Réponses aux RAR en fin de chapitre
Dès le lendemain matin, Ichigo met les pieds dans le plat, en remettant le sujet sur le tapis entre deux gaufres.
- « Donc, cette chose… »
- « Hm ? »
- « Cela s'apparente à… un truc sexuel ou est-ce que ça pousse aussi les gens à t'aimer, je veux dire vraiment t'aimer, tu vois ? »
- « Je… je ne peux pas le dire avec certitude », bégaie Uryû. De son point de vue, il est vraiment tôt pour aborder ce genre de sujet bizarre. Non mais, parler de sa vie sexuelle avec Kurosaki ! « Ayasegawa semblait uniquement intéressé par de l'amour physique, mais Abarai a affirmé qu'il était amoureux de moi. Il m'a même demandé de sortir avec lui. »
- « Bah merde alors ! », s'écrie Ichigo. « Et Urahara ? J'arrive pas à me faire à l'idée de ce mec en train de déclarer sa flamme à qui que ce soit. »
- « Sa confession était plus une réflexion après coup », avoue le brun en se rappelant en détails ce qui s'est passé. « De toute façon, je suppose que se confesser après, est plus adéquat que de le faire avant que tu… euh… »
- « Tu ne t'es pas contenté d'embrasser Urahara, c'est ça ? »
Alors qu'il pose cette question, le rouquin a les yeux rivés sur son assiette, incapable de regarder Uryû.
- « Pas vraiment. »
- « Wow », murmure Ichigo pour lui-même. « Ça explique… »
- « Quoi ? »
- « Euh, rien. Oublie ce que j'ai dit. » Uryû le dévisage, se doutant qu'il y a une critique derrière ces mots. Ce d'autant plus que Kurosaki continue de fuir son regard. Malheureusement, sa curiosité est plus forte et il reprend : « Comment ça s'arrête ? »
- « Je n'en sais rien non plus. »
- « Urahara est au courant de ce qui t'arrive, mais il ne sait pas comment le soigner ? »
- « Il a dit quelque chose à propos de trouver une personne en particulier… et remplir certaines conditions. »
- « Conditions ? Tu veux dire baiser avec l'un des gars que tu attires ? »
Le corps d'Uryû a un soubresaut et il sent craquer sa colonne vertébrale. Il est persuadé que la situation ne pourrait pas devenir plus gênante qu'elle ne l'est déjà.
- « Si c'est ainsi que tu exprimes les choses. »
- « Mais baiser avec Urahara n'a pas marché », fait remarquer Ichigo, augmentant encore d'un cran l'embarras précédent. « Je me demande pourquoi. »
- « Premièrement, je n'ai pas couché avec Urahara-san. C'était plus du… frottage », précise Uryû pour faire la différence. « Deuxièmement… »
- « Comment tu peux connaitre ce mot ?
- « Comment toi tu le connais ? », crache-t-il en réponse car il sent la moutarde lui monter au nez. « Deuxièmement, ça a vraiment fonctionné, mais juste pour un temps. »
- « Donc cela n'a pas marché. Il ne l'a pas fait pour ton plaisir, Ishida ?
- « Il l'a très bien fait, Kurosaki. »
- « Oh, donc t'es guéri ? »
- « Tu sais que je ne le suis pas… pourquoi est-ce que tu t'entêtes sur le sujet ? »
- « Je dis juste que peut-être ce bon vieux Urahara n'est pas à la hauteur », ironise-t-il. Le brun le fixe jusqu'à ce que le rouquin le regarde à son tour. « Quoi ? J'ai tort peut-être ?
- « Lui au moins, il a essayé. »
- « Qu'est-ce que tu veux dire ? »
Ça y est, ils s'affrontent, une foule de pensées étranges et inappropriées voletant entre eux. Uryû ne comprend pas l'attitude de Kurosaki. Au bout du compte, il devrait être reconnaissant à Urahara de l'avoir aidé. En tant qu'ami, il devrait être content pour lui. Au lieu de ça, il agit comme un enculé. Si Uryû ne le connaissait pas si bien, il dirait qu'il est jaloux. La vérité, c'est qu'il attend qu'Uryû admette qu'il s'est rangé du côté d'Urahara en partie parce que, contrairement à lui-même, celui-ci a eu la gentillesse d'essayer de l'aider tout en s'amusant avec lui.
