Coucou !

Comme cette fic n'a besoin que d'un petit toilettage par rapport à sa première publication, je vais essayer de mettre rapidement en ligne les chapitres suivants. Allez hop, c'est parti pour le second !

Résumé :

Cassandra Hugues s'habitue petit à petit à ses nouveaux pouvoirs. Mais ni le fantôme de Rachel McBain, ni l'ange déchu Azazel ne comptent la laisser en paix ! D'autant que l'ange déchu échafaude des plans avec un mystérieux allié...


Chapitre 2 : Entrée en scène

Derrière les créneaux décoratifs de Medenham Hall, l'architecte avait crée une vaste terrasse. Un endroit idéal, aux proportions harmonieuses, au calme olympien, d'où l'on pouvait observer sans être vu. Et complètement inaccessible, puisqu'aucun escalier, aucune trappe, n'avait été prévu. La terrasse n'était là que pour remplacer avantageusement un toit dont les pentes eussent gâché la symétrie verticale de la façade. Dans l'esprit de l'artiste victorien qui avait dessiné les plans, il était inutile que quiconque puisse y accéder.

Azazel était du même avis, quoique pour une autre raison. Allongé sur la pierre froide, il goûtait un instant de paix. Le bruit de l'école ne lui parvenait qu'indistinctement, plein de rumeurs mêlées qui semblaient une houle battant tranquillement les remparts de pierre. Les yeux mi-clos, il fixait le ciel. Rien d'autre n'entrait dans son champs de vision que le bleu intense de ce froid midi de décembre. Ce bleu... Rien de plus que le noir de l'espace filtré par l'atmosphère terrestre. Mais qui se rapprochait terriblement de cet autre bleu qu'Azazel avait connu autrefois. Sous un autre ciel. Dans un autre monde. Un monde qui l'avait banni.

La colère le fit siffler doucement.

« Que penses-tu de ma vengeance, mon belliqueux ami ? »

S.S.S

Cassie s'habituait très rapidement à ses nouveaux pouvoirs. Après seulement deux semaines, elle se rappelait à peine comment on pouvait vivre sans recourir perpétuellement aux enchantements. Attraper un livre au sommet d'une étagère, faire tenir un collage récalcitrant, reconstituer un mug imprudemment échappé... C'était tellement plus facile, avec la magie ! C'était tout juste si Cassie se rendait compte qu'elle effectuait un geste moins banal que tendre la main. Le pouvoir lui venait naturellement, sans forcer, par réflexe. Et elle ensoleillait ses journées. Car Cassie n'avait plus à subir les petits tracas et les contrariétés de l'existence.

Par contre, elle pouvait en infliger aux autres. Il ne se passait désormais plus un jour sans que Cassie joue un tour pendable au malheureux Leon. Le pauvre garçon payait chèrement son attitude insolente, bien qu'il ignorât la cause de son malheur ! Thelma essayait bien d'apaiser la jeune sorcière, mais celle-ci ne voulait rien entendre. Escaliers glissants, flaques de boue inopportunes, sucre transformé en sel, tubes de peinture impossibles à ouvrir... Tout était bon pour assouvir la vengeance de Cassie. Non qu'elle eut plus de mesure dans son comportement amoureux. Elle ne ratait pas une occasion de se mettre en valeur aux yeux de Troy et cherchait sans cesse à créer des situations qui lui soient favorables. Gemma, la petite amie du jeune homme, passait désormais un temps records aux toilettes ! Cassie filait ses bas, faisait couler son rimmel et se débrouillait pour que d'affreux boutons la défigure soudain. Mais cela ne semblait pas affecter Troy particulièrement. Il ne semblait pas s'éloigner de Gemma et son comportement restait le même, un peu détaché et distant, mais continuant d'exprimer clairement cette vérité : il sortait avec elle. Cela rendait Cassie perplexe et, par extension, prudente. Troy semblait la tolérer, mais il n'était visiblement pas prêt à accepter que la sorcière se rapproche de lui. Elle avait donc décidé de rester à distance prudente pour mieux observer la situation.

Mais ce jour-là, elle avait un autre problème. En s'éveillant, elle avait éprouvé un sentiment de peur et de vague nausée. Elle ne parvenait plus exactement à se souvenir, mais elle savait que cela lui venait d'un rêve. Thelma avait confirmé, en lui racontant qu'elle s'était tordue dans son lit pendant des heures. Toute la matinée, Cassie avait essayé de fouiller sa mémoire pour retrouver le contenu exact du rêve. Mais s'était comme poursuivre de la fumée. Dès qu'elle s'en approchait un peu, tout s'évaporait. Dans sa tête, elle se représentait ses doigts tendus qui se refermaient sur du vide. Au déjeuner de midi, elle s'était éloignée pour se concentrer à nouveau. Tout naturellement, elle était revenue auprès de la cachette où elle avait trouvé le vase.

