Chapitre 2

Quelques heures plus tard, Arthur ne parvenait pas à trouver le sommeil. Il était incapable de penser à autre chose qu'à Merlin, et il ne comprenait pas pourquoi ce dernier avait refusé de devenir son serviteur. Après tout, dans ses souvenirs, Merlin ne l'aimait pas beaucoup non plus, et pourtant il avait accepté. Quelque chose avait dû se produire, changeant radicalement le cours de l'histoire, mais il ne trouvait pas quoi.

Arpentant sa chambre de fond en comble, il eut un sursaut d'espoir en entendant la porte s'ouvrir, mais ne put cacher sa déception en reconnaissant Morgana.

- Vous avez l'air heureux de me voir, Arthur, ça fait plaisir, plaisanta-t-elle.

Arthur soupira pour seule réponse, tandis que Morgana posait une main sur son épaule.

- C'est ce garçon, n'est-ce pas ? Merlin ?

Il fronça les sourcils de surprise, cela faisait bien longtemps que sa sœur n'était plus capable de lire en lui aussi clairement, à un tel point qu'il avait presque oublié qu'elle le connaissait si bien à une époque.

Voyant qu'il ne répondait pas, la jeune femme poursuivit.

- Pour être franche, j'avoue que je ne comprends pas pourquoi cela vous affecte autant. Oh, bien sûr, c'est rassurant de voir que vous êtes capable d'apprécier quelqu'un, mais…

- Comment ça, c'est rassurant de voir que je suis capable d'apprécier quelqu'un ? bougonna Arthur

- Eh bien, disons simplement que vous êtes plus du genre à vous servir des gens, avant de les rembarrer avec arrogance, et…

- Est-ce vraiment ce que vous pensez de moi ? Que je ne suis qu'un crétin arrogant et sans cœur ?

- Non, soupira Morgana. Ce n'est pas ce que je pense. C'est simplement votre manière de vous protéger, je suppose. Ce qui explique pourquoi j'ai du mal à comprendre votre réaction ce soir. Vous avez l'air complètement abattu, et pourtant vous ne connaissez même pas ce Merlin, il est arrivé il y a deux jours…

- Je n'attends pas de vous que vous compreniez.

- Bon, très bien. Mais ne vous étonnez pas si je ne cherche plus à vous réconforter à l'avenir.

Quelque peu vexée, Morgana se dirigea d'un pas sûr vers la porte, tandis qu'Arthur soupirait lourdement. Merlin et Morgana avaient raison, il était décidément un crétin. Après avoir fichu sa relation avec le premier en l'air, voilà qu'il recommençait avec sa sœur. Il avait plutôt intérêt à changer d'attitude s'il ne voulait pas se retrouver dans une réalité encore pire que la sienne.

- Attendez !

Un sourire se dessina au coin des lèvres de Morgana alors qu'elle se retournait. Cependant, il disparut assez rapidement lorsqu'elle vit Arthur porter la main à son front. Il était visiblement très affecté, voire désemparé, et elle ne l'avait quasiment jamais vu ainsi. Pas depuis des années, en tout cas.

La jeune femme s'assit sur le lit, aux cotés d'Arthur.

- Bon. Si vous tenez tellement à avoir ce garçon comme valet, peut-être devriez-vous aller lui parler.

- Il me déteste.

- Il ne vous déteste pas, Arthur. Il déteste l'air arrogant et sans cœur que vous vous donnez, mais il ne déteste pas le vrai vous.

- Vous le pensez vraiment ?

- Oui. Vous savez, vous êtes beaucoup plus agréable comme ça.

- Quoi, dépressif ?

- Réel. Je suis sûre que si vous montrez ce côté-là de votre personnalité à Merlin, il vous appréciera déjà beaucoup plus. Essayez, vous n'avez rien à perdre de toute manière.

Arthur releva les yeux vers Morgana. Elle avait l'air sincère. Et peut-être avait-elle raison, après tout. De toute évidence, tenter d'agir avec Merlin comme lors de leur rencontre n'avait rien donné de bon. Peut-être que tout irait mieux s'il était juste…Lui. Il était devenu tel qu'il était grâce à Merlin, et il ne se sentait pas capable de régresser vers ce qu'il était avant. D'autant plus lorsque cela ne faisait qu'aggraver la situation.

- Merci.

- De rien, répondit Morgana en se levant. Et soyez gentil, tenez-moi au courant.

- Pourquoi êtes-vous venue ?

Morgana ouvrit des yeux ronds de surprise.