- « Peu importe. Commençons les révisions, tu veux bien. »
- « Attend, qu'est-ce que tu comptes faire pour ce truc ? Tu ne peux pas continuer à faire comme si de rien était, tout en provoquant le bordel ! »
- « Tu crois que je ne le sais pas ? », se met à gronder le Quincy. Il se calme et ajoute : « Je compte me focaliser sur mes partiels d'aujourd'hui et ensuite m'attaquer à une stratégie pour régler ce problème. »
- « Mais… »
- « Maintenant on révise ! »
- « Euh… d'accord ! »
La première série d'examens s'est extrêmement bien déroulée. Uryû est convaincu d'avoir réussi et se félicite en allant faire un tour au café entre deux cours. Un bento de sushis sous vide lui fait un clin d'œil et il ne discute pas longtemps avec lui-même pour décider de se permettre cette dépense. Tout en sirotant son thé et en dégustant ses sushis, il s'autorise à positiver. Après tout, les choses ne peuvent pas être catastrophiques, puisqu'il peut conserver un bon niveau dans ses notes et prendre le temps pour un bon déjeuner.
Avec encore une demi-heure à tuer, Uryû s'installe dans l'une des salles de cours vides dans le bâtiment, pour pouvoir réviser quelques minutes. Par habitude, il détecte le reiatsu de Kurosaki un étage en-dessous. Il prend l'ordinateur portable dans son sac, soulageant son dos. Un léger craquement l'informe d'une présence dans la pièce. Et c'est suffisant pour faire éclater la bulle de bonheur qui l'entourait.
- « Salut Ishida », l'appelle Shûhei Hisagi depuis le tableau. « Ça fait longtemps qu'on ne s'était pas vu. »
- « Hisagi-san », répond le brun en se levant doucement. Il jette un œil sur la porte, faisant sourire le shinigami.
- « Tu n'étais pas en train de penser à t'échapper, n'est-ce pas ? », demande l'autre d'une voix très basse. Il enfouit ses mains calleuses dans les poches de son jean jusqu'à y enfoncer ses poignets pourvus de bracelets cloutés. Le gradé jette un œil scrutateur à Uryû avant de faire quelques pas dans sa direction. « Je suis plutôt excité de te voir après tout ce temps. »
- « Ça fait longtemps en effet, mais, là j'ai un examen à préparer, donc… »
- « Ah oui c'est vrai. T'es étudiant, hein ? Adorable. »
Pendant qu'il échafaude un plan pour s'enfuir, Uryû se force à sourire faiblement pour répondre à l'œillade d'Hisagi. La façon dont sa veste noire sans manches et astucieusement lacérée colle à son torse, est particulièrement attrayante. Ça et le fait que son gigaï arbore les tatouages et le tour du cou qui le caractérisent. Oh, ainsi que ceux qui épousent ses biceps musclés. Uryû déglutit, les yeux rivés au chiffre de mauvais augure sur la joue du shinigami.
- « Oui, eh bien, il faut toujours chercher à s'améliorer, n'est-ce pas ? »
Il sait qu'Hisagi est du genre à toujours s'entrainer pour atteindre un nouveau niveau de compétences physiques et mentales. Allant jusqu'à apprendre à jouer de la guitare et s'occuper de la publication du journal lorsqu'il n'enseigne pas aux recrues, qu'il ne s'exerce pas lui-même ou qu'il ne dirige pas ses hommes. Sans parler de son impressionnante maturité et sa grande moralité. Voilà les choses qu'Uryû apprécie chez lui.
Quelque part au fond de lui, le Quincy redoutait cette confrontation, pour la simple et bonne raison qu'il a un petit faible pour Shûhei. En dépit de la raison qui lui ordonne de faire autrement, son cerveau est allégrement en train de sauter d'un scénario coquin à un autre le mettant en scène, lui et le shinigami au style punk. Il ne faut pas longtemps avant que son cœur ne se mette à trottiner d'une délicieuse anticipation. Au final, il n'est pas sûr de pouvoir décliner cette opportunité.
- « Tu vois, c'est ce que j'aime chez toi, Ishida », affirme le tatoué tout en verrouillant son regard dans le sien. Même si sa vie en dépendait, Uryû ne pourrait pas détourner les yeux. « Tout ce que tu fais est tellement honnête. Même lorsque tu te mens à toi-même, cela relève d'une sorte de vérité personnelle. »
Uryû ouvre la bouche, s'évertuant à trouver un truc à dire, mais déjà Hisagi est juste devant lui, le scrutant, voyant au-delà des vêtements. Car bien qu'il soit encore vêtu, du moins pour le moment, le jeune Quincy se sent déshabillé par le regard sombre. Hisagi soulève les lunettes et les pose sur le bureau contre lequel Uryû ne s'était pas rendu compte s'être appuyé. La courbure de son sourire augmente, rappelant celui du chat du Cheshire.