Fatiguée de se creuser la tête en vain, elle s'était adossée au mur. Elle n'avait pas tardé à sombrer dans une douce somnolence. Mais moins de quelques minutes plus tard, elle s'éveillait en sursaut et se relevait précipitamment.

« Thelma ! Thelma, où es-tu ? » Cassie tapa du talon sur le sol. « Thelma ! »

Le fantôme apparut, l'air surpris.

« Enfin ! » lança son amie.

« Qu'as-tu ? » demanda Thelma.

« Je sais ! Je sais de quoi j'ai rêvé cette nuit ! Enfin, en partie. C'était Rachel ! »

« Encore ? Mais qu'est-ce qu'elle te veut, à la fin ? Elle est jalouse ? » s'insurgea Thelma.

« Non, » répondit Cassie. « Du moins, je n'en ai pas l'impression. Je crois plutôt qu'elle veut me mettre en garde ! »

« Raconte, » s'empressa Thelma.

« Alors voilà... Je ne me souviens plus très bien, mais je sais que Rachel était là. Elle me regardait. Je ne sais pas trop où nous étions, mais elle me regardais d'en bas. Et elle m'a dit 'Ne le laisse pas faire, ne le laisse pas faire !' »

« C'est tout ? », interrogea Thelma. « Tout ça pour ça ? »

« Mais Thelma, tu ne comprends pas ? » s'exclama Cassie. «'Ne le laisse pas faire, ne le laisse pas faire' : elle parlait forcément d'Azazel ! Elle essaye de me prévenir d'un danger ! »

S.S.S

« Çà tombe plutôt mal, pour toi. »

La voix d'Az s'éleva de l'ombre du grenier : « Non, je ne crois pas. »

Appuyé au montant d'une fenêtre, Azazel respirait la nonchalance. Il continua, de la même voix calme. « En fait, cela pourrait même me servir. Si tu tiens toujours à te mêler de cette histoire. »

« Ais-je réellement le choix ? » soupira Az. « Même si tu ne m'avais rien demandé, je serais ici quand même. Tu le sais très bien. »

« Tu es trop prévenant, » commenta Azazel avec une nuance de sarcasme. « Et toi bien trop imprudent, » répondit Az avec acidité.

Le silence retomba.

« Ma sorcière vient de ressortir dans le jardin. Si tu n'as pas changé d'avis, ce pourrait être le moment de la faire venir. »

Az sortit de l'obscurité et vint se placer au côté d'Azazel, devant la croisée. « Puisque tu ne renonceras pas, autant commencer le plus tôt possible » répondit la jeune fille avec fatalisme.

S.S.S

« Tu n'entends pas un bruit ? » demanda Cassie à Thelma.

« Franchement ? Non. » répondit le fantôme d'un air dégagé. « Si ! Une sorte de sifflement et... comme le son d'un piano. » La sorcière avait interrompu sa promenade dans le parc et tendait l'oreille.

« Je ne vois pas de quoi tu parles, » bougonna son amie. « Tu ferais mieux de rentrer dans l'école. Tu vas rater ton prochain cours ! »

« Je te jure que j'entends quelque chose, Thelma ! Allez, viens ! » s'entêta Cassie.

« Non ! » cria le fantôme. « Je n'irai pas là-bas ! »

« Mais qu'est-ce que tu racontes ? » demanda Cassie, décontenancée. « Je sais bien ce que tu entends ! C'est ce maudit démon qui t'appelle, en jouant sur le demi-queue du salon de musique ! Et bien, je n'irai pas ! »

« Tu m'as menti ? » s'indigna Cassie. « Tu entendais ce bruit et tu n'as pas voulu me le dire ? Mais quel genre d'amie es-tu, Thelma ? »

« Du genre à mourir pour toi ! » hurla le fantôme. « Et je refuse de retourner là où je suis morte ! Je refuse de répondre à l'appel de mon assassin ! »

« Mais... Mais tu m'as bien accompagnée, la dernière fois, » balbutia Cassie « Et puis, tu t'es noyée dans le lac, pas... »

« Tu ne veux pas comprendre ! » cracha Thelma. « Tant pis ! Vas-y sans moi, puisqu'il te fascine autant ! »

Et elle se précipita vers le fond du parc, tandis que son image s'éclaircissait rapidement. Au bout de quelques pas, elle avait complètement disparu.

Désemparée, Cassie se tourna vers l'imposant manoir. Cassie se laissait guider de pièce en pièce par la musique. Bien sûr, elle était déjà venue dans ce salon. Mais la première fois, c'était en rêve, et la colère avait brouillé ses souvenirs de la seconde fois. Elle avait eu l'impression que c'était Thelma qui les guidait, tout simplement. Une fois devant la porte du salon, la mélodie était devenue parfaitement reconnaissable. C'était celle que jouait Azazel, cette fameuse nuit où Thelma avait perdu la vie. Cassie sentit son cœur battre un peu plus fort, mais elle abaissa la poignée avec détermination. Mais une fois la porte franchie, elle ne put retenir un hoquet de surprise.