- Quoi ?

- Il est tard, vous devriez être en train de dormir. Pourquoi êtes-vous venue dans ma chambre ?

- Je… J'étais réveillée, et j'ai vu de la lumière, alors…

- Vous avez encore des cauchemars, n'est-ce pas ?

Arthur connaissait bien évidemment la réponse, mais il avait senti que l'occasion de se rapprocher de Morgana se présentait, et il ne voulait pas la rater. Il tenait vraiment à essayer de l'aider, de la sauver d'elle-même. C'était encore plus vrai après la conversation qu'ils venaient d'avoir. Il aimait cette femme, douce et au grand cœur, et il ne pouvait se résoudre à la laisser devenir la femme froide et haineuse qui tentait par tous les moyens de le tuer.

- Non, je…

- Morgana. J'ai été sincère avec vous, vous pourriez au moins attendre demain matin avant de me mentir.

- Très bien, répondit-elle en roulant des yeux. C'est vrai, j'ai encore des cauchemars. Gaius m'a donné un remède, mais j'ai l'impression qu'il ne fait aucun effet.

- Le lui avez-vous dit ?

- Pas encore, je me suis dit qu'il fallait peut-être attendre un peu avant que cela ne fasse effet.

- En tout cas, sachez que si vous n'allez pas bien, vous pouvez venir me voir.

- Merci, Arthur. Je ferai mieux de retourner me coucher, maintenant.

Une fois Morgana partie, Arthur se laissa tomber sur son lit. Il fallait qu'il dorme, lui aussi, mais il s'en sentait incapable. Après quelques minutes à peine, la porte s'ouvrit à nouveau sur sa sœur.

- Morgana ? Qu'est-ce que…

- En retournant dans ma chambre, j'ai croisé Merlin. Puisqu'il ne dort pas lui non plus, vous pourriez peut-être vous bouger et aller lui parler.

Sur ce, elle referma la porte avec un clin d'œil. Arthur se leva d'un bond, et décida de saisir sa chance. Et si cela marchait, il pourrait peut-être demander à Merlin pourquoi il sortait quasiment toutes les nuits.


Quoiqu'il en soit, il se dépêcha de sortir et, par chance, il n'eût aucun mal à le trouver.

- Merlin !

En entendant son nom, Merlin se retourna, et roula des yeux en reconnaissant Arthur. C'était la deuxième fois que le prince l'interrompait alors qu'il suivait la voix qui l'appelait, et il commençait à se demander s'il n'était pas maudit.

En quelques enjambées, Arthur était sur lui.

- Eh, hum… Qu'est ce que tu fais ?

- Est-ce que vous m'ordonnez de répondre ?

- Euh..Non, je te demande, c'est tout.

- Dans ce cas, ça ne vous regarde pas, sire

Arthur leva les yeux au ciel tandis que Merlin tournait les talons. Il commençait à s'exaspérer. Il était prêt à faire tous les efforts du monde, mais ce serait complètement inutile si Merlin continuait à le renier de la sorte.

- Pourquoi est-ce que tu ne m'aimes pas ? S'écria-t-il en levant les bras.

- Une seconde plus tard, Arthur regrettait déjà sa question. Dieu seul savait où tout cela allait mener. Mais, au moins, Merlin s'était stoppé et le fixait à nouveau.

- Pardon ?

- Pourquoi est-ce que tu ne m'aimes pas ?

- Pourquoi pensez-vous que je ne vous aime pas ?

- Tu..Tu as refusé d'être mon serviteur.

- Oui. Parce que je suis venu à Camelot pour aider Gaius, pas pour vous aider vous.

- Donc… Tu m'aimes bien ?

- Non. Peut-être. J'en sais rien. Qu'est-ce que ça peut vous faire, d'ailleurs ?

- Rien ! Enfin…

Arthur laissa échapper un soupir. Il ne savait plus quoi dire, et il ne comprenait plus rien. Il pensait que Merlin le détestait, mais ce dernier avait plus ou moins démenti. Dans ce cas, pourquoi ne voulait-il pas être son valet, alors qu'il pouvait très bien aider Gaius et le servir ?

- Tu aurais pu aider Gaius tout en étant mon valet, et je suis sûr que tu le sais.

- Pourquoi est-ce que vous tenez tellement à cette histoire de valet ? Il y a des tas de gens qui ne demandent qu'à être votre serviteur, en tout cas d'après Gwen, et….