- « Je… je dois vraiment aller dans ce c… cours », balbutie Uryû. Il tremble déjà et Hisagi ne l'a pas encore touché. Ça va mal finir. « Donc, si tu veux bien m'excuser… »
- « Tu ne vas nulle part, gamin. »
Un sourire plein de dents rappelant celles d'un requin, un gracieux plongeon à genoux et Uryû se retrouve à regarder son pantalon et son sous-vêtement lui être arrachés. Hisagi ne perd pas une seconde. Le brun à lunettes étouffe un hoquet parce que la bouche de l'autre est un enfer autour de son érection si vite dressée. Soudainement, il ne dispose plus du QI nécessaire à aligner des phrases, encore moins des idées cohérentes pour décrire ce qu'il ressent.
- « Hi… Hisagi-san », tente-t-il, haletant contre les syllabes. « Aaah, là. C'est… merde ! Nnnh, ce n'est pas bien. On ne devrait pas… »
- « Dieu que tu es mignon quand tu divagues », fait l'autre en reculant, juste le temps de ricaner.
Après quoi, il se met à sucer Uryû jusqu'à la base, lui arrachant un cri de surprise. S'agrippant au bureau comme si sa vie en dépendait, ce dernier bataille dur pour conserver un semblant de tenue. Il y a une bonne raison qui le pousse à combattre cela et… c'était quoi d'ailleurs ? Hisagi est sacrément doué dans ce qu'il fait, à tel point qu'Uryû est convaincu qu'il en mourra s'il ôte sa bouche de lui. Une langue experte s'enroule à l'intérieur, effectuant une pression juste sous la tête, et la bouche d'Uryû s'ouvre en grand en lâchant un gémissement impuissant.
Sa tête est rejetée en arrière, exposant son cou et arquant son dos. Ses orteils se crispent et se relâchent alternativement à l'intérieur de ses chaussures, agissant de leur propre chef.
Clignant des yeux, Uryû se risque à abaisser son regard et son souffle glisse de sa gorge dans une expiration incrédule : les yeux gris d'Hisagi posent un regard acéré sur lui. Voilà encore la fameuse vision de cet insatiable désir qu'il inspire à ces hommes. Et le pire, c'est qu'il a l'impression de commencer à avoir un petit faible pour ça.
En parlant de faiblesse, ses genoux se sont mis à trembler. Il s'appuie davantage contre le bureau et accidentellement, s'enfonce plus loin entre les lèvres du shinigami.
- « Désolé », murmure-t-il car c'est tout ce qu'il réussit à dire. Hisagi fait un hum amusé et se met à loucher pendant un instant. Et déjà, cet heureux accident devient le point de basculement. Car tandis qu'il se mord les lèvres, il lui lâche : « Hisagi, je vais venir. »
Rien n'y fait, l'homme ne se retire pas. Au contraire, il en profite pour le reluquer sous toutes les coutures et pour appliquer une succion plus poussée, augmentant la cadence jusqu'à ce que les yeux d'Uryû se plissent et se ferment alors qu'il est frappé par la montée folle du plaisir. Ça brûle en lui comme un éclair fulgurant, lumineux et si puissant que ça en est douloureux. Il est encore à rechercher de l'air et à frissonner délicatement de petites secousses, lorsqu'il détecte avec retard Kurosaki s'approchant.
Hisagi se relève et très vite, Uryû réajuste son pantalon, au prix d'un immense effort. Au moment où Kurosaki ouvre la porte, Hisagi se penche et dépose un simple baiser au coin de sa bouche ouverte.
- « Bon sang Ishida ! », reproche de suite le rouquin en passant devant Hisagi qu'il éloigne. Celui-ci ne s'offusque pas de l'attaque, se contentant de lever un sourcil et d'afficher un air stoïque, tout en se laissant repoussé. « Je t'avais dit que ça arriverait. »
- « Kurosaki, attend… »
- « Et toi Hisagi, tu n'es pas capable de te contrôler, hein ? »
- « Kurosaki », répète Uryû en lançant un regard d'excuse au shinigami qui lui répond par un demi-sourire très flirt.
- « Je pensais qu'Urahara avait dit que tu étais censé être à l'abris pendant un certain temps », fait-il en aboyant à l'adresse du Quincy.
