-1Le petit prince sans visage 2
La difficulté du bon roi et de la douce reine est de faire accepter que le bébé princier porte un voile mais surtout que personne n'ai envie de lui ôter. Ils répandirent la rumeur que quiconque verrait le visage du prince mourrait instantanément. On peut être des parents aimant et ne pas vouloir mourir de mort violente et …prématurée. Ils pensaient qu'une fois vieux, bien las de la vie, ils pourraient enlever le voile de quatre et partir en toute quiétude vers l'autre monde.
Le prince grandit, en bonne santé, s'habituant à vivre avec des masques. Des trésors d'ingénuité étaient trouvés pour que les tâches de la vie courante soient possibles. On alla recruter des personnes aveugles, ou bien vielles, pour qui les prédictions des mages n'étaient plus susceptibles de susciter de la frayeur. Quatre mangeait délicatement en soulevant les pans de son voile, cela lui donna une habileté et une grâce dans tous ses gestes, typiquement aristocratique. Il ne s'amusait pas avec d'autre enfant. Son énergie fut concentrée sur les études, heureuse coïncidence, il était doué pour les choses de l'esprit. Il ne pût jamais jouer de la flûte, son instrument favori, mais devient un virtuose du violon. Il était bon cavalier mais ne pût jamais galoper plus loin que l'enceinte du château pour des raisons de sécurité. Il était doux, sociable mais sa jeunesse isolée entouré de personnes âgées ou souffrantes lui donna une maturité et une sagesse peu commune à une personne si jeune. Les voiles le dissimulaient au regard d'autrui, mais ils ne cachaient pas autrui à son regard turquoise. Il en est comme de parler plus fort à côté d'un aveugle, une personne pourtant un voile dissimulant son visage n'est pas aveugle à celui qui la regarde. Quatre qui avait pris l'habitude que les gens se dévoilent devant lui, n'avait pas d'illusions sur la nature humaine, juste une grande perspicacité qui lui enlevait son innocence.
Dans son existence solitaire, sa famille fut un réconfort. Ses sœurs aînées furent aimantes et maternelles, il pleura le départ d'Iria quand elle se maria et partit dans un autre royaume. Le mage n'avait pas prévu que Quatre ne serait pas le dernier enfant et encore moins le dernier garçon !
La reine à nouveau enceinte, le roi s'enquit d'un mage. Il n'en trouva point malgré ses recherches, mais on lui amena une vielle femme que l'on disait sorcière. Cette pauvre femme loin de sa petite chaumière fut si éblouie par les or du palais qu'elle parla autant qu'on lui demanda et aurait assuré être au paradis si on l'en avait priée. Le petit Solo naquit donc dans une ambiance heureuse et sereine. Le roi et la reine toute à leur joie d'avoir un nouvel héritier en bonne santé et dépourvu d'une malédiction mirent en route sans le savoir un petit Duo qui naquit dix mois plus tard. Un bébé magnifique et très dynamique qui garderait en grandissant des yeux d'une couleur très inhabituelle, améthyste.
Les trois frères s'entendaient à merveille même si Quatre ne pouvaient pas partager leurs jeux.
Les années se passaient dans une relative quiétude, les enfants grandissaient dans un royaume prospère et en paix. Le bon roi et la douce reine constataient avec plaisir que leurs desseins se réalisaient avec bonheur. Il est si rare de voir des gens heureux d'apercevoir des cheveux blancs dans leurs coiffures. Mais tels étaient ces monarques que l'on disaient bons.
Dans la tour d'un donjon, loin des autres, un jeune adolescent se découvrait son visage et laissait le soleil le caresser. La douce chaleur était si bonne, sensuelle pour lui qu'aucune étreinte n'avait jamais réchauffé. Le goût de l'interdit aussi, l'adolescence est l'âge de tous les possibles, de tous les espoirs, de toutes les folies. Mais que faire quand ses folies peuvent causer la mort d'autrui, inconnu, connu, aimé? Quatre se gardait ses quelques moments de folies bien sages. Loin des yeux.
Il avait pourtant un ami, le fils d'un riche marchand de la capitale. Fils aîné, il accompagnait son père lors de ses déplacements fréquents au palais. Calme et réservé, ils avaient tissé de solides liens au fil des années. Plus personne ne se formalisait quand Trowa venait seul au palais jouer de la musique ou discuter avec son ami. Duo et Solo le considéraient aussi comme un ami proche.
Un jour que Trowa rentrait du palais, son père lui présenta ses cousins, Heero et Hilde, enfants de son frère Odin mort dans une contrée lointaine, deux mois auparavant. Les cousins s'entendirent bien. Heero d'un tempérament aussi taciturne que son cousin trouva vite sa place auprès du garçon calme. Hilde pétillante et rieuse mettait de la gaîté dans cette maison.
Dans une autre contrée, le roi de Sanq, regardait ses enfants en se disant qu'il serait temps qu'ils trouvent des époux princiers ou riches. Son héritier, le très admiré Zech, trouverait sans problème une princesse. Réléna, si jolie, pourrait se marier heureusement avec un homme riche et permettre de renflouer les caisses du royaume un peu vides ses derniers temps, malgré la victoire sur le royaume rival du roi Treize.
Plus loin encore, au-delà des océans, des hordes de barbares déferlaient sur un empire, détruisant tout sur leur passage, massacrant tous les hommes. Un père regardait son fils, il savait que c'était la dernière fois.
- tu dois fuir et survivre Chang. Tu seras peut-être le dernier mais à travers toi nous vivrons éternellement Pars, pars mon fils et ne te retournes jamais. Ta femme et ta fille ne risque rien, tu viendras les chercher plus tard. Je reste pour les protéger. Pars mon fils sans te retourner, car devant est notre destinée.
Chang Wufei partit sans se retourner, comme la coutume le voulait, comme la sagesse de ses anciens l'exigeait. Il commença sa marche, le soleil se leva et lui traça le chemin. Le cataclysme qu'il vivait l'empêchait de pleurer.
S'il s'était trouvé un mage connaissant les voies de l'avenir et assez fou pour risquer sa tête , tous ces braves monarques en auraient perdu leurs couronnes.