Gwen. Arthur tiqua en entendant son nom. Il ne l'avait vue qu'une seule fois depuis son arrivée, et il venait de réaliser qu'il n'avait presque jamais pensé à elle. Comme si..Comme si elle ne lui manquait pas. Ce qui était forcément faux, après tout il l'aimait, et… Le cours de ses pensées s'interrompit lorsqu'il remarqua le regard de Merlin posé sur lui, attendant de toute évidence une réponse à une question qu'Arthur n'avait pas écouté.

- …

- Vous ne m'avez pas écouté, n'est-ce pas ?

- Si ! Non…

- Vous venez me parler, et vous ne m'écoutez même pas ! Et après vous vous étonnez que je ne veuille pas vous servir…

- Désolé, j'ai juste… Qu'est-ce que tu disais ?

- Rien, laissez tomber. Si vous voulez à tout prix un serviteur, vous n'avez qu'à en choisir un.

- Très bien. Je te choisis toi.

Merlin leva les yeux au ciel tandis qu'Arthur força un sourire.

- Oh ça va, pardon, bougonna le prince devant l'air exaspéré de Merlin.

- Bon, vous savez quoi ? Je vous dis pourquoi je ne veux pas vous servir si vous me dites pourquoi vous tenez tellement à ce que je sois votre valet.

Arthur ouvrit la bouche et la referma plusieurs fois. Il cherchait quelque chose à répondre, mais il ne pouvait décemment pas dire la vérité, et aucun mensonge crédible ne lui venait en tête. Devant son silence, Merlin soupira et tourna les talons.

Ne pouvant se résoudre à le laisser partir, et ainsi à rater encore une fois une de leurs discussions, Arthur finit par répondre la seule chose qu'il avait en tête.

- J'ai besoin de toi.

Merlin se retourna immédiatement, un air déconcerté sur le visage.

- Quoi ?

- J'ai besoin de toi, répéta Arthur, sans trop savoir pourquoi.

- Vous…avez besoin de moi ?

- Oui.

- D'accord, écoutez… Vous vouliez savoir pourquoi j'ai refusé, eh bien c'est..Pour ça.

- …Pour quoi ?

Arthur était passablement perdu, tandis que Merlin se mordait la lèvre.

- Ecoutez… Evitez de me mettre au piloris ou de me jeter en prison, mais… J'ai refusé d'être votre serviteur parce que… Vous…

- Eh bien quoi ? Dis le !

- Vous me mettez mal à l'aise !

Arthur recula d'un pas, sous le choc.

- Quoi ?

- Ne le prenez pas mal, mais je… Vous agissez bizarrement avec moi, et je ne sais pas pourquoi. D'abord vous vous êtes à moitié jeté sur moi le jour de mon arrivée à Camelot, en hurlant mon prénom, comme si vous me connaissiez, et vous aviez l'air heureux de me voir, et je ne vous avais jamais vu de ma vie. Ensuite vous vous êtes enfui comme si vous aviez vu un fantôme, et puis vous m'avez à moitié aboyé dessus, vous êtes montré arrogant, énervé, triste, et maintenant vous êtes gentil et vous me dites que vous avez besoin de moi, et je ne comprends rien à ce que vous faites ! Je ne vous connais pas. Et vous agissez comme si vous me connaissiez, et ça me met mal à l'aise.

Arthur fixa Merlin pendant plusieurs minutes, bouche-bée. C'était idiot, mais il était blessé. C'était la première fois que Merlin lui disait qu'il le mettait mal à l'aise, et, bien qu'il avait comprit où il voulait en venir et pourquoi il ressentait cela, il avait mal.

- Et maintenant vous me regardez comme si je vous avez trahi, soupira Merlin.

Voyant qu'Arthur ne réagissait pas, il poursuivit.

- Ecoutez, je ne sais pas pourquoi vous agissez ainsi, mais… Je ne vous connais pas, et vous ne me connaissez pas. Le mieux serait que je reste avec Gaius, et vous restez avec vos activités royales ou peu importe.

Sur ce, Merlin reprit sa route. Il pouvait encore entendre la voix l'appeler, et il avait bien l'intention de la suivre. Cependant, il s'arrêta à nouveau en entendant un bruit sourd. Lorsqu'il se retourna, il comprit qu'Arthur venait de balancer un tableau qui avait eu le malheur de se trouver près de lui. Merlin fit encore quelques pas, avant de soupirer lourdement et de faire demi-tour en direction du prince, qui s'était laissé tomber sur le sol.