- « Quelque chose a dû changer. »
- « Ou alors, c'était que des conneries. Tu dois faire des efforts pour éviter ces mecs ! »
- « Comment ? Contrairement à toi, Kurosaki, ils savent comment masquer leur reiatsu ! A l'instant où je les détecte, c'est déjà trop tard. C'est simplement qu'ils sont meilleurs pour me trouver que moi pour les éviter. »
Le rouquin accuse le coup de mauvaise grâce avant de se tourner vers Hisagi.
- « Qu'est-ce qui te fait penser que tu peux te ramener dans notre monde quand tu veux et accoster les gens ? », reprend son censé sauveur. Hisagi hausse les épaules avec désinvolture et le regard d'Ichigo s'assombrit. « Est-ce que tu as seulement demandé à Ishida si tu pouvais l'embrasser ? »
- « Non, mais comme il semblait être d'accord pour que je le suce, j'ai supposé… »
- « Hisagi-san ! »
Kurosaki se tait aussitôt, sa mâchoire se fracassant par terre alors qu'il regarde l'un après l'autre les deux hommes. Comme Uryû ne nie pas, il semble pâlir. Le regard qu'il tourne vers Uryû est presque blessé et de le voir, celui-ci se sent honteux. C'est comme s'il avait déshonoré Kurosaki en autorisant Hisagi à agir. Puis, il réalise à quel point c'est ridicule et en fait fi avec irritation.
- « Fais ce que tu veux, Ishida », marmonne le rouquin en sortant à grandes enjambées de la salle.
- « Où en étions-nous ? », se met à ronronner Hisagi.
- « A aller en classe pour mon examen », déclare fermement Uryû alors qu'il lève la main pour tenir l'autre à distance. Heureusement, ce dernier obéit. Uryû, lui, se demande si le 'sevrage' évoqué par Urahara vient d'être renouvelé. Il ramasse son sac, ses notes ainsi que ses lunettes et se dirige vers la porte. Avant de sortir, il lance : « Merci pour ça, Hisagi-san. C'était plutôt… plaisant. »
- « C'est quand tu veux, bébé. »
Juste avant le début de leur prochain cours, il rattrape Kurosaki et l'agrippe par l'épaule pour l'arrêter, puisque l'appeler par son nom n'a pas marché. Tout comme la nuit dernière, le même flux massif d'énergie inconnue envahit tout son être jusqu'à ce qu'il brise le contact. Kurosaki lui jette un regard accusateur et s'éloigne à dessein de lui. Tremblant, Uryû abandonne et trouve son siège lorsque leur professeur entre.
Rentrer chez lui sans être remarqué s'est révélé un exploit. Il n'avait pas lutté pour garder son esprit scellé, depuis qu'il vadrouillait pendant la guerre contre Aizen. Et cela ne l'aide pas qu'il tente en plus de fermer cette nouvelle catégorie d'ondes. Si Kurosaki n'était pas aussi prompt à jouer les crétins, Uryû ne serait pas obligé de faire cela. Tel qu'il est là, il a besoin de rentrer pour pouvoir changer de vêtement, laver ses sous-vêtements et manger un morceau. Il va devoir sûrement jeter ce bol de nouilles qu'il n'a pas fini.
Il ferme à clef derrière lui et lâche un soupir en ôtant ses chaussures et en posant son sac sur la table. Il passe une main dans ses cheveux et arrache ses lunettes pour attiser sa vieille amie, la migraine récurrente. Les lentilles, qu'il n'a jamais portées, commencent à lui sembler une bonne idée. De toute façon, aucun de ses admirateurs ne semblent apprécier ses lunettes, dans la mesure où tous ont commencé par les enlever.
Cette pensée l'emmène vers une autre série, un peu plus compliquée. Uryû s'avachit avec lassitude sur le sofa et regarde dans le vide pendant plusieurs minutes. Comme si le stress dû aux examens et au temps supplémentaire passé avec Kurosaki n'était pas suffisant, il a dû subir une collection de premières expériences sexuelles, pratiquées avec la main ou la bouche par un groupe d'hommes avec qui il n'aurait pas imaginé être il y a encore peu. Ce n'est pas ainsi qu'il envisage de perdre sa virginité.
En fait, il fait tout pour éviter d'y penser. En grande partie parce qu'il se refuse à admettre avec qui il veut la perdre. Mais désormais, il abandonne. Il est inutile de se leurrer plus longtemps. Indépendamment du grand nombre d'hommes magnifiques, prêts à lui donner ce qu'il veut et plus encore, Uryû ne veut qu'un seul homme.
Et il n'est pas au menu.