Çà n'était pas Azazel qui jouait du piano, mais une jeune fille de son âge, probablement une élève. Cassie se retourna, vérifiant qu'elle était bien au bon endroit. Pas de doute, c'était bien le même salon. Elle allait s'excuser auprès de la pianiste, quant elle se rendit compte que celle-ci avait disparu. La porte cachée dans le mur s'ouvrit alors avec un grincement sinistre. Cassie frissonna. Puis elle traversa la pièce et referma sur elle le pan de boiserie. Arrivée en haut de l'escalier, elle ne prit pas la peine de frapper. Thelma avait raison, il ne faisait aucun doute qu'Azazel l'avait appelée et la jeune sorcière ne doutait pas qu'il l'attendait. Après une brève pensée pleine de remords pour Thelma, Cassie pénétra dans le grenier. Azazel se tenait à quelques centimètres de la porte. Cassie laissa échapper un cri de frayeur et se plaqua une main sur la poitrine.

Azazel sourit avec douceur.

« Qu'est-ce que tu me veux ? » demanda la sorcière avec hargne, furieuse de s'être laissée surprendre.

« Comment cela ? » répondit innocemment l'ange déchu.

« Tu m'as appelée ! Pourquoi ? » l'attaqua Cassie.

« Et bien... C'est une bonne question. Presque aussi bonne que 'Pourquoi es-tu venue ?'. Je croyais que tu me haïssais... Curieuse façon de me le montrer. »

Avec colère, Cassie s'aperçut qu'elle rougissait furieusement. Azazel posait sur elle un regard inquisiteur, attendant sa réponse, mais la sorcière était incapable de dire un mot ou faire un geste. Cherchant désespérément une échappatoire, elle cria la première chose qui lui vint à l'esprit : « Je sais tout ! Rachel me l'a dit. Elle m'a dit de ne pas te laisser faire ! »

« Et c'est pour ça que tu es venue ! » claqua une voix glaciale.

Cassie sursauta. Comme Azazel se retournait pour regarder l'auteur de l'interruption, Cassie éprouva un second choc. Les mains croisées dans le dos, fixant le parc à travers l'une des fenêtres, se tenait la jeune fille du piano !

« Elle n'a pas encore répondu à la question, » remarqua Azazel d'une voix douce. « Laisse-lui le temps de le faire, » ajouta-t-il en s'éloignant de Cassie.

La jeune fille à la fenêtre pivota vers le Nephelim. Taille moyenne, silhouette gracieuse, elle avait de longs cheveux auburn qui cascadaient joliment sur ses épaules. Elle aurait pu être avenante, mais son expression était franchement revêche.

« Qu'est-ce qu'elle attend, dans ce cas ? » retorqua-t-elle d'une voix pure comme le cristal, mais où perçait la méchanceté.

Piquée, Cassie passa à l'attaque.

« En quoi ça vous regarde ? » cracha-t-elle à l'attention de la fille. « Et d'abord, qui êtes-vous ? »

Dédaigneuse, la jeune fille haussa les épaules. Elle s'adressa à Azazel, méprisant complètement la sorcière.

« Tu vois, Zaz ? C'est exactement comme je te l'avais prédit. » Elle secoua la tête. « Tu n'en feras rien de bien. »

« Il faut toujours que tu dramatises, » répondit Azazel.

Cassie s'offusqua de le voir adopter un ton et une attitude charmeurs qu'il lui réservait jusque là.

« Cassie a du talent. »

« C'est pas pour ça qu'elle le maîtrise ! » reprit l'autre. « Regarde-la ! » ajouta-t-elle en tendant un bars accusateur vers la sorcière. « Elle n'a aucune suite dans les idées ! Son unique ambition, c'est de tomber une espèce de beau gosse des cours de récrés qui sait à peine additionner deux et deux ! Comment veux-tu qu'elle comprenne quoi que ce soit aux pouvoirs que tu lui as confiés ? »

« C'est une jeune sorcière pleine de promesses. »

« C'est une petite sotte ! Elle n'arrive pas à la cheville de Rachel ! Tu lui as donné un don extraordinaire, tu lui as même donné un fantôme et voilà comment elle se comporte : en capricieuse pourrie-gâtée !»

« Ce n'est pas vrai ! » cria Cassie.

Le silence lui répondit. Azazel et la jeune fille la fixaient tous deux. Puis, la fille laissa tomber d'un ton dégoûté : « Si au moins elle savait ce qu'est la bienséance. »

Cassie se sentit rougir une nouvelle fois, et lutta violemment pour ne pas pleurer. Azazel reprit, d'un ton très doux, en enveloppant la jeune sorcière d'un regard protecteur : « Je suis sûr qu'elle ne demande qu'à apprendre, Az. »


En espérant que ça vous ai plu !

Violette.