- Vous aviez besoin de fracasser ce pauvre tableau ?

- Qu'est-ce que ça peut te faire ?

- Très bien.

- Pourquoi as-tu fais demi-tour ?

- Pardon ?

- Je croyais que je te mettais mal à l'aise.

- C'est le cas.

- Alors pourquoi est-ce que tu es revenu ?

- Parce que là, vous me faites de la peine, répondit Merlin en s'asseyant aux côtés d'Arthur.

- Je n'ai pas besoin de ta pitié, Merlin.

- Ce n'est pas de la pitié. A vrai dire, j'aimerais bien comprendre.

- Comprendre quoi ?

- Vous. Votre attitude.

Arthur esquissa un rictus tout en soupirant.

- Il n'y a rien à comprendre.

- Comment connaissiez-vous mon nom ?

- Quoi ?

- Mon nom. Le premier jour, vous m'avez appelé par mon nom.

- Ah…Gaius avait dû le mentionner.

- Oh, et il vous avait fourni un portrait avec ?

Arthur roula des yeux. Plus il parlait, plus il s'enfonçait. Il était désormais certain d'avoir ruiné à jamais son amitié avec Merlin.

- Vous comptez me répondre ou garder le silence jusqu'au matin ?

- Même si je te le disais, tu ne me croirais pas.

- Ca, vous n'en savez rien du tout. Essayez pour voir.

- Pas la peine. J'ai fait suffisamment de dégâts, ce n'est pas la peine d'en rajouter.

Sur ce, Arthur se leva, bien décidé à retourner se cloitrer dans sa chambre jusqu'au jour où il se réveillerait dans son présent à nouveau.

- Vous avez dit que vous aviez besoin de moi, et pourtant vous ne me faites même pas confiance !

Arthur se stoppa, exaspéré. Il était triste, énervé et fatigué, et il avait l'impression que sa tête allait exploser.

- Je te fais confiance ! Il n'y a personne au monde à qui je fais plus confiance, et je mettrai ma vie entre tes mains sans hésitations, comme je l'ai déjà fait. Et tu me faisais confiance aussi, mais évidemment tu ne t'en souviens pas parce qu'on m'a renvoyé ici pour une raison que j'ignore, et j'ai besoin de toi parce que tu es le seul qui peut m'aider, tu as toujours été le seul à pouvoir m'aider, et j'ai tout fait foirer !

D'un coup, Arthur réalisa ce qu'il venait de dire. Il avait littéralement explosé, et sorti tout ce qu'il avait sur le cœur. L'espace d'un instant, il eut l'espoir de l'avoir simplement pensé, et de n'avoir rien dit à voix haute, mais la tête de Merlin brisa rapidement cet espoir. Arthur soupira et plongea la tête dans ses mains. Il était vraiment stupide. Désormais, il n'avait plus aucune chance. Merlin le prenait certainement pour un fou, et allait passer le reste de sa vie à l'éviter soigneusement.

Il fut donc surpris en sentant une main sur son bras. Il tourna la tête et rencontra le regard de Merlin.

- Je…Je n'ai pas tout compris, mais…

- Oh, laisse tomber, lâcha Arthur en se dégageant.

- Arthur.

En entendant son nom, il se stoppa. C'était la première fois que Merlin l'appelait par son prénom.

- Expliquez-moi.

Arthur se mordit la lèvre, Merlin toujours dans son dos. Il avait envie de revenir en arrière, et de reprendre tout ce qu'il avait dit, mais il ne pouvait pas. Merlin le prenait probablement déjà pour un malade, alors peut-être n'avait-il rien à perdre à lui dire la vérité. De toute manière, la situation pourrait difficilement empirer.

Il se retourna donc pour faire face à son ami, et commença à parler. Il avait beau essayer d'être clair, il avait l'impression de ne sortir qu'un bloc de choses impossibles à croire. Il s'efforça cependant d'expliquer qu'il venait du futur, un futur où Merlin et lui étaient amis, et où ce dernier était son serviteur, et qu'il s'était réveillé dans le passé, le jour de leur rencontre. Il tenta également de ne se concentrer que sur son histoire avec Merlin, et d'éviter de mentionner Morgana, Gwen ou encore les chevaliers.

Une fois son récit terminé, il leva les yeux vers Merlin, espérant de tout cœur qu'il le croirait.

Ce dernier semblait perplexe, et le fixait en clignant des yeux, comme s'il tentait d'assimiler les révélations d'Arthur.