L'acceptation relâche abruptement les vannes mentales du fantasme vis-à-vis du shinigami remplaçant. Kurosaki, si passionné et si franc. Kurosaki, loyal, gentil et intelligent. Sexy jusqu'à en être obscène, et sans même le réaliser. Attirant autant quand il fronce les sourcils en pleine réflexion que lorsqu'il sourit avec malice. Uryû est frappé par un frisson inconnu et incompréhensible, qui fait naître en lui une étincelle de chaleur. L'attrait qu'il ressent pour son ami est quelque chose qu'il a banni depuis longtemps. Libéré, cela fait des ravages en lui et fait bouillir son sang aussi vite que quelques épisodes érotiques de seconde zone avec de pâles substituts. Etonné par sa réaction, il prend son pouls et est stupéfait par le résultat.
Pourtant, il atteint un nouveau niveau de tachycardie lorsqu'il entend un coup contre sa fenêtre et voit une silhouette se cacher de l'autre côté. Il se met debout et attend. Comme l'intrus ne rentre pas avec fracas à travers la vitre, Uryû fait doucement le tour de la table basse et cherche à l'identifier dans l'obscurité…
- « Kurosaki ? », demande-t-il dubitativement. « C'est toi ? »
- « Qui d'autre est-ce que tu connais avec des cheveux oranges pétants ? », le défie Kurosaki tandis qu'Uryû soulève le volet. Le rouquin est sous sa forme de shinigami, peut-être en train d'effectuer ces patrouilles auxquelles il aime tant se livrer. « En dehors d'Inoue. »
- « Je dirais qu'elle est plus proche du châtain tirant sur le roux… »
- « Peu importe », rejette l'homme agacé en roulant des yeux. « Ce n'est pas comme si je masquais mon reiatsu. »
- « Je concentre tous mes efforts à cacher le mien pour me préoccuper du tien. »
- « Tu dois rester vigilent, Ishida », le réprimande Ichigo. Il entre dans le salon, tout en tenant avec soin Zangetsu, et referme la fenêtre derrière lui. « Ça fait dix minutes que Renji fait le tour du quartier. »
- « Quoi ?! »
- « T'inquiète pas, je l'ai renvoyé. »
- « Ce n'est pas le problème. »
- « J'ai pensé que c'était précisément le problème. Est-ce qu'il y en a un autre maintenant ? »
- « Non, je veux dire que depuis Hisagi et moi… » Uryû s'interrompt en voyant les lèvres de Kurosaki s'ourler de dégoût. « Cela aurait dû freiner mon 'influence' pour un temps. »
- « Ça n'est pas le cas », affirme immédiatement Ichigo.
- « Peut-être que cela s'estompe plus vite que ce qu'Urahara avait prévu ? » Décidé à appeler le commerçant aussi vite que possible, Uryû se rappelle brusquement que Kurosaki est censé être en colère contre lui. Au lieu de ça, il est venu vérifier et continue même à veiller sur lui. Toutefois, il sait qu'il est préférable de ne pas le mentionner et donc de débuter une autre chamaillerie. « Merci de t'être arrêté Kurosaki, mais ça va aller. Tu peux retourner à ta patrouille. »
- « Je n'étais pas en train de patrouiller. »
- « Alors pourquoi… »
- « Ce sera plus facile pour te protéger si je ne suis pas obligé d'abandonner mon corps en une seconde », explique-t-il pour répondre aux gestes d'Uryû vers son âme spirituelle. « Mon corps est restée dans l'appartement avec Yuzu jusqu'à ce que l'on revienne. »
- « Nous… attend, Kurosaki, je n'ai pas l'intention de demeurer sous ta garde. » Il lève les doigts pour remonter ses lunettes et transforme le geste en un frottement pour calmer sa migraine, lorsqu'il se rappelle qu'il lui faut les ôter. « J'apprécie l'aide jusqu'à un certain point, mais je serai très bien cette nuit chez moi. »
- « Putain ! »
- « Kurosa… »
- « Soit tu viens chez moi ou alors je reste chez toi », décrète Kurosaki sur un ton assuré. « Il est hors de question que je te laisse seul une seule minute, et ce jusqu'à ce que tu aies trouvé un truc autre que de concentrer tous tes efforts à te cacher, parce que ça ne marche visiblement pas. »
Le brun plisse les yeux et prend une seconde supplémentaire pour s'assurer qu'il a bien entendu. Avec un temps de retard, Kurosaki le remarque. Il regarde ailleurs et se décale. Il réajuste le fourreau de son épée et s'éclaircit la gorge.
