On commence par la partie de Saruhiko.
J'ai hésité à l'écrire à la première personne mais je n'étais vraiment pas à l'aise et c'est la troisième personne qui a finit par s'imposer d'elle même...
Voilà.
Enjoy~
Le brun soupira en haussant les épaules d'un air désabusé.
« Tu m'as l'air bien essoufflé, Misaki~ »
Etouffant un léger rire moqueur en serrant les dents sur un sourire carnassier, Saruhiko observait avec un plaisir non dissimuler son adversaire enragé à vu d'œil. Cette couleur rouge et flamboyante, il n'y avait vraiment qu'à son cher Misaki qu'elle allait aussi bien. Parant un nouvel assaut sans le moindre mal, il ne cherchait même pas à cacher son plaisir face à cet échange. Après tout, il s'ennuyait tellement dans ce quartier général, entouré de cette femme bien trop strict et ce chef aux passe-temps digne d'un enfant de 5 ans. Vraiment, il n'y avait qu'avec le petit rouquin qu'il arrivait à tuer le temps de façon satisfaisante.
Un coup de poing lui frôla le visage, laissant un frisson lui remonter l'échine alors que ses lèvres s'étiraient dans un sourire un peu marqué. Ce frisson de plaisir qui le ramenait presque quelques temps dans le passé, quand c'était dos à dos qu'ils se battaient et pas face à face. Tosuka avait un jour dit qu'ils étaient un duo intéressant mais la vérité était qu'ils étaient surtout un duo parfait, stratégiquement parlant. Personne d'autre ne pouvait se prétendre à cette place, personne ne connaissait suffisamment le rouquin pour ça. Laissant un léger soupir filer à ses bons souvenirs, la main de Saruhiko se ferma sur le poing qui se dirigeait vers son visage avant de reculer en parant le coup de pied qui avait faillis résulter d'un flip arrière. Toujours aussi remuant ce petit Misaki, avec ces pirouettes habiles.
Mais finalement, chacun de leur coté, ils avaient fait des progrès mais, comme les quelques centimètres qu'il avait en plus, le brun avait comme toujours un peu d'avance. En rejoignant les Blues, Saruhiko avait gagné une couleur supplémentaire, un atout. Il était devenu pour fort, pas suffisamment mais toujours plus que lorsqu'il était comme le rouquin, membre de Homra. Et pourtant, même avec ça, il n'arrivait pas à la hauteur de cet homme.
Mikoto. S'il y avait bien une chose, en plus des légumes, que Saruhiko ne supportait pas, c'était ce type. Lui ou ce qu'il représentait. Le simple fait de penser à ce nom avait réussi à effacer le sourire amusé du visage du garçon à lunette. Le roi rouge. Ce « héro » qui était sensé les avoir sauvé alors qu'il n'avait rien fait de plus qu'une poignée de main. Dans un geste machinal, la main du Blues se leva vers sa clavicule, laissant ses ongles griffer un bref instant son vêtement à défaut de sa peau. Cette marque qu'il tenait de lui, ce tatouage qu'il avait envie de s'arracher avec les ongles… Claquant la langue dans un tic agacé, il recula à nouveau rapidement pour éviter un nouveau coup du skateur, un rien en retard, si bien que la chaleur du poing qui envoya ses lunettes au sol, fut bien plus présente que les fois précédente.
« - Tch'…
- Alors, Saru. Tu te ramollis à force de remplir de la paperasse.
- Pas au point de me laisser mettre en prison sagement comme ton Roi, mon petit Mi-sa-ki...»
Encore ce regard haineux, cette rage qui explose. Le simple fait d'évoquer le chef de Homra en des termes négatifs, était suffisant pour faire perdre l'air suffisant que le rouquin avait arboré dans un bref instant, le temps de savourer une victoire balayé par quelques mots. Ce groupe, cette « famille » comme le répétait bien trop souvent Misaki au gout du brun, tout ce monde n'avait jamais rien eu en commun avec ce dernier. Jamais il ne s'était sentit à l'aise au milieu de ces gens bien trop envahissant. Il avait toujours été en marge des autres et il n'y avait bien que Misaki qui s'était montré suffisamment persistant pour qu'il l'accepte près de lui, jusqu'à finir par avoir besoin de sa présence. A cette époque, l'un comme l'autre se contentait de leur présence respective, sans réellement se soucier des autres. Et puis, il avait fallut qu'ils franchissent le seuil de ce fichu bar.
« Ne t'avise jamais de parler de Mikoto ou de Homra, sale traitre ! »
Le brun laissa sa tête se pencher sur le coté dans un mouvement las, comme dicté par la gravité. Etait-ce vraiment lui le traire ? Est-ce que ce n'était pas plutôt le rouquin qui l'avait trahis le premier ? Lui qui avait eu si vite fait de le remplacer, de le laisser après s'être rendu indispensable. Puéril ? Peut-être, mais au fond, la seule personne qui le rattachait à ce groupe d'étranger a finit, petit à petit à détourner les yeux vers une autre personne, un autre héro. Un héro. Comme si ce genre de chose existait. Foutaise. Soutenant le regard du rouquin enragé qui ressemblait à un taureau près à charger à cet instant, Saruhiko finit par laisser sa tête basculer en arrière. Il laissa filer un rire tout d'abord discret puis de plus en plus fort, comme si chaque éclat brisait un peu plus de ce qu'il restait de sa raison.
Finalement, le rire s'arrêta, laissant un silence assez pesant flotter un bref instant. Saruhiko ramena sa tête en avant, les quelques mèches éparse de sa frange violant légèrement son visage avant qu'il ne lève son regard vers Misaki, un mince sourire accroché au coin des lèvres dans un rictus tordu.
« Parfait, Misaki... Hais-moi. »
C'était sa réponse, la solution, l'unique. Il le haïrait, encore plus qu'il ne pouvait admirer son précieux roi rouge. Il le haïrait jusqu'à s'en mordre la lèvre à sang rien que d'y penser. Parce que c'est le rouge qui allait le mieux à son Misaki.
Coinçant trois petites dagues rougeoyantes entre les doigts de sa main droite, son épée bleutée dans l'autre, il entendit les bras en croix, comme pour laisser toutes les ouvertures qu'il voudrait à son adversaire, entre provocation et abandon. Plus question de jouer malgré ce sourire qui ne quitta pas son visage.
« Haïs moi de toute tes forces ! Laisse cette haine te bruler, plus fort que les flammes de ta précieuse famille ! Jusqu'à ce que tu ne sois plus que des cendres ! »
Parce que c'est la seule victoire qu'il me reste maintenant.
'Cause this is a fight to break the silence