- Donc… Si j'ai bien compris, vous…venez du futur, ce qui explique votre attitude, et vous vous êtes retrouvés dans votre propre passé, sans savoir pourquoi, et vous l'avez changé ?

- Oui..soupira Arthur.

- D'accord, hum…

- Tu ne me crois pas, n'est-ce pas ?

- Ce n'est pas ça, c'est juste que…C'est…

- Je sais…

- Vous ne pouvez pas juste me dire ça, et me demander d'y croire, je…

- Bon sang, Merlin, s'il te plait…Bon très bien. Si je mentais, comment est-ce que je saurai que ta mère s'appelle Hunith et qu'elle habite à Ealdor ?

- J'en sais rien, Gaius a pu…

- Will, lança Arthur, désespéré.

- Quoi ?

- Will. Ton meilleur ami. Je doute que Gaius ait eu le temps de m'en parler, et pourtant je sais qui il est.

- Ecoutez, euh…Je crois que j'ai besoin d'y réfléchir. Je ferai mieux de retourner dormir, et vous aussi. On…Pourrait en reparler plus tard.

- Très bien, répondit Arthur, plus par dépit qu'autre chose.

Les deux hommes se levèrent, et Arthur regarda Merlin s'en aller, perdu dans ses pensées. Il s'apprêtait à rentrer dans sa propre chambre lorsqu'il vit Merlin prendre un chemin qui ne conduisait pas jusque chez Gaius. Intrigué, Arthur décida de le suivre.


Merlin était décontenancé. Il ne savait pas quoi penser de tout ce que le prince lui avait dit, et il était vraiment fatigué. Mais la voix s'était faite de plus en plus forte, et il s'était résolu à la suivre. Après tout, peut-être que cela lui apporterait des réponses.

Il suivit donc la voix pendant plusieurs minutes, jusqu'à arriver dans une sorte de grotte. Il s'approcha du précipice, et demanda plusieurs fois s'il y avait quelqu'un, et était sur le point de repartir lorsqu'un battement d'ailes se dit entendre. Il se retrouva alors face à un dragon immense, qui le fixait intensément.

- Est-ce que…Est-ce que c'est vous qui m'appelez ?

- En effet, jeune sorcier.

Merlin recula d'un pas lorsque le dragon mentionna sa magie.

- Comment savez-vous que j'ai de la magie ?

- Voyons Merlin, je suis un dragon. Je sais plus de choses que tu ne pourrais l'imaginer, et je sais qui tu es. Un grand destin t'attend, jeune sorcier.

- Quel destin ?

- Le plus grand de tous. Tu vas devenir le plus grand sorcier que le monde ait connu, et il ne tiendra qu'à toi d'unifier Albion et de rétablir la magie à Camelot. Mais…

Merlin était perturbé, et avait même cessé d'écouter le dragon. Il avait du mal à assimiler tout ce qui li arrivait en l'espace de quelques heures. D'abord Arthur et son histoire de saut dans le temps, et maintenant un dragon qui lui parlait d'unifier les royaumes et de la légalité de la magie. Il lui fallait plus de réponses, et moins de questions. Sans se soucier de couper le dragon, il lui posa la question qui lui brûlait les lèvres.

- Est-ce qu'il est possible de voyager dans le temps ?

Le dragon eut une réaction qui surprit Merlin, il se mit à rire.

- Tu veux savoir si le prince t'a dit la vérité, n'est-ce pas ?

- Comment…

- Je te l'ai dit, jeune sorcier, je sais beaucoup de choses. La réalité dont tu parles existe, et celle dans laquelle nous évoluons lui est effectivement antérieure en temps, mais cela ne signifie pas qu'il s'agit de son passé. Mais tu ne peux et ne dois en aucun cas ignorer les propos du Once and Future King*. Tu ne représente qu'une seule face de la pièce, Merlin, et Arthur est l'autre.

Avant que Merlin n'ait pu rebondir, le dragon était reparti dans les profondeurs de son antre. L'esprit embrumé par les centaines de questions qu'il se posait, Merlin remonta les escaliers et manqua de peu la crise cardiaque en se retrouvant face à Arthur.

- A qui tu parlais ?


* Je n'ai pas traduit l'expression "Once and Future King" parce que je n'aime pas la traduction offcielle française, et je n'ai pas réussi à en trouver une qui me plaise. J'espère que ça ne vous dérange pas trop^^

Quoiqu'il en soit, j'espère que ce chapitre vous a plu, n'hésitez pas à me laisser une review, et à bientôt ! :')