LA DECOUVERTE

Une dizaine de minutes plus tard, ils partirent en voiture vers la forêt de Clarkson.

Merlin restait silencieux, c'était la première fois que si proche d'un combat, Arthur et lui étaient séparés. Quinze siècles séparaient ce jour de celui de leur première union. Ils avaient vécu tellement de choses surmonter tant d'épreuves comment imaginer que tout puisse s'arrêter d'un seul coup. Comment en étaient ils arrivés là ? A l'heure d'aujourd'hui, même lui n'aurait su dire comment leur union avait été possible. Après tout, ils étaient aussi différents que le jour et la nuit.

Camelot, An 500

Arthur était devenu roi depuis bientôt une semaine, rien cependant dans la situation de Merlin n'avait changé. Si ce n'est qu'au lieu d'être le valet d'un prince, il devenait celui d'un roi. C'est ainsi que Merlin choisit de s'éloigner quelques jours du palais, de Gaius, du roi et des autres. Cela paraissait imprudent avec Morgane toujours à l'affut mais ces pouvoirs étant de plus en plus maîtrisés

, il avait placé un sort sur Camelot l'alertant contre tout danger éventuel.

Pénétrant dans la chambre d'Arthur, au petit matin, il tira les rideaux et réveilla le roi. Pendant le petit déjeuner, il initia la conversation.

Merlin : Sir, je désire partir quelques jours.

Arthur : Maintenant, c'est absurde, te voilà serviteur du roi c'est un honneur, tu devrais rester.

Merlin : Je viens de passer ces dernières semaines à préparer votre couronnement en plus des autres tâches qui me sont dévolues, j'estime avoir le droit à un peu de répit.

Arthur : Très bien, où comptes tu aller ?

Merlin : Chez ma mère.

Arthur : Combien de temps resteras tu ?

Merlin : Quelques jours peut être quelques semaines ?

Arthur : Ne tardes pas trop, il y a beaucoup de gens qui voudrait prendre ta place.

Merlin : Si vous le permettez Sir, je partirai dès votre petit déjeuner rapporté aux cuisines.

Arthur : Si vite et qui va te remplacer.

Merlin : Vous trouverez après tout comme vous l'avez si bien dit, nombreux sont ceux à vouloir prendre ma place. Au revoir, Sir.

Arthur hésita quelques secondes, mais il était déjà trop tard, Merlin avait disparu. Il se retrouva si occupé dans les heures qui suivirent qu'il ne put dire dignement au revoir à son valet. Il s'en voulait intérieurement d'avoir laissé Merlin partir sans lui avoir dit à quel point, il lui était devenu indispensable. Son orgueil bien mal placé faisait de lui un vrai crétin royal comme le disait son ami. Car oui, pour lui Merlin était devenu un véritable et bien plus à son grand désarroi. Arthur le savait jamais rien ne pourrait se passer entre eux. Il le savait Merlin n'éprouverait jamais les même sentiments que les siens voilà pourquoi il se comportait comme un crétin, repoussant Merlin et s'éloignant chaque jour un peu plus.

Forêt, quelques heures plus tard

Merlin chevauchait, quitté Camelot et Gaius l'attristait, les chevaliers aussi. Ceux-ci étaient tous présents lors de son départ, Gauvain et Lancelot avaient tenté de le retenir en vain. S'éloigner du roi lui permettrait peut être d'oublier les sentiments qu'il éprouvait pour Arthur. Des bruits de bagarre lui parvinrent, à cheval, il approcha doucement voyant un carrosse se faire attaquer. Merlin ne perdit pas une seconde le plus discrètement possible usant de sa magie et relevant sa capuche sur son visage, il usa de magie pour protéger les gens du carrosse. Il fonça ensuite épée à la main vers ceux qui restaient criant aux personnes agressées de fuir en direction de Camelot. Ils étaient tous à terre quand dans un dernier sursaut l'un d'eux lança une flèche qui atteignit Merlin dans le dos son cheval pris de panique le désarçonna et s'enfuit.

Se relevant péniblement, Merlin sut immédiatement qu'il ne lui restait que peu de temps, il mourait finalement loin de Camelot sans protéger Arthur le laissant à la merci de Morgane. Dans un dernier sursaut du fond de son être la langue des dragonniers lui vint. Une phrase avant de perdre conscience du monde qui l'entourait.

Camelot quelques heures plus tard

Dans la cour d'entraînement du palais, Arthur et ses chevaliers se lançaient dans un de leurs entraînements habituels. Pour autant, aucun d'eux n'avait leur entrain habituel, il manquait une personne essentielle, leur ami Merlin, l'atmosphère était tendue et pas un son si ce n'est le bruit des lames s'entrechoquant. Ils furent interrompus par un des gardes de la porte Est arrivant précipitamment.

Garde : Majesté.

Arthur : Parles qu'y a-t-il de si grave pour interrompre l'entraînement.

Garde : Le comte de Chester, Majesté.

Arthur : Il m'envoie un messager.

Garde : Non, Altesse. Le comte est là en personne. Il dit avoir été attaqué dans la forêt par des bandits de grands chemins.

Arthur : Sur mes terres, Lancelot fait préparer immédiatement une troupe et lancez vous à la poursuite de ces mécréants.

Garde : Il semblerait qu'ils aient déjà été éliminés mon roi.

Arthur : Par qui ?

Garde : C'est-à-dire que…

Arthur : Parles, dis moi.

Garde : Il s'agirait d'un sorcier, Majesté.

Arthur : Poursuivez l'entraînement messieurs.

Il ne vit pas le regard que s'échangèrent Lancelot et Gauvain, tous deux savaient, seule une personne de leur connaissance avait pu réaliser cela. Chacun d'eux espérait que leur ami s'était montré prudent et n'avait rien dévoilé qui puisse permettre de l'identifier. Ils suivirent discrètement le roi et le voyant conversé avec le comte se tinrent prudemment à l'écart quand un cheval lancé au galop apparut dans la cour.

Comte : C'est le cheval de l'homme qui nous a sauvé.

Lancelot et Gauvain s'approchaient déjà de l'animal le retenant par les rennes. Il n'y avait pas de doute possible, il s'agissait bien du cheval qu'avait emprunté Merlin aux écuries ce matin.

Arthur s'approchant : C'est le cheval de Merlin.

Lancelot : C'est-à-dire…

Arthur : N'essayez pas de le protéger, où est il ?

Gauvain : Nous l'ignorons Majesté, je vous le jure.

Tentant d'ouvrir les sacoches, Arthur sentit un liquide poisseux lorsqu'il retira sa main celle-ci était rouge de sang….

A suivre