ce qu'il s'est passé pour que vous soyez dans cet état. »
Watson n'avait pas vraiment envie d'en parler, et encore moins avec Mycroft, mais le regarde de ce dernier disait clairement qu'il n'avait pas le choix. Le soldat fit demi-tour et s'assit sur la chaise en face de Holmes, tout en soupirant son désespoir. Mais il ne dit pas un seul mot, il avait décidé de ne pas lâcher le morceau.
« Allons je vous écoute. Je vois très bien que quelque chose ne vas pas, et vous ne ressortirez pas de ce bureau tant que je ne saurais pas de quoi il en retourne. »
Watson soupira à nouveau, et répondit finalement :
« Il a disparu depuis quatre jours et je n'ai aucune nouvelles. J'ai appelé Lestrade mais il ne lui a donné aucune affaire, donc je n'ai aucune idée de où il peut bien se trouver. C'est tout. »
Il manquait le principal, mais selon John Mycroft n'avait pas besoin de le savoir. Sauf qu'il n'était pas si bête que ça le grand frère.
« C'est tout ? Et que s'est-il passé avant qu'il ne disparaisse ? Vous avez eu une affaire à résoudre ? »
John répondit en espérant que la conversation n'irait pas plus loin.
« Non. Aucune affaire, chacun s'occupait comme il pouvait c'est tout. »
Le soldat se maudit d'avoir une nouvelle fois terminé par « c'est tout ». Et il avait raison, cela avait mis la puce à l'oreille de Mycroft qui était maintenant bien décidé à savoir ce qu'il s'était passé.
« Et que faisait-il exactement, Je sais qu'il a tendance à ne pas apprécier l'inactivité... »
« Il a médité toute la journée sur le canapé et a finit par s'endormir. »
Watson ne voyait pas d'inconvénient à révéler cela à Mycroft, après tout ça ne voulait rien dire. Mais lorsqu'il vit l'autre homme esquisser un sourire il regretta amèrement d'avoir donné ses précisions.
« Et vous, que faisiez-vous pendant ce temps ? »
John sentait le piège se refermer inexorablement sur lui, mais il était bien décidé à ne pas tout dévoiler.
« j'ai lu tous les journaux que j'ai pu trouver, je suis sorti faire un tour, et j'ai lu un livre. »
« Et vous n'avez pas essayé de réveiller mon frère ? »
Watson tenta le mensonge, sachant le peu de chance qu'il avait de gagner à ce jeu là.
« Non. »
Mais il perdit, malgré tous les efforts qu'il avait fait pour paraître convaincant.
« Vous mentez très mal docteur. »
John soupira.
« Ce n'est pas moi qui ment mal, c'est vous qui décelez trop facilement le mensonge. »
Mycroft rit. C'était effectivement le cas, mais en fait c'était le docteur lui-même qui venait de confirmer son propre mensonge.
« Alors dîtes-moi, puisque vous avez bel et bien réveillé mon frère, vous avez la bonne ou la mauvaise réaction ? »
Le soldat ne comprit pas.
« De quoi parlez-vous ? Comment ça la bonne ou la mauvaise réaction ? »
« Eh bien lorsque quelqu'un réveille mon frère il a une chance sur deux, soit Sherlock tente de le tuer, soit il lui saute dessus pour une activité, comment dire ? Plus jouissive... »
John rougit jusqu'aux oreilles. Il avait effectivement eu droit à la fameuse « activité plus jouissive ». L'autre homme ne manqua pas de remarquer cette réaction.
« On dirait bien que vous avez eu droit au second traitement. Alors réjouissez-vous, cela signifie surement qu'il vous apprécie. Et je suis sûr qu'il va revenir, il a simplement besoin de réfléchir. »
Watson se dit que Mycroft avait raison, il repartit donc avec la certitude de revoir Sherlock un jour. Quand il ne savait pas, mais il le reverrait. Il repartit avec une autre certitude, celle de s'être fait avoir en beauté, et d'en avoir beaucoup trop dit. Mais il ne savait pas encore à quel point.
Il passa son après midi à lire, puis décida de sortir prendre l'air et d'aller prendre un café. Il s'habilla et quitta l'appartement, il prit son café dans un petit bar qu'il ne connaissait pas. Il aurait pu aller chez l'ami de Sherlock, mais il n'avait pas envie. Il avait bien trop peur de craquer dans une conversation qui ne tournerait qu'autour du détective. Il resta dans le bar à écouter les diverses conversations autour de lui pendant une bonne heure, puis il se leva et reprit le chemin de l'appartement. Il pleuvait à verse mais il n'avait pas envi de prendre un taxi, il était donc tremper jusqu'aux os lorsqu'il franchi la porte du 221B Baker Street. Il ne vit pas Mme Hudson, et il en fut soulager. Il ne voulait pas à nouveau devoir répondre à la question « ou est Sherlock ? ». Il entra dans l'appartement, se débarrassa de son manteau et de son écharpe plus qu'humide, puis se dirigea vers sa chambre pour se changer.
REVIEEEEEEEEEEWS !