- « Toi aussi, tu peux le sentir », énonce lentement Uryû. « Tout ce temps, tu as reçu une quadruple dose de quoi que je puisse émettre. Ce truc rend fous des shinigamis aguerris et tu… tu y es complètement insensible. Comment c'est possib… »
- « On doit y aller. »
- « Ne change pas de sujet, Kurosaki. »
- « Non, Ishida, on doit y aller », il l'exhorte, alarmé. Il saisit le bras d'Uryû et le tire dans sa chambre. « Putain, c'est Kenpachi. Donc tu vas emballer tes putains d'affaires et nous allons sortir de ce foutu merdier. Maintenant ! »
Pâle d'effroi, Uryû acquiesce avec obéissance, après avoir relâché son énergie et confirmé la menace. Heureusement que Zaraki n'est pas capable de détecter l'énergie de qui que ce soit, et à plus forte raison celle d'un Quincy inconnu. Il s'empare d'un sac vide dans son placard et y jette au hasard des fringues. Il a de la chance, sa trousse de toilette, qui contient notamment ses lentilles de contact, est déjà remplie et à portée de main, son sac de cours toujours prêt sur sa table, et il peut facilement vivre sans tout le reste pendant un certain temps. Ses pauvres plantes vont devoir souffrir.
Sans un mot, Ichigo agrippe l'un des sacs et ouvre en grand la porte devant lui. Laissant ses lunettes sur la table, Uryû fait son possible pour ne pas songer à ce qui lui arriverait s'il tombait entre les pattes de ce frapadingue de capitaine. Personne ne mérite un tel destin !
Ils utilisent le shunpo pour l'un et le hirenkyaku pour l'autre, afin de gagner dans la seconde l'appartement d'Ichigo. Dès qu'ils ont franchi le seuil de la porte d'entrée et qu'il a refermé derrière eux, le rouquin se détend. En voyant l'air confus d'Uryû, il lâche : « Travailler avec Urahara a ses avantages. J'ai fait protéger ce lieu avant d'emménager. Un filtre qui ne laisse passer les reiatsus que dans un sens. »
- « Donc, personne ne peut me détecter tant que je suis ici ? » Ichigo hoche la tête. Il doute quand même que l'énergie de Kurosaki puisse disparaître dès qu'il rentre chez lui comme s'il appuyait sur un bouton. Alors il pose la question. « Tu en es sûr ? »
- « Ouais. Urahara a ajouté une barrière qui cache l'apparition et la disparition des flux. Sors et vois si tu peux me détecter. Je vais élever mon énergie. »
Les flammes brûlantes et agitées de l'énergie du rouquin se mettent à exsuder de lui alors qu'Uryû se tient à l'entrée du côté extérieur, émerveillé qu'elles s'évanouissent sitôt la porte refermée. Il rentre et referme derrière lui. Pour la première fois depuis la veille, il peut relâcher la pression. Il n'avait pas réalisé à quel point le fait de refouler son énergie, et ce de manière constante, pesait sur lui. Du moins jusqu'à ce qu'il en soit libéré. Il envoie à son ami un regard reconnaissant. Pour le perdre aussitôt. Grimaçant sous l'effet d'une sorte de douleur, Ichigo s'appuie sur l'arrière du sofa dont il empoigne le tissu sombre.
- « Il y a un problème, Kurosaki ? »
- « Rien », grince-t-il des dents en prenant de longues respirations. « Je vais bien. »
Après un moment, il se reprend et a l'air mieux. Il marche vers le couloir en direction de la chambre. Trop abasourdi pour exprimer ce qui le préoccupe, ce qu'il voudrait savoir ou simplement les idées qui se bousculent dans sa tête, Uryû préfère aller dans la cuisine pour préparer du thé.
- « Bonjour, Uryû-kun », le salue Yuzu. Il lui renvoie son sourire. « Ichi-nii m'a prévenu que tu viendrais, donc j'ai préparé un dîner pour deux. »
- « C'est très gentil, Yuzu-chan. Tonkatsu ? » (Plat à base de porc pané)
- « Avec du riz et des pois cuits à la vapeur ! »
- « Ça semble délicieux. Merci. »
- « C'est un plaisir », fait en gazouillant la jeune femme qui a conservé son sourire d'adolescente. « Ichi-nii m'a dit que tu n'étais pas bien ces derniers temps. Dis-moi si je peux faire quelque chose, d'accord ? »
- « Je… merci, je le ferai », accepte Uryû. Il ne se serait jamais douté que Kurosaki soit le genre à aller raconter à sa famille les problèmes de ses amis. Il est vrai qu'il a toujours été très proche de ses sœurs. « Si tu veux m'excuser, j'ai un appel téléphonique à donner. »
- « Bien sûr. »
Migrant vers le salon, le brun sort son portable et frappe la touche abrégée portant le numéro sept. Il lance un regard nerveux vers la chambre de Kurosaki. Elle est toujours fermée. A l'autre bout, Urahara décroche après la troisième sonnerie.
