Je remercie du fond du cœur tous mes lecteurs et lectrices, vos reviews m'ont encouragé à écrire. Continuer à me donner vos impressions !

Voila le chapitre 2. j'espère qu'il vous plaira :)

bonne lecture !


Chap. 2

Un puissant jet brûlant vient s'abattre sur la tête de Jane. En quelques secondes, le liquide transparent établit son territoire sur le Mentalist. Il règle la température au maximum, se brûle littéralement la peau et attend, debout, la vapeur envahissant petit à petit la salle de bain.

Jane baisse la tête, incitant le jet à masser la base de son cou, détendant un peu ses muscles.

Trois jours. 72 heures, et toujours aucune nouvelle de Lisbon. Déjà trois jours…

Un monstrueux sentiment de vide pèse sur sa poitrine. Il ne sait plus quoi penser à propos de tout. Il n'est sûr que d'une seule chose : il veut la retrouver, à tout prix. Cette pensée l'obsède.

Depuis l'annonce de son enlèvement, le Mentalist n'a pas quitté le QG du CBI, fixant les trois-quarts du temps le téléphone, assis ou affalé sur son sofa. Il n'a pas fermé l'œil plus d'une demi-heure d'affilée, chaque pause étant ponctuée de réveils en léger sursaut.

Finalement c'est Minelli qui est venu presque le supplier de rentrer chez lui, ne serait-ce que pour deux ou trois heures, prétextant que la situation avait peu de chance d'évoluer, surtout avec RedJhon comme adversaire. Jane a cédé en définitive sur la menace grandissante du directeur de plus en plus sur les nerfs. L'enlèvement de l'une des chefs d'équipe du CBI a suscité une vague de panique au sein du QG. Certaines personnes ont évité de croiser Jane ou son regard, qui, de toute façon, a fixé le plus souvent, le sol ou le plafond.

Jane se déplace légèrement pour que le jet d'eau lui martèle à nouveau la tête et repense à tout ce qu'il s'est passé juste après qu'il ait averti Cho.

FLASH-BACK

Cela fait presque quarante-cinq minutes qu'il est arrivé au QG du CBI. La théière est quasiment vide, c'est la quatrième tasse qu'il boit. Le blondinet fait une tête de déterré et il voudrait que la théine fasse effet. Mais il est toujours aussi fatigué, son réveil a été trop difficile, les somnifères trop plombants. Il a l'impression qu'il va s'écrouler s'il se lève. Une tension palpable l'oppresse, ses réflexions sont brouillées.

En moins d'une heure, tout le CBI a été mis sur le qui-vive.

Rigsby et Cho sont partis perquisitionner l'appartement de Lisbon : des traces de lutte évidentes y ont été trouvées. Et, surtout, un petit smiley dessiné au feutre rouge sur un mur atteste que c'est bien RedJhon qui a enlevé la brune aux yeux verts. Bien qu'il ait insisté pour y aller également, un vertige a obligé Jane à rester aux bureaux. Van Pelt, elle, s'est occupé du lancement des avis de recherches.

Il vide une nouvelle tasse de thé. Cette fois, la théière est vide.

FIN DU FLASH-BACK

Le blondinet s'est senti aussi utile qu'un crayon sans papier.

Bien que ses idées ne soient pas très claires, une petite voix qu'il connaît parfaitement a recommencé à murmurer au creux de son oreille, la nuit même où RedJhon l'a appelé. Cette voix, il sait en réduire le volume, même si elle se réveille quand elle se sent concernée. Le refrain a changé, une ou deux nouveautés sont troublantes :

« C'est de ta faute. Tu as recommencé. Elle n'a rien fait mais en cherchant la vengeance, tu l'as condamnée. C'est toujours de ta faute… »

Et ça s'amplifie peu à peu.

Sous la douche, Jane se redresse, la petite voix murmurant toujours ses accusations, qu'il a la bêtise de prendre au pied de la lettre. Cette fois-ci, un hochement de tête en arrière et c'est son visage qui est inondé. Il repense à la journée de la veille.

FLASH-BACK

Le téléphone ne sonne qu'une fois avant que Jane se précipite pour répondre :

- Jane, CBI.

- Allo, ici l'agent Skineur, police locale de Sacramento. Je réponds à un avis de recherche lancé hier.

- Vous avez trouvé l'agent Lisbon ?! s'enquiert Jane, son rythme cardiaque particulièrement accéléré.

- Peut-être, femme de 35-38 ans, 1 mètre 65, cheveux bruns, yeux verts.

- …

- Vous êtes là ? demande l'agent.

- Oui, oui. Ce… ça correspond à sa description… Je suppose que si vous nous contactez, comme ça, c'est que cette personne ne peut plus vous donner son identité.

- En effet, vous voulez venir sur la scène de crime vous-même ?

Jane dit alors dans un souffle :

- Oui.

Le 4x4 de l'équipe, dont le membre le plus important manque à l'appel, arrive sur le théâtre des opérations, dans une ambiance tendue au possible.

Les voilà sur un parking, un peu à l'écart, peu de voitures sont garées. Un parking tout ce qu'il y a de plus banal. Un détail insolite pourtant attire le regard. Un autocar de voyage, bleu, surplombe tout le monde, les larges vitres teintées renvoient de violents reflets de soleil de fin d'après-midi.

Après avoir franchi le ruban jaune de sécurité de la police, ils s'immobilisent tous.

Tous ont vu la vitre. Tous ont la gorge qui se serre, en particulier Jane qui est figé, les yeux transpercés de peur. La voix dans sa tête hurle comme jamais.

Le smiley qui pleure le sang des victimes les salue, de façon macabre.

Cho est le premier à revenir à la réalité, il toussote et avance vers le grand véhicule maudit d'un pas qu'il veut assuré. L'Asiatique est troublé et même si ce n'est qu'un sentiment pour Rigsby et Van Pelt, c'est flagrant pour le Mentalist.

Les agents saluent Skineur tandis que Jane, pour ne pas déroger à la règle, monte directement dans le bus.

Le cadavre est recouvert d'un drap, déjà taché de sang. Essayant de faire abstraction du sourire peint, Jane fait signe au policier de découvrir le corps.

Il respire : ce n'est pas Lisbon.

La voix dans sa tête se calme et cesse de crier : « tu l'as tuée ».

Il redescend et dit :

- Ce n'est pas Lisbon.

- On sait, répond Grace, visiblement gênée.

Elle lui tend une pochette à indice qui contient un papier. Ils ont trouvé ça dans la main de la victime :

La prochaine fois, Jane, il se pourrait que ce soit elle. RedJhon

FIN DU FLASH-BACK

Jane tousse, alors qu'il se perdait dans ses pensées, l'eau en a profité pour s'insinuer dans sa bouche et tenter de l'étouffer.

Arraché à sa réflexion, il finit rapidement sa douche et ferme les robinets. Il ressort et noue une serviette autour de sa taille.

Jane fixe son reflet dont seuls les vagues contours sont visibles à cause de la buée. Alors il tend la main, trace un cercle qu'il ne ferme pas, puis deux yeux fermés et enfin la bouche souriante.

Le Mentalist contemple son œuvre longtemps. Assez pour que deux gouttes viennent perler au coin de ses yeux ou de ceux du dessin. Il ne sait pas trop bien, il s'en moque. Il se sent si coupable.