- « Bonjour, le magasin d'Urahara, que puis-je pour vous ? »
- « Ah, bonsoir, Urahara-san », commence-t-il doucement. Brusquement, un malaise l'étreint, à cause des souvenirs d'intimité partagée qui lui reviennent en pleine tête. « Si vous n'êtes pas trop occupé, j'apprécierais un petit moment de votre temps… »
- « Relax, Uryû-kun », répond l'autre d'un ton apaisé. Uryû peut quasiment imaginer l'homme agiter son éventail avec dédain. « Qu'est-ce qui te préoccupe ? »
- « Eh bien, c'est-à-dire… je vais aller droit au but. En fait, je ne suis pas certain que votre premier conseil soit valable comme nous l'avions prévu. »
- « La théorie du passage à l'acte était une voie sans issue, c'est ça ? »
- « Exactement. »
- « Je me suis douté que cela arriverait. »
- « Alors pourquoi vous avez… »
- « Tu as passé pas mal de temps avec Ichigo ces derniers jours, n'est-ce pas ? »
- « Hm », fait le brun à contrecœur, « il se peut que j'ai… fait appel à ses services pour atténuer mon problème. »
- « Tu n'aurais pas pu choisir meilleure personne pour te protéger de toutes ces queues qui te poursuivent », proclame joyeusement le commerçant. « Mais cette aubaine peut se révéler à double-tranchant. »
- « Que voulez-vous dire ? », demande Uryû, ignorant de la précédent remarque. « Vous dîtes qu'il a quelque chose à voir avec le fait que j'émette des ondes à pleine puissance en dépit du fait que… euh… »
- « Tu te sois soulagé avec un couple de démons fringants », termine à sa place et fort habilement le blond. « J'en ai bien peur. Tu sais, au sujet d'Ichigo… »
Le susnommé choisit cet instant pour se ramener dans le salon, à nouveau en pleine forme et fraichement douché. Il s'avachit sur le sofa à côté d'Uryû, dans un nuage de parfum subtil et brûlant. Ses cheveux mouillés font tomber quelques gouttes qui s'écoulent le long de son cou, avant d'être absorbées par le débardeur vert qu'il porte au-dessus d'un pantalon de yoga gris. Et comme Uryû est en train de visualiser le rouquin faisant du yoga dans ce pantalon et avec cette humidité, il rate complètement ce qu'Urahara lui dit.
- « Je vais devoir vous rappeler », murmure-t-il dans le téléphone, s'astreignant à ne pas regarder les épaules nues de Kurosaki.
- « Demande-lui pourquoi il est le seul à ne pas être affecté par toi. »
- « Je l'ai déjà fait. »
- « Et il a changé de sujet, c'est ça ? Bon, eh bien, demande-lui pourquoi il t'aide ? »
- « En quoi cela est-il pertinent ? »
- « Penses-y, Uryû-kun. »
La conversation téléphonique se termine ainsi. Se détachant de la télévision, le rouquin lui lance un regard oblique. Probablement suspicieux au sujet de l'appel. Uryû rassemble ses idées et considère le conseil du blond. Il ne voit pas bien pourquoi Kurosaki compliquerait son existence juste en étant là. En même temps, s'il y a bien une personne qui a pratiquement toujours raison, c'est Urahara.
- « Au fait, Kurosaki... »
- « Mmm. »
- « Pourquoi est-ce que tu m'aides ? »
Il reçoit un coup d'œil doublé d'un froncement de sourcils. « Parce que même si la plupart du temps, t'es un crétin, tu restes mon ami. »
- « Donc, tu ferais la même chose pour n'importe lequel de tes amis. »
- « Eh bien… ouais, je suppose. »
- « Et cela ne te gêne pas qu'en fin de compte, tu protèges mon 'honneur' ? »
- « Ouais, dit comme ça, c'est bizarre, mais… je veux dire, t'as pas choisi, n'est-ce pas ? » Il s'est enfin tourné vers Uryû qui le fixe. « Ce n'est pas comme si tu avais avalé une pilule ou signé pour une expérimentation. C'est juste que ça t'arrive. »
Uryû considère l'argument pendant un instant. Il se demande si Kurosaki le voit comme l'une de ses âmes en danger, l'un de ces milliers qu'il doive prendre sous son aile. Ou s'agit-il de plus que cela ? »
- « Je pensais à un truc », fait-il soudainement pour changer de tactique. « Contrairement aux humains normaux, tu peux sentir les énergies anormales. Pourtant, contrairement aux autres shinigamis, tu sembles presque imperméable à elles. Pourquoi donc exactement ? »
- « Le dîner est prêt », annonce Yuzu en sortant la tête de la cuisine et en les observant d'un air candide.
Uryû gronde intérieurement. Bien sûr, il fallait bien qu'au moment critique, quelqu'un l'empêche d'entendre cette foutue réponse. Kurosaki est visiblement soulagé, puisqu'il bondit du sofa pour rejoindre sa sœur dans l'autre pièce. L'air renfrogné, Uryû ne bouge pas d'un cil et complote sa prochaine attaque.
- « Comment ça tu ne peux pas rester ? », hausse la voix nerveuse de Kurosaki. « Et ton chat… »
- « Mon petit ami m'attend », s'excuse-t-elle. « Mais je veux que vous profitiez du repas. Ichi-neko est un bon garçon, il ne vous embêtera. Promis ! »
- « Ichi-neko ? », s'esclaffe à voix haute Uryû.
- « Mais s'occuper d'Ishida, c'est déjà faire du gardiennage de chat », se met à couiner Ichigo, hérissant le poil d'Uryû et lui arrachant un méchant coup d'œil.
- « C'est tout à fait équitable, Ichi-nii. Je me suis occupée de toi, n'est-ce pas ? »
- « Ouais, mais… »
- « Je serai de retour d'ici quelques jours, pour le reprendre. »
C'est sur ces mots qu'elle fait un au revoir à Uryû et qu'elle les laisse seuls avec leur problème. Le brun prend le rouquin en pitié et décide d'une trêve jusqu'à la fin du dîner. Ichi-neko se joint à eux lorsqu'ils reviennent dans le salon pour recommencer leurs révisions en vue de l'examen prévu le lendemain. C'est une chose longue, aux poils hirsutes, avec des yeux bruns et une fourrure orangée, aux nuances proches des cheveux de Kurosaki. La vue du chat provoque chez le Quincy un éclat de rire.
- « La ferme ! », se plaint l'homonyme du chat, le rouge aux joues. « File-moi la calculatrice, tu veux ? »
- « Je veux dire, regarde-le ! », s'écrie Uryû. Il vient prendre le chat qu'il place délicatement sur ses genoux. A son contact, la bête commence à ronronner, en le regardant de manière curieuse. Après quelques minutes, il se met à le caresser. « Tu es sûr que tu n'es pas de la même famille que lui ? »
- « C'est juste un putain de chat. »
- « Il est mignon » Le brun abaisse son nez et s'en va toucher le museau du chat, après quoi il lui gratouille le dessous de la mâchoire. Il sourit lorsqu'il reçoit en remerciement un miaou chaleureux. Puis, la bête s'allonge sur le dos et montre son ventre pour que l'homme le caresse. Pris dans un doux vertige, Uryû obtempère par de légers frottements. « Il se pourrait bien que je chipe le chat de ta sœur, Kurosaki. »
- « Ce qui serait tellement injuste, Ishida ! »
L'ironie des mots fait redresser la tête d'Uryû pour voir la réaction de Kurosaki, mais celui-ci regarde ailleurs, levant sa main pour remplir son verre. Et c'est là qu'Uryû remarque que ses doigts se sont crispés plus que nécessaire autour du contenant à moitié vide. Lorsqu'il se retourne, son expression est vide. Il tend la main vers Uryû pour prendre la calculatrice, puis se remet à son travail avec une ardeur peu commune.
Réponses aux RAR :
Vampis19 : il faut dire que tu ne peux pas beaucoup le suivre ce duo, vu le peu de fictions françaises le mettant en scène. Ravie que tu aimes et surtout, que tu sois allée voir la version originale.
Anemone33 : je ne suis pas aussi originale dans le choix de mes traductions que dans celui de mes écrits. J'aime écrire sur des couples originaux, mais j'aime lire aussi sur des couples classiques. Et puis le rouquin et le brun à lunettes, malgré l'évidence de leur couple, est quand même sous représenté. J'aime bien voir Uryû déstabilisé, lui qui symbolise le contrôle de soi et l'intelligence. Mais je suis surtout contente de te relire